Archive for février, 2016

j’ai vu l’éléphant

mardi, février 9th, 2016

j’ai vu l’éléphant qui prenait son breakfast sur la colline en face. Il a vraiment de grandes oreilles.
Un hike d’une journée dans le parc entre 9h00 et 16h00, 15 km et surtout un bon 500 m de dénivelé, excellent pour la forme.
La nature n’est pas si sauvage que ça. Il y a bien sans doute un tigre en liberté, mais je pense qu’il a plus peur des humains que eux de lui. Et commencer une balade nature quand presque tous les animaux prennent leur quartiers pour éviter la chaleur n’est pas le meilleur moyen de voir la vie sauvage. Il reste la végétation, et les paysages à couper le souffle. ça vaut bien de monter un petit raidillon (enfin, petit… je n’avais pas d’altimètre, je regrette)
Les sentiers sont parsemés de grosses bouses qui rempliraient bien un seau chacune, témoignant du passage des éléphants. Les guides (trois personnes : deux accompagnateurs, un devant un derrière, et le garde armé : une carabine 22 LR avec une seringue anesthésiante) les guides connaissent leur métier et nous amènent direct à l’endroit où trois éléphants prennent leur petit déjeuner de bambou.
Ils sont séparés de nous par une descente à pic qu’ils ne franchiront pas comme ça. Tant mieux, parce qu’à force de se faire harceler par le tigre, les éléphants ici sont de mauvaise humeur et chargent facilement tout ce qui bouge. Ils n’ont d’ailleurs pas une très bonne vue. C’est quand même impressionnant, une telle masse. Ça doit faire au moins autant qu’une cinquantaine d’indiens. De quoi remplir un bus à lui tout seul !
Nous passons notre chemin, et ce sera la plus gros de la vie sauvage que nous verrons, en dehors d’un black mandrill et que quelques macaques de Bornéo, avec un aigle noir au vol impressionnant.
Nous passons à travers un paysage extrêmement abrupt, normal qu’on ait construit ici une immense retenue d’eau, c’est surement plus profond qu’à la Plate Taille. Le prospectus de la visite parlait d’un parcours « ondulated ». Les ondulations sont bien marquées, pas un simple faux plat légèrement montant comme dirait Claude. En en fait les 5-6 km annoncés en feront 15 à la fin du parcours.
La végétation me semble familière : je reconnais le lantana, l’agératum, le greviléa, l’érythrine, l’eucalyptus, toutes sortes de plantes que je connaissais au Rwanda, comme les bananes et les caféiers. Il y a bien sur d’autres arbres que je ne connais pas, et nous croisons même un plant de poivre sauvage, à l’origine du poivre cultivé, mais dont les grains beaucoup plus petits sont utilisés en médecine ayurvedique.
Notre brave zakkeer joue de malchance : avant hier il oublie que c’est dimanche, aujourd’hui, on lui a indiqué un mauvais point de départ. A moins que le programme ait changé sans qu’on l‘en avertisse. Nous aurions du être 6 pour le tour, mais nus nous ajoutons à un groupe de 6 qui attendait de partir. Comme si notre groupe n’étant pas assez important, on avait fusionné les deux. Nous nous trouvons en compagnie d’un couple d’allemands, d’un couple d’indien de Bombay, et de deux hommes, un roumain et un bulgare. Tous bien sur ayant la moitié de notre age ! mais nous avons assez bien tenu le coup. Sans doute l’entrainement du jeudi. Et le bon sens de nos guides, attentifs à gérer les différentes personnalités, à ménager les efforts et à veiller à notre sécurité.
Nous revenons un peu fourbus, mais très contents de cette belle balade.

se nourrir, se loger

lundi, février 8th, 2016

En monnaie courante, le cout de la vie en Inde est extrêmement faible pour un européen qui vit parmi la population locale, sans pour autant se loger ou se nourrir comme font beaucoup, dans des bouibouis crasseux, juste les hotels où logent aussi les indiens aisés qui voyagent, et ne fréquentent certainement ni les Hilton ni les 5 étoiles.
Epargnez-vous la conversion, les chiffres n’auraient plus de sens.
Des restos « familly » offrent le midi le tally – le plat universel ici, riz keralais un peu trop cuit, avec un assortiment de sauces, de relevé à extrement relevé, sauf bien sur la coupe de lassi (yaourt) ou le riz au lait avalé comme un dessert, et sensé supprimer l’ardeur du repas.
Une crepe feuilleté (parota ) ou simplement poelée (chapati) coute 10 à 30 roupies.
Un riz aux légumes, 100 à 150
Un curry ou massala entre 120 et 180, suivant qu’il est veg ou non veg.
Un poisson grillé m’a couté 600 roupies pour une bon demi-kilo, selon la taille de la bestiole
Un café keralais, 15 roupies, un lemon soda, entre 35 et 70, 20 roupies pour un litre d’eau fraiche.
On fait un bon repas pour 250 roupies par personne, on ne dépense pas plus de 7 à 8 euros par personne et par jour pour la nourriture.
Le logement est du même ordre, les « home stay » et les hotels de base demandent 500 roupies pour une chambre double avec salle de bain à 1500 roupies avec eau chaude et air co.
Une course en ville en tuktuk, 30 roupies, 10 km en bus, 30 roupies, 60 dans un bus air co quand il en existe, 150 km en train entre 70 et 120 roupies par personne pour une place assise en 2S , deuxième classe sleeper, wagon couchette, quasi toujours disponible.
J’ai presque du scrupule à dire que nous vivons tous frais compris, pour moins de 40 euros par jour à deux, nourriture logement et tous autres frais compris.
Nous n’avons pas fait d’extra, mais même les extras sont tout à fait à notre portée : la nuit dans le parc sous tente à tenter de voir passer les tigres coute 5000 roupies par personne (ça fait royalement 70 euros).
Je ne vais pas refaire le monde ni les ressorts économiques de l’Inde, ce sont les standards de vie ici qui permettent ces chiffres, tout en assurant à tous ceux qui travaillent au Kerala un niveau de vie relativement élevé par rapport au reste du pays. Je constate simplement l’incommensurabilité des « besoins » entre un indien en Inde et un européen en Europe.

Connemara

lundi, février 8th, 2016

Puisque nous avons décidé de nous passer de Zakkeