Archive for the ‘Maroc 2015’ Category

le sud enfin

jeudi, février 12th, 2015

Notre logeur nous demande ce matin de déplacer la voiture qui se trouve devant une maison à coté de la notre. Des ouvriers ont besoin de la place. Nous nous en étions doutés : les coups dans les murs nous avaient prévenus des travaux en cours.
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Journée de voyage ce 10 février. Nous quittons Essaouira tôt ce matin pour prendre la route du sud, du soleil et du bleu saharien. Une route extraordinaire entre Essaouira et Agadir, des paysages tels que nous les aimons : les montagnes pour le moment vertes, les champs de blé, les arganiers, les moutons, des pêcheurs quand nous longeons la cote. Le soleil nous accompagne. Parfois aussi les marchés que nous traversons à pas d‘homme, entre les camions qui déchargent, les ânes qui se pressent et les gens qui prennent leur temps.
Le long de la route aussi, les pécheurs à la planche (sans barque, ils s’aventurent en mer sur une planche de surf) ont remonté leurs prises de la matinée.
Au large d’Agadir, nous décidons de ne pas nous arrêter. Il est à peine une heure et la route est libre. Direction Tiznit, encore plus bas et une route à quatre bandes encombrée et interrompue par des intersections. Limitations de vitesses variables, il faut de l’attention, nous ne tenons pas à nous faire arrêter par les gendarmes comme le français qui nous précédait tout à l’heure. Les dépassements de vitesse autorisée se paient cash et au prix fort, d’après ce que nous savons. Pas encore d’expérience à ce sujet, ouf !
Tiznit est une jolie ville moyenne, que nous reconnaissons avec plaisir, mais le logement dans la médina ne nous laisse pas un souvenir exceptionnel. Donc nous continuons vers le sud. Toujours des paysages enchanteurs. Par moment des sites très secs, puis des oueds chargés d’eau. On voit bien qu’il a plu cette année.
C’est à Sidi Ifni que nous voyons les traces de ces inondations. L’oued a largemnt débordé. Tout ce qui était en bordure des eaux repoussées par la marée a été recouvert d‘une épaisse couche de boues et de pierres. Le camping auquel nous pensions n’existe plus. Heureusement qu’il reste des endroits qi n’ont as été touchés : nous posons nos bagages et allons faire un tour en ville. Que de bons souvenirs, et la plage qui s’étend devant nous est prometteuse.
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Demain au soleil.

standby

dimanche, février 8th, 2015

Aujpurd’hui dimanche, Détente et visite de la ville d’Essaouira.
On commence par la plage, magnifique boucle de sable entre le port et l’oued, où on croise des chameaux attendant de partir en visite, des joggers qui font leurs kms sur sable dur, des joueurs de foot (plusieurs dizaines de terrains improvisés), des surfeurs, tout dépend du vent et de l’expérience, mais à ma vue, pas de baigneurs : soyons réaliste, malgré le soleil, il fait froid.
Retour sur la médina en cherchant un snack pas cher et pourvu de wifi. C’est du rêve, ça. Le wifi, c’est pour les cafés branchés, les bons plans bouffe, c’est surtout les petits métiers comme partout. On scindera donc les opérations : une assiette de Chawarma à la dinde pour le repas, à l’étage d’un snack classique, et café à la terrasse de l’horloge, avec vue sur le port, la baie et Mogador, et toute la médina, y compris les cloches de l’église qui égrennent les heures.
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Dans notre périple, nous tombons sur les boutiques que nous avions vainement cherchées à Fes : les marchands de pigments. Nous saluons le tisserand (il n’y en a qu’un) et nous découvrons même une boutique où acheter un jeans pour remplacer le pantalon qui m’a lâché à Casa. Nous traversons aussi le mellah en transformation, nous longeons une muraille en réhabilitation, nous passons sous des séries de portes monumentales, nous flânons dans des boutiques abritées sous des galeries aux colonnades de pierre sculptée.
La synagogue ne se visite pas elle est en réfection, mais nous avons droit à la visite impromptue du cimetière chrétien qui se trouve sur notre route, avec commentaire adorable du gardien qui explique qu’à Essaouira, les religions se côtoient en paix et dans la compréhension (les dernières tombes datent du début du siècle : 2005, 2014). Nous découvrons même le témoignage de quelques juifs christianisés enterrés ici.
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De nouveau, une ville qui aurait pu paraitre insignifiante ou assommante retrouve tout son charme quand on peut pénétrer la vie qui l’anime, rencontrer les gens qui l’habitent. On restera ici un jour de plus.

