Archive for the ‘2018 COLOMBIA’ Category

AGUACATE

jeudi, février 22nd, 2018

Après les tombeaux hypogées, il nous reste un site à visiter, de tombeaux aussi, mais qui ont été placés sur le sommet d’une crête voisine, l’Aguacate, à 2000 mètres d’altitude. Je ne commenterai pas le fait que les indiens aient choisi de monter les restes de leurs ancêtres à cette hauteur, après tout, ils ont l’habitude de grimper, et leurs descendants aussi, quand je vois les cultures de café grimper quasi à la verticale jusqu’en haut des pentes.

Nous partons donc comme nous l’a conseillé lonely planet, de notre auberge de la Portada, à 1700 m d’altitude pour une distance estimée à 2 km. Avec 300 m de dénivelé, ça devrait faire une heure et demie à deux heures.

Mais les Andes réservent des surprises. Entre San Andrès de Pisimbala et l’Aguacate, il faut franchir deux cours d’eau, et donc descendre et remonter à chaque fois près de 200 m. Au total, il y a près de 800 m de dénivelé et un bon 3 km de distance….

Le chemin passe entre les cultures, parfois se perd dans des espaces de pacage pour chevaux et vaches, remonte par des passages de roche usée (attention au gravier qui est très glissant !) Les campesinos passent par là pour rejoindre leurs « fincas », les petits bouts de terrains qu’ils cultivent, au milieu des quels ils habitent des constructions de torchis couvertes de tôle. On distingue les plus prospères au fait qu’ils ont ajouté à leur maison un tunnel de plastique dont l’utilité se révèle quand on regarde à l’intérieur : ce sont des séchoirs à café. Le café est traité ici par la méthode sèche. Pas de dépulpeuse gourmande en eau. Les cerises sont séchées au soleil, puis frottées pour dégager les grains de café vert qui est à nouveau séché dans les tunnels.

Finalement après 3 heures ½ de route, nous atteignons la crête. Panorama splendide, avec vue sur les deux faces de la montagne. D’un côté, la vallée de San Andrès, et de l’autre, la petite ville d’Inza. Dommage que les lointains soient brumeux, la vue porte mal et nous ne connaissons pas assez la géographie des lieux pour identifier les montagnes. Les cordillères centrale et orientale se touchent presque, la vue doit porter à plusieurs dizaines de kilomètres par temps clair, de quoi identifier l’ensemble des départements de la Cauca et de Huila.

Le site archéologique est plutôt décevant. Une vingtaine d’excavations montrent l‘architecture des tombes, avec un puits profond et une salle taillée dans la roche tendre.  Mais aucun décor, aucune explication, les tombes ont été vidées de leur contenu et le temps a effacé les peintures qui les décoraient. Une seule est protégée, mais en l’absence de ‘vigilante’, on ne peut pas y pénétrer.

Nous redescendons donc vers le musée par la pente réputée si difficile. Et nous nous rendons compte qu’il y a là un dénivelé de 500 mètres, c’est sûr, mais pas de ruisseau à franchir. Le chemin est extrêmement abrupt, mais beaucoup de passages sont en déclivité légère bien marqués à travers l’herbe. Les zigzags permettent de ne pas trop risquer en descendant, et à la montée, ce coté doit être dur, mais pas réellement difficile. Après une heure et demie, nous nous asseyons devant une salade de fruit qui nous permet de reprendre un peu nos esprits.

Pour rejoindre notre gite, nous attendons le passage d’une camionnette. Il en remonte plusieurs chaque heure, et comme c’est la sortie des écoles, nous sommes pris en charge par une jeep où s’entassent une vingtaine d’enfants rentrant de Inza. Je me tiens à l’arrière, sur la marche et accroché à l’armature de la toile. Vu la vitesse que parvient à atteindre le véhicule, il y a peu de risques à voyager comme ça !

Rando finalement assez éprouvante, mais exceptionnelle. À refaire dans l’autre sens par temps clair, avis aux amateurs.

