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La santé au Sri Lanka

lundi, mars 20th, 2017

Quand on voyage à l’étranger, avec l’envie de connaitre le pays et les gens, de partager leur manière de vivre et de nouer des relations, il y a des domaines qu’on a peu l’occasion d’expérimenter.

De ceux là fait partie la santé, et l’environnement médical. Avoir besoin de soins à l’étranger, surtout dans un pays dont on ne pratique pas la langue, et dont les standards de vie sont parfois très différents de ce à quoi on est habitué, pourrait se révéler une épreuve.

He bien, j’ai fait le test ! Rien de vraiment grave, juste un petit rappel de mes ennuis cardiaques de l’an dernier. J’ai reçu à mon dernier anniversaire une « montre » qui mesure aussi, entre autre chose, mon rythme cardiaque. Sage précaution ! Je me suis rendu compte après quelques jours au Sri Lanka, que mon cœur avait tendance à se mettre en surchauffe sans que je lui demande d’effort… J’avais reçu alors  pour ces circonstances, un médicament, « pill in the pocket », à prendre en cas de besoin. Mais voilà, comme je n’ai jamais eu l’occasion de l’utiliser, il est resté sur mon bureau à la maison….

Conclusion, je me suis mis en quête d’un médecin qui puisse d’abord vérifier le problème, et aussi y apporter le remède ad hoc. Et j’ai pu ainsi me rendre compte que le Sri Lanka est merveilleusement équipé dans ce domaine, un peu selon la norme de médecine publique qui était celle de l’Angleterre avant les années Tacher.

D’abord à Matara, puis quelques jours plus tard à Dambulla, j’ai rendu visite aux hopitaux « gouvernementaux » de ces petites villes.

Première remarque ; ces hôpitaux existent, ils sont fréquentés et fréquentables. Si les équipements sont parfois rudimentaires, le personnel médical est abondant et (selon mon appréciation) compétent.

A Matara, j’ai été reçu par une doctoresse d’un certain âge, qui a retraduit en équivalent local les prescriptions de mon médecin traitant et m’a muni d’un viatique sous forme d’un médicament plus ou moins substituable à ce que j’aurais du avoir. Il faut dire que la spécialité idéale, bien que connue des compendium locaux, est très peu utilisée, et que pour en disposer, j’aurais dû la commander à Singapour, et l’attendre deux semaines ! Un autre générique m’a été fourni par la pharmacie de l’hopital pour un prix à peine moins élevé que celui qui se pratique chez nous. J’ai reçu dans un petit sachet le nombre exact de comprimés tirés d’un grand conditionnement, la posologie est mentionnée à la main sur l’enveloppe.

À Dambulla deux jours plus tard, comme j’étais encore alerté, j’ai été conduit par notre logeur  à l’hôpital public local, seul à posséder un service de cardiologie. Ma « bonne mine » – et sans doute la couleur de ma peau – me permettent de couper à la file assez longue de patients qui attendent leur tour. J’ai été reçu par deux médecins, un plutôt jeune (sans doute un « interne ») et un autre plus âgé semblant assumer les responsabilités. Ils m’examinent et me demandent de rester quelques heures sous monitoring . Je suis reparti avec deux électrocardiogrammes sur papier qui ne révélaient rien de vraiment inquiétant. J’ai donc passé une journée dans la salle de soins, département cardiologie. Comnme dans tous les pays tropicaux, un hangar ouvert sous le toit tient lieu de salle commune. Pas de chambre stérile ici, malgré une asepsie surveillée et rassurante. Les lits, une cinquantaine, sont alignés le long des deux murs. Le matériel d’ECG de fabrication japonaise, NIHON KOHDEN  et relativement ancien, mais fonctionnel, est amené à mon lit, et fonctionne comme chez nous.

L’intimité des patients, quand elle est nécessaire, est assurée par des paravents. Les infirmiers et infirmières sont en nombre, mais les parents sont aussi présents pour accompagner les malades. Pas d’« hotellerie » , il faut avoir quelqu’un pour s’occuper des repas, la salle est envahie de visiteurs à la mi-journée. Quasi tous les lits sont occupés, mais ils se libèrent et sont réattribués  à tour de rôle.