d’est en ouest

samedi, février 7th, 2015

Il fait froid ce matin à Taza. Deux petits degrés au dessus de zéro, et le ciel est encore chargé avec un vent à décorner les bœufs. Il faut dire que la vallée est située dans une passe par où sont passées toutes les invasions, des romains aux français, en passant par les arabes de diverses générations, et peut être même doit-on ajouter les carthaginois…
Nous pensions aller vers le sud et ses oasis, en passant par Guercif et Midelt pour éviter les neiges d’Ifrane. Mais il fait froid là-bas, nous a-t-on répété. En réalité, il fait froid partout, au Maroc comme en Europe, il neige partout et si le Rif n’a jamais été aussi vert, le Languedoc n’a jamais été aussi blanc ! Notre erreur a été il y a quatre mois de choisir la semaine de la vague de froid pour venir visiter les villes impériales. Nous aurions mieux fait de rester quelques jours dans le Sud et d’aller jusqu’à la Plage Blanche…
Changeant notre fusil d’épaule nous décidons de revenir vers l’atlantique, son soleil et ses cieux plus cléments. Mais auparavant, décidant de partir tôt, nous démontons les apparences grand genre de l’hôtel Dauphine : en voulant prendre une douche, je me retrouve avec en main, le robinet d’une eau qui ne sera jamais chaude. Il n‘y a pas de robinet d’arrêt et par ma faute, l’hôtel entier est privé d’eau. Nous ha tons le départ, et nous découvrons que notre voiture est encadrée par trois autres, et qu’il faudra encore déranger un dormeur pour nous libérer. Et c’est ainsi que nous nous trouvons vers 8h00 sur l’autoroute A9 en direction de Rabat, vite habillés et le ventre creux. Nous déjeunerons sur un relai d’autoroute, ils sont habituellement aussi bien fournis et pas plus chers que les restaus ou snacks des grandes villes. .
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Aussitôt sorti des montagnes, le temps s’améliore. Nous arrivons à El Jadida vers 15h00, débarquons (avec un guide !) à l’hôtel Bordeaux que nous avions choisi et partons visiter la cité portugaise de Mazagan : son église fermée, sa synagogue fermée, sa mosquée fermées (pour nous non musulmans) restent les ruelles de la médina, quand on en voit une, on en voit 100 : petits commerces, tas d’immondices dans les endroits délaissés, et boutiques en tout genre. C’est sympa, mais difficile de plonger comme ça dans cette agitation urbaine sans avoir besoin de quelqu’un ou de quelque chose.
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L’hôtel Bordeaux est joli, tout carrelé jusqu’au troisième niveau, les chambres donnent sur une cour intérieure assez éclairée. À coté, on trouve l’hôtel de Nice et l’hôtel de France (pour ce dernier, entrée par l’hôtel du Maghreb…) Après soixante ans, ce sont les dernières traces de l’influence française : la poste et le casino ont disparu.
les souvenirs des portugvuais sont plus dufrables, parce qu’inscrit dans la pierre
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Depuis El Jadida, nous refaisons à l’envers la route qui nous a amenés depuis Essaouira vers Casa, en passant dans les même marchés avec les mêmes encombrements : camions, ânes, taxis, triporteurs et piétons. C’est vendredi. Arrivés à Essaouira, comme on nous l’as conseillé, nous nous adressons à un de ces jeunes qui attendent le long de la route avec un trousseau de clés. Nous sommes conduits dans le quartier près de la plage pour visiter des appartements à louer, parmi lesquels nous trouvons notre bonheur. Nous nous posons avec délices : il fait un temps magnifique, le vent est supportable et la température totalement différente de celle que nous avens laissée dans le nord.

