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Colombo – Kandy

samedi, février 11th, 2017

PS  :  Il y a des photo, mais il faut les décharger!

Finies les vacances farniente sur la plage de Polhena. Nous reprenons nos sacs à dos ce matin, direction Colombo, une étape d’une nuit avant de nous lancer dans le triangle « culturel » de la civilisation cinghalaise.

Tout va pour le mieux pour nous au départ de Matara. Le train est à quai, nous choisissons nos places, mais bien vite nous nous rendons compte que le train sera plein. De gare en gare, les voyageurs montent plus ou moins chargés, beaucoup avec sacs ou valises pour rejoindre l’aéroport. Les Sri Lankais sont aussi en nombre. Ce vendredi est un jour de fête (Poya, pleine lune) , les musulmans ont en principe congé le vendredi, jour de la grande prière, demain samedi, c’est le week-end, donc plus de monde voyage.

Les voyageurs s’entassent, les kilomètres défilent, la voiture se remplit de gens debout. La plus part sont jeunes et en bonne santé, avec une semaine de surf dans les bras, je ne me préoccupe pas trop de céder ma place assise !

Départ 9h40, arrivée 13h10, tout se passe bien. La tenue des gares est toujours égale à elle-même, les paysages nous enchantent. Seule ombre au tableau, à l’approche de Colombo, nous découvrons quelques bidonvilles le long de la voie ferrée. Si c’est le signe d’une société développée, il est là. On dirait que l’écart entre classe moyenne et bas de l’échelle sociale démontre l’avancement de la civilisation.

Nous prenons nos quartiers à l’auberge de l’YMCA. Accueil de fonctionnaire, bâtiment délabré, pour le même coût que notre hôtel sur la plage à Matara. Mais nous sommes à Colombo Fort, entre les ministères, les grandes banques, le port, les centre commerciaux…. À deux pas de la gare et du quartier de Putha, là où tous les commerces et les trafics se nouent et s’animent. Nous y jetons un œil, mais ici aussi la conjonction du vendredi, du week-end et de la fête de Poya change la donne : les boutiques habituelles sont fermées, devant leurs rideaux de fer se sont installés les petits marchands ambulants de tout et de rien. Même trouver un restau adapté devient difficile.

La nuit se passe mieux que nous le craignions, grâce au « fan » ventilateur à faible vitesse, et dès le lever du jour nous sommes de nouveau sur pied : nous partons pour Kandy.

Nous avons retenu une place dans la voiture « salon » du train de 9h00. Vue panoramique sur un parcours exclusif. Effectivement, les premiers kilomètres ressemblent à tout ce que nous avons déjà vu, mais plus on avance vers la montagne plus les vues sont splendides. La voie ferrée – voie unique – s’accroche aux parois, traverse des pans de rocher et si besoin creuse des tunnels (9) pour amener le train dans la vallée d’altitude où se trouve la ville de Kandy.

Non, ce n’est pas le pays de Candy, c’est juste  une grosse bourgade comme toutes les autres ici, circulation abondante et polluante, bruit et poussière…

A peine arrivés nous allons visiter l’attraction unique et immanquable : le temple de la Dent.

Il s’agit d’une véritable dent de Bouddha sauvée de la crémation et ramenée ici il y a 22 ou 23 siècles et vénérée depuis avec des hauts et des bas, ces derniers temps beaucoup de hauts, justifiant un temple grandiose et une foule de pèlerins apportant des offrandes. Si les hindous offrent à leurs dieux des victuailles, banane, noix de coco, les bouddhistes offrent des fleurs de lotus, nénuphars de chez nous dont le parfum entêtant remplit le temple.

De la dent, nous ne verrons rien, elle est enfermée dans un reliquaire contenu dans un tabernacle caché au creux d’un sanctuaire enveloppé d’une chapelle… Nous croiserons seulement de nombreux bouddhas, assis en lotus ou couchés, auxquels il est interdit de tourner le dos.

Les constructions de ce temple méritent le détour : sculptures,certaines de plus de 1000 ans, peintures, les plus belles ont 400 ans, XVIIIème siècle, or et argent, tout est admirable.

    

Tsunami

samedi, février 11th, 2017

Le 26 décembre 2004, Emmanuel Carrère se culpabilisait de n’avoir pas eu le ressort de se loger dans un Guest House paillote au bord de l’Océan, et d’avoir préféré le confort d’un hôtel en ville ( à Tangale, quelques dizaines de km à l’est de Matara). Le lendemain, il ne s’en plaignait plus, puisque cela lui a sauvé la vie. La vague géante qui a rasé les plages de Thaïlande, Banda Ache, les îles Andaman et la guérilla Tamoule dans le nord de l’île, n’a pas épargné la côte sud de Ceylan.

Les traces du Tsunami sont visibles encore aujourd’hui, de Tangale à Galle, et bien sûr ailleurs aussi. La région s’est retrouvée sous eau pendant plusieurs jours (semaines ?), les hébergements qui bordent la mer et jusqu’à plusieurs dizaines de mètres de la coté portent encore les marques de cette période. Les maisons qui n’ont pas été reconstruites ou du moins sérieusement remises à neuf, sont aujourd’hui des ruines inhabitables.

Peut-être est-ce une chance pour le Pays ? La côte sud se pare aujourd’hui de constructions rénovées, modernes, toujours adaptées au climat équatorial, mais remises en valeur et la capacité d’accueil a augmenté considérablement. A moins que ce ne soit finalement une mauvaise chose que trop de lieux de séjour attendent les vacanciers qui ne sont ? somme toute, pas si nombreux, et dont le nombre fluctue avec la saison.

Mais les portes sont ouvertes, les meilleurs – les plus habiles ou les plus chanceux – donneront à la province du sud un nouvel élan touristique et une nouvelle prospérité.

Galle

mercredi, février 8th, 2017

Excursion du jour : la forteresse tricentenaire établie vers 1750 par les Hollandais à la pointe Sud de l’Île, conquise un siècle plus tard par l’empire britannique et inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco pour sa valeur mémorielle.

Nous prenons le train à 9h40 am à la gare de Matara, le train se remplit à chaque arrêt de nouveaux touristes sur le chemin de Colombo pour rentrer chez eux. Il est déjà plein quand nous arrivons à Galle, et il y a encore des plages à desservir pendant les deux heures de trajet jusqu’à la capitale.

Très curieusement, le premier groupe de touristes que nous identifions, en dehors de chinois omni présents, mais en individuel, est composé de quelques Bataves, peut être en pèlerinage sur les traces de leurs ancêtres, fondateurs de la Nederlanse Hervormde Kerk dont le sol est pavé des tombes des premiers colons du lieu. On distingue bien, sous l’aspect fruste et improvisé de la constructions (les marins de l’époque n’étaient pas des maçons), les caractéristiques de ce culte encore vivant aux Pays Bas. Aucune statue – si ce n’est deux ex-voto introduits plus tard quand les anglais méthodistes ont tenté de convertir leurs prédécesseurs – une chaire immense, un autel de bois réduit à sa plus simple expression, pas de table de communion, le chœur réduit à un espace vide destiné à recevoir l’exemplaire de la Bible imprime en Hollandais, des vitraux assez simples, juste quelques morceaux de verre colorés qui n’assombrissent pas le lieu, et bien l’orgue! Un saut de trois cents ans en arrière.

Les épitaphes indiquent les difficultés de la vie des marins conquérants de l’époque, qui allait rarement au-delà des 40 ans, ainsi que des rares femmes admises à accompagner leur maris haut gradé – Gouverneur van de land Galle en Mature, Hoperkoopmanen, secunde van de Gallse Commadeur, schipper en meester – sans compter les enfants nés sur place et morts en bas âge.