Vers 17h nous quittons l’hôpital. Nous avons été admis sans formalités, nous sortons sans autre paiement qu’un merci : la santé publique au Sri Lanka est gratuite, seuls les médicaments se paient. Ce qui , admettons le quand même, est un frein efficace à la surconsommation, puisque les prix ressemblent au nôtres…

Les Aurovilliens

mardi, mars 7th, 2017

Je ne m’imagine pas donner un compte rendu exact de ce qu’est Auroville, je tente juste de restituer ce que j’ai pu apprendre en quelques jours sur ce phénomène, cette utopie qui sans être unique sans doute, n’en reste pas moins une étrangeté ici en Inde.

Depuis cette année, le gouvernement indien a accordé à Auroville le statut administratif de ce que nous appellerions un canton. Cette « agglomération » existe donc bien réellement avec ses caractéristiques si particulières de gestion et de fonctionnement administratif.

Mais finalement, qu’est-ce qui caractérise cette « ville » qui se veut le modèle d’un monde futur ?

Tout est axé ici sur la gestion participative. En excellent exemple de démocratie directe en action, avec ses qualités et ses défauts. Tous les domaines de la vie commune sont administrés par des « groupes » où se rencontrent les Aurovilliens qui se sentent concernés par la question. N’ayant pas assisté au fonctionnement d’un de ces groupes, je ne peux pas dire si c’est la majorité qui ‘emporte ou si l’unanimité est nécessaire, mais en tous cas, il doit se dégager un consensus pour qu’une décision soit prise et applicable. Et certainement, ceux qui ont à cœur de pousser à la roue sont plus actifs et plus représentés que ceux qui cherchent plutôt leur édification personnelle.

Ces groupes désignent des représentants au Conseil d’Auroville, qui délègue les décisions journalières à un comité, dans lequel on retrouve le gens qui ont à cœur de s’y investir, avec une représentation gouvernementale.

Pas de police particulière à Auroville, et je n’ai pas vu de policiers indiens en action sur le territoire. 22 ha, 2800 résidents reconnus, dont 500 enfants, sur les terres appartenant à Auroville plus de la moitié sont indiens, la plupart originaires de villages environnants, 50 autres nationalités sont représentées, la ‘communauté’ la plus nombreuse étant celle des français. Mais Auroville regroupe sur toute son étendue des villages qui préexistaient, et on arrive à une population de quelques 50.000 habitants touchés plus ou moins directement par le phénomène.

Territorialement, toute l’étendue du canton ne dépend pas d’« Auroville »., comme on désigne ici le ‘pouvoir administratif’ C’est d’ailleurs là un problème criant pour le projet. Il subsiste dans le rayon d’action de la cité modèle, des terrains privés qui ne participent pas, mais qui pourraient avoir tendance à utiliser le renom de la communauté pour en tirer un profit personnel. Alors qu’ici, tout fonctionne sans aucun but de rétribution personnelle. En dehors d’une petite partie de la population qui bénéficie d’une allocation mensuelle, pas réellement élevée, chacun est sensé se suffire à soi-même, et participer autant que possible au développement général. Toutes les entreprises profitables paient un « impôt » pour financer les services de base : eau, électricité, administration.

Auroville est en principe une ville sans circulation monétaire. Chaque résident permanent, ou de longue ou moyenne durée, possède un compte qui lui permet de payer ses consommations. Il existe même une sorte de caisse de compensation qui permet aux plus démunis de passer un cap difficile. Le tout dans une liberté totale : aucune contrainte d’aucune sorte de participer à tel ou tel aspect de la vie communautaire, en dehors de l’utopie de base à laquelle il faut vraiment croire pour surmonter les contradictions et les difficultés de la vie dans cet environnement.

La terre est un bien commun. Celui qui veut s’installer reçoit un morceau de terrain où il bâtit sa maison. Il possède et administre lui-même son habitation tant qu’il y réside, lui ou sa famille, mais la cède à la communauté s’il la quitte. Ce qui permettra d’accueillir une autre personne ou famille qui se joindrait à la communauté.

