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TOCHA

mardi, février 13th, 2018

Tôt levés pour attraper le bus qui doit passer au carrefour de l’avenue centenario, nous arrivons a l’avance au rendez-vous à Circasia, le temps de commander un café et une pâtisserie pour le déjeuner que nous avons sauté, et Fred nous hèle de l’entrée. Il est seul, nous aurons donc un guide pour nous pour la journée.

Le départ se fait pas étape : nous covoiturons un couple de personnes âgées qui remontent à Salento, il faut faire le plein et s’arrêter chez le mécanicien, parce que le moteur tousse. Mais bientôt nous sommes sur la route, en évitant les blocages provoqués par une course cycliste.

Le parcours quitte le village de 350 auberges en direction de la montagne, la voiture est de nouveau en forme dans la fraicheur du matin. Au fur et à mesure que nous montons nous dépassons quand c’est possible un grand nombre de cyclotouristes trailers qui s’attaquent à ces impressionnantes montées. Nous devons passer une crête à 3500 m d’altitude A cette hauteur-là, il ne reste plus que quelques colombiens sur leurs pédales.

Les paysages sont grandioses, la vallée de la Cocora fait figure de carte postale arrangée à côté des splendeurs qui s’étalent devant nous. Les palmiers de cire coiffent toutes les crêtes et remplissent des pentes entières de leurs panaches. Sur les flancs abrupts, d’étroites terrasses marquées sont pâturées par le bétail. Autrefois, on y cultivait des Pommes de terre, les papas, mais les désordres de la violence ont fait fuir les paysans, et la Bolivie produit assez de papas pour qu’on n’ait plus besoin de celles-ci.

Plus haut dans la pente, une halte dans une forêt artificielle de pin du canada, plantés ici pour fournir du papier, nous conduit à quelques trous dans le sol : lors de la plantation des pins, les ouvriers ont mis à jour des tombes anciennes dont ils ont emporté objets et pierres gravées, laissant les ossements tomber en poussière. Aucune recherche n’a pu avoir lieu sur ces témoignages anciens, il reste juste une tradition orale limitée à ceux qui s’en préoccupent. En signe d’hommage notre guide jette dans chaque trou quelques bribes de fleur.

De l’autre côté de la montagne, nous quittons le département du Quindio. Le versant nord, sur le département voisin d’Ibague, a un tout autre aspect. Les paysans cultivent les haricots, frilloles et une espèce de carotte blanche qui a l’aspect du navet. C’est l’époque d’une des trois quatre récoltes annuelles, des sacs amenés à dos de mule attendent au bord de la route que le camion les charge pour les amener au marché.

Nous nous arrêtons dans une ferme pour prendre un café avec une tranche de fromage, l’en cas local en fin de matinée. La ferme qui nous accueille attire un groupe de colibris qui dansent devant nous dans les fleurs. Il s’agit ici d’un élément du réseau social qui travaille à faire revenir des paysans sur ces terres qui ont été vidées par les troubles durant deux générations. L’idéal serait de recréer des communautés autonomes, respectueuses de l’environnement, privilégiant le commerce local et équitable. Mais la survie passe avant tout, les terres sont en grande partie louées par des grands propriétaires et les techniques culturales ne sont pas sans défauts…

Tocha, un village carrefour avec quelques maisons, nous offre le repas de midi. Nous repartons pour l’ascension du cratère, la boca du volcan. Au passage, notre guide salue les gens qu’il rencontre. Pratiquement toute la population a quelque chose à faire avec lui, échanger des nouvelles fixer des rendez-vous, commenter des événements…

Passé un sommet, le cratère s’ouvre devant nous. Une partie a été replantée d’arbres pour tenter de restaurer les bois d’origine, il reste une finca avec une grande prairie, et une lagune – actuellement un marécage – qui collecte les pluies dans cette vallée encaissée. Le volcan dort depuis plusieurs siècles, mais on détecte l’activité du magma à 3000 m sous le sol, et on prévoit un réveil dans les 150 années qui viennent. Des consignes sont répandues par les autorités sur la conduite à tenir en cas de menace d’éruption.

Le tour continue. A quelques km d’ici, une source chaude alimente un bassin où la population locale vient se baigner : c’est le weekend, on fait un peu la fête. Un jeune garçon nous conduit à la curiosité suivante : à quelques centaines de mètres en contrebas, un petit geyser sort de la roche dans le ruisseau qui coule depuis la source et une stalagmite se dresse dans le courant, la première d’une suite. La pluie et l’eau tombant des arbres l’alimentent encore et elle continue de grandir.