Le reste de la vieille ville, entourée d’énormes remparts avec fortifications imprenables, est constitué de maisons basses de teinte claire, à toits de tuiles rouges. On y trouve une bibliothèque, des écoles – dont une école Montesori – des auberges, des bâtiments administratifs, et bien sur des quantités de boutiques à touristes. Mais comment croire que dans un pays dont le bouddhisme est la religion majoritaire, il y ait tant de chapelles : Nederlandse Hervoormde kerk déjà nommée, églises méthodiste, anglicane, baptiste, et même un Carmel saint Joseph !

Cela a un certain charme, mais la vraie ville est ailleurs que dans ce fortin.

Une gare ferroviaire, une gare routière, un hôpital, des écoles dont les élèves sont tous habillés de blanc, des étudiants dont nous apprendrons qu’ils apprennent le coréen dans l’espoir d’aller travailler chez Huawei.

Je reste impressionné par l’aspect propre et soigné de ce pays. Même si on constate le faible niveau de vie, le Sri Lanka est un pays ordonné. Pas de motocycliste sans casque ici ( je suppose que l’amende doit être dissuasive) Peu de papier ou de plastique dans les rues ou dans les champs, et pourtant les gens ne sont pas plus disciplinés qu’ailleurs avec leurs déchets, ça fait du boulot pour les balayeurs.

:Matara

mardi, février 7th, 2017

Les iles des mers du sud commencent avec la côte sud de Ceylan. La végétation est uniformément celle qu’on voit sur les cartes postales. Cocotiers jusque sur le sable des plages, avec des Yuccas de plusieurs mètres de haut, bananiers, manguiers, papayes.

Les étals de fruits des marchés ajoutent les citrons, mandarines, les ananas, les mangoustans, pastèques, etc. Le dimanche, on mange du poulet, mais dans la semaine, on se contente de poisson.

De 13 à 15 heure, il faut chaud, l’activité ralentit, les boutiques ferment, ou du moins ne sont plus que sous la garde d’un assistant dont le rôle est de prévenir le patron quand un chalant s’arrête et fait mine de rentrer. Il faut dire qu’elle a commencé avant le lever du jour, avant 6h et ne se terminera que dans la nuit, une fois la chaleur retombée.

A la plage, le sable est un peu grossier, les rochers pas toujours sympas, mais la mer est verte, émeraude, transparente sur plusieurs mètres de profondeur. Les pêcheurs reviennent avec leurs prises : quelques poissons communs, mais plus souvent ces poissons exotiques que nous enfermons dans nos aquariums, colorés, aux formes classiques ou bizarres, des crabes, des étoiles de mer…

pas de photo aujourd’hui pour cause de bas debit et pourtant j’en ai deux amusantes

Quelle que soit l’heure, les tuktuks maraudent le long desplages, mais on n’en a pas besoin : la beach road est une succession interrompue de guest house, hôtels, restaus, boutiques de location pour le surf, le snorkeling, la plongée….

On passe son temps au bord de l’eau, dans l’eau, sous l’eau… la brise de mer casse ce que la chaleur a d’étouffant. Au loin un cargo passe, ramenant du sud-est asiatique les produits qui envahiront nos marchés occid=entaux.

Vacances, repos, détente. Tout ici nous appelle à prendre le temps de gouter la douceur de vivre. On se dit un moment qu’on aimerait ce temps-là toute l’année. Puis finalement, si la répétition est apaisante pour un temps, il nous manque vite la variété des saisons. Juste que j’aime bien me donner dans l’année deux étés et pas d’hiver.

Aujourd’hui je programme une journée d’activité. Louer un vélo pour aller jusqu’à la ville à 4 km. Visite prévue : le fort des hollandais (1760) qui renferme parait-il un musée quelconque. Hélas, il est fermé aujourd’hui, c’est le jour du nettoyage !