Pour devenir Aurovillien, il faut manifester le désir de participer au projet (voir à ce propos les écrits de Mère et de Sri Aurobindo, et pour ceux qui ne connaissent pas, il s’agit de permettre l’éclosion d’une humanité nouvelle dans un monde nouveau). Après un stage de quelques mois, le ‘new comer’ doit prouver pendant un an qu’il peut s’intégrer et apporter quelque chose au projet. La ‘nationalité’ lui sera accordée par les instances suprèmes après ce temps, toujours selon cette règle de consensus qui permet le maintien de l’idée autant d’années après la disparition des fondateurs (Sri Aurobindo est décédé en 1950 et la Mère en 1973, d’épis cinquante ans, la relève est assurée par des gens dont la plupart n’ont pas connu les ‘gurus’). Il faut ajouter que si l’ashram de Sri Aurobindo avec ses caractéristiques philosophico-religieuses, existe toujours à Pondichéry, Auroville a fait il y a maintenant de nombreuses années sa « déclaration d’indépendance, et s’est totalement désolidarisé du caractère autoritaire qui a présidé à sa conception.

Pas de contraintes religieuses ni de croyance à Auroville. Mis à part la boule dorée (matrimandir) qui marque le centre de la cité idéale, et qui est sensé inviter à la méditation, aucune pratique n’est impérative. Pas besoin d’être yogi ou ascète pour être Aurovillien. Enfin, pour autant qu’on apprécie le style vie ici, dans le calme, une nourriture saine, un environnement pacifique, des distractions mesurées. Ce qui ne veut pas dire qu’Il n’y a pas de vie culturelle ici, au contraire : le cinéma fonctionne quasi tous les jours, des conférences multiples se donnent régulièrement de cycles d’études commencent chaque mois. Téléphonie fixe et mobile, internet à un excellent débit, des éditions papier de toutes sortes de choses manifestent une vie intellectuelle bouillonnante. L’art n’est pas en reste : musique, danse, spectacles, et pour certains, peinture, sculpture et toutes sortes d’autres réalisations.

45 architectes exercent ici, avec des domaines d’expertise aussi variés que le bambou, la terre crue, la brique compressée. La santé n’est pas en reste, ni l’éducation, ni l’agriculture, ni l’épuration de l’eau, ni les énergies renouvelables. Il y a ici une véritable université, avec ses unités de recherche à la pointe de leur spécialité. Il y a là un foisonnement d’initiatives, certaines au long cours, depuis de très nombreuses années, d’autres plus ponctuelles, qui émergent puis disparaissent dans un foisonnement perpétuel de renouvellement. Ce qui limite l’avancée du projet, c’est plus le petit nombre de participants que les idées !

Si certains veulent me corriger dans des erreurs que j’ai pu commettre, je suis ouvert à toute suggestion. Je veux seulement dire que je n’ai pas voulu donner une définition d’Auroville, mais seulement une impression après un court séjour

Comme Gandhi

jeudi, mars 2nd, 2017

Je parcours l’Inde en train.

Après avoir rallié Kovalam en taxi, je reviens en train jusqu’à Auroville.

De Trivandruml (Tirivananthapuram) l’express venant de Mumbay (enfin, ici, en fin de course, c’est presqu’un omnibus qui dessert quasi toutes les gares) nous ramène à Kaniyakumari pour une étape de quelques heures.

À 17 heures (5pm   comme on dit ici), avec une grosse demi-heure de retard, le Chennai express quitte Tutucorin (c’est le nom de la gare de Kanyakumari, autre nom du cap Comorin).
Cette fois-ci, nous voyageons dans une voiture climatisée, sorte de wagon-lit première classe. Coussins de moleskine brune quasi neufs, une couverture, deux draps et un oreiller propre pour chaque place réservée, et vu le tarif, c’est un autre public que les voitures sleeper class sans réservation.
Nous n’utiliserons pas les draps, puisque nous quittons le train vers 10 heures du soir à Madurai, après avoir passé une agréable soirée en discussion avec un étudiant ingénieur en mécanique, et un chirurgien qui s’est joint à la conversation, intéressé par la Belgique où il doit venir à la fin de l’année.
Nous échangeons sur le développement, l’histoire, les coutumes, les religions, notre appréciation de l’Inde…

Après une nuit à Madurai à l’hôtel Padman, bruyant et inconfortable, nous retournons à la gare pour 11 heures, monter dans le train « Guruvalam-super-fast express » en direction de Chennai-Enimore, qui nous mènera en six heures à Vallipuram 300 km plus loin, pour rejoindre Auroville.

Le trajet de jour se fait à la fenêtre, bien heureusement, dans le vent de la course, la chaleur est moins accablante.

Le paysage défile, c’est ce qui me refait penser à Gandhi parcourant ainsi les immenses étendues de son pays continent, dans le contraste entre les plaines fertiles, les collines abruptes surgissant soudain de la plaine, les étendues écrasées par la sécheresse, le bétail à la corde sur des terrains poussiéreux, les villes tentaculaires, les immondices et plastiques accumulés et pas encore ramassés ni nettoyé (le seront-ils un jour par d’autres forces que le vent et le soleil ?)

Dans les régions fertiles, donc pas trop touchées par le manque de la dernière mousson, les rizières sont simultanément à différents stades de culture. La majeure partie est en cours de moisson, nous avons vu à l’œuvre les moissonneuses batteuses alignant derrière elles de grandes trainées de paille jaune. Mais d’autres champs sont encore vert tendre, le panicule de riz n’étant pas encore monté en hauteur,  et en même temps, des  carrés viennent d’être labourés, quelques-uns sont inondés et nous voyons même un attelage de deux bœufs labourant la boue avant le repiquage qui est en cours dans certaines parcelles.

Par endroit, les vignes étalent à hauteur d’homme un tapis vert d’où pendent les grappes, les cocotiers quand ils n’ont pas été sinistrés par le manque d’eau, portent leurs lourdes grappes à vingt- cinq mètres de haut, les champs de bananiers récemment plantés s’efforcent de déployer leurs panaches en rang d’ognon.
D’autres paysages me rappellent le sud marocain, la vallée du Draa où seules les oasis présentent un peu de végétation autre que des tiges dures d’épineux.
Pas de cultures de coton ni d’indigo par ici. Pas de luxuriants vergers d’épices comme dans le Kérala, de l’autre côté des montagnes. Juste les cultures qui permettent de vivre, riz, légumes, fruits, qu’on écoule dans les villes alentour à des prix en hausse majeure étant donné leur rareté. faute de mousson, les récoltes sont maigres, chnceux ceux qui ont encore des champs en production.

Après mon post du mois dernier sur le sujet, la question est toujours ouverte : l’Inde est-elle un pays développé ? c’est ce que nous demande à brûle pourpoint un homme sortant de la gare de Kanyakumari au moment où nous y retournons. Mais quelle réponse apporter !
L’inde est un pays riche, même si une forte majorité de ses habitants sont pauvres.
L’Inde envoie un astronaute dans l’espace, mais dans la rue de Madurai, dix échoppes minuscules tentent de recycler les éléments récupérés sur des hauts parleurs en bout de course.
En face de l’école de style britannique où depuis plus de 10 ans, 1500 élèves suivent leur cursus secondaire, un petit temple attire les dévots avec une musique tonitruante.
Dans les rues, des gens mendient, certains assis, n’ayant plus la force de marcher à la recherche des aumones, et dzns ces mêmes rues passent de gros 4×4 se frayant un passage à grands coups de klaxon.
Les trains roulent à travers le pays, du nord au sud, de l’est à l’ouest sur des milliers de kilomètres, mais combien de jeunes n’ont jamais quitté leur état, ou même leur ville de naissance, et s’effraient à l’idée de s’assoir sur la même banquette que nous.

Le modèle de développement occidental est-il le seul valable ?  à Gandhi qui affirmait « we demand home rule », nous exigeons l’autonomie, la grande Bretagne a dû répondre par l’indépendance. Mais aujourd’hui, en dehors du criquet, de la badine des officiers, du thé et des trains, qu’est-ce qui rattache l’Inde à l’Europe ?

Tsunami

samedi, février 11th, 2017

Le 26 décembre 2004, Emmanuel Carrère se culpabilisait de n’avoir pas eu le ressort de se loger dans un Guest House paillote au bord de l’Océan, et d’avoir préféré le confort d’un hôtel en ville ( à Tangale, quelques dizaines de km à l’est de Matara). Le lendemain, il ne s’en plaignait plus, puisque cela lui a sauvé la vie. La vague géante qui a rasé les plages de Thaïlande, Banda Ache, les îles Andaman et la guérilla Tamoule dans le nord de l’île, n’a pas épargné la côte sud de Ceylan.

