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La santé au Sri Lanka

lundi, mars 20th, 2017

Quand on voyage à l’étranger, avec l’envie de connaitre le pays et les gens, de partager leur manière de vivre et de nouer des relations, il y a des domaines qu’on a peu l’occasion d’expérimenter.

De ceux là fait partie la santé, et l’environnement médical. Avoir besoin de soins à l’étranger, surtout dans un pays dont on ne pratique pas la langue, et dont les standards de vie sont parfois très différents de ce à quoi on est habitué, pourrait se révéler une épreuve.

He bien, j’ai fait le test ! Rien de vraiment grave, juste un petit rappel de mes ennuis cardiaques de l’an dernier. J’ai reçu à mon dernier anniversaire une « montre » qui mesure aussi, entre autre chose, mon rythme cardiaque. Sage précaution ! Je me suis rendu compte après quelques jours au Sri Lanka, que mon cœur avait tendance à se mettre en surchauffe sans que je lui demande d’effort… J’avais reçu alors  pour ces circonstances, un médicament, « pill in the pocket », à prendre en cas de besoin. Mais voilà, comme je n’ai jamais eu l’occasion de l’utiliser, il est resté sur mon bureau à la maison….

Conclusion, je me suis mis en quête d’un médecin qui puisse d’abord vérifier le problème, et aussi y apporter le remède ad hoc. Et j’ai pu ainsi me rendre compte que le Sri Lanka est merveilleusement équipé dans ce domaine, un peu selon la norme de médecine publique qui était celle de l’Angleterre avant les années Tacher.

D’abord à Matara, puis quelques jours plus tard à Dambulla, j’ai rendu visite aux hopitaux « gouvernementaux » de ces petites villes.

Première remarque ; ces hôpitaux existent, ils sont fréquentés et fréquentables. Si les équipements sont parfois rudimentaires, le personnel médical est abondant et (selon mon appréciation) compétent.

A Matara, j’ai été reçu par une doctoresse d’un certain âge, qui a retraduit en équivalent local les prescriptions de mon médecin traitant et m’a muni d’un viatique sous forme d’un médicament plus ou moins substituable à ce que j’aurais du avoir. Il faut dire que la spécialité idéale, bien que connue des compendium locaux, est très peu utilisée, et que pour en disposer, j’aurais dû la commander à Singapour, et l’attendre deux semaines ! Un autre générique m’a été fourni par la pharmacie de l’hopital pour un prix à peine moins élevé que celui qui se pratique chez nous. J’ai reçu dans un petit sachet le nombre exact de comprimés tirés d’un grand conditionnement, la posologie est mentionnée à la main sur l’enveloppe.

À Dambulla deux jours plus tard, comme j’étais encore alerté, j’ai été conduit par notre logeur  à l’hôpital public local, seul à posséder un service de cardiologie. Ma « bonne mine » – et sans doute la couleur de ma peau – me permettent de couper à la file assez longue de patients qui attendent leur tour. J’ai été reçu par deux médecins, un plutôt jeune (sans doute un « interne ») et un autre plus âgé semblant assumer les responsabilités. Ils m’examinent et me demandent de rester quelques heures sous monitoring . Je suis reparti avec deux électrocardiogrammes sur papier qui ne révélaient rien de vraiment inquiétant. J’ai donc passé une journée dans la salle de soins, département cardiologie. Comnme dans tous les pays tropicaux, un hangar ouvert sous le toit tient lieu de salle commune. Pas de chambre stérile ici, malgré une asepsie surveillée et rassurante. Les lits, une cinquantaine, sont alignés le long des deux murs. Le matériel d’ECG de fabrication japonaise, NIHON KOHDEN  et relativement ancien, mais fonctionnel, est amené à mon lit, et fonctionne comme chez nous.