TOMBEAUX

jeudi, février 22nd, 2018

Dès le matin, nous descendons à l’entrée du parc prendre notre passeport pour visiter les sites. Un rapide tour du musée nous explique la méthode utilisée ici. Contrairement au site de San Augustin, les tombes ici n’ont pas été construites, mais creusées sous la terre. Laroche volcanique assez tendre le permettait, elle offre une plus grande résistance que la terre des mesitas, même si finalement elle demande une aussi grande habileté et autant de connaissances de la part de leurs constructeurs.

Plusieurs sites sont organisés pour la visite. Ici aussi il y a beaucoup plus de tombes que ce que les archéologues ont décidé de « restaurer ». le premier groupe, el Alto de Segovia, nous permet de prendre contact avec les méthodes. Un puits de profondeur variable, entre 4et 6 mètres, muni de « marches » de 50 cm de hauteur, conduit à une salle creusée dans le sol, avec des colonnes si elle dépasse les 6 m de diamètres, où s’entassaient des jarres de terre cuite contenant les restes destinés au ‘second’ enterrement. En effet, les indiens laissaient leurs morts se décomposer jusqu’à pouvoir récupérer les os qui étaient réunis dans un pot d’argile prévu pour cela, fermé et déposé dans la tombe avec les autres.

Comme à San Augustin, on a dénombré beaucoup plus de tombes que celles qui sont aménagées pour la visite, mais on peut laisser quelques morts dormir en paix, notre curiosité est vite satisfaite.

C’est ici que nous rencontrons le premier belge vu en Colombie, un flamand de Merchtem tout content de trouver quelqu’un à qui parler !

La seconde étape, el Duende, ressemble à la première, si ce n’est qu’étant située plus haut, elle nous ouvre d’autres horizons sur un paysage magnifique. Notre rando nous amène au site suivant, el Tablon, où on ne voit pas de tombes, mais quelques statues semblables à celles de San Augustin, qui ont été rassemblées au hasard sous un toit de tôle, comme témoins de la culture perdue de cette région.

Le retour vers le village nous fait traverser les cultures, café, banane, yucca et autres. Au passage nous voyons un peu de café qui sèche au soleil.

Arrivés à notre auberge, la posada « La Portada » gérée par Doña Eva, nous savourons une soupe maison. Excellente la soupe de Doña Eva, comme tout ce qu’elle sert, qui vient de la finca que travaille son mari Léonardo, si ce n’est le café, acheté localement aux campesinos du village. Si vous passez dans la région, c’est le lieu idéal pour loger, et même, pourquoi pas, passer quelques jours de détente.

A TIERRADENTRO

mardi, février 20th, 2018

Nous sommes prévenus, premiers arrivés premiers servis. Donc à 5:49 nous réveillons le chico qui garde la porte pour nous permettre de rejoindre les jeeps qui démarrent tôt. Pour Pitalito, c’est juste 45 minutes, et le soleil se lève pendant la route.

Au Terminal, premier changement, nous achetons un ticket pour la Plata et on nous embarque dans une buseta pour Neiva. Les bagages sont dans le coffre, et une grosse demi-heure de trajet nous conduit au terminal de Garzon, par une route pan américaine presque à plat.

Changement de décor. Pour la Plata, c’est un crossover avec deux banquettes dans le plateau utilitaire, et le chargement au-dessus. Nous sommes attendus, on nous embarque dans la cabine, et  j’ai juste le temps de passer aux baños.

La première partie du parcours est assez facile, ce n’est plus la pan américaine, mais elle en a le caractéristiques, on tourne un tant soit peu, mais on monte à peine. Le 80 est de rigueur, sauf devant les écoles, zona escolar, délimitée par deux casse-vitesse du type que personne n’oerait franchir à plus de 20 à l’heure. Efficace.
Puis la route change. Elle se rétrécit et commence à monter. Et à tourner, à tourner, à tourner… Parfois, le goudron est parti sur 20, 50, 200 mètres, la chaussée a été réempierrée tant bien que mal. On passe, lentement, mais on passe. Plus loin, la chaussée est rétrécie… par d’énormes blocs de rochers qui ont dévalé la pente. On passe.