Les traces du Tsunami sont visibles encore aujourd’hui, de Tangale à Galle, et bien sûr ailleurs aussi. La région s’est retrouvée sous eau pendant plusieurs jours (semaines ?), les hébergements qui bordent la mer et jusqu’à plusieurs dizaines de mètres de la coté portent encore les marques de cette période. Les maisons qui n’ont pas été reconstruites ou du moins sérieusement remises à neuf, sont aujourd’hui des ruines inhabitables.

Peut-être est-ce une chance pour le Pays ? La côte sud se pare aujourd’hui de constructions rénovées, modernes, toujours adaptées au climat équatorial, mais remises en valeur et la capacité d’accueil a augmenté considérablement. A moins que ce ne soit finalement une mauvaise chose que trop de lieux de séjour attendent les vacanciers qui ne sont ? somme toute, pas si nombreux, et dont le nombre fluctue avec la saison.

Mais les portes sont ouvertes, les meilleurs – les plus habiles ou les plus chanceux – donneront à la province du sud un nouvel élan touristique et une nouvelle prospérité.

Madurai – Negombo

jeudi, février 2nd, 2017

Après la journée de mardi passée dans un bus (voyez le post sur « pelerinage », encore à venir quand j’écris ces lignes), nous avons passé notre mercredi en avion.
Enfin, en avion ! En aéroport plutôt !

Pour aller de Madurai (Tamil Nadu) à Colombo (Sri Lanka) distantes de 200 km, il faut 55 minutes d’avion (un petit bimoteur à hélices de 80 passagers, compagnie Spicejet « Red, Hot, Spicy ! ». Mais bien sûr il faut compter le trajet du centre-ville à l’aéroport (15 km, 30 minutes en TukTuk), le passage de l’entrée de l’aéroport (sous controle militaire) au guichet d’embarquement (50 mètres) le passage à la détection des bagages (6 mètres), le passage à l’enregistrement des bagages (25 mètres), le passage à la douane avec fouille des bagages à main, et bien sûr fouille au corps puisque j’avais laissé mon portefeuille dans ma poche. Chance, cette fois-ci j’ai pu garder mes chaussures, alors que j’ai déjà dû les enlever à Charleroi, et qu’ici en Inde, il faut les enlever pour entrer dans une boutique de souvenirs… Remettre tout le bazar (pc, téléphone, power bank, chargeur) dans le bagage à main dûment estampillé « controle », descendre au niveau des pistes pour attendre l’ouverture du gate, prendre le bus pour 600 mètres sur le tarmac, monter l’escalier d’accès à l’avion, parcourir l’allée centrale jusqu’à la 17ième rangée, mettre le bagage à main dans le casier au-dessus du siège (chance, cette fois ci il y a de la place).

A l’arrivée à Colombo, la procédure est plus rapide. Si ce n’est qu’il faut présenter au contrôle d’identité le fameux formulaire qu’on ne trouve qu’après un premier passage au guichet de douane…

La demande de visa a bien été enregistrée attachée au passeport avec le billet d’avion, le visa est accordé sans délai ni discussion même si j‘ai fait une faute de frappe dans la demande de visa de Christine et que je m’attendais à devoir repayer ce formulaire !

Récupérer les sacs (rapide, l’avion étant petit, tous les bagages tournent déjà quand on arrive au tapis), prendre la sortie « rien à déclarer ». La chaleur est là après la clim dans les bâtiments, 32 °ça fait du bien, après deux heures à 24 °. J’avais peur d’attraper encore un rhume.

Notre chauffeur nous attend et nous conduit au guest house, une demi-heure de route pour 15 km.

Partis ce matin à 11 heures de l’hôtel Padmam, nous entrons dans notre chambre à Négombo vers 17h30. 6 heures et demie pour deux cent trente km, c’est l’équivalent de la vitesse sur route, 30 km/heures.

Développement

lundi, janvier 30th, 2017

L’Inde est-elle à classer dans les pays développés ou sous-développés (pardon, en voie de développement) ?
La question reste un mystère pour moi.

