Archive for janvier, 2015

il pleut

samedi, janvier 31st, 2015

Je ne m’y attendais quand même pas : une journée de pluie quasi ininterrompue.
Départ le matin entre les gouttes pour aller à Oualili (le nom berbère de Volubilis). Une demi-heure de route tout à fait pépère et nous arrivons au site reconnu patrimoine mondial par l’UNESCO en 97.
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Nous sommes sur une espèce de plateau vallonné. Le site parait immense : 25.000 habitants pendant la période la plus florissante (avec ou sans les esclaves ?) les fouilles ont eu leur période de gloire du temps du protectorat, maintenant que l’essentiel a été découvert, le travail se poursuit avec une sage lenteur.
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Decumanus maximus et Cardo de rejoignent au Forum, entre le temple de Jupiter et la basilique, l’aqueduc amène l’eau à la fontaine, près des latrines publiques, l’arc de triomphe à Caracalla (qui a accordé la citoyenneté romaine à tous les hommes libres de l’empire). La plupart de ces monuments on du être reconstruits (en partie du moins) parce que le tremblement de terre de Lisbonne (1755) avait jeté à terre tout ce qui restait de monuments antiques.
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Ceci dit, la pluie nous a retardé, nous avons du attendre un moment avant de commencer la visite, nous héritons d’un guide dont le principal souci semblait être d’arriver au terme du petit tour. Il fallait lui arracher la majorité des renseignements que nous souhaitions avoir. Mais par chance, nous revenons au musée avant que la pluie recommence.
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Après volubilis, la visite de la région doit continuer par Moulay Idriss. Lieu saint de l’islam, la petite Mecque du Maroc, où les non musulmans sont tolérés depuis peu. Petite ville de campagne toute en hauteur, parcourue par une route où s’éternise un marché local avec ses eternels encombrements, nous sommes happés par une petite meute de « guides » dont le premier nous conduit dans son restaurant, puisque nous avions manifesté l’envie de faire une pause dinatoire. Nous entrons, puis nous enfuyons : piège à touristes, le reste du village nous semble tout aussi détestable que le restau.
Du coup nous rentrons « chez nous », non sans faire une pause au Carrefour Market pour nous réapprovisionner en toute sorte de choses.
La pluie a cessé, le vent se maintient, le froid aussi. On m’avait bien dit que dans le nord du Maroc, c’est l’hiver, je n’y avais pas assez cru. Maintenant je le sais, en hiver, il pleut au Maroc.

Afriquia

vendredi, janvier 30th, 2015

Même si le niveau de vie n’y est pas aussi élevé que dans l’ensemble de L’Europe, le Maroc ne semble pas un pays pauvre. Structure d’état, industrialisation, activité des gens, consommation, tout est réuni pour que j’ai l’impression d’un pays « normal » où il fait bon vivre. La corniche de Casablanca ne le cède en rien à bien des lieux de divertissement de capitales européennes.
Il y a des pauvres, et en ville des gosses qui ont faim. Tenant compte du défaut de sécurité sociale universelle auquel je suis habitué, c’est logique, même si ce n’est pas supportable. Par dessus tout, l’écart des revenus entre les plus riches et les plus pauvres est criant. Mais est-il moindre dans des pays de cocagne comme les Etats Unis d’Amérique ?
Finalement, quand je me rappelle mon voyage en Grèce, je classerais le Maroc dans ces environs là. La vie n’est pas facile, il y a des tas de choses à améliorer, mais on y croit et on avance.
Le Maroc serait donc un pays de l’ensemble occidental, réuni à L’Europe par notre mer commune.
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Pourtant des détails me frappent, que je lie dans mon expérience à ce qui sépare l’occident de l’Afrique, comme la capacité des gens à s’assoir et à attendre que quelque chose se passe, sans avoir l’air de plus se soucier que ça que la chose se produise ou pas dans le délai escompté.
Et si l’édification des immeubles de bureau ou de rapport s’effectue selon les méthodes que nous connaissons, les constructions individuelles sont caractéristiques des pays du Sud. Qui a un peu d’argent et d’ambition commence par acheter des blocs de béton, des ferrailles et du ciment, pour élever un rez-de-chaussée commercial qui lui servira d’habitation pendant les premiers temps. Les colonnes en béton armé laissent dépasser les ferrailles d’accrochage de l’étape suivante. Avec la prospérité vient le premier étage. La terrasse provisoire servira plus tard de second étages, et ainsi de suite… (raisonnablement, s’entend, il ne faut pas trop solliciter les soubassement établis selon ces méthodes).
Autre caractéristique « africaine »: les déchets, particulièrement de plastique, sachets et bouteilles, et les cannettes, pourtant un trésor recyclable, qui jonchent le sol partout où on trouve un terrain vague. Les poubelles sont ramassées dans les villes, mais les déchets s’accumulent quand même dans les endroits les plus incongrus, particulièrement là où les enfants vont jouer, hélas.
C’est là que j’estime que le Maroc est le premier pays africain pour celui qui passe le détroit de Gibraltar.
Pas sur que ce post plaise à tout le monde, ce sont des réflexions politiquement incorrectes. Je m’en excuse d’avance, mon intention n’est pas de blesser qui que ce soit.