Entre-temps, la conversation avec notre guide s’alimente des évènements de l’histoire du pays. Un peu plus âgé que Caroline, il était adolescent pendant la période de violence. Il a su échapper aux divers camps qui recrutaient les jeunes garçons pour en faire des combattants : farc, armée régulière, paramilitaires, au prix de fuites incessantes d’un village à l’autre, puis à Medellin. C’est peut-être ce qui explique son engagement radical dans la voie d’un changement de société, plus juste, plus équitable, plus durable, en commençant par remédier aux dégâts de la période qui s’achève. Je remarque d’abord ce rejet de la classe politique qu’il tient pour responsable des crises et dans laquelle il ne veut pas choisir. Avec la possibilité qu’offre la loi électorale en Colombie : si lors d’une élection, le vote blanc l’emporte, une nouvelle élection doit être organisée, à laquelle aucun candidat de la précédente ne peut se présenter. Un cadeau rêvé pour permettre le renouvellement des élites dirigeantes et interdire le trust du pouvoir local par une entente entre notables. Avec tous les risques qui en découlent.

Le chemin du retour nous permet de nous arrêter pour voir le soleil disparaitre derrière la Cordillera occidental, la chaine andine qui sépare cette vallée de la côte pacifique.

Un bus nos ramène dans la nuit jusqu’à notre appartement, un peu sur les genoux et couverts de poussière.

LES JEEPS

mardi, février 13th, 2018

Cette région de la Colombie, comme d’autres, est quasiment inaccessible aux véhicules ordinaires, en dehors des autopistas et des villes. Seul un 4×4 -lisez cuatro por cuatro- peut monter les pentes et passer les ruisseaux.

Dès la fin de la deuxième guerre mondiale, les surplus des armées américaines ont débarqué en Amérique du sud. Vite adoptés, les jeeps ont fait leur place dans l’équipement moyen des villageois. Copiées, améliorées, concurrencées, bichonnées, réparées, elles constituent un étalon de mesure, au point que le chargement complet d’une jeep en sacs de café, de citrons ou autre produit, se nomme un Yipao, et constitue l’étalon de chargement de marchandises.

Certaines mécaniques se donnent un faux air de vieux : en dehors de la carrosserie, tout a été renouvelé depuis 40 ans : freins, moteur, sièges, en dehors sans doute du chassis qui sera la dernière pièce à être mise au rebut. D’autres n’ont pas cette chance, et les chaos incessant des pistes de montagne leur mènent la vie dure, mais leurs propriétaires ne les abandonnent jamais, il y a toujours un mécano compétent et surtout doué pour remédier aux ravages de l’âge.

En dehors de ces monuments, on rencontre aussi pas mal de Renault : R4, R9, R12, qui survivent par la puissance inventive des professionnels. Impossible de savoir si les nouvelles générations de la marque – logan, sandero, duster – auront la même endurance alors qu’elles bénéficient du même engouement.

Encore une réflexion sur les autopistas – ce ne sont pas des autoroutes, même si elles sont quadrillées de postes de péage, beaucoup plus des high way comme aux USA. Signalisation à l’américaine avec des conventions qui nous sont parfois inconnues, la plus claire étant le signal stop, ici « PARE ». On aborde la route uniquement en tournant à droite, un « retorno » à quelques centaines de mètres permet de prendre la direction opposée, comme si on avait tourné à gauche. Solution économique qui évite beaucoup d’ouvrages d’art, mais limite pratiquement la vitesse, d’autant plus qu’un véhicule encombrant manquant de reprises se prélasse généralement sur la bande de gauche, pour éviter d’avoir à déboiter pour dépasser plus poussif que lui. On se fraie un chemin en voiture conventionnelle, en slalomant entre les obstacles.

SALENTO

mardi, février 13th, 2018

Comme prévu, nous sommes à l’arrêt du bus à 8h, juste quad il en arrive un.
je demande Salento ?
le chauffeur répond Salento
et nous voilà partis.