un pèlerinage

mercredi, février 4th, 2015

un pèlerinage
Aujourd’hui départ pour Taza sous une pluie battante. Les mois un et deux, même trois, dans le nord du Maroc, et surtout à l’intérieur du pays, c’est l’hiver. Route sans histoire, puisqu’il y a assez peu de circulation, et ce malgré les menaces d’aquaplanage assez redoutables. Nous arrivons sans encombre au centre d’une « petite » ville de 120.000 habitants, assez moderne et passe partout.
L’hôtel Dauphine (ou Dauphiné, selon son fondateur, un français du nom de Blache ?) porte la marque de son ancienne grandeur. Avec le défunt clocher de l’ancienne église, c’est l’un des derniers signes de la présence française ici.
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Nous rencontrons -si c’est un hasard, il est bien venu – un Monsieur Paul qui vient recenser, au nom de l’amicale des tazis, les tombes de l’ancien cimetière français dont la mairie tente de faire l’acquisition, car il se trouve maintenant en plein centre ville. Né ici en 1937, ce monsieur y est resté jusqu’à la fin du protectorat, ce qu’il appelle les événements. Ceci explique qu’il s’exprime aussi facilement en arabe qu’en français. Son père était militaire au 4ème RTM, qui semble le régiment mythique de la région. Je suis bien incapable de dire à quel régiment pouvait bien appartenir mon grand-père, qui était reparti avant la construction de l’église et probablement de l’hôtel Dauphiné. Le seul témoin des années révolues est la CTM qui, fondée en 1919, a pu servir à l’occasion à Gimaman si l’armée n’a pas assuré tous les transferts.
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Aucune trace des casernements de l’armée française, ni bien sur d’un quelconque hôpital datant de ces jours antiques autant que glorieux. Ma recherche me conduit à demander, et obtenir avec une immense gentillesse de la part des habitants, la localisation du dernier témoignage des européens chrétiens dans la ville : une petite maison – maison de la paix – abrite deux religieuses espagnoles et deux congolaises. Nous sommes accueillis par une joviale petite vieille dame qui nous conte l’histoire toute récente de la ville. Mais de témoins de la période « coloniale », aucune trace.
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Je repartirai donc demain en ayant honoré la mémoire de ce paradis perdu – qui n’était finalement qu’une prison dorée pour ma mère et ma tante – et en rêvant à ces européens qui se sont crus chez eux et dont il ne reste que de rares pierres tombales à l’abandon depuis soixante ans.

Comment 100 = 20

mardi, février 3rd, 2015

Puisque nous devons être à l’aéroport de Rabat ce soir pour raccompagner nos visiteuses, nous en profitons pour visiter la ville. Enfin, la vieille ville : la médina et la kasbah des Oudaya.
Arrivés sans trop de peine au pied de la muraille de la médina, nous entrons par Bab El Mellah, la porte des juifs, qui signifie bien que les juifs avaient droit de cité ici comme à Sefrou dans la médina.
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Cette médina, pas très étendue, a le mérite d’être non seulement bien tenue, mais encore tournée vers l’art et le tourisme, ce qui en facilite la visite. Nous nous élevons graduellement jusqu’à la porte ouest et nous trouvons devant la kasbah. Tout le monde nous a conseille de ne pas prendre de guide pour traverse ce petit espace magnifiquement restauré, et arriver ainsi à la terrasse qui domine le port et la plage, ainsi que l’oued qui sépare Rabat de Salé.
Mais bien sur au cours de notre promenade, un individu aussi sinistre qu’inopportun s’impose pour nous raconter ce qu’il sait (et que nous savons aussi) sur le site, et nous imposer le tour de la mosquée interdite aux non musulmans.
Quand nous arrivons sur la terrasse, il s’approche de moi et me réclame 100 dirhams pour la visite : je l’éconduit prestement, je n’ai rien demandé, mais par réflexe, j’avais quand même préparé 20 dirhams dont il se contente, sachant que la police touristique ne badine pas avec ces choses là.
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Après avoir vainement cherché le pigment bleu dont ils se servent ici pour badigeonner murs et portes, nous devons nous rendre compte que ce n‘est réellement pas ici qu’on le trouve, mais a Marrakech, semble-t-il.
Une dernière observation sur la circulation au Maroc : quel conducteur sait ce qu’est une bande de circulation ? malgré les rappels de la sécurité routière par affiches , les voitures se promènent sur toute la largeur de la route, se pressent à quatre sur une route à deux bandes, se faufilent en dépassant par la droite avant de tourner à gauche ou même, précaution indispensable quand on ne sait pas trop si on va à droite ou a gauche, suivent ostensiblement la ligne continue qui sépare la chaussée en deux. Pourquoi pas après tout ?
Bon, maintenant je passe en [mode coup de gueule off]