 

Mais malgré la vaine recherche du musée de sculpture sur bois, la visite de Matara se révèle passionnante : voir vivre une ville cingalaise (ici on ne trouve pas 10 % d’anglophones) On fait une différence avec les populations Tamoules de Négombo ou d’Inde. Même si la gentillesse et l’ouverture sont toujours les mêmes. Les gens se coupent en 4 pour rendre service. Nous avons toujours l’avantage d’être européens. C’est parfois avec une pointe de condescendance pour ces blancs qui ne connaissent rien à la vie, mais nous sommes quasi pris en charge dès que nous formulons un désir. Bien sûr il faut se défaire des démarcheurs, on connait ça, mais comme on n’a pas besoin ni de taxi, ni d’avion, ni de guide, ni de souvenir, ni de vêtement, ils nous laissent bientôt tranquilles sur ce plan, juste quelques mots d’intérêt et de bienvenue.

Vraiment parfait pour les vacances, le Sri Lanka.

Colombo

dimanche, février 5th, 2017

Débarqués de Madurai en fin d’après-midi, nous avons skipé la capitale (heu non, la capitale c’est  Sri Jayawardenapura (Kotte), située à 15 km au sud-est de Colombo).

Donc en arrivant directement à notre Guest house, nous avons évité la grande ville. Visite obligatoire en revanche ce vendredi, parce que le lendemain 4 février, c’est férié pour cause de « National day », fête nationale de l’indépendance. Donc nous prenons le train à 9h24 à la gare de Negombo (enfin, départ vers 9h40 ? ) et 1h35 plus tard nous débarquons 40 km plus loin.

Charmante gare typique des régions chaudes, vestige probable d’une autre administration, mais entretenue avec soin, elle est tout à fait adaptée à un trafic assez intense.

En quittant les bâtiments nous nous trouvons dans une circulation à l’arrêt, un embouteillage impressionnant causé par un feu rouge qui ne fait que son travail et qui reçoit le respect qu’il mérite. Nous ne sommes pas en Inde, ici. On roule à gauche, he bien on reste sur la bande de gauche, je crois que les policiers qui règlementent la circulation ne comprendraient pas une autre attitude. L’utilisation du Klaxon est nettement plus mesurée et réservée aux situations d’urgence. Les automobilistes s’arrêtent pour laisser les piétons traverser aux passages zébrés !

Le quartier du Fort abrite d’anciens édifices des styles successifs : l’hôpital hollandais, les immeubles des grandes sociétés (Lloyd, Imperial Bank Of Ceylan devenue State Bank of Sri Lanka, Life Insurance Co), héritage de la colonisation anglaise, et plus récent, le World Trade Center (deux immeubles de 30 ou 40 étages, bardés de métal et d’acier comme à Hong Kong). C’est « Lunch Time », les employés sortent prendre leur pause, très smart, pantalon noir chemise blanche, chaussures italiennes, vêtements de marque, les femmes en tenues modernes, certaines (sans doute employées à la réception), en sari.

Le retour à Négombo se fait de la même façon. Nous nous retrouvons dans un paysage qui nous déstabilise. Même en tenant compte du fait que nous sommes dans une zone « touristique », l’aspect des rues, des véhicules, des maisons, est soigné, propre, pimpant, moderne. Par certains côtés on se croirait au Japon dans un quartier calme. Même les fils électriques aériens nous le rappellent. Le Japon a d’ailleurs un pied dans la place : voitures Toyota, Datsun, Honda (Hybrid), Suzuki…)

Différence fondamentale avec le pays du Soleil Levant, les innombrables chapelles (je rappelle que nous sommes dans un quartier catholique ! mais nous verrons que dans les quartiers bouddhistes, c’est du pareil au même) : statues habillées de manteaux rutilants, lumières colorées clignotant dès la tombée du jour (ou même avant), cérémonies et psalmodies ininterrompues à l’église saint Sébastien toute proche. Et pas de vaches dans les rues. A peine quelques chiens  qui se la coulent douce et semblent bien nourris.