Meknès

vendredi, janvier 30th, 2015

La médina et la ville impériale : ce sont nos objectifs du jour.
Aller en grand taxi jusqu’à la station place Lahdim et Bab Al Mansour nous évite de conduire dans la ville. Bien que la circulation soit plus « courtoise » que celle de Casablanca, les itinéraires ne me paraissent pas beaucoup plus clairs. Donc se laisser guider par quelqu’un qui connait est un plaisir. Comme nous sommes 4, le grand taxi (6 places) est obligatoire, les petits taxis sont limités à 3 places.
Nous débarquons dans la médina, nous arrêtons à la première boutique sympa. Le « boutiquier » (du moins nous le prenons pour tel dans un premier temps) se propose de nous indiquer une boutique où on vend les herbes et épices qu’il n’a pas. En réalité, il nous guide à travers toute la médina en nous faisant l’article, d’une manière tellement sympa que nous ne nous repentons pas de nous être laissé imposer un « guide » (absolument officieux).
Il s’exprime dans un excellent français et nous tient des propos qui nous rejoignent sur la spiritualité et l’amour universel. Un soufi, nous avons de la chance, nous sommes vraiment tombés sur la personne qui pouvait le mieux nous aiguiller vers les objets de nos intérêts.
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crédit photos: M-C Ravot
Nous passons dans des ruelles, nous nous arrêtons dans des endroits que nous n’aurions pas pensé visiter seuls, ni surtout photographier. La plupart des boutiques sont fermées, c’est vendredi et le jour de la grande prière, les magasins n’ouvrent pratiquement pas avant 17h00, quand ils ouvrent. Nous voyons quand même des échoppes : ferronniers, artisans du bois, marchands de souvenirs pour touristes, artisan bijoutier, marchand de tapis, et finalement marchandes d’herbes, donc, une coopérative de femmes berbères divorcées.
Nous terminons notre tournée par le vieux mellah, dont les plus vieilles maisons doivent avoir plus de 1000 ans sur le même site !
Pause de midi : Tajine sur la place Lahdim , avec un garçon qui prend le temps de blaguer avec les seuls clients qu’il a accroché. C’est la basse saison.

Nous continuons en faisant le tout de la cité impériale et du golf et palais royal. Retour en grand taxi, recherche d’un marchand qui nous fournirait des légumes : curieusement, aucune boutique n’est ouverte, mais nous découvrons enfin un petit marché où faire nos emplettes. Fin de la journée.