L’Inde a son satellite, donc son lanceur, fusée spatiale de grande portée, elle a une industrie certes fragile et dépendante, mais importante, une population dont une part a un pouvoir économique qui dépasse largement les frontières (Mittal, Bata, Tatta), dont une autre part a un renom dans des spécialités aussi pointues et innovantes que l’informatiques, la santé.

Pourtant le nombre d’indiens qui vivent de façon précaire, sous le seuil de pauvreté et même sous le seuil de survie alimentaire et impressionnant et désespérant. Les infrastructures collectives sont terriblement insuffisantes ou même inadaptées, l’hygiène, pourtant une valeur immuable de la civilisation indoue, déficiente.

Selon les normes occidentales, l’Inde est sous développée ; mais le modèle de développement de l’occident est-il universel, le seul admissible ? la population indienne est industrieuse, travailleuse, en permanence occupée à une activité sinon lucrative, du moins productive. Quiconque ici a tant soit peu d’initiative perce à sa façon, améliore son cadre de vie et celui de sa famille, l’avenir de ses enfants. La technicité des personnes dans leur ensemble ne cède rien à celle des jeunes de nos pays. Le tamil Nadu a mis en œuvre en un an de temps une politique « zéro plastic bag » dans les commerces de rue, on voit déjà les effets dans les campagnes et les égouts, le plastique recule.

Reste d’autre sources de pollutions et les aberrations climatiques de ces dernières années ne favorisent pas l’hygiène : les égouts ne se vident pas, les rivières sont à sec parce que la dernière mousson n’a pas apporté d’eau. Puiser dans les nappes phréatiques de plus en plus profondes exige l’emploi de matériel plus puissant que celui utilisé habituellement, et sachant qu’ici on ne jette pas, on ne casse pas, on ne remplace pas, on répare toute machine qui peut fonctionner, le renouvellement des équipements est difficile.

Culturellement, la notion de collecte des déchets est balbutiante. Il existe dans les grandes villes des services de ramassage, mais le reflexe qui consisterait à jeter un déchet non pas à terre, mais dans une poubelle est à des lieues du fonctionnement machinal des indiens. Il y a des entreprises qui valorisent les déchets recyclables : papier, cartons, bouteilles de verre ou de plastique. (Pour les canettes, je ne sais pas, mais la consommation reste confidentielle). Il y a des quartiers, comme celui où nous nous trouvons en ce qui concerne le matériel de reproduction audio : lecteurs, enregistreurs, hautparleurs, dont la fonction consiste à collecter les appareils qui ont perdu leur capacité d’utilisation, les désosser, les reclasser, les remonter et les remettre en service pour une seconde, troisième, énième vie.

Certes, le développement de l’Inde n’est pas celui de l’Occident, mais correspond bien à la volonté de Gandhi de donner à chaque village les moyens de son autosuffisance au moins pour la nourriture et l’habillement. Ce qui cadre assez bien avec les principes de l’indouisme : ton karma te suivra où que tu tentes d’aller, donc si tu es né pauvre et dans le besoin, c’est que tu as quelque chose à apprendre ou à expier, soumets-toi à la volonté divine, fais le bien et ta prochaine incarnation te favorisera d’un sort plus léger. Peu nombreux sont finalement ceux qui se révoltent contre cette loi.

Gandhi disait déjà qu’il est immoral de dissocier la politique de la religion. Même sans la foi, la religion gouverne les actions de l’homme, détermine sa vie, son avenir et celui de ses enfants.
« Rien ne doit changer dans l’Inde éternelle ? »

Ma réflexion se développe dans le cadre d’une partie du Tamil Nadu : Mamalapuram, Pondichéry, Madurai. Qu’en est-il de Bengalore ? Qu’en est-il de Bombay, de New Delhi ? Aurais-je écrit la même chose l’an dernier au Kérala ? L’Inde est un (sous-)continent, un homme sur cinq est indien.