Pèlerinage

samedi, février 4th, 2017

Avant de quitter Madurai, il nous restait une journée que nous avons consacrée à un « tour ». on démarre tôt le matin, on vas en bus jusqu’à un endroit remarquable, on fait un sight seeing tour, puis on revient au point de départ. Sous la houlette du gouvernement indien, dans le cadre du tourisme et de la promotion des sites remarquables, nous sommes donc allés à Rameshwara.

C’est une ville (un village) sur la côte est du Tamul Nadu, à l’endroit où l’ile de Ceylan – le Sri Lanka – est reliée au continent par l’isthme d’Aman. N’imaginez quand même pas qu’on passe à pied d’un pays à l’autre. D’abord parce que depuis plusieurs dizaines d’années, la mer a emporté les iles qui traçaient la route, puis ensuite parce que le territoire cingalais correspondant est sous embargo, la province de Jafna, nord de l’ile de Ceylan, a été il y a quelques années seulement le siège d’une guerre civile, le terrain n’est pas encore déminé.

Du côté indien, il s’agit d’un sanctuaire hindou réputé, un petit Bénarès, où les croyants viennent prier un bouddha auquel nous n’aurons pas accès, et se plonger dans la mer qui est ici douce et agréable, même si elle peut être un peu plus agitée que ce que nous avions à Mamalapuram.

La participation est modique : bus, guide, lunch, le tout pour 450 roupies par personne. Nous sommes donc les seuls white people dans un bus de 30 personnes.
Le trajet est ce qu’il est : départ promis à 7 heures du matin. Nous sommes là à temps, nous embarquons, mais de retard en retard, il est bien 8h passées quand nous prenons la route. Qu’à cela ne tienne, nous arriverons à temps au temple, il ferme pour le lunch time, de 12 à 14 heures, et à 14 h nous serons de nouveau sur la route. Le chauffeur a un bon Klaxon et une précision désarçonnante. Contrairement à un chameau, Il passerait par un trou d’aiguille.

La fin du voyage se termine par le passage d’un pont qui relie l’ile du temple à la terre ferme côté indien, pont remarquable parce qu’il est doublé d’une voie ferrée presque au niveau de l’eau, avec un pont-levis qui permet par moment le passage des bateaux d’un coté à l’autre de l’isthme.

Le guide n’a sans doute pas cru que ses commentaires pourraient nous intéresser, peut être parce que nous ne sommes pas des dévots de Rama. Il ne nous adresse pas la parole et ne s’exprime qu’en Hindi. Heureusement le chauffeur nous prend sous son aile protectrice et nous explique comme il le peut ce qu’il faut savoir.

Le temple nous est interdit pour cause d’appareil photo que nous ne pouvions pas avoir sur nous, mais la station balnéaire (pardon le bout de plage sacrée) nous est accessible. Les gens avancent de quelques mètres dans l’eau, tout habillés, et partagent la plage avec beaucoup de vaches – elles sont sans doute toujours aussi sacrées qu’elles ont pu l’être de tous temps, et profitent allègrement des reste de pique-nique que les gens abandonnent sur la plage après leur passage.

Ce qui nous est accessible aussi, c’est les magasins dans lesquels le guide entraine les touristes d’un jour, pour ramener de leur escapade un souvenir pour la famille et les amis.

L’ambiance est bon enfant, les gens nous ont à la bonne, cherchent à nous faire plaisir. Nous ne coupons pas à la séance de selfies avec un groupe de jeunes gens qui croise notre route à un arrêt. Retour à 20 h un peu fatigués, mais ravis d’avoir participé à ce pèlerinage.

Madurai – Negombo

jeudi, février 2nd, 2017

Après la journée de mardi passée dans un bus (voyez le post sur « pelerinage », encore à venir quand j’écris ces lignes), nous avons passé notre mercredi en avion.
Enfin, en avion ! En aéroport plutôt !