la mosquée Hassan II

vendredi, janvier 30th, 2015

Chef d’ouvre du monde musulman, la troisième (ou quatrième ? si on inclut l’Indonésie) après celles de la Mecque et de Médine, cet édifice ultramoderne et pourtant respectueux des traditions mérite une visite. Une salle de prière de 20000 m², une esplanade de 7 ha permettent de rassembler 105000 fidèles.
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Nous y allons le mercredi matin, la visite est à 11h00, nous avons un guide en français, qui s’exprime très clairement et répond avec sérieux ou humour a toutes les questions. Bien qu’utilisé pour le culte, le monument se visite à certaines heures. C’est aussi un moyen de participer au financement colossal que les marocains ont consenti pour cette construction grandiose.
Je ne vis pas vous refaire la visite, vous pouvez y aller, ça vaut le détour : les matériaux employés comme les techniques sont un harmonieux mélange de tradition et de modernité. Pour la modernité, les fabuleuses portes en acier au titane (pour la protection contre la corrosion) et les tuiles en fonte d’aluminium (pour le poids), comme le système qui permet d’ouvrir le toit au cas où une forte affluence rendrait l’ambiance et l’atmosphère insupportable. Pour la tradition, le sol en marbres de toutes provenances marocaines, les moucharabié en bois protégeant l’espace réservé aux femmes, les tapis marquant les allées (pour le reste chaque fidèle se présente avec son propre tapis de prière) et surtout les décorations murales en zelliges patiemment et habilement composées à la main par des milliers d’artisans.
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Les symboles abondent pour permettre d’identifier l’ouverture aux religions du livre et la promotion d’un islam marocain fidèle mais tolérant comme le voulait son fondateur, fort préoccupé du rayonnement international de son pays.
Sous la salle de prière, les salles réservées aux ablutions, et même deux hammams, un pour les hommes, un pour les femmes (pas encore opérationnels, il se visite). Domaine de l’eau, le décor somptueux utilise ici aussi les matériaux traditionnels et les techniques modernes.
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La mosquée est ‘posée’ sur l’eau, faisant référence à un verset du coran qui dit que Dieu est au-dessus de l’eau (ca me rappelle quelque chose, là : Genèse, 1 verset 3 ou 4 : la terre était informe et vide, et l’esprit de Dieu reposait sur les eaux. Comme quoi on n’est jamais loin de ses sources… Alentour, une unité d’enseignement, un centre d’artisanat, tout ce qui peut mettre en valeur l’universalité.
Un chef d’œuvre à mon sens, quel qu’en soit le prix. A-t-on fait autrement ailleurs, à Saint Pierre de Rome ou à au temple de David à Jérusalem ?

Casablanca

jeudi, janvier 29th, 2015

Nous quittons le camping des oliviers aussitôt que possible ce matin, nous avons une longue route devant nous : 300 km, mais surtout 5 à 6 heures. La N1 d’aujourd’hui ressemble furieusement ç la N7 de mon enfance.
N ous arrivons sans histoire aux abords de la ville et nous trouvons la sortie port assez facilement . et c’est là que la réalité se transforme en une espèce de cauchemar que l’imagination est incapable de décrire.
Il n’ y a pas de plan directeur de-la circulation à Casa ; du moins je n’ai pas réussi à le percevoir. Mais quand la ville s’étend sur des dizaines de km, ce n’est pas à l’échelle humaine de gérer un tel conflit. Reste le gps marocain, demander sa route chaque fois qu’on se sent perdu. Ça marche, mais ça prend du temps. Il nous faut 1h30 pour rejoindre les environs de la mosquée Hassan II , notre seul point de repère, puisque les noms de rue n’évoquent rien pour les gens.
A partir d’une certaine dose de découragement, reste le téléphone. Nos amis de Casa semblent imaginer approximativement où nous nous trouvons et dix minutes après, nous arrivons à bon port.
La réception qui nous attend n’est pas accessible à la conception mentale de quelqu’un qui n’a pas dans ses proches un marocain. Une tradition de l’hospitalité qui nous permet de nous sentir immédiatement très à l’aise, même si les personnes qui nous reçoivent ne nous ont jamais vus. Nous leur avons seulement été recommandés par leur soeur.
Mais c’était juste le gouter. Nous partons en visite et quand nous revenons, le repas nous attend ! Mais cette fois-ci sans les enfants qui sont couchés, il est presque 22h.
Le lendemain matin, nous allons visiter la mosquée Hassan II. Ce qui mérite un autre post.
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nous visitons aussi le quartier de la corniche et es environs. Je ne dirai pas les beaux quartiers, il y en a d’autres !, nous repassons à la maison régler quelques détails de voyage, puis nous repartons du coté du palais royal. Il est tard, la nuit est tombée et nous avons assez peu à voir, mais en prolongeant notre ballade nous passons dans d’anciens quartiers (Habous) qui ne sont pas sans évoquer les bords de seine rive gauche et nous arrivons dans un quartier commercial.
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Des boutiques d’olives et puis les boucheries de chameau. Notre hôte nous propose un repas impromptu : on achète le chameau à la boucherie (enfin, un morceau) et on continue pour trouver un rôtisseur qui nous le cuit et nous le sert, avec le thé et une assiette de légumes. Il y a même moyen d’avoir des frites, ce qui ravit les enfants.
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Retour au port d’attache, journée bien remplie.