L’intimité des patients, quand elle est nécessaire, est assurée par des paravents. Les infirmiers et infirmières sont en nombre, mais les parents sont aussi présents pour accompagner les malades. Pas d’« hotellerie » , il faut avoir quelqu’un pour s’occuper des repas, la salle est envahie de visiteurs à la mi-journée. Quasi tous les lits sont occupés, mais ils se libèrent et sont réattribués  à tour de rôle.

Vers 17h nous quittons l’hôpital. Nous avons été admis sans formalités, nous sortons sans autre paiement qu’un merci : la santé publique au Sri Lanka est gratuite, seuls les médicaments se paient. Ce qui , admettons le quand même, est un frein efficace à la surconsommation, puisque les prix ressemblent au nôtres…

Jallikattu

lundi, mars 20th, 2017

Jallikattu est un rituel sportif tamoul consistant à maîtriser un taureau à mains nues pour montrer son courage (et accessoirement décrocher la récompense !). Interdit depuis quelques années, il a été de nouveau légalisé cette année à la suite de nombreuses protestations populaires, dont la journée de grève générale contre le « legal ban » que j’ai vécu lors de mon passage à Pondichéry.

Il faut reconnaitre que ce « jeu » ne doit pas être agréable pour le taureau, mais franchement, pour un taureau brutalisé une fois par an, combien y a-t-il de vaches qui vivent toute leur vie avec une corde passée au travers de leurs naseaux et rattachée à leurs cornes. C’est un moyen efficace de les rendre dociles et obéissantes : tirez donc sur ma corde, vous verrez si elle ne suit pas !

Et combien de bœufs blancs à bosse passent leur journées à tirer de lourdes charrettes de bois, par le seul moyen d’une poutre posée sur leur cou ? Ici, pas de joug, pas de collier, juste une énorme pièce de bois très pesante qui les oblige à relever la tête sans améliorer leur puissance de traction. Alors, pour eux, le jallikattu, c’est de la petite bière !

Développement

lundi, janvier 30th, 2017

L’Inde est-elle à classer dans les pays développés ou sous-développés (pardon, en voie de développement) ?
La question reste un mystère pour moi.

L’Inde a son satellite, donc son lanceur, fusée spatiale de grande portée, elle a une industrie certes fragile et dépendante, mais importante, une population dont une part a un pouvoir économique qui dépasse largement les frontières (Mittal, Bata, Tatta), dont une autre part a un renom dans des spécialités aussi pointues et innovantes que l’informatiques, la santé.

Pourtant le nombre d’indiens qui vivent de façon précaire, sous le seuil de pauvreté et même sous le seuil de survie alimentaire et impressionnant et désespérant. Les infrastructures collectives sont terriblement insuffisantes ou même inadaptées, l’hygiène, pourtant une valeur immuable de la civilisation indoue, déficiente.

Selon les normes occidentales, l’Inde est sous développée ; mais le modèle de développement de l’occident est-il universel, le seul admissible ? la population indienne est industrieuse, travailleuse, en permanence occupée à une activité sinon lucrative, du moins productive. Quiconque ici a tant soit peu d’initiative perce à sa façon, améliore son cadre de vie et celui de sa famille, l’avenir de ses enfants. La technicité des personnes dans leur ensemble ne cède rien à celle des jeunes de nos pays. Le tamil Nadu a mis en œuvre en un an de temps une politique « zéro plastic bag » dans les commerces de rue, on voit déjà les effets dans les campagnes et les égouts, le plastique recule.

Reste d’autre sources de pollutions et les aberrations climatiques de ces dernières années ne favorisent pas l’hygiène : les égouts ne se vident pas, les rivières sont à sec parce que la dernière mousson n’a pas apporté d’eau. Puiser dans les nappes phréatiques de plus en plus profondes exige l’emploi de matériel plus puissant que celui utilisé habituellement, et sachant qu’ici on ne jette pas, on ne casse pas, on ne remplace pas, on répare toute machine qui peut fonctionner, le renouvellement des équipements est difficile.