Le gemps se gâte. Une averse s’annonce. Le chauffeur s’arrête pour bâcher la cargaison sur le toit. Dans quel état retrouverons-nous nos sacs à dos?

La portion de route suivante est une simple piste, jusqu’à ce que La Plata nous apparaisse dans la vallée : une multitude de toits de tôle, brillants sous le soleil.  La descente est en meilleur état que le reste et nous arrivons au marché où nous devons trouver un véhicule pour Tierradento.

Juste trop tard. Le véhicule qui va partir quand nous arrivons est plein, nous devrons attendre deux heures que le suivant se prépare.

Après la pause, nous repartons. La route est en réfection de toutes part. Plusieurs ponts en reconstruction nous obligent à des détours par des morceaux de piste assez provisoires. Dans deux ou trois ans, ce sera un plaisir de venir ici !

Finalement, nous passons l’entrée du parc, personne ne s’arrête. En principe la route est bloquée, la jeep devrait nous laisser au pont en bas de la côte qui va jusqu’à San Andrès. Mais le chauffeur se rend compte que nous allons tous à San Andrès, et il nous débarque, nous fait passer un pont de bois pour les piétons, tandis qu’il se lance au travers du gué, allégé d’une dizaine de personnes. Puis il nous reprend et nous évite une grosse demi-heure de montée vers l’hôtel où nous attend Doña Eva.

Au total, 8 heures de trajet, 6 heure de route. Heureusement que nous avons décidé de ne pas retourner à Popayan pour venir ici ! ça nous aurait demandé au moins 4 heures de plus. Juste qu’on n’aurait eu que deux changements….

LE PARC ARCHEOLOGIQUE DE SAN AUGUSTIN

lundi, février 19th, 2018

Notre passeport acheté au ‘Alto de los idoles’ nous donne droit le lendemain à la visite du parc archéologique, un espace protégé à trois km de la ville où sont présentées les tombes découvertes depuis un siècle par des recherches archéologiques qui ne font que débuter.

Un bus « de ville » nous conduit au parc de bon matin (il est déjà 10 heures !), nous entrons même si par étourderie le passeport est resté dans la veste utilisée hier, et délaissée aujourd’hui. On a toujours du mal à prévoir comment s’habiller en Colombie, avec l’altitude, les nuages, la pluie et le soleil, et malgré tout, il ne fait jamais froid et rarement trop chaud.

Notre guide s’appelle Ramiro. Il nous donne un petit moment pour parcourir le musée, bonne introduction au site et rappel des fouilles entreprises depuis 1860, après la découverte du site par un prêtre en 1757, qui avait reconnu dans les statues découverte l’image d’un évêque mitré et crossé. Il n’était heureusement pas tombé sur quelques statues de la période patriarcale visiblement sexuées.

3 mesitas – collines arasées pour en étendre la surface -sont reliées par des sentiers surélevés qui avaient à l’origine la largeur permettant le passage d’un homme, et ont été rabaissés pour arriver à la largeur d’un véhicule. Sur chaque site, qui ont été occupés de -1000 à 1200 de notre ère, on découvre des tombes parmi lesquelles on constate une évolution dans les techniques : de simples dalles recouvrant un trou, jusqu’à des couloirs spacieux, dont certains avec sarcophages, recouverts de dalles en forme de dolmens, chaque site du moins les plus récents, est protégé des intrus pas un gardien, une pierre sculptée représentant probablement un chaman avec des attributs reconnus, identifié à des animaux dont il s’assimilait -croit-on – les qualités naturelles de force ou de ruse. Les tombes exposées sont « arrangées » pour les présenter à la visite. En réalité l’ensemble des constructions était recouvert de terre, et plusieurs fouilles ont été de nouveau enterrées par les responsables des fouilles après avoir livré les connaissances qu’on peut en tirer.