Cascade

lundi, février 2nd, 2015

On aurait du aller à Ifrane aujourd’hui, mais comme on nous dit qu’il y a 50 cm de neige (même si les 50 doivent se réduire à 10 en réalité, ça fait beaucoup) nous irons plutôt à Sefrou, une ville ancienne près de Fez où jusqu’en 50 juifs et arabes vivaient en bonne intelligence dan la même médina.
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Noua arrivons facilement, descendons de voiture et rencontrons un monsieur qui nous déclare directement qu’il n’est pas guide, mis qu’il est heureux de parler français. Ancien prof d’univ ayant fait ses études en France, il est charmant pas ses anecdotes et ses réactions. Nous sentons qu’il prend plaisir à nous faire la conversation.
Mais aussitôt se présente un guide officiel qui a sa carte et son tarif, et nos voilà embarqué avec celui là par peur de nuire au sympathique prof. Le guide ne fait pas le poids devant la qualité des commentaires, mais il a la loi pour lui. Il nous conduit à travers la médina, d’un coté à l’autre, du mellah en ruine (il n’y a plus de juifs ici, juste une ancienne synagogue que nous visitons sans autre forme de procès). Nous passons par la rue des forgerons, par le caravansérail dont le rez-de-chaussée est occupé par les charpentiers et le premier étage par les fabricants de fil et de boutons de djellaba. Sefrou malgré le départ des juifs est resté le centre (mondial ?) de production de boutons de djellaba.
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Il est midi nous tentons de trouver un endroit pour une pause, nous larguons notre guide qui nous embête plus que de raison. Chasse infructueuse sauf un petit café sous les murailles, renseigné par un inspecteur du tourisme.
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Nous décidons de continuer notre périple par une visite à Bahlil où il serait possible de voir des maisons troglodytes. Et en plus il y a une rôtisserie magnifique, nous assure notre inspecteur. Village un peu déprimant, endormi dans la poussière et l’inactivité, les boutiques se ferment devant nous (il est 13h30) et la rôtisserie nous parait un boui-boui infâme, encadré par une atelier de ferronnerie et une boucherie de village.
Nous irons donc plus loin : à 15 km d’ici, à Immouzer, des cascades renommées forment un site de promenade attrayant, permettant la pèche à la truite. Sitôt dit sitôt fait, mais par chance nous trouvons sur la route une station d’essence avec hôtel où nous parvenons à dénicher une tajine acceptable, si pas extra.
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Bien restaurés, nous continuons vers le village (1300 m d’altitude) des chutes que nous guettons vainement dans la foule – le lundi est jour de souk à Immouzer. -pour apprendre finalement que les fameuses cascades ne fonctionnent que quand il y a assez d’eau, c’est à dire pas souvent ces dernières années. Nous découvrons qu’il y a des endroits au Maroc où les toits de tuiles sont en pente et les maisons pourvues de cheminées.
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Retour tranquille à Meknes, nous arrivons sans aucune hésitation à l’appart dont nous connaissons le chemin maintenant. Il est tard, on part demain.

après la pluie, le beau temps

lundi, février 2nd, 2015

Grand soleil aujourd’hui … sur un fond de l’air plutôt frais. Nous réunissons tous nos vêtements pour tenter de tenir le coup par 11 ° et nous partons pour Fes.
Sans histoire nous arrivons au centre de la ville nouvelle. D’où deux petits taxis (maximum 3 places chacun) nous conduisent à la médina en traversant les « espaces verts », le no mans land qui sépare les nouveau quartiers des villes du 8ème et du 14 ème siècle.
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Et là, comment commencer ? nous n’avons pas de boussole et la muraille qui entoure cette concentration de deux cent mille habitants mesure 19 km. Heureusement un boutiquier nous trouve un guide (oui, bien sur, tout service se monnaye) mais nous avons la chance de tomber sur quelqu’un de compétent (à mon sens) qui comprend notre but, qui nous fait admirer les merveilles restaurées par l’Unesco ou le peuple américain, mais qui nous conduit à travers les dédales de ruelles pittoresques, dans les quartiers que nous voulions voir : tannerie et tisserands. Pas de marchands de couleurs, certaines parties de la ville sont en restauration pendant la basse saison, d’autres sont fermées parce que dimanche (eh oui, c’est possible d’être immobilisés ici par la pause dominicale !)
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Le coup d’œil sera rapide, mais intéressant : deux heures nous suffisent pour être satisfaits de l’aperçu. Et partout nous sommes accueillis avec bonne humeur et respect. Si on achète, tant mieux, si on n’achète pas, tant pis, la visite est comprise dans l’accueil.
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Retour au centre ville où il nous est impossible de trouver un snack au soleil. Et en guise de légumes, notre tajine s’orne de frites ! mais la bonne humeur et toujours là.
Après avoir cherché un bon moment la voiture que nous avons laissée dans la rue Omar el Moktar – personne ne connait une rue par son nom – , redépart pour rentrer chez nous. Et c’est là que les choses se compliquent : au lieu de trouver la direction en sens inverse de l’arrivée, nous avons « la chance » de visiter encore le palais royal, le cimetière juif, les quartiers périphériques où les marchés et les activités de détente du dimanche occupent l’espace public, jusqu’au milieu de la rue.
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Finalement remis sur la bonne voie par un chauffeur de grand taxi, nous parvenons à Meknes, où nous cherchons de nouveau notre route. Le gps marocain, s’il fonctionne assez correctement, a ceci de caractéristique qu’il est encore plus imprécis et plus imprévisible que l’américain.