Pour aller de Madurai (Tamil Nadu) à Colombo (Sri Lanka) distantes de 200 km, il faut 55 minutes d’avion (un petit bimoteur à hélices de 80 passagers, compagnie Spicejet « Red, Hot, Spicy ! ». Mais bien sûr il faut compter le trajet du centre-ville à l’aéroport (15 km, 30 minutes en TukTuk), le passage de l’entrée de l’aéroport (sous controle militaire) au guichet d’embarquement (50 mètres) le passage à la détection des bagages (6 mètres), le passage à l’enregistrement des bagages (25 mètres), le passage à la douane avec fouille des bagages à main, et bien sûr fouille au corps puisque j’avais laissé mon portefeuille dans ma poche. Chance, cette fois-ci j’ai pu garder mes chaussures, alors que j’ai déjà dû les enlever à Charleroi, et qu’ici en Inde, il faut les enlever pour entrer dans une boutique de souvenirs… Remettre tout le bazar (pc, téléphone, power bank, chargeur) dans le bagage à main dûment estampillé « controle », descendre au niveau des pistes pour attendre l’ouverture du gate, prendre le bus pour 600 mètres sur le tarmac, monter l’escalier d’accès à l’avion, parcourir l’allée centrale jusqu’à la 17ième rangée, mettre le bagage à main dans le casier au-dessus du siège (chance, cette fois ci il y a de la place).

A l’arrivée à Colombo, la procédure est plus rapide. Si ce n’est qu’il faut présenter au contrôle d’identité le fameux formulaire qu’on ne trouve qu’après un premier passage au guichet de douane…

La demande de visa a bien été enregistrée attachée au passeport avec le billet d’avion, le visa est accordé sans délai ni discussion même si j‘ai fait une faute de frappe dans la demande de visa de Christine et que je m’attendais à devoir repayer ce formulaire !

Récupérer les sacs (rapide, l’avion étant petit, tous les bagages tournent déjà quand on arrive au tapis), prendre la sortie « rien à déclarer ». La chaleur est là après la clim dans les bâtiments, 32 °ça fait du bien, après deux heures à 24 °. J’avais peur d’attraper encore un rhume.

Notre chauffeur nous attend et nous conduit au guest house, une demi-heure de route pour 15 km.

Partis ce matin à 11 heures de l’hôtel Padmam, nous entrons dans notre chambre à Négombo vers 17h30. 6 heures et demie pour deux cent trente km, c’est l’équivalent de la vitesse sur route, 30 km/heures.

Développement

lundi, janvier 30th, 2017

L’Inde est-elle à classer dans les pays développés ou sous-développés (pardon, en voie de développement) ?
La question reste un mystère pour moi.

L’Inde a son satellite, donc son lanceur, fusée spatiale de grande portée, elle a une industrie certes fragile et dépendante, mais importante, une population dont une part a un pouvoir économique qui dépasse largement les frontières (Mittal, Bata, Tatta), dont une autre part a un renom dans des spécialités aussi pointues et innovantes que l’informatiques, la santé.

Pourtant le nombre d’indiens qui vivent de façon précaire, sous le seuil de pauvreté et même sous le seuil de survie alimentaire et impressionnant et désespérant. Les infrastructures collectives sont terriblement insuffisantes ou même inadaptées, l’hygiène, pourtant une valeur immuable de la civilisation indoue, déficiente.

Selon les normes occidentales, l’Inde est sous développée ; mais le modèle de développement de l’occident est-il universel, le seul admissible ? la population indienne est industrieuse, travailleuse, en permanence occupée à une activité sinon lucrative, du moins productive. Quiconque ici a tant soit peu d’initiative perce à sa façon, améliore son cadre de vie et celui de sa famille, l’avenir de ses enfants. La technicité des personnes dans leur ensemble ne cède rien à celle des jeunes de nos pays. Le tamil Nadu a mis en œuvre en un an de temps une politique « zéro plastic bag » dans les commerces de rue, on voit déjà les effets dans les campagnes et les égouts, le plastique recule.