economie

mercredi, mars 2nd, 2016

Ce ne sont que des impressions, des oui-dire, des estimations, mais je pense me faire une idée de la structure économique en Inde
Les deux tiers des habitants sont pauvres, certains très pauvres. Ici au Kérala, on en rencontre peu, mais il y en a plus dans le nord. Il n’y a pas ici le filet de la sécurité sociale qui chez nous empêche cette situation. Les chiffres sont presque les mêmes. Dans l’autre partie de la population, la majorité s’en sort tout juste, une petite partie assez bien, celle qui constitue la « classe moyenne » , estimée entre 5 et 20 %, selon les limites de revenus qu’on accepte pour effectuer le décompte- il s’agit des gens qui peuvent se payer un frigo, un ventilateur, un telephone, une voiture, ceux sur qui la publicité de marque exerce un effet (vetements, cosmétiques, alimentation…). Ce sont ces gens là qui permettent à la machine de tourner, et aux autres de survivre dans leur misère.
Et puis il y a une infime partie de la population, comme partout ailleurs, mais peut être ici le fossé est-il encore plus important, qui exerce le pouvoir économique. Quelques familles, pas plus. Quelques milliers d’individus sur le milliard et demi que compte l’Inde, dont la fortune dépasse les possibilités de gaspillage.
Ceux qui possèdent vivent dans l’aisance ou le luxe pour les plus riches, quelques milliers dans le grand luxe. La fortune petite ou grande qui leur échoit est leur propriété privée, ils l’utilisent à leur gré. Bien sur une partie est redistribuée sans contrepartie : les aumônes, les temples, les dépenses superflues, et même des fondations qui peuvent marquer la société : écoles, instituts de recherche. Mais la majorité des gains inégaux échappe à l’utilité publique. Les impots ne frappent pas réellement les grandes fortunes, juste la classe moyenne qui participe ainsi à la répartition des biens, à l’utilisation publique des surplus de productivité.
Pas de révolution pour faire cesser cette situation. Ceux qui ont peu craignent de le perdre, ce qui n’ont rien n’ont que l’espoir d’avoir peu et ceux qui auraient le plus besoin de changer les choses n’en ont plus la force. L’état est pauvre, il a trop peu à redistribuer pour que ce saupoudrage soit efficace. La seule force changement, c’est le bizness, l’espoir qui pousse les plus hardis à s’enrichir.
S’enrichir, c’est pour celui qui a un petit capital, acheter un hotel décrépi, le restaurer à moindre frais, y placer un manager et passer chaque semaine récolter tout ce qu’il peut gratter dans la caisse, pour acheter un autre hotel. Le manager, un jeune qui espère se lancer dans la vie, récolte les problèmes et tente de grappiller au passage ce qui tombe de la poche du patron, jusqu’à ce qu’il soit peut être lui-même en état de faire la même chose.

se nourrir, se loger

lundi, février 8th, 2016

En monnaie courante, le cout de la vie en Inde est extrêmement faible pour un européen qui vit parmi la population locale, sans pour autant se loger ou se nourrir comme font beaucoup, dans des bouibouis crasseux, juste les hotels où logent aussi les indiens aisés qui voyagent, et ne fréquentent certainement ni les Hilton ni les 5 étoiles.
Epargnez-vous la conversion, les chiffres n’auraient plus de sens.
Des restos « familly » offrent le midi le tally – le plat universel ici, riz keralais un peu trop cuit, avec un assortiment de sauces, de relevé à extrement relevé, sauf bien sur la coupe de lassi (yaourt) ou le riz au lait avalé comme un dessert, et sensé supprimer l’ardeur du repas.
Une crepe feuilleté (parota ) ou simplement poelée (chapati) coute 10 à 30 roupies.
Un riz aux légumes, 100 à 150
Un curry ou massala entre 120 et 180, suivant qu’il est veg ou non veg.
Un poisson grillé m’a couté 600 roupies pour une bon demi-kilo, selon la taille de la bestiole
Un café keralais, 15 roupies, un lemon soda, entre 35 et 70, 20 roupies pour un litre d’eau fraiche.
On fait un bon repas pour 250 roupies par personne, on ne dépense pas plus de 7 à 8 euros par personne et par jour pour la nourriture.
Le logement est du même ordre, les « home stay » et les hotels de base demandent 500 roupies pour une chambre double avec salle de bain à 1500 roupies avec eau chaude et air co.
Une course en ville en tuktuk, 30 roupies, 10 km en bus, 30 roupies, 60 dans un bus air co quand il en existe, 150 km en train entre 70 et 120 roupies par personne pour une place assise en 2S , deuxième classe sleeper, wagon couchette, quasi toujours disponible.
J’ai presque du scrupule à dire que nous vivons tous frais compris, pour moins de 40 euros par jour à deux, nourriture logement et tous autres frais compris.
Nous n’avons pas fait d’extra, mais même les extras sont tout à fait à notre portée : la nuit dans le parc sous tente à tenter de voir passer les tigres coute 5000 roupies par personne (ça fait royalement 70 euros).
Je ne vais pas refaire le monde ni les ressorts économiques de l’Inde, ce sont les standards de vie ici qui permettent ces chiffres, tout en assurant à tous ceux qui travaillent au Kerala un niveau de vie relativement élevé par rapport au reste du pays. Je constate simplement l’incommensurabilité des « besoins » entre un indien en Inde et un européen en Europe.