Culturellement, la notion de collecte des déchets est balbutiante. Il existe dans les grandes villes des services de ramassage, mais le reflexe qui consisterait à jeter un déchet non pas à terre, mais dans une poubelle est à des lieues du fonctionnement machinal des indiens. Il y a des entreprises qui valorisent les déchets recyclables : papier, cartons, bouteilles de verre ou de plastique. (Pour les canettes, je ne sais pas, mais la consommation reste confidentielle). Il y a des quartiers, comme celui où nous nous trouvons en ce qui concerne le matériel de reproduction audio : lecteurs, enregistreurs, hautparleurs, dont la fonction consiste à collecter les appareils qui ont perdu leur capacité d’utilisation, les désosser, les reclasser, les remonter et les remettre en service pour une seconde, troisième, énième vie.

Certes, le développement de l’Inde n’est pas celui de l’Occident, mais correspond bien à la volonté de Gandhi de donner à chaque village les moyens de son autosuffisance au moins pour la nourriture et l’habillement. Ce qui cadre assez bien avec les principes de l’indouisme : ton karma te suivra où que tu tentes d’aller, donc si tu es né pauvre et dans le besoin, c’est que tu as quelque chose à apprendre ou à expier, soumets-toi à la volonté divine, fais le bien et ta prochaine incarnation te favorisera d’un sort plus léger. Peu nombreux sont finalement ceux qui se révoltent contre cette loi.

Gandhi disait déjà qu’il est immoral de dissocier la politique de la religion. Même sans la foi, la religion gouverne les actions de l’homme, détermine sa vie, son avenir et celui de ses enfants.
« Rien ne doit changer dans l’Inde éternelle ? »

Ma réflexion se développe dans le cadre d’une partie du Tamil Nadu : Mamalapuram, Pondichéry, Madurai. Qu’en est-il de Bengalore ? Qu’en est-il de Bombay, de New Delhi ? Aurais-je écrit la même chose l’an dernier au Kérala ? L’Inde est un (sous-)continent, un homme sur cinq est indien.

economie

mercredi, mars 2nd, 2016

Ce ne sont que des impressions, des oui-dire, des estimations, mais je pense me faire une idée de la structure économique en Inde
Les deux tiers des habitants sont pauvres, certains très pauvres. Ici au Kérala, on en rencontre peu, mais il y en a plus dans le nord. Il n’y a pas ici le filet de la sécurité sociale qui chez nous empêche cette situation. Les chiffres sont presque les mêmes. Dans l’autre partie de la population, la majorité s’en sort tout juste, une petite partie assez bien, celle qui constitue la « classe moyenne » , estimée entre 5 et 20 %, selon les limites de revenus qu’on accepte pour effectuer le décompte- il s’agit des gens qui peuvent se payer un frigo, un ventilateur, un telephone, une voiture, ceux sur qui la publicité de marque exerce un effet (vetements, cosmétiques, alimentation…). Ce sont ces gens là qui permettent à la machine de tourner, et aux autres de survivre dans leur misère.
Et puis il y a une infime partie de la population, comme partout ailleurs, mais peut être ici le fossé est-il encore plus important, qui exerce le pouvoir économique. Quelques familles, pas plus. Quelques milliers d’individus sur le milliard et demi que compte l’Inde, dont la fortune dépasse les possibilités de gaspillage.
Ceux qui possèdent vivent dans l’aisance ou le luxe pour les plus riches, quelques milliers dans le grand luxe. La fortune petite ou grande qui leur échoit est leur propriété privée, ils l’utilisent à leur gré. Bien sur une partie est redistribuée sans contrepartie : les aumônes, les temples, les dépenses superflues, et même des fondations qui peuvent marquer la société : écoles, instituts de recherche. Mais la majorité des gains inégaux échappe à l’utilité publique. Les impots ne frappent pas réellement les grandes fortunes, juste la classe moyenne qui participe ainsi à la répartition des biens, à l’utilisation publique des surplus de productivité.
Pas de révolution pour faire cesser cette situation. Ceux qui ont peu craignent de le perdre, ce qui n’ont rien n’ont que l’espoir d’avoir peu et ceux qui auraient le plus besoin de changer les choses n’en ont plus la force. L’état est pauvre, il a trop peu à redistribuer pour que ce saupoudrage soit efficace. La seule force changement, c’est le bizness, l’espoir qui pousse les plus hardis à s’enrichir.
S’enrichir, c’est pour celui qui a un petit capital, acheter un hotel décrépi, le restaurer à moindre frais, y placer un manager et passer chaque semaine récolter tout ce qu’il peut gratter dans la caisse, pour acheter un autre hotel. Le manager, un jeune qui espère se lancer dans la vie, récolte les problèmes et tente de grappiller au passage ce qui tombe de la poche du patron, jusqu’à ce qu’il soit peut être lui-même en état de faire la même chose.

