Archive for the ‘2018 COLOMBIA’ Category

VILLA DE LEYVA

mercredi, janvier 17th, 2018

Au nord de la capitale, une petite ville typique attire, les fins de semaines, une foule de colombiens aisés qui viennent passer leur détente hebdomadaire dans cette région où certains ont une ‘finca’ – résidence secondaire ou fermette dans ce cas-ci, plutôt que ferme ou exploitation rurale.

La place centrale, toujours appelée plaza mayor et non pas plaza Bolivar comme le veut la tradition dans le pays, a une taille surprenante pour une si modeste cité. Elle est entourée de magnifiques constructions conservées en l‘état depuis la création de la ville.

De plan carré, construite dans le strict respect des impératifs royaux quant à la dimension des bâtiments, la nature des murs, la forme de fenêtres et de la toiture, la ville fut un temps la capitale du Vice-royaume de Nouvelle Grenade, comme l’appelèrent les premiers colonisateurs du XVIième siècle.

Les rues sont encore pavées de grossiers blocs de pierres peu jointifs, et les ralentisseurs ne sont pas nécessaires ! Même à pied on regarde devant soi…

Des carmels occupent les abords de la place, carmel d’hommes, de femmes, chaussés ou déchaussés (déchauds?déchaux), au bon vouloir des congrégations qui sont venues d’installer dans le pays d’El Dorado, attirés par les légendes que répandirent les premiers arrivants. (voyez le post sur Guatavita).

Bien sur la vocation de la ville a changé. Le petit centre administratif rural est devenu un centre touristique, avec ses hôtels, café et restaurants, mais a su conserver son aspect typique.

Sur la route du retour, qui peut demander à certains moments beaucoup de patience pour rejoindre la capitale, nous avons sacrifié à la tradition. Vanessa a choisi l’échoppe où déguster les arepas, galettes de maïs typiques de la région du Boyaca, que les gens de Bogota emportent par sacs entiers pour assurer les petits déjeuner de la semaine. On en trouve au fromage, au beurre, à l’oeuf, à toutes sortes de gout, l’essentiel étant la pâte à base de farine de maïs, ou pour certains de ‘yucca’, le manioc de là-bas. Ces derniers sont plus savoureux à mon goût, la fécule légère leur donne un petit goût sucré de friandise.

Il était vendredi soir, une bonne heure a suffi pour nous ramener en ville, le temps de faire laver l’auto (le lavage à la main est disponible toute la nuit) et nous étions déposés à la Candeleria pour un repos bien nécessaire.

P.S. Je supplie les puristes d’excuser l’orthographe des mots espagnols, et surtout le manque d’accents, que mon clavier belge ignore superbement. J’ai remarqué que beaucoup de toponymes dérogent à la règle de l’accent tonique sur la pénultième, et accentuent a voyelle finale, sans doute pour respecter la prononciation issue des langues Muisca et Wayuu.

CATEDRAL DE SAL

lundi, janvier 15th, 2018

Notre parcours de retour vers la capitale nous fait passer par la ville de Zipaquira, qui accueille une merveille du pays. Une mine de sel, du moins la partie ancienne de la mine, a été transformée en église – musée.
Phénomène curieux, quelle idée de construire sous le sol, dans les espaces magnifiquement dégagés par les tonnes de sel extraites en blocs, un temple dédié avant tout a la souffrance du chemin de croix ?
Si l’exploitation continue, avec les méthodes actuelles, plus personne ne descend au fond dans les vapeurs de chlorure de sodium. L’eau chaude se charge de ramener en surface le trésor enterré ici par la nature il y a des millions d’années.
Mais aux temps héroïques, quand le sel était extrait sous forme solide, des hommes ont souffert et sont morts dans la saumure. Les mines de sel ont toujours été réputées pour dévorer leurs mineurs, et ceux qui y travaillaient n’avaient bien souvent que la religion pour conserver quelque espoir en ce bas monde. La religion dans tout ce qu’elle a de proche de la douleur. L’église est consacrée aux chutes du christ sur le chemin de la mort. La souffrance et l’idée de la mort devaient bien convenir à la pensée de ces pauvres gens.

Jusqu’à 180 m sous le sol, d’immenses salles tout en hauteur, au plafond, murs et au sol plats, reliées par des passages taillés entre les colonnes, ont permis d’établir des chapelles, des autels toujours utilisés pour des offices dominicaux.

Le sel est blanc, mais comme il contient beaucoup d’impuretés (charbon, métaux, cuivre et or, des émeraudes parfois) l’ensemble des salles est noir et génère un climat contraignant, alors que l’espace n’est pas compté, les plafonds pouvant s’élever à plus de 20 au-dessus du « sol ».
Véritable foire, les marchands du temple s’y sont installés, et des jeux de lumière permettent de retenir les jeunes touristes séduits par l’étrangeté du « bâtiment ». Ce qui fait de la ville et du lieu un des endroits les plus fréquentés en période ‘estivale’.