maruti

samedi, février 6th, 2016

Une petite remarque en passant
Maruti-Suzuki, Popular-Honda, Ashok-Leyland, il y en a probablement d’autres pour succeder à L’Ambassador Austin.
La construction automobile en Inde, en dehors des Tata (bus, camions, berlines puis « auto » (c à d tuktuk) ) semble basée sur des joint venture.
Finalement une assez bonne solution pour un pays où la main d’œuvre est abondante, la production industrielle un peu en panne, et le marché intérieur à construire de toutes pièces, car ce ne sont pas les rares millions d’Indiens constituant les classes moyennes et aisées qui pourront porter une croissance nécessaire.
Du travail pour tous, et ceux qui n’en ont pas s’en créent. Mais peut être quelques coups de pouce peuvent ils se révéler nécessaires pour soutenir les investissements.

Afriquia

vendredi, janvier 30th, 2015

Même si le niveau de vie n’y est pas aussi élevé que dans l’ensemble de L’Europe, le Maroc ne semble pas un pays pauvre. Structure d’état, industrialisation, activité des gens, consommation, tout est réuni pour que j’ai l’impression d’un pays « normal » où il fait bon vivre. La corniche de Casablanca ne le cède en rien à bien des lieux de divertissement de capitales européennes.
Il y a des pauvres, et en ville des gosses qui ont faim. Tenant compte du défaut de sécurité sociale universelle auquel je suis habitué, c’est logique, même si ce n’est pas supportable. Par dessus tout, l’écart des revenus entre les plus riches et les plus pauvres est criant. Mais est-il moindre dans des pays de cocagne comme les Etats Unis d’Amérique ?
Finalement, quand je me rappelle mon voyage en Grèce, je classerais le Maroc dans ces environs là. La vie n’est pas facile, il y a des tas de choses à améliorer, mais on y croit et on avance.
Le Maroc serait donc un pays de l’ensemble occidental, réuni à L’Europe par notre mer commune.
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Pourtant des détails me frappent, que je lie dans mon expérience à ce qui sépare l’occident de l’Afrique, comme la capacité des gens à s’assoir et à attendre que quelque chose se passe, sans avoir l’air de plus se soucier que ça que la chose se produise ou pas dans le délai escompté.
Et si l’édification des immeubles de bureau ou de rapport s’effectue selon les méthodes que nous connaissons, les constructions individuelles sont caractéristiques des pays du Sud. Qui a un peu d’argent et d’ambition commence par acheter des blocs de béton, des ferrailles et du ciment, pour élever un rez-de-chaussée commercial qui lui servira d’habitation pendant les premiers temps. Les colonnes en béton armé laissent dépasser les ferrailles d’accrochage de l’étape suivante. Avec la prospérité vient le premier étage. La terrasse provisoire servira plus tard de second étages, et ainsi de suite… (raisonnablement, s’entend, il ne faut pas trop solliciter les soubassement établis selon ces méthodes).
Autre caractéristique « africaine »: les déchets, particulièrement de plastique, sachets et bouteilles, et les cannettes, pourtant un trésor recyclable, qui jonchent le sol partout où on trouve un terrain vague. Les poubelles sont ramassées dans les villes, mais les déchets s’accumulent quand même dans les endroits les plus incongrus, particulièrement là où les enfants vont jouer, hélas.
C’est là que j’estime que le Maroc est le premier pays africain pour celui qui passe le détroit de Gibraltar.
Pas sur que ce post plaise à tout le monde, ce sont des réflexions politiquement incorrectes. Je m’en excuse d’avance, mon intention n’est pas de blesser qui que ce soit.