Reste d’autre sources de pollutions et les aberrations climatiques de ces dernières années ne favorisent pas l’hygiène : les égouts ne se vident pas, les rivières sont à sec parce que la dernière mousson n’a pas apporté d’eau. Puiser dans les nappes phréatiques de plus en plus profondes exige l’emploi de matériel plus puissant que celui utilisé habituellement, et sachant qu’ici on ne jette pas, on ne casse pas, on ne remplace pas, on répare toute machine qui peut fonctionner, le renouvellement des équipements est difficile.

Culturellement, la notion de collecte des déchets est balbutiante. Il existe dans les grandes villes des services de ramassage, mais le reflexe qui consisterait à jeter un déchet non pas à terre, mais dans une poubelle est à des lieues du fonctionnement machinal des indiens. Il y a des entreprises qui valorisent les déchets recyclables : papier, cartons, bouteilles de verre ou de plastique. (Pour les canettes, je ne sais pas, mais la consommation reste confidentielle). Il y a des quartiers, comme celui où nous nous trouvons en ce qui concerne le matériel de reproduction audio : lecteurs, enregistreurs, hautparleurs, dont la fonction consiste à collecter les appareils qui ont perdu leur capacité d’utilisation, les désosser, les reclasser, les remonter et les remettre en service pour une seconde, troisième, énième vie.

Certes, le développement de l’Inde n’est pas celui de l’Occident, mais correspond bien à la volonté de Gandhi de donner à chaque village les moyens de son autosuffisance au moins pour la nourriture et l’habillement. Ce qui cadre assez bien avec les principes de l’indouisme : ton karma te suivra où que tu tentes d’aller, donc si tu es né pauvre et dans le besoin, c’est que tu as quelque chose à apprendre ou à expier, soumets-toi à la volonté divine, fais le bien et ta prochaine incarnation te favorisera d’un sort plus léger. Peu nombreux sont finalement ceux qui se révoltent contre cette loi.

Gandhi disait déjà qu’il est immoral de dissocier la politique de la religion. Même sans la foi, la religion gouverne les actions de l’homme, détermine sa vie, son avenir et celui de ses enfants.
« Rien ne doit changer dans l’Inde éternelle ? »

Ma réflexion se développe dans le cadre d’une partie du Tamil Nadu : Mamalapuram, Pondichéry, Madurai. Qu’en est-il de Bengalore ? Qu’en est-il de Bombay, de New Delhi ? Aurais-je écrit la même chose l’an dernier au Kérala ? L’Inde est un (sous-)continent, un homme sur cinq est indien.

Ghandi Museum

lundi, janvier 30th, 2017

Ghandi Museum

Un rickshaw nous amène directement à travers une circulation intense et totalement indienne, jusqu’au Musée Ghandi, un fleuron de la cité de Madurai, logé dans un palais colonial du dix-huitième siècle, inauguré par le fidèle Jarawalal Nehru à la mémoire de son idole le Mahatma Ghandi.

Totalement consacré à l’indépendance indienne dont nous avons fêté il y a trois jours le 69 ième anniversaire, il nous présente en deux volets d’abord le parcours sur deux cents ans de la colonisation à l’indépendance, puis le symbole de cette lutte, Mohandas K Gandhi, connu sous l’appellation passionnée de Gandhiji, plus affectueusement « Bapu », grand père.

Le premier siècle de l’installation de la domination britannique sur les Indes et le fait de la compagnie des Indes, entreprise commerciale du genre de nos multinationales actuelles, dont le seul but est de faire du profit, plus de profit, encore plus de profit sans se soucier de la pérennité de l’entreprise et des destructions que cet acharnement provoque sur les potentialités de la colonie et le bien être des peuples qui l’occupent.

Au bout de 100 ans, pour éviter la banqueroute à la compagnie des Indes, l’empire britannique reprend à son compte un continent exsangue, unifié certes, mais ayant perdu toute capacité industrielle, toute richesse agricole, toute identité culturelle. Le sort des indiens ne s’améliore pas pour autant, les lois d’exploitation coloniale sont en place et difficiles à modifier, tant les européens, imprégnés de racisme à l’égard des « coolies », sont persuadés du bienfondé de l’autorité qu’ils sont parvenus à établir à leur unique profit.