Bayhbe

lundi, janvier 26th, 2015

Nous avions pensé camper là plutôt qu’aux Oliviers d’Ounagha. Mais ce n’était pas possible, le camping a été ravagé par les intempéries. Nous y sommes donc allés en promenade. On voit bien que même si tout a été réparé, les orages de l’automne ont été catastrophiques pour le réseau routier et pour certains endroits exposés comme les campings de plage.

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Nous prenons dès le matin la route de Had Draa, c’est la même qui nous conduira jusqu’a la cote que nous longerons lentement pendant des kms. Spectacle à couper le souffle : la mer, le sable, les champs qui comme en Normandie s’étalent jusqu’aux vagues. Tout est vert, tout pousse ; blé, petits pois et de l’herbe pour le bétail.
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Nous avuons vu l’an dernier un Maroc artisanal et industrieux dans le sud où en dehors des oasis et des quelques troupeaux de nomades, le pays est quasi vide. Ici, au contraire, nous traversons une campagne fertile, peuplée, cultivée. Ceci expliquant cela, nous voyons d’où viennent les gens qui vont au marché. La campagne en est remplie. C’est une ruche bourdonnante.
A Bayhbe, pas de pêcheurs, mais un policier de faction à la station établie par les américains nous explique et nous fait le guide. On ne pêche pas l’hiver, seulement aux mois 5, 6, 7 et 8. Maintenant les pécheurs habitent Essaouira, comme lui d’ailleurs, qui n’est là qu’aux heures de permanence. Le village s’anime en été quand revient la saison de la pêche au poulpe. La côte ici est protégée de la pêche au chalut par des écueils artificiels qui constituent une réserve halieutique.
Les petites constructions que nous voyons sont sensées être vides. En réalité, il y a des habitants, peu nombreux sans doute, qui ramassent les moules sur les rochers.
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Poursuivant note route, nous pensons revenir à Ounagha par une route qui doit nous ramener sur la nationale 1. Mais avant de parvenir à ce carrefour, une patrouille de police nous arrête. Il passe peu de touristes par ici, c’est une excellente occasion d’exercer son français. Nous posons la question de l’état de la route que nous pensons prendre. « Ho là, non, n’y allez pas sauf si vous aimez le risque, passez plutôt jusqu’à Safi, c’est bien plus facile » Et nous nous laissons embarquer dans un détour de quarante kms.
Réflexion faite, une autre transversale s’ouvre 10 km plus loin, qui mène à el Khiate. Nous nous renseignons ici auprès d’ouvriers de voirie qui nous rassurent : on passe très bien. Effectivement on passe très bien puisqu’une noria de camions chargés d’énormes blocs de marbre nous croise et nous environne avec le trafic à vide de retour. La route n’est pas goudronnée partout, bien sur, mais elle est très carrossable pour le trafic léger, puisqu’elle supporte allègrement ces mastodontes !
Arrivés sur la nationale 1, nous sommes de nouveau dans un marché. A cette heure -15h00- il est terminé, mais la rue est encore pleine d’activité. Nous nous arrêtons au « bar des voyageurs » pour un café, et nous nous laissons tenter par quelques sardines qui nous attendent, encore fraiches ma foi, elles sont arrivées ici dans la matinée en venant de la côte.
Retour sans histoire, toujours dans cette campagne luxuriante et peuplée. Souper marin : moules et sardines. Délicieux, à notre avis et aussi à celui des chats de tout le quartier qui viennent nous rendre visite.