il pleut

samedi, janvier 31st, 2015

Je ne m’y attendais quand même pas : une journée de pluie quasi ininterrompue.
Départ le matin entre les gouttes pour aller à Oualili (le nom berbère de Volubilis). Une demi-heure de route tout à fait pépère et nous arrivons au site reconnu patrimoine mondial par l’UNESCO en 97.
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Nous sommes sur une espèce de plateau vallonné. Le site parait immense : 25.000 habitants pendant la période la plus florissante (avec ou sans les esclaves ?) les fouilles ont eu leur période de gloire du temps du protectorat, maintenant que l’essentiel a été découvert, le travail se poursuit avec une sage lenteur.
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Decumanus maximus et Cardo de rejoignent au Forum, entre le temple de Jupiter et la basilique, l’aqueduc amène l’eau à la fontaine, près des latrines publiques, l’arc de triomphe à Caracalla (qui a accordé la citoyenneté romaine à tous les hommes libres de l’empire). La plupart de ces monuments on du être reconstruits (en partie du moins) parce que le tremblement de terre de Lisbonne (1755) avait jeté à terre tout ce qui restait de monuments antiques.
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Ceci dit, la pluie nous a retardé, nous avons du attendre un moment avant de commencer la visite, nous héritons d’un guide dont le principal souci semblait être d’arriver au terme du petit tour. Il fallait lui arracher la majorité des renseignements que nous souhaitions avoir. Mais par chance, nous revenons au musée avant que la pluie recommence.
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Après volubilis, la visite de la région doit continuer par Moulay Idriss. Lieu saint de l’islam, la petite Mecque du Maroc, où les non musulmans sont tolérés depuis peu. Petite ville de campagne toute en hauteur, parcourue par une route où s’éternise un marché local avec ses eternels encombrements, nous sommes happés par une petite meute de « guides » dont le premier nous conduit dans son restaurant, puisque nous avions manifesté l’envie de faire une pause dinatoire. Nous entrons, puis nous enfuyons : piège à touristes, le reste du village nous semble tout aussi détestable que le restau.
Du coup nous rentrons « chez nous », non sans faire une pause au Carrefour Market pour nous réapprovisionner en toute sorte de choses.
La pluie a cessé, le vent se maintient, le froid aussi. On m’avait bien dit que dans le nord du Maroc, c’est l’hiver, je n’y avais pas assez cru. Maintenant je le sais, en hiver, il pleut au Maroc.