La lutte des intellectuels indiens, Rabindranat Tagore, Sri Aurobindo, soutenus par quelques européens – madame Blavatski, Lord Home, aboutit à la formation du parti du congrès qui représente, malgré l’inégalité des forces en présences, les aspirations de l’Inde à l’autonomie.

Porte drapeau du parti du Congrès, Gandhi, par quelques actions spectaculaires, dont la désobéissance civile, la marche du sel, le boycott des produits importés d’Angleterre, parviendra à secouer puis à déstabiliser la bonne conscience britannique.

L’action de Gandhi, somme toute plus religieuse que politique, se heurtera à la résistance de la société, que ce soit lors de la partition de l’Inde sur l’insistance de Jina, créateur du Pakistan, ou à propos du sort des intouchables, les Harijans, « enfants de Dieu », qui ne seront admis que du bout des lèvres dans les temples hindous après 1948. Son assassinat fait de lui un martyr et le culte de sa personnalité permet depuis bien longtemps de dissimuler les dissensions qui demeurent dans la société indienne, entre élites de différentes origines, de différentes convictions, d’orientations politiques ou religieuses opposées, mais pourtant contraintes de travailler ensemble à la bonne marche de ce pays, pour le mener au stade de développement correspondant à son poids dans la famille humaine.

La poste

lundi, janvier 30th, 2017

Aujourd’hui, relâche avant le sigth seing tour de mardi, nous avons tout notre temps. Malgré tout la journée commence tôt. Dès 6 heures, la vie reprend dans les rues. Les cloches ont déjà sonné deux fois, les camions viennent de livrer l’eau aux hôtels, les ouvriers prennent leur café debout au coffee shoppe en face, les motos passent, les voitures s’arrêtent, les camionnettes klaxonnent, tout est normal.

9 heures, la journée est bien entamée. Les enfants vont à l’école dans leurs uniformes pimpants, nous nous mettons en route pour le bureau de poste. Il n’est pas spécialement loin, mais il faut longer une rue importante à haute densité de circulation. Nous croyons ne pas y arriver, même si tous les gens interrogés en route nous confirment que c’est là, au prochain tournant.

C’est vrai, la poste est là. Caché derrière les échoppes à front de rue, des bâtiments antiques abritent un bureau très actif sous un panneau indiquant en blanc sur rouge India Post. Des gens nombreux, assis à des tables en deux rangées, avec des casiers aux murs, trient des paquets de lettres, les rangent, les déplacent. Ce n’est pas ici que nous aurons un timbre pour le Japon ! en effet, c’est le centre de tri. Le bâtiment de la poste est plus loin. En continuant notre rue, nous apercevons une immense file le long du trottoir, pour une fois véritable file indienne, des gens par dizaines piétinent devant l’entrée d’un bâtiment Portant la mention « Western Union ». C’est bien la poste, mais surtout pour les transferts d’argent. Pour les timbres, on passe sur le côté. Une table, pas un vrai guichet, un seul homme assis derrière occupé à collationner un registre. Il prend notre lettre, va la peser et consulter un tarif.  24 roupies.

Il faut lécher le dos des timbres pour les coller sur la carte, et ressortir pour jeter celle-ci dans la boite rouge attendant stoïquement devant l’entrée, que quelqu’un veuille bien s’intéresser à elle. La poste aux lettres a peut-être un tout petit avenir, pas bien grand. Les paquets vont par DHL, l’argent par Western Union, les courriels par internet, les rares lettres papier exige des équipes nombreuses pour trier, acheminer, distribuer une relique des temps anciens, avant l’électronique et la mondialisation.

Notre marche à pied jusqu’ici nous a convaincus : pour aller plus loin, nous prendrons un rickshaw.