le marché du dimanche

dimanche, janvier 25th, 2015

C’est le jour ou jamais! Le village voisin d’Ounagha s’appelle Had Draa, le marché du dimanche, le bien nommé.
J’ai du dire qu’à Ounara je me sentais à la campagne. Et bien à coté de Had Draa, ce serait presque la ville !
Nous arrivons par une route comme on en voit partout, avec des maisons, des commerces, des voitures arrêtées. Puis nous demandons à une dame bien mise qui doit attendre son chauffeur où se trouve le marché. Elle nous indique une rue sur le coté, le marché aux animaux d’un coté, le marché avec les légumes et tout le reste en face, vous ne pouvez pas vous tromper.
Quelques dizaines de mètres plus loin commencent les affaires. Des gens commencent à repartir avec leurs emplettes qui sur son vélomoteur, qui sur le toit de sa carriole à mule, qui dans le bac de son boxer, qui dans la benne de sa Toyota. Bien sur on met plus sur un plateau bâché : celui-là emporte quatre veaux, celui-là une vingtaine de bottes de paille. Et en plus il y a les gamins qui font le transport dans leur petite charrette à roues de vélo.
Les animaux sont regroupé par catégories : là les vaches, là quelques moutons, plus loin les ânes, dans un parc à l’écart, les dromadaires. Nous nous écartons pour laisser passer, une dizaine d’animaux qui sont conduits à l’embarquement dans un camion. Ils ne sont pas trop coopératifs, alors, le bon système, c’est de les prendre entre les pattes arrières et de serrer bien fort, et là le chameau avance, je vous le jure !
Un bonhomme nous ouvre la porte de l’enclos des dromadaires. Il n’en reste plus que quelques un, attendant le départ sans doute. Bien sur à la sortie le bonhomme réclame son bakchich. J’avais préparé un dirham, mais visiblement ça ne lui plait pas. Il en veut 5 ! Je les lui donne de bonne grâce, même si je ne suis pas coutumier du fait. Après tout, un touriste c’est là pour distribuer de l’argent, non ?
À coté des ânes et des mules, quelques artisans proposent de ferrer les animaux. Ca se fait sur place, sans plus d’équipement. Certains ont leurs fers tout prêts, mais on voit même sous une tente sommaire un peu de charbon de bois à terre, pour apporter les dernières finitions à travail particulier.
Nous quittons les animaux et passons de l’autre coté de la rue, les marchands sont installés à même la terre, parfois la boue, et proposent qui des cordes et des filets, qui des meubles, qui du fer, qui du son et de la paille. Mais toujours regroupés par nature de marchandise. Pas de mélange, les légumes sont tous au même endroit, les meubles ensemble, il y a même un (un seul je pense sur tout le marché) marchand de téléphones portables, il a installé sont pc sur une caisse pour les derniers réglages.
Nous quittons enfin le souk et nous reprenons pied sur la grand route. Il y a bien des échoppes qui servent du thé mais nus n’osons pas nous y assoir. Le public est exclusivement masculin, le vêtement uniforme (la djellaba, sauf pour les jeunes garçons).
Arrêt devant un boucher : la bête qu’il découpe (une seule vache à voir les morceaux) a du être abattue le matin même et les conditions sanitaires semblent satisfaisantes. Nous nous arrêtons pour demander un morceau de viande. Un homme se propose pour faire l’interprète, le boucher ne pratique visiblement pas assez de français, mais il nous sert un assez beau steak, très curieusement coupé. Le prix se ressent de notre apparence, sans doute le double de ce qu’il aurait demandé à un marocain, mais la dépense reste minime et les sourires qui nous accompagnent font chaud au cœur.
C’est vraiment une plongée dans la vie rurale quotidienne ou plutôt hebdomadaire. Le souk du dimanche (et ce souk là n’a pas grand-chose à voir avec les établissement qu’on trouve en ville ou chaque commerçant possède sa petit pièce), c’est une occasion de se rassembler, de se divertir, de socialiser. On voit bien que c’est pour la plupart des gens ici un jour de fête. Et pour nous un spectacle assez rare.
Pas de photo aujourd’hui, dans le souk, c’était difficilement imaginable.