Le bus fait escale a Circasia en quittant l’autoroute, puis la petite route de montagne – montées, descentes – nous amène dans le village. Sur la place les jeeps attendent pour partir vers la vallée de la Cocora. Donc on ira d’abord là, en prenant place sur les banquettes en travers, 8 personnes, plus une qui se tiendra derrière sur le marchepied en s’accrochant aux arceaux. C’est impressionnant pour nous, finalement plus facile pour elle, elle voit bien le paysage, et on ne roule pas trop vite. La place a l’air d’être appréciée, nous croiserons une autre jeep ou seuls 5 personnes sont assises à l’intérieur et 3 se partagent le marchepied, debout à l’arrière.

Les promenades dans le parc classé ont généré une activité touristique intense. En plus des transports par jeep, il y a les guides, les loueurs de chevaux, les marchands de casse-croute, et même une madame pipi extrêmement vigilante sur l’accès aux baños.

Impressionnants, ces arbres qui s’élèvent tout droit vers le ciel à plusieurs dizaines de mètres, portant une grappe de fruit. De leur tronc on tire une cire utilisée anciennement pour le calfatage des barques. Ces arbres sont uniques au monde, il n’y a rien de comparable en dehors de cette région des Andes.

Comme nous n’allons pas à cheval et que nous ne partons pas pour faire 10 km, nous rentrons à Salento pour midi. Nous nous attablons à une terrasse, pas par choix, mais par hasard, tant il y a de restaus autour de la place, et là, divine surprise, nous pouvons déguster le premier repas acceptable pour nos palais européens. Une truite grillée servie sur un patacon (crêpe de banane plantain) dont la légèreté m’enchante.

Il nous reste 4 km à faire jusqu’à la finca de don Elias. Nous allons visiter une ferme de production de café, établie de longue date, fonctionnant en bio, sans engrais, ni pesticides, ayant développé ses méthodes de lutte contre les parasites : mélange de cultures, les fruits sucrés attirant pl.us les mouches que ne le font les grains de café. Les stipes de bananiers servent de couvre sol et d’apport d’humus, les troncs constituent une réserve d’eau en saison sèche.

Chemin faisant, une jeep s’arrête à notre hauteur. Le conducteur nous explique qu’il cherche des gens qui voudraient se joindre à une personne pour aller visiter un site dans la montagne le volcan Machin – sic, ça ne s’invente pas, prononcer matchine – : excellente pub nous sommes presque conquis, et finalement une heure plus tard nous confirmons notre participation pour demain.

À notre arrivée à la Finca, nous accrochons un tour qui démarre en anglais, mené par Juan, qui nous explique avec verve et patience les caractéristiques de ce café et de cette culture. Nous prenons quelques photos, je retrouve les caféiers que j’ai connu au Rwanda, à la différence qu’ici, les plants sont cultivés sur les pentes sans lutte antiérosive.

Nous avons droit à une démonstration de récolte, de traitement du café depuis la cerise jusqu’à la tasse que nous dégustons avec plaisir.

Nous n’achèterons pas de café en grains ici, il nous reste un mois de voyage, impossible de se charger de tout ce qui vaut la peine sur notre route.

Nous rentrons finalement en jeep, par une route parallèle, assez pittoresque, mais éprouvante pour la mécanique, et sans doute aussi pour les nerfs du chauffeur qui semblait tendu. Mais grâce à Dieu, à la madone et à tous les saints du paradis, la mécanique a tenu bon en frannchissant la crête !

BIBLIOTECA ESPANOLA

mercredi, février 7th, 2018

Avant de monter à San Domingo, un petit ex cursus sur la réinsertion des sdf. J’ai dit comme on me l’a enseigné, que les sdf ont été invités à se réinsérer et qu’il y en a peu qui aient refusé.

C’est bon pour la population officielle et recensée. Mais les circonstances économiques modifient un eu la donne. L’exode rural sévit ici comme partout dans le monde, les campagnes se vident pour remplir les villes millionnaires. Il y a 2,5 millions d’habitants officiels à Medellin, mais quand on voit les abords de la ville à 2000 l d’altitude, un doute me saisit sur l’efficacité des recensements.

Et ceux-là ne bénéficient pas des largesses de la municipalité puisqu’ils n’en font pas partie. Ils survivent comme ils peuvent, on en voit au matin, couchés sur des cartons le long du mur qui longe l’autoroute Nord Sud. Ils n’y sont pas la nuit. La nuit, un sans-abri marche, il ne peut pas reposer, c’est trop dangereux.

 

Par contre les quartiers de classe 1 et 2, les plus modestes, sont desservis par le Metro câble, on y a l’électricité et même l’eau malgré la dénivellation de plus de trois cent mètres entre le centre de la ville et les « communes » excentrées.

Autrefois on parlait de communes comme des quartiers dangereux, et c’est sans doute ce qu’on vécu les habitants avant que l’argent coule plus facilement vers les moins favorisés, depuis la fin des cartels. En plus de l’alcadia de Medellin, il y a beaucoup d’Ong qui s’investissent dans la santé, l’éducation etc. l’église (catholique) est présente, clergé régulier comme missionnaires.

Pour en revenir à la Biblioteca espanola que nous sommes venus voir, elle est encore en travaux, et sans doute pour quelques temps. On a décelé des malfaçons dans le début de construction. Aussi les services qu’elle offre sont délocalisés à la maison de la justice, pourquoi pas ?

GUATAPE

mercredi, février 7th, 2018

Pour aller visiter ce site situé à 80 km de Medellin, nous avons pris un tour en bus. Guide en espagnol par Laura avec traduction en anglais par Rafael, un jeune vénézuélien qui tente de se faire une place au soleil.

Nous faisons une première pause a Marinilla – non pas Marinella de Tino Rossi, mais Marinija, une paisible petite bourgade qui a conservé jalousement son architecture néo coloniale. Le village s’orne d’une place des martyrs, parce qu’il a été celui qui a fourni le plus gros contingent de soldats lors de la campagne de lutte contre les espagnols pour l’indépendance.

Puis nous poursuivons juqu’à la localité de El peñol. Lors de la création de l’immense lac artificiel de l’embalse de Guatapé, le petit village devait se voir recouvrir par les eaux. La epm, entreprise nationale qui gère l’énergie en Colombie, était assez réticente à indemniser les habitants et surtout à reconstruire une ville avec église, écoles, centre de santé, etc. De la longue lutte qui s’en est suivie, les paysas sont sortis vainqueurs : El nuevo peñol ne ressemble pas à l’ancien mais a permis de recaser la population chassée de son ancien territoire.

A El peñol s’érige une curiosité géographique : un monolithe de 200 m de hauteur, escaladé pour la première fois en 1954, et transformé depuis en attraction touristique munie d’un escalier de 450 marches pour monter et 700 pour redescendre (il y a deux chemins) (+/-, je ne me suis pas hasardé à aller vérifier !

De là nous allons à Guatapé, petit village à la bonne altitude, oui qu’il est au bord de l’eau, où je me fais servir une « bandeja paysa », la spécialité culinaire locale. Qui emporte ma conviction : la cuisine n’est pas une spécialité remarquable en Colombie.

Guatapé est remarquable pour une autre chose : les zocaleros. Qu’est-ce que c’est cette bête ?
Tout bêtement les décorations dont les habitants se sont ingéniés à décorer le bas de leurs murs, là où en Flandre on applique une bonne couche de goudron nori, ici, depuis 1909 et l’arrivée du premier sac de ciment au village, ils ont décoré de dessins en relief sculptés en ciment et peints, repeints avec minutie pour identifier chacun sa maison. Le résultat est renversant.

 

Une balade en bateau sur le lac, puis de nouveau 80 km d’autoroute et nous voilà de retour à notre gite pour une nuit assez bien méritée.

PUEBLO NUTIBARA.

mardi, février 6th, 2018

Dimanche. Sans le savoir nous allons aujourd’hui nus joindre à une activité aussi habituelle chez les habitants de Medellin que le Bois de la Cambre pour le Bruxellois. Nous allons au « pueblo paysa ».

Dans le quartier du jardin botanique, ou de moins pas très loin, un parc établi sur une colline non bâtie recèle une reconstitution d’un village traditionnel de la région, comme ceux que construisaient les premiers cultivateurs – juifs, basques, etc – qui des sont installés dans les parages de la rivière Medellin.

Après une demi-heure de marche dans le quartier de Poblado depuis le métro, un taxi nous conduit pour quelques pesos au sommet de la colline. Il fait chaud, ça monte, laissons-nous faire. Par contre la foule des gens monte qui a vélo, qui en jogant, pour maintenir la forme.