katakali 2

dimanche, février 28th, 2016

Bis repetita placent disaient les anciens. Et ils avaient drolement raison, surtout quand la répétition n’est pas strictement identique. Nous avons réservé une soirée à Fort Kochi, pour revoir ce « théatre » qui nous avait bien plu. La scène d’aujourd’hui est différente de celle d’il y a un mois. Cette fois ci, le héros jeune et beau (masque vert) lutte contre celui qu’il prend pour un sauvage, le dieu Shiva déguisé en méchant (masque noir), pendant que la belle (masque jaune) est Parvathi, l’épouse de Shiva, qu’elle calme et ramène à la raison.
Nous assistons à l’heure de maquillage, toujours aussi savant et beau, puis nous avons droit à la démonstration des éléments rituels : mimiques, expressions, gestes, tout ce qui fait la beauté de ce spectacle traditionnel. Comme nous sommes cette fois-ci au premier rang, nous ne manquons rien ni des explication s ni des démonstrations, ni de la musique et des chants accompagnant le tout. Un spectacle d’hommes, à l’usage presqu’exclusif d’une salle remplie de touristes. A croire que les indiens -du moins les indous- préfèrent participer aux vrais festivals dans les temples d’Ernaculum.
Qu’à cela ne tienne, la soirée est magnifique et se termine au restaurant thibétain tout proche, avant le retour par le dernier ferry, juste avant que n’éclate l’orage.

l’anglais

mercredi, février 17th, 2016

Deuxième langue officielle de l’inde avec 130 millions de locuteurs (sur 1.3 milliards dhabitants) après l’indi (400 millions de locuteurs) à égalité avec le bengali, le tougoulou, l’ourdou, et avant le tamoul, le malayalam, le panjabi, le gujarati, l’anglais a l’avantage de ne choquer aucune particularité régionale, il est répandu dans toute la péninsule, là où l’indi a mauvaise presse, soit dans le nord, le sud, l’est et l’ouest de l’union.
Mais bien sur avec plus de locuteurs qu’en grande bretagne, l’anglais de l’inde a ses particularités.
Vous reconnaitrez à la lecture ce que signifie Krishna shoppe, Batara bunglow, Dream loung home stay, Altingar Constractors. Ne cherchez pas à perfectionner votre prononciation de « th », dite juste « de bill » pour demander l’addition au restau. Exercez-vous avec les chiffres, c’est sans doute le plus utile.
Tout le monde ne pratique pas, mais dans un groupe, il est rare de ne pas trouver au moins un interprète, qui est aussi nécessaire ici pour le milliard presque et demi d’indiens qui ne parle ni ne lit le malayalam que pour les touristes, qu’ils soient russophones, francophones, italophones, germanophones ou hispanophones, et j’en passe.
Finalement, quand on saisi les subtilités de l’articulation locale, c’est surement moins difficile à suivre qu’un accent londonien, écossais ou nordaméricain… au point que même notre voisin de chaabre, anglais de pure souche, n’vais pas réellement de difficultés à se mettre dans le bain, pas plus que la bande de suédois rencontrés par la même occasion.