Dans l’ensemble, toutes ces constructions ont été enterrées par leurs auteurs, eux-mêmes ne les voyaient pas, en particulier une statue assez impressionnante de plus de 4 m de hauteur était enterrée à la verticale, avec une fonction semble-t-il de contrôle des éléments souterrains

Sur le même site, la fontaine de Lavapatas présente un site sculpté probablement pour des bains rituels, l’eau de la rivière est déviée dans les canaux et piscines qui se succèdent avec des ornementations qui ont dû définir des fonctions.

Quatre périodes peuvent être distinguées par les datations au C14 . Les représentations doivent sans doute correspondre à des évolutions culturelles, mais sans écriture déchiffrable, on en est réduit à des suppositions, que l’on nourrit par des comparaisons avec les traditions des cultures voisines survivantes. Ces traditions étant basées sur une transmission orale des connaissances, la perte des « hommes-livres » capables de répéter les histoires signifie la perte de leur savoir. Les générations actuelles en sont réduites à des supputations, même si certains indices et quelques découvertes permettent de se représenter des cultures assez savantes, en géométrie, astronomie, médecine, agriculture, organisation sociale.

Un parcours de 3 heures nous semble amplement suffisant après avoir suivi avec attention les commentaires de Ramiro, ouvert à énormément d’aspects de ces civilisations et lui-même éduqué si pas dans la connaissance des anciens, au moins dans leur attachement à la nature, la Terre mère et l’empathie avec les autres êtres vivants, plantes, bêtes, oiseaux, roches et forces telluriques dont il nous a donné une démonstration.

La présence de puissants courants telluriques expliquerait que les sites, à l’origines habités, sont devenus au cours des siècles des lieux de célébration de rites, et les habitats repoussés plus loin sur les pentes pour éviter de se trouver soumis à de trop puissantes énergies aux conséquences parfois néfastes pour la santé.

SAN AUGUSTIN

lundi, février 19th, 2018

Si Popayan est la ville blanche, San Augustin serait la ville blanche et verte comme le proclame son drapeau.

Plutôt un gros village, avec sa vie en deux parties : du côté du parc archéologique, la ville des touristes, hospedajes, restaus veg, boutiques de souvenir, et de l’autre côté, vers l’est, la ville des Colombiens, avec le marché, les superettes, les droguerias – pharmacies.

Entre les deux, la place de la mairie (alcaldia) et le bureau de Police.

Une église de chaque côté, à l’ouest l’église San Augustin ancienne, plutot bourgeoise et de l’autre Notre Dame de Lourde plus populaire qui ne date que de deux ans. Sans compter une salle évangélique dans le quartier populaire, de toutes petites dimensions si on la compare aux capacités des églises catholiques.

Les rues qui n’ont pas été trop remaniées constituent une enfilade de façades blanches, sans étage, avec un toit à large débordement, le ‘zocalero’ et les huisseries d’un vert uniforme. Chaque maison a une porte sur la rue, sans fenêtre, ouverte pendant la journée, c’est la façade par laquelle on fait des affaires. L’autre coté de la maison donne sur une cour commune, qui joue le rôle du patio des demeures de riches.

Ces demeures de riches, on en trouve bien sûr, mais de la rue, on a du mal à les distinguer : même façade, sauf qu’elle a souvent un étage, quelques ouvertures à volets de bois ou de fer, qui permettent d’installer une boutique. Par contre l’intérieur entoure un patio jardin, avec une galerie couverte à l’étage, qui en fait un enchantement sous ce climat.

Le marché se compose de deux parties. La partie couverte, bâtie, avec quelques échoppes fermées, fonctionne tous les jours et abrite des marchands de tout : nourriture, bibelots, légumes, chaussures (extrêmement important ici, les chaussures !)

La partie non couverte, une espèce de placette non revêtue, rassemble deux jours par semaine (dimanche et lundi) les paysans des environs qui arrivent de leur montagne avec leurs sacs de haricots, de patates, de yucca, de plantain, les botes d’oignons, de cotes de bette, de coriandre.

Il y a aussi tout à coté une ‘graineterie’ où ils vont livrer principalement le café.