Sur un périmètre assez réduit sont concentrés une église – fonctionnelle – et une placette avec quelques maisons dont une est consacrée au musée paysa. Derrière le mur qui la clôture côté rue, deux pièces en vis-à-vis traversées par l’entrée qui conduit au patio. La cour intérieure est un petit jardin de fleurs en pot, les pièces qui l’entourent sont ouvertes sur le péristyle qui la ceinture, sans fenêtres ni portes, les chambres, les salles, la cuisine sont directement ouvertes sur ce centre finalement extrêmement bien conçu quand on considère le climat et le mode de vie rustique des premiers paysans.

      

Ici, les hommes portent le chapeau. Un panama pour les plus récents, ou même une casquette, mais les vieux sont attachés à leur feutre discret et sombre ils se rassemblent sur la place en attendant l’heure de la messe, leurs machettes à portée de main accrochées à leur vélo comme elles l’étaient à la selle de la mule.

Le tourisme fait bien les choses. Nous prenons notre almuerzo ici depuis le panorama qui nous montre la ville à nos pieds.

 

Puis nous redescendons en droite ligne par un escalier pas trop raide, mais que je préfère ne pas avoir eu à monter !

METRO TOUJOURS

lundi, février 5th, 2018

Je suis impressionné par ce métro de Medellin.

La propreté d’abord :


Comme tout ici, le métro est nettoyé à longueur de journées. Ça demande du personnel, oui, bien sur mais la plupart des gens qui y travaillent préfèrent passer leur temps à maintenir l’ordre et la salubrité publique pour un petit salaire plutôt qu’à chomer sans rien gagner.
Deuxième cause de la propreté publique : c’est l’affaire de tous. Les slogans 100 fois répétés, peut être des sanctions, je n’en sais rien mais c’est probable, font que les gens ne jettent pas leurs crasses n’importe où.
Les voitures sont nettes, intérieur et extérieur. Pas de tags ni de grafs sur les trains. Pas de grafs nulle part d’ailleurs. Des murs décorés façon street art, peut être par ceux qui les auraient taggé en d’autres circonstances.
Enfin, le métro dégage une impression de sécurité. La présence policière est importante, et en plus d’être sécuritaire c’est un service à la population. J’ai vu un jeune policier -service militaire- qui accompagnait un aveugle depuis le guichet d’entrée jusqu’au quai pour qu’il puisse prendre le train suivant sans risque.

Je le risque à une opinion : si au lieu d’enfermer les jeunes qui sortent des études dans un stage d’attente non rémunéré qui ne débouchera sur un emploi que le jour où ils promériteront des subventions à leur employeur, on leur proposait ce service national, non armé, civique et gratifiant :  je suis étonné par le sourire de tous ces jeunes en uniforme de police, qui semblent heureux de se consacrer à cette tâche, et qui sont réellement à la disposition du public, la mienne en particulier. Ils auront au moins appris une chose dans ce stage : ils ont un role à jouer dans la société.

Qui sait si les indemnités qu’on pourrait leur verser ne seraient pas moins couteuses que le budget consacré à la présence des soldats dans nos rues ces dernières années ?

COLD BREW COFFEE

lundi, février 5th, 2018

Une originalité découverte ici à Medellin, au centre commercial Palacio National, le café infusé à froid.

Quand nous avons traversé avec Caroline de real city tour ce chef d’œuvre du kitsch qu’est l’ancien palais de justice reconverti en centre commercial, nous avons croisé Diego, LE barista de Medellin.


accessible ici :
cafeconmuchoamor@gmail.com
@cafeconmuchoamor
et sur fb, cherchez ‘cafe con mucho amor’
vous trouverez la merveille du café brassé à froid.

Le secret : un café sélectionné des environs, nous sommes aux début de la ‘eje cafetera’, la zone du -café, à 1500 m d’altitude, le must pour élever des arabicas savoureux et odorants.

Une torréfaction légère, on dit un café blond, et une mouture moyenne, un peu de patience – l’extraction rend plus de temps que l’expresso – et vous savourerez les aromes tendres, sans amertume, naturels, de ce café glacé.

C’est tendance, mais en plus c’est bon et ça a d’autres avantages :
pas de sucre dans ce café, sauf si vous aimez le sucre pour le sucre,
pas de lait non plus, sauf si vous aimez le gout du lait associé à celui du café,
une boisson froide, et rafraichissante
tonifiante mais pas excitante
un délice pour le palais comme pour les narines !