relache

mercredi, février 17th, 2016

Sans doute plus fatigué que je ne le pensais de notre balade à vélo de la veille, je n’ai pas eu le courage de louer le scooter prévu pour aujourd’hui. Je suppose que la mauvaise positon sur un vélo d’emprunt a causé ce mal au dos qui m’immobilise.
Pas grave, il y a une plage à Varkala, la mer est toujours aussi agréable, le bain réconforte et quand la température dépasse n peu trop les 35 ° sur le sable, il reste la falaise. En hauteur, l’air est plus doux, un petit vent frais éponge la sueur, et nous dénichons – dommage d’avoir mis tant de temps à le trouver- un café à l’italienne qui sert un véritable esspresso, 2 oz, un ristreto , 1 oz, un machiato, 2 oz et 1 oz de « steamed milk », et aussi l’americano (meme quantité de café, mais 10 oz d’eau), etc. serré, pas tout à fait la saveur Lavazza à la quelle je me suis habitué, mais savoureux. Dans cet établissement qui a aussi un vrai four à pizza (wood fired, cuite au feu de bois), tout rappelle l’Italie, y compris une reproduction de la Cène de Leonard de Vinci, et la tete du patron, dont je soupçonne fortement qu’il ne soit pas né ici, mais plutôt quelque part entre Milan et Palerme !
Relache pour nous, mais pas pour le temple voisin de l’hotel : depuis tot le matin et jusqu’à 2 h de la nuit, un récitatif, parfois accompagné de rythme au tambour, est diffusé en direct. Les voix changent régulièrement, il arrive qu’on distingue des bruits de micro posé et repris, ce n’est pas de la musique enregistrée. C’est donc une partie de la fete à Ganesh que nous avons croisée hier.
Je ne pense pas qu’il s’agisse d’un « clergé » établi, au sens où nous le connaissons en europe. Il faut savoir qu’en Inde, seuls quelques temples ancien et de grande valeur artistiques, architecturale ou historique sont propriété de l’état. Pour le reste la multitude de temples et sanctuaires à la disposition des hindous est due à la générosité des croyants les plus aisés, tant pour la création que pour l’entretien. La répartition des lieux de culte entre les différents dieux, n’est donc pas due à leur rang au panthéon des avatars de Brama, mais à la dévotion que ces derniers peuvent inspirer à leurs fidèles, notamment les plus aisés. Ce qui explique probablement que Ganesh soit sensiblement plus représenté que les autres. Il faut savoir que Ganesh, bon vivant replet, à tète d’éléphant et avec quatre bras, deux pour s’occuper du spirituel, deux pour répartir l’abondance sur la terre, est, comme Mercure chez nous, le dieu des commerçants, des voleurs et des menteurs de tout acabit : avocats, littérateurs, bonimenteurs (que mes amis commerçants, entrepreneurs, avocats ou profs de lettres me pardonnent, ceci n’est pas une opinion personnelle ou un jugement de valeur, juste la traduction littérale du concept correspondant à ce dieu) … Il a donc une place toute particulière dans le cœur de la moitié des indiens qui pour pouvoir survivre, doit se lancer dans le bizness de sa propre initiative.