Les bus colorés, les jeeps, les carioles à chevaux et les motos envahissent dans un ordre approximatif l’espace qui leur est réservé. Et dès la fin de la matinée, chacun repart, ayant échangé un sac de haricot contre un régime de bananes, une poule contre les légumes pour la semaine, ou quelques billets qui s’échangent avec dextérité : ‘mil pesitos’.

Et maintenant c’est la fête, les bars regorgent de musique, les salles de billard donne l’occasion de boire une bière. Même si les boutiques sont ouvertes 7 jours sur 7, le dimanche marque quand même la coupure de la semaine.

LE TOUR DE SAN AUGUSTIN

samedi, février 17th, 2018

Un tour en jeep (c’est impossible de le penser autrement, avec 40 km dont une bonne partie de piste) nous a permis de voir l’essentiel des ressources naturelles et archéologiques de la région.

La promenade commence vers 9 h avec la cueillette des participants puisqu’on est 8 dans la jeep, puis on part vers l’estrecho du Rio Magdalena. Il faut savoir que le rio Magdalena parcourt la Colombie du Sud au nord, sur 1500 km depuis tout près d’ici jusqu’à Baranquilla sur la cote Caraïbe.
Tout jeune ruisseau déjà gonflé par une pluviosité importante, le rio a creusé son lit dans la roche tendre, et s’est enfoncé de quelques mètres sur une largeur de 2 mètres.

     

Les paysages pour arriver à cet endroit sont impressionnants. Des découpes profondes de plusieurs centaines de mètres, des vallées dont les pentes sont cultivées quasi entièrement, café et canne à sucre. C’est un moment de récolte de canne à sucre et nous passons devant une ‘usine’ de traitement. Les canes sont amenées par camion, broyées pour en extraire le jus qui est ensuite chauffé pour l’épaissir et produire cette fameuse panela dont tout ici est accompagné. Mais on en fait aussi pour le plaisir d’en boire (machine en bois)

Nous commençons le tour des sites archéologiques. Depuis un bon siècle, on a commencé dans la région des fouilles pour mettre au jour des tombes précolombiennes, datant en moyenne de -1000 à +800 de notre ère. Les formes sont variées, mais reproduisent assez souvent des galeries couvertes, dolmens comme en Europe, et des sarcophages enterrés. Plusieurs civilisations se sont succédées, les techniques diffèrent mais les résultats se ressemblent. Ce qui me donne le plus à penser est que pour un chef enterré avec cérémonie, combien d’anonymes ont disparu sans laisser aucune trace. Il en a fallu des efforts pour rassemble sur les sommets ces quantités de pierre, et pour finalement les recouvrir de terre, enterrées qu’elles sont de plusieurs mètres souvent.

        

Nous avons droit à plusieurs sites, dont le ‘alto des los idoles’, la colline aux idoles, dont le nom témoigne du mépris dans lequel ces traces de culture pré hispanique ont été tenues. Une religion chasse l’autre, juste derrière le musée – extrêmement succinct – qui explique un peu les découvertes, une grande église de briques domine le site. A la gloire du successeur de Pacha mama.

Plus loi, deux chutes d’eau sur un affluent du rio Magdalena, accumulent les records : l’une avec ses 400 m, est la deuxième plus haute d’Amérique du sud après Igazu, l’autre n’a que 200 m, mais est taillée dans une roche à pic assez impressionnante.

Finalement, il est plus de 5 heures quand nous regagnons San Augustin et notre hotel.

POPAYAN

samedi, février 17th, 2018

Petite ville du sud de la Colombie (280000 habitants), Popayan est aussi appelée la ville blanche. Effectivement, les maisons de la vielle ville, de style colonial, présentent à rue une façade presqu’aveugle, alors que l’intérieur, organisé autour d’un patio fleuri et ombragé est extrêmement accueillant.

L’ensemble de ces murs est blanchi, seuls les encadrements de portes et de fenêtres soulignent la blancheur des murs par leur teintes plus sombre ; pierre de lave sculptée ou briques appareillées.

L’autre réputation de la ville est celle d’une ville universitaire, et celle là aussi est bien méritée. Vendredi dernier, c’était la rentrée et la veille toutes les rues grouillaient de jeunes en train de courir d’une fac à l’autre pour terminer les inscriptions. Plusieurs facs sont logées dans de magnifiques bâtiments, d’anciens couvents souvent, ce qui ne nuit pas à la réputation de la ville.

