Archive for juillet, 2012

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vendredi, juillet 20th, 2012

UN COUTEAU DANS LA POCHE

mercredi, juillet 18th, 2012

avec(???)  l’aimable autorisation de père castor des bois, à la scierie à Cerfontaine

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Pas un couteau de cuisine, évidemment, ni un couteau de voyou à cran d’arrêt. Mais pas non plus un canif. Disons, un opinel n°6, ou un laguiole. Un couteau qui aurait pu être celui d’un hypothétique et parfait grand-père.

Un couteau qu’il aurait glissé dans un pantalon de velours chocolat à larges côtes. Un couteau qu’il aurait tiré de sa poche à l’heure du déjeuner, piquant les tranches de saucisson avec la pointe, pelant sa pomme lentement, le poing replié à même la lame. Un couteau qu’il aurait refermé d’un geste ample et cérémonieux, après le café bu dans un verre, et cela aurait signifié pour chacun qu’il fallait reprendre le travail.

Un couteau que l’on aurait trouvé merveilleux si l’on était enfant : un couteau pour l’arc et les flèches, pour façonner l’épée de bois, la garde sculptée dans l’écorce, le couteau que vos parents trouvaient trop dangereux quand vous étiez enfant.

Mais un couteau pour quoi ? Car l’on n’est plus au temps de ce grand-père, et l’on n’est plus enfant. Un couteau virtuel, alors, et cet alibi dérisoire :

Mais si, ça peut servir à plein de choses, en promenade, en pique-nique, même pour bricoler quand on n’a pas d’outils…

ça ne servira pas, on le sent bien. Le plaisir n’est pas là. Plaisir absolu d’égoïsme : une belle chose inutile de bois chaud ou bien de nacre lisse, avec le signe cabalistique sur la lame qui fait les vrais initiés : une main couronnée, un parapluie, un rossignol, l’abeille sur le manche. Ah oui, le snobisme est savoureux quand il s’attache à ce symbole de vie simple. A l’époque du fax, c’est le luxe rustique. Un objet tout à fait à soi, qui gonfle inutilement la poche, et que l’on sort de temps en temps, jamais pour s’en servir, mais pour le toucher, le regarder, pour la satisfaction benoite de l’ouvrir et de le refermer. Dans ce présent gratuit le passé dort. Quelques secondes on se sent à la fois le grand-père bucolique à moustaches blanche et l’enfant près de l’eau dans l’odeur du sureau.

Le temps d’ouvrir et refermer la lame, on n’est plus entre deux âges, mais à la fois deux âges c’est ça, le secret du couteau.

Extrait de

LA PREMIERE GORGEE DE BIERE

Et AUTRES PLAISIRS MINUSCULES

Philippe Delerm

Édition l’ARPENTEUR

concert de Flute à Bec en Forêt

dimanche, juillet 1st, 2012

J’ai eu le privilège d’être invité à un concert privé, et j’avoue que ce genre de manifestation m’a séduit.

Reçus dans une demeure ancienne de la banlieue sud-est de Bruxelles, l’ensemble de l’atelier de flute a bec d’Emi se produisait pour nous avec l’accompagnement d’un orgue de 1698, récemment restauré.

Toutes sortes de flutes, dans toutes les dimensions, du soprane à la basse, se sont d’abord produits dans les pièces individuelles ou en duet, morceaux baroques (vivaldi, corelli, monteverdi), moderne (When the saints…)  ou même anonymes anciens, entrecoupés de quelques airs chantés. Puis l’exhibition s’est terminée par des exécutions d’ensemble de tout le groupe (greenleeves).

Un petit air connu nous a rapprochés des artistes, puisqu’en sus de deux belges, le cours de madame Emi Shiraki rassemble essentiellement des japonais, des dames en grande majorité.

C’est ainsi que nous avons eu droit à l’interprétation de Sakura, Sakura, de Tanabata et de la musique du film « une promesse mondiale ».

Tout en remerciant de son accueil l’heureuse (et méritante) propriétaire de l’orgue restauré et de la maison quia accueilli la prestation, je m’empresse de féliciter tant les interprètes dont Eloi, au bout d’une année de travail acharné, a démontré la qualité, que le professeur qui a démontré ses qualités d’enseignante dans le niveau de ses élèves.

Quelle curieuse manière d’allier ici aussi la Belgique et le japon, avec autant de succès que d’estime.