Connemara

lundi, février 8th, 2016

Puisque nous avons décidé de nous passer de Zakkeer ce matin, nous allons à la gare des bus. Un bus pour Kotayam est parti devant nous ce qui nous donne le temps de nous renseigner sur la manière exacte de nous rendre à la plantation de thé Connemara pour y visiter l’usine de préparation du produit local.
Bien que l’anglais soit la deuxième langue officielle au Kerala, tout le monde ne le parle pas, mais on s’arrange avec le peu de mots nécessaires pour apprendre que oui, nos guides touristiques ont raison, à une quinzaine de kms de Kumili, le bus passe devant la plantation et s’arrête. Nous nous installons juste avant le départ, le conducteur nous a bien compris, il s’arrêtera pour nous.
La route est en sens inverse celle qui nous a amené la semaine dernière. Et 34 roupies plus loin, nous descendons à l’entrée de la plantation. Une visite vient de partir, la suivante est dans 3/4 d’heure. Le temps de prendre un café à la boutique du bord de la route, et de faire la connaissance du couple de français qui participera avec nous au tour.
Nous admirons les rangées de tables de thé – les buissons tenus à hauteurs ad hoc pour que les femmes puissent passer tous les 5 jours récolter les nouvelles tiges à 5 feuilles d’un vert tendre dont elles chargeront en 7heures de temps, entre 15 et 50 kg dans leur hotte sur leur dos.
Les greviléas – on nous a donne aussi le nom de silver oak, chêne argenté – protègent les plans des trop forts rayons du soleil – pour la qualité du thé – et servent de support à des plans de poivre dont la récolte va bientôt commencer (février mars).
Nous arrivons à l’usine, que nous parcourrons dans le bruit incessant des machines qui doivent bien dater de l’installation de l’usine, en 1941. On suit la fabrication : premier séchage partiel, puis passage dans des rouleaux pour déchiqueter les feuilles et les rouler, produit des « grains » de tailles diverses, les plus fins, « poudre », donnant le thé le plus corsé. Suit la fermentation, deux heures passées dans un cylindre ventilé d’air chaud, pour développer les aromes et les polyphénols, caractéristiques de la variété de la saison, de la préparation, qui marqueront la qualité du produit fini. Un dernier séchage au four donne le ton noir, alors que jusqu’à présent les grains étaient juste bruns. Puis on emballe dans de grands sacs de jute dont certains passeront au conditionnement.
Nous terminons par la dégustation. Intéressant, mais finalement ce thé est assez ordinaire. Il faut dire que déguster régulièrement des thés verts japonais m’a sans doute habitué à des gouts plus sophistiqués.
Le thé produit ici se commercialise à 100 roupies le kg. Nous en prenons un paquet, sans trop savoir comment il supportera le voyage.
Enfin, je n’ai pas saisi comment le nom de Connemara se retrouve ici à l’extrême sud de l’Inde, si ce n’est que la plantation datant de la période anglaise, il se pourrait bien qu’un irlandais présidant à sa destiné ait choisi de la nommer d’un terme lui rappelant son pays !
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danse

vendredi, février 5th, 2016

À Varkala nous nous sommes fait des connaissances.
Dans cet hôtel remplis de russes, nous avons rencontré une brave dame dans nos âges (un peu moins quand même) qui a tout de suite sympathisé malgré la barrière de la langue. Elle apprend l’anglais sous la direction de sa fille qui est ici pour quelques mois en formation (bourse du gouvernent indien) pour apprendre les dans traditionnelles de l’inde.
Cette dame est belarus (nous dirions bielorusse en français, mais ça se discute) et elle passe son temps a faire le tour de ses trois enfants ; en plus de Tatiana la danseuse, elle a une fille en Arabie saoudite et un fils aux études en Angleterre.
Elle nous invite à venir voir le spectacle de Tatania qui va danser le soir dans un restaurant.
Nous nous rendons à l’invitation : nous sommes attendus, installés au premier rang pour profiter au maximum de la représentation.
La danse traditionnelle de l’inde est une mise en scène des histoires de la bagavad gita. Le danseur ou la danseuse, certaines partitions sont écrites pour être dansées par des femmes et pas par des hommes déguisés comme pour le katakali. Les postures sont extrêmement codifiées. Tourner la tète ou froncer les sourcils a une signification, comme taper du pied ou positionner les doigts de différentes manières. La danse est accompagnée de chant et de musique (cithare et tambour).
L’ensemble est étonnamment harmonieux et gracieux. Notre interprète est vêtue d’un sari blanc bordé d’or, boucles d’oreilles et coiffure assortie. Elle est grande et mince, son corps semble fait pour ce qu’elle interprète. Dès que la liaison wifi le permettra, je rajouterai une photo.
Le spectacle de toute beauté dure plus d’une heure. Le beau sari blanc est trempé de sueur, notre danseuse est pourtant loin d’être épuisée, elle prend visiblement grand plaisir à cet exercice.
Nous la félicitons chaleureusement, le spectacle était réellement à la hauteur.