La troisième caractéristique de Popayan est d’accueillir une semaine sainte très cérémonieuse qui attirent beaucoup de monde à ce moment-là. Mais c’est pour dans 40 jours.

Avant de quitter la ville nous sommes passés au musée d’histoire naturelle. Il conserve des collections impressionnantes de tout ce que la région recèle en biodiversité, et c’est pas mal, mais on y trouve aussi une section d’archéologie bien documentée sur les découvertes faites dans la région. La personne qui nous a accueillis à l’entrée nous a d’ailleurs, avec beaucoup de verve et d’enthousiasme, fait l’article à ce sujet avec fierté, on aurait dit qu’elle souhaitait en 10 minutes, nous partager tout ce que la recherche en Colombie a mis au jour de l’histoire passée, et des témoignages qui en restent, particulièrement les statues dont une trône dans l’entrée du musée.

           

POPAYAN SAN AUGUSTIN

vendredi, février 16th, 2018

Nous quittons notre hostal ce matin, en taxi pour aller au terminal de bus, nus avons de l’avance, mais le terminal n’est pas fait pour attendre : bruits, odeurs, inconfort. Nous sommes soulagés d’embarquer dans un buseta à moitié vide.

La première heure du parcours est sportive : route de montagne, circulation pas intense, mais présente. À un moment, le moteur fait un gros boum et on s’arrête au bord de la route pour réparer. Etre chauffeur dans ces conditions demande plus que de savoir conduire.

J’imaginais qu’une double ligne jaune au milieu de la route signifiait qu’on ne peut pas dépasser. Je dois m’être trompé. L’interdiction de dépasser, c’est quand il y a un véhicule en face. Et quand on ne sait pas s’il y en a un, on va voir. C’est alors qu’on peut dire qu‘il n’y en avait pas.

Au de là de cette première heure, la conduite devient autrement plus hasardeuse. La route n’est pas revêtue sur une trentaine de kilomètres. Avec une jeep, on le sent, mais avec un véhicule qui a plus de 5 m entre les deux essieux, ça devient du sport.

La route monte, monte, monte. Nous atteignons la zone du paramo. Par moment, il n’y a même plus de fincas ni de bétail. La piste serpente entre deux rochers taillés abrupts, et parfois une ouverture entre les tiges poussiéreuses nous révèle une immense vallée encaissée, une chute vertigineuse de plusieurs centaines de mètres.

Puis nous nous arrêtons le long de la route, revêtue de nouveau, à l’heure de l’almuerzo. Il doit y avoir un peu de population à l’entour, mais pas réellement d’agglomération. Il nous faudra encore une heure et quelques nouveaux kilomètres de piste pour traverser Isnos, petite bourgade de montagne aux constructions basses.

Nous arrivons au carrefour qui conduit à San Augustin. Le bus nous dépose pour nous confier à un taxi qui nous amène à bon port, 5 kilomètres plus loin et 300 m plus haut.

Nous voilà arrivés à l’hospedaje retenu hier par internet via booking.com. Nous sommes très bien reçus, mais pas attendus. Internet aurait du mal a arriver jusqu’ici ? pourtant, la wifi fonctionne à merveille. Et contrairement à ce que prétendait le site de réservation, il y a une chambre avec baños privé et l’établissement est loin d’être plein quand nous pensions réserver la dernière chambre disponible.

Visite rapide de la « ville », nous repérons un restau pour c e soir, et nous nous habillons quand la nuit tombe. Il fait frais ici.

SILVIA

jeudi, février 15th, 2018

Nous avons quitté Armenia tôt le matin pour Popayan, 300 km plus au sud, en traversant Cali sans nous y arrêter. Un peu plus de 6 heures de voyage, et un taxi plus tard, nous arrivons à notre hostal, sur la place juste à côté de la cathédrale.