J’ajouterai qu’avant de commencer la visite, nous sommes passés à Zipaquira pour prendre un repas spécialités de la région dans un restau dont le serveur nous a accueillis en Français (il a passé 30 ans à Clichy !)
Le mur de la salle est décoré d’une comptine locale dont je donne le texte pour les amateurs:

Erase una viejecita
sin nadita de comer
sino carnes, frutas, dulces,
tortas, huevos, pan y pez.
Bebia caldo chocolate,
leche, vino, té i cafe,
y la pobra no encontraba
que comer ni que beber !

traduction liibre pour les non hispanisants:
il était une petite vieille qui n’avait rien à manger si ce n’est viande, fruits bonbons, tartes, oeufs, pain et poisson, elle buvait du chocolat chaud, du lait, du vin, du thé et du café et la pavre ne trouvait ni  à boire ni à manger!

 

 

GUATAVITA

lundi, janvier 15th, 2018

C’est un avantage de connaitre quelqu’un dans le pays que l’on vient visiter. Surtout que Grégoire est dynamique et ne sait pas vous faire voir tout ce qu’il aime, tant il y en a !

Modérons nos envies, le sommet à 3500m, c’est peut-être un peu optimiste, parce que nos deux heures de rando hebdomadaires ne nous ont pas armés pour une ascension de 4 heures et 500 m de dénivelé.

On va se contenter du lac de Guatavita, 2 heures de grimpette pour admirer du dessus la fameuse lagune comme un œil ouvert vers le ciel. C’est ici dedans, au cours de la cérémonie d’intronisation, que le nouveau cacique des Muiscas, enduit de poudre d’or, était lavé dans l’eau qui bien sur renfermait les dons déversés tous les 20 ans. Mais ce n’a jamais été un site aurifère, contrairement à ce que les conquistadors se sont mis dans la tête. D’autres commentaires sur ce sujet dans le post d’hier sur le museo del oro.

La visite guidée nous permet de découvrir dans le même temps la flore altoandine, le paramo, composée de ces plantes tropicales d’altitude si particulières, dans des ceintures d’altitude bien définies autour des sommets entre la zone des forêts et celle des neiges éternelles.

Là comme ailleurs les ravages de la présence de l’homme ont été destructeurs. La « colline » qui entoure le lac de montagne de couleur émeraude (due au ciel, aux pierres qui y étaient jetées autrefois), est transformée en parc naturel protégé (enfin !). Ce qui n’empêche pas les incendies, hélas, mais permet de concourir à la reconstitution de cette biodiversité andine qui rend jaloux toutes les firmes pharmaceutiques.

De la lagune, le soir approchant, nous nous dirigeons vers le logement réservé, dans un hostal particulièrement accueillant et typique, el Monte Verde : dans le plus grand respect de la nature, une jolie maison tenue par deux hôtesses qui animent un cercle de femmes pour le jardinage (bio bien sûr)

Le lendemain nous nous baladons un peu dans la campagne- montagne environnante, jusqu’à une cascade intrigante. Je ne connais pas la raison qui a inséré dans le mur une fenêtre éclairée.

La montagne a toutes les allures de chez nous, l’air y est vif, le soleil chaud – même brulant si j’en crois la couleur de mon crâne après une demi-heure de promenade….

ATTERRISSAGE

lundi, janvier 15th, 2018

Debout à l’heure du déjeuner, nous commençons notre journée par un tour du quartier.

La Candeleria est l’ancien centre de la ville, construit à la façon des premiers colons. Petites maisons basses, avec des patios, une population dédiée au tourisme, finalement assez calme par rapport au reste de la ville.

Les maisons sont anciennes, petits bâtiments à un étage couvert de tuiles canal. Les fenêtres sur rue sont rares et grillagées, les portes sur la rue en acier doublées d’une grille. Les façades sont peintes et depuis de nombreuses années, illustrées de dessins particulièrement originaux. Le maire a voulu ordonner de les repeindre de couleur uniforme pour faire plus sage… mais la population s’est bien défendue et nous offre encore un spectacle extraordinaire;

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Changer de l’argent, acheter une carte de téléphone, trouver un restau, une laverie, toutes les activités nécessaires pour notre confort. Prendre un peu la mesure du change, et s’habituer à être millionnaire sans pour autant être riche.

Et puis l’occasion se présente, visite du Musée de l’or. Gratuit pour les plus de 65 ans (on a des égards ici pour les personnes âgées). Une extraordinaire collection de toutes les pièces qui ont pu être récupérées dans des fouilles, des recherches ciblées, mais finalement rien qui justifie la fièvre de l’Or qui s’est emparée de l’Espagne il y a 4 siècles.