Afriquia

vendredi, janvier 30th, 2015

Même si le niveau de vie n’y est pas aussi élevé que dans l’ensemble de L’Europe, le Maroc ne semble pas un pays pauvre. Structure d’état, industrialisation, activité des gens, consommation, tout est réuni pour que j’ai l’impression d’un pays « normal » où il fait bon vivre. La corniche de Casablanca ne le cède en rien à bien des lieux de divertissement de capitales européennes.
Il y a des pauvres, et en ville des gosses qui ont faim. Tenant compte du défaut de sécurité sociale universelle auquel je suis habitué, c’est logique, même si ce n’est pas supportable. Par dessus tout, l’écart des revenus entre les plus riches et les plus pauvres est criant. Mais est-il moindre dans des pays de cocagne comme les Etats Unis d’Amérique ?
Finalement, quand je me rappelle mon voyage en Grèce, je classerais le Maroc dans ces environs là. La vie n’est pas facile, il y a des tas de choses à améliorer, mais on y croit et on avance.
Le Maroc serait donc un pays de l’ensemble occidental, réuni à L’Europe par notre mer commune.
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Pourtant des détails me frappent, que je lie dans mon expérience à ce qui sépare l’occident de l’Afrique, comme la capacité des gens à s’assoir et à attendre que quelque chose se passe, sans avoir l’air de plus se soucier que ça que la chose se produise ou pas dans le délai escompté.
Et si l’édification des immeubles de bureau ou de rapport s’effectue selon les méthodes que nous connaissons, les constructions individuelles sont caractéristiques des pays du Sud. Qui a un peu d’argent et d’ambition commence par acheter des blocs de béton, des ferrailles et du ciment, pour élever un rez-de-chaussée commercial qui lui servira d’habitation pendant les premiers temps. Les colonnes en béton armé laissent dépasser les ferrailles d’accrochage de l’étape suivante. Avec la prospérité vient le premier étage. La terrasse provisoire servira plus tard de second étages, et ainsi de suite… (raisonnablement, s’entend, il ne faut pas trop solliciter les soubassement établis selon ces méthodes).
Autre caractéristique « africaine »: les déchets, particulièrement de plastique, sachets et bouteilles, et les cannettes, pourtant un trésor recyclable, qui jonchent le sol partout où on trouve un terrain vague. Les poubelles sont ramassées dans les villes, mais les déchets s’accumulent quand même dans les endroits les plus incongrus, particulièrement là où les enfants vont jouer, hélas.
C’est là que j’estime que le Maroc est le premier pays africain pour celui qui passe le détroit de Gibraltar.
Pas sur que ce post plaise à tout le monde, ce sont des réflexions politiquement incorrectes. Je m’en excuse d’avance, mon intention n’est pas de blesser qui que ce soit.

Meknès

vendredi, janvier 30th, 2015

La médina et la ville impériale : ce sont nos objectifs du jour.
Aller en grand taxi jusqu’à la station place Lahdim et Bab Al Mansour nous évite de conduire dans la ville. Bien que la circulation soit plus « courtoise » que celle de Casablanca, les itinéraires ne me paraissent pas beaucoup plus clairs. Donc se laisser guider par quelqu’un qui connait est un plaisir. Comme nous sommes 4, le grand taxi (6 places) est obligatoire, les petits taxis sont limités à 3 places.
Nous débarquons dans la médina, nous arrêtons à la première boutique sympa. Le « boutiquier » (du moins nous le prenons pour tel dans un premier temps) se propose de nous indiquer une boutique où on vend les herbes et épices qu’il n’a pas. En réalité, il nous guide à travers toute la médina en nous faisant l’article, d’une manière tellement sympa que nous ne nous repentons pas de nous être laissé imposer un « guide » (absolument officieux).
Il s’exprime dans un excellent français et nous tient des propos qui nous rejoignent sur la spiritualité et l’amour universel. Un soufi, nous avons de la chance, nous sommes vraiment tombés sur la personne qui pouvait le mieux nous aiguiller vers les objets de nos intérêts.
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crédit photos: M-C Ravot
Nous passons dans des ruelles, nous nous arrêtons dans des endroits que nous n’aurions pas pensé visiter seuls, ni surtout photographier. La plupart des boutiques sont fermées, c’est vendredi et le jour de la grande prière, les magasins n’ouvrent pratiquement pas avant 17h00, quand ils ouvrent. Nous voyons quand même des échoppes : ferronniers, artisans du bois, marchands de souvenirs pour touristes, artisan bijoutier, marchand de tapis, et finalement marchandes d’herbes, donc, une coopérative de femmes berbères divorcées.
Nous terminons notre tournée par le vieux mellah, dont les plus vieilles maisons doivent avoir plus de 1000 ans sur le même site !
Pause de midi : Tajine sur la place Lahdim , avec un garçon qui prend le temps de blaguer avec les seuls clients qu’il a accroché. C’est la basse saison.

Nous continuons en faisant le tout de la cité impériale et du golf et palais royal. Retour en grand taxi, recherche d’un marchand qui nous fournirait des légumes : curieusement, aucune boutique n’est ouverte, mais nous découvrons enfin un petit marché où faire nos emplettes. Fin de la journée.