Une petite nuit plus tard, nous partons tôt rejoindre la station de bus, si nous voulons voir le marché indigène, il ne faut pas trainer, il a commencé avant le jour.

Encore une heure et demie de « buseta » pour une cinquantaine de km, et nous arrivons au marché. Non sans avoir bavardé avec le conducteur, un jeune qui nous a expliqué que la vie est assez dure ici, le tourisme est une des rares activités productrices, et il est fort taxé. Les élections approchent, mais il ne voit pas de changement se profiler à l’horizon : le jeu politique est bloqué, le personnel politique en place est corrompu, et malgré les ressources extraordinaires du pays, rien ne décolle. Les rues du village sont en très mauvais état, il y a de l’argent prévu mais l’alcalde ne bouge pas…

9h00 à peine sonnées, nous débarquons sur la place centrale de Silvia. Les indiens Guambia circulent et vaquent à leurs affaires, les hommes en poncho gris et jupe bleue, les femmes en poncho bleu et jupe noire, les deux sexes portent le même chapeau de feutre. Il y a bien sur quelques couples en tenue moderne, mais la plupart mettent un point d’honneur à venir au marché en costume traditionnel : c’est un moyen de garder leur culture. La population de cette tribu ne dépasse pas les 12000 personnes -alors que les Wayus « authentiques » sont plus de 36000 sans compter les émigrés.

  

Nous traversons le marché. Chacun vient avec les produits de sa finca, après parfois plus de 4 heures de route dans la montagne, dans des bus colorés surchargés des parechocs à l’impériale, qui repartirons dans quelques heures dans l’autre sens, tout aussi chargés des produits échangés ici.

Pas de viande au marché, uniquement des pommes de terre, la culture principales, de différentes variétés, et classées dans des sacs par taille, les plus courantes étant de la dimension de nos grenailles. On trouve aussi des légumes et des fruits : tomates, oignons, carottes, etc.

Des étals de matériels, plastiques divers, outillage de métal made in chine : des machettes luisantes, des pinces et des marteaux, des moulins à café, et aussi des vêtements et des chaussures, parfois de seconde main – ou devrait-on dire de second pied ?

Nous ne commerçons pas, le pittoresque de la situation est assez vite perçu. Dès 11 heures, nous faisons comme les premiers paysans arrivés ce matin, nous rembarquons pour rentrer chez nous. Nous arriverons surement à Popayan avant que les premiers bus colorés partis arrivent dans les hameaux en altitude. Jusqu’à mardi prochain.

ARMENIA

mercredi, février 14th, 2018

+Relâche aujourd’hui : après 9 heures de bus hier, on souffle, mis on ne perd pas son temps.

Primo, rejoindre le terminal des bus pour préparer notre départ vers Popayan. Les bus Tinto desservent la ville, fréquence au ¼ d’heure. L’affaire est vite dans le sac.

Nous revenons à notre rythme, en passant par la place Bolivar. Architecture atone, amorphe, et même pour la cathédrale, assez dramatiquement bétonnière : en 1999 le centre-ville a été détruit par un tremblement de terre et tout a été reconstruit à la hâte, ce qui explique le remplacement d’une basilique de style colonial par une tente en béton assez hideuse.

Comme de coutume, le cuadras qui entourent le terminal des bus sont plutôt occupées par des ateliers de mécanique et la population ouvrière est assez frustre. Le climat évolue avec l‘approche du centre : les petits commerces et boutiques plus proprettes si pas luxueuses.

Le quartier où nous logeons est une extension de la ville, des tours en constructions, des bureaux de vente d’appartement, mais pas un seul commerce d’alimentation ou de proximité. Sans voiture, il faudra tout un temps pour que la ville prenne un aspect convivial.

Nous découvrons l’arrêt de bus que nous utiliserons demain matin pour aller à Salento.

Chemin faisant nous regardons le manège de trois jeunes gens qui secouent un des arbres plantés au milieu du boulevard : ils récoltent les fruits qui en tombent, des ‘goyava dulce’, muries à point. Ils nous les font goûter, savoureuses.  Extraordinaire pays où les arbres d’ornement portent des fruits comestibles !