Le musée nous raconte aussi beaucoup de choses sur la métallurgie des peuples précolombiens. Un art qui ne leur a pas survécu.

De Bogota, nous ne voyons qu’une minuscule partie. Il y a plus de 7 millions d’habitants, et des voitures à proportions, pas de métro, quelques motos, peu de vélos quoique le relief y soit favorable puisque Bogota occupe une plaine anciennement marécageuse prise entre deux chaines de montagnes.

L’aéroport occupe une position centrale dans la capitale alors qu’il avait été implanté au nord de la ville lors de sa création. Il faut dire que la ville s’est étendue depuis en direction du nord, vers la savane de Bogota, une région agricole qui reste le réservoir de nourriture fraiche pour les habitants de la capitale.

La population est très mélangée, avec la forme des yeux et du nez, la couleur de peau varie du blanc diaphane des roux (rares) au teint soutenu des quelques descendants d’esclaves africains, en passant par tous les tons de cuivre, qu’ils soient d’origine hispanique ou amérindienne.

Nous terminons la journée par une visite à la place Bolivar, qui rassemble tous les gens qui ont un peu de temps pour profiter de leur après-midi, mais la pluie nous en chasse. Ici comme ailleurs, le climat semble déréglé. La saison des pluies (l‘hivers ?) n’en finit pas, le soleil capricieux se cache souvent et bien m’a pris de rajouter un pull à mon paquetage tropical. Il ne faut jamais oublier que nous sommes ici à 2500 mètres d’altitude.

PREMIERE ETAPE

dimanche, janvier 14th, 2018

Le reveil (enfin l’alarme de mon smartphone, soyons actuel) sonne à 4 heures 10. La nuit trop courte se termine avant l’aube. Dernier chek de bagages, un petit café sur le pouce, un coup d’eau fraiche sur le visage et le taxi arrive à notre porte avec un quart d’heure d’avance.
Pas de problème, s’il y a de l’affluence, on sera à temps.

En réalité, la circulation du petit matin est assez peu dense et Zaventem nous accueille dans la nuit. Passage par les premiers filtres, nous repérons le comptoir d’enregistrement pour déposer nos bagages et retirer les cartes d’embarquement sur papier. C’est encore une vieille manie sans doute, puisque la confirmation sur nos smartphones serait suffisante. Nous sommes les premiers sur la file d’un guichet déjà ouvert, nous voilà légers comme l’air, et prêts à partir… dans 90 minutes !

Premieres expériences de fouille. J’ai droit à une détection de stupéfiants. Négative, je rassure tout le monde.

L’attente commence à la porte A45, mais finalement la faune des petits matins – hommes d’affaire en déplacement, et de très rares touristes en correspondance – nous laisse le champ libre.

Entre l’ouverture de la porte et les premiers signes de mouvement de l’avion, il se passe presque ¾ d’heure. Le temps exact que le commandant de bord nous annonce pour le premier saut de puce, Bruxelles Francfort. À peine le temps de recevoir une boisson, nous débarquons et commençons notre jeu de piste, pour nous rendre à la porte C15 , destination Panama City.

Quelques couloirs plus loin, et après etre montés dans le petit train qui relie les deux terminaux, nous recommençons à arpenter des couloirs à la recherche des portes C. au passage nous croisons une équipe police/armée qui assure notre sécurité, ou du moins nous donne ce sentiment.
Nouvel examen de la tete au pieds, mais cette fois-ci ce n’est pas moi qui suis arrêté.

Parcours total de l’avion à la porte d’embarquement : trois bons quarts d’heure. L’avion est un mode de déplacement rapide, mais pour de courtes distances, c’est encore à voir.

Une borne de recharge me donne l’occasion de tester les Wifi de l’aéroport et de préparer ce premier post.

Pas de commentaires sur le voyage Luftansa -economy class – qui nous a permis de regarder 3 films d’affilée. 10 heures plus tard, Panama nous accueille -très temporairement, nous avons à peine 20 minutes pour trouver la bonne porte pour Bogota, qui n’est pas celle indiquée sur la carte d’embarquement !

Un saut de puce agrémenté d’un repas du soir, nous débarquons vers 20 heures … pour nous trouver à la fin de file des guichets « Mignacion Colombia ». La fin de la file, c’est environ 1000 personnes, deux heures d’attente, station debout, à avancer d’un mètre  par minute. Les heures de vol sont lourdes à ce moment là.

Récupérer les bagages, passer au change  pour les premiers pesos, trouver une taxi (uber…) qui nous conduit à notre hstal. Passé 23 heures locales, nous nous effondrons sur nos lits pour quelques heures…

A suivre