LE PARC BOTANIQUE

dimanche, février 4th, 2018

Dans le quartier de l’université, à quelques encablures de notre Guest house du 61Prado, se trouve un jardin botanique réputé renfermer des attractions comme jardin d’orchidées, et élevage de papillons.

Samedi, c’est un endroit assez prisé des habitants de Madellin, pour toutes les animations qu’il recèle tout au long du weekend : ateliers de pratiques artistiques, de partage, de discussions, de « sports » comme pilate, yoga ou chi qong. Il y a même une séance de cinéma de plein air annoncée à la nuit tombée – ce soir, Kramer vs Kramer, un film à succès de 1979.

Le métro nous dépose à la station Universidad. La ligne aérienne repose sur des piliers dont le bas a été décoré en street art avec beaucoup de goût. J’ajoute au passage que je suis sidéré par la propreté de ce métro, comme de tout le reste de la ville d’ailleurs. Des bataillons de balayeurs entretiennent soigneusement un espace public sans publicité, que les gens respectent donc d’autant plus facilement. Tout est net, sobre, clair, agréable à regarder. On aime s’assoir sur un banc et faire un brin de causette avec une personne qui profite aussi de son samedi.

Les orchidées sont rares, les azalées ont beaucoup souffert de la pluie abondante tombée toute la nuit qui précède, mais le parc est extrêmement agréable à regarder, visiter, apprécier. Nous ne participerons pas aux ateliers, mais nous faisons le tour de cette végétation tropicale exubérante, pour en apprécier l’abondance et la beauté. On se doute bien que malgré l’aspect « négligé » et désordonné des plantation, ça ne s’obtient as sans travail, des équipes de jardiniers sont a l’œuvre, a nettoyer les chemins et cultiver le pépinières.

Les plantes que nous abritons chez nous en serre se multiplient au grand air. Une véritable collection de palmiers différents est réunie autour d’un petit lacs. De fleurs de toutes couleurs surgissent partout.

    

Nous prenons à la cafétéria un « almuerzo » veg (sopa y ensalada), le premier depuis notre arrivée en Colombie.

En sortant du parc botanique nous visitons une sorte de parcours « scientifique » autour d’un planétarium, le « parque de los deseos », le parc des souhaits, ainsi nommé parce que les gens venaient dans cet endroit autrefois désert pour regarder les étoiles.

PARQUE ARVI

dimanche, février 4th, 2018

Medellin peut s’enorgueillir d’un exceptionnel site naturel. Un parc de 1700 ha à 2200 m d’altitude est inclus dans la ville. Il contient un grand nombre d’activités intéressantes : nature, archéologie, botanique, papillons, histoire locale, des tours organisés avec des guides, et jusqu’à hier, gratuits.

Nous prenons le métro vers 10 h, et une heure plus tard, nous avons parcouru 5 stations de métro aérien, pris un métrocable, puis changé pour la ligne L qui dessert spécifiquement le parc. Le tout en une heure de temps et 6000 COP (moins de 2 €)

Une énorme déception nous attend. Le parc n’est plus gratuit et le nombre de visites dans la journée est fortement réduit, le prochain départ sera dans deux heures d’ici, alors que nous devons impérativement être redescendus en ville pour 16h00. En dehors d’un immense parking à touristes avec ventes de souvenirs, de limonades et d’empanadas, pas moyen de rentrer dans le parc sans avoir choisi un circuit guidé payant. Payer d’accord, mais pour quoi ? Il faudrait désigner au vogelpick une thématique sans en connaitre ni le contenu, ni la durée, ni la difficulté.

Il reste parait-il un endroit accessible, une sorte de plaine de jeux à 20 minutes à pied de la sortie du métrocable. Nous nous engageons sur la route qui y conduit, mais dès les 500 premiers mètres franchis, nous nous retrouvons sur une route de montagne sans accotement, avec une circulation assez intense de bus, camions et motos, et rien en vue au bout d’une grosse demi-heure.

Un « taxi » improvisé nous ramène -moyennant finances- jusqu’au point de départ et adieu le site.

Voilà une occasion manquée pour la ville de se faire une bonne réputation.

Seul avantage du voyage, l’expérience du métrocable, une fantastique invention pour cette ville emprisonnée entre des montagnes abruptes, et dont une partie de la population doit s’accrocher à flanc de coteau. Ce qui a été très harmonieusement réalisé.