thirivananthapuram

lundi, janvier 25th, 2016

Autrement dit Trivandrum est déjà une grosse ville (600000 nab.) mais en Inde,c’est peu.
Nous nous y rendons en bus après avoir pris notre petit déjeuner habituel.il y a de la place dans le bus, surtout quand on le prend au début de la ligne et qu’on est white. De toute façon, le trajet dure une bonne demi-heure, pas plus. Un conducteur et un accompagnateur qui règle au sifflet les arrêts et les départs.
Le conducteur, lui, a assez à faire avec accessoirement l conduite de son bus, mais aussi le gsm, agiter le bras quand il doit signaler un changement de direction, participer à la discussion acharnée autour de lui (est-ce la politique à cause de la campagne électorale ou autre chose de plus important ?)
Notons que, supérieur en cela au clignotant en usage dans nos pays, le bras peut aussi prendre la signification d’un message aux véhicules qui suivent : dégage, tu vois bien que je suis à l’arrêt !
Ha pardon, moi je n’avais pas vu l’arrêt…
En débarquant en ville, notre premier arrêt est consacré à un café. Brulant, autant de lait que de café, mais dans une salle ventilée, c’est un délice loin de la chaleur de la rue.
Non content d’être lourd et chaud, l’air est trouble et je me rends compte de la pollution. Elle n’atteint pas la gravité de Pékin, mais on la voit, et ce d’autant plus qu’un agent soigneux de la propreté publique a allumé le long des voies du chemin de fer, un feu d’ordure.
Deux bandes de circulation dans chaque sens (ce qui signifie beaucoup plus de véhicules de front), des trottoirs où on fait sa place en avançant, des cris, des klaxons, et tiens, pourquoi pas, un meeting politique occupe le trottoir.
Au passage nous saluons un magnifique temple indou. Nous nous en approchons autant qu’il nous soit permis. Les rites sont réservés aux pratiquants, qui s’avancent, après leurs ablutions, les hommes dans un simple dhoti acheté pour l’occasion, nu-pieds, bien sur (une collection de chaussures digne d’une grande mosquée marque le passage au territoire sacré).
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Un groupe de fillettes en excursion scolaire nous a repérés. Elles veulent toutes être sur la photo, avec nous bien sur. Mais le temps de cadrer, ou même de trouver un assistant bénévole pour appuyer sur le déclencheur, les garçons sont arrivés et occupent le terrain. L’égalité des sexes n’est pas encore pour demain ici.
Plus loin nous croiserons sur quelques centaines de mètres
– une église chrétienne de rite syriaque
– une mosquée munie de deux tours en façade, dont une est le minaret
– la cathédrale du diocèse ‘latin catholic’, probalement établi par les jésuites qui en matière de foi, n’ont que très peu confiance dans les communautés syriaques établies par l’apôtre Thomas (qui le leur rend bien).
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Il faudrait aussi visiter tous les musées mentionnés dans nos guides, mais finalement, le plus attractif de tous les musées que je connaisse, c’est la rue, les gens, les petits métiers et les coups de klaxon, les disputes et la bonne humeur, cet éternel sourire dont chacun ici gratifie tous les autres à moins de passer pour un goujat.
Ns nous asseyons dans le premier hôtel venu, restaurant de cuisine indienne, le serveur met en marche pour nous un ventilateur au dessus de notre table, puis il commence par nous apporter une bouteille d’eau glacée, il sait bien comment sont les européens, qui ne boivent pas l’eau des carafes fraiches posées sur les tables. Nourriture abondante, surabondante, l’anglais nous aide un peu à nous faire comprendre, mais le serveur nous donnerait bien tous les plats de la carte s’il pouvait nous les faire avaler.
Retour en tuk-tuk à la gare des bus, retour en bus à la plage et une pause à l’ombre nous remet en forme.