mogador

samedi, janvier 24th, 2015

Du phénicien mogdill, la pourpre, Mogador est cette ile en face du port d’Essaouira – ex Mogador – d’où ; depuis l’antiquité les carthaginois exportaient cette teinture indispensable et de grande valeur
Actuellement l’ile n’abrite plus qu’une réserve ornithologique.
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La ville par contre est exemplaire : des fortifications attribuées à l’école de Vauban – he oui, toujours lui ! est-ce qu’il y a un endroit au monde où on ne trouve pas sa trace, à part la grande muraille de Chine ?
Une muraille de pierre avec des fortifications ornées de portes hispanisantes, des canons dont le bronze porte les marques des siècles passés, de 1514 à 1750 et même un de 1185 (de l’hégire), des espagnols, portugais, hollandais, français et arabes. On a du beaucoup se battre ici.
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Ce n’est plus la cas : les seules batailles sont celles des restaurants de poisson brillé près du port. Nous nous régalons d’une copieuse assiette accompagnée de l’éternelle et toujours nouvelle salade marocaine, double portion pour remplacer les frite promises et pas là !
Promenade dans la médina, visite des murailles retour dans la médina. Nous sommes accostés par une femme berbère qui va « a son travail », une association de femmes qui distribuent les produits provenant de la vallée du miel à 80 km d’ici. Nous somme noyés dans les senteurs : plusieurs dizaine d’immenses bocaux de verre où elles renferment des épices fraîches d’une saveur et d’une variété inimitable.
De retour vers Ounagha, nous nous arrêtons au Carrefour Market tout neuf à la sortie de la ville. Sympa de trouver une magasin tellement propre quand on pense aux boutiques de la brousse où nous logeons.

en route

vendredi, janvier 23rd, 2015

Assez lézardé à la plage. La santé est revenue et le gout des voyages. D’ailleurs nous sommes attendus dès mardi à Casa et jeudi à Rabat.
À 9h00 nous prenons possession de notre logan de location, nous chargeons nos valises, nous faisons nos dernières courses dans le quartier (chez le concurent de notre épicier habituel, puisque celui-ci est fermé pour cause de grande prière du vendredi) et nous prenons la route du nord. Direction Essaouira, ou plutôt Ounagha (ounara) où nous avons réservé au camping des oliviers.
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Itinéraire magnifique le long de la cote pendant les 80 premiers km. La mer nous accompagne la lumière est d’une qualité inimitable. Toute la campagne est verte, il a plu et tout pousse : herbe, fleurs, blé dans les champs entre les cailloux.
La vue de ce paysage fait du bien aux yeux et au cœur – à l’âme. La route circule dans les arganiers dont certains sont chargés de fruits.
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Après un café pris au bord de la route, nous arrivons chez tito, camping des oliviers. Une fois installés, nous faisons un tour ‘en ville’. Ounara est un village rural comme on n’en voit peu dans le sud. La poussière – et la boue puisqu’il vient de pleuvoir – recouvre tout dans un dénuement prononcé.
Et pourtant ici aussi les gens sont aimables, détendus appliqués, souriants.

les chats

jeudi, janvier 22nd, 2015

Il y a peu d’animaux domestiques ici en ville.
Quelques ânes et mules pour les carrioles tractées, qui n’ont pas encore été remplacées par les triporteurs Boxer dont je crois savoir que la distribution est subventionnée pour favoriser les petits commerces.
Très peu de chiens. Nous en avions rencontré l’an dernier près du désert, en meutes sauvages, mais ici je crois en avoir vu deux. Le « Kelb » n’est pas apprécié comme animal domestique.
Par contre, ceux que nous rencontrons en abondance, ce sont les chats.
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Toute la journée au soleil, dans une activité toute féline, le sommeil, ils se prélassent à tous les coins de rue, mais ne dorment que d’un œil. Si on tente de les approcher au delà de leur limite de sécurité, ils se déplacent et se dissimulent habilement.
Par rapport aux nôtres ces chats ont des yeux en amande, parfois fardés de noir. Le pelage peut prendre toutes sorte de couleurs, du blanc au noir, en passant par le roux et le tigré, et tous les mélanges sont permis.
Quelques gros matous se reconnaissent à leur face plus large, leur poil négligé. Les femelles sont plus graciles. Mais tous les chats ici ont de longues pattes, et la majorité sont jeunes. A vrai dire, je ne crois pas qu’ils soient nourris et ceux qui survivent sont donc ceux qui ont réussi à se nourrir, et à résister aux agressions des prédateurs, à la circulation automobile et je suppose à la chasse dont ils sont occasionnellement la cible sans doute.
Finalement, une vie de chat, ce n’est surement pas plus facile qu’une autre. C’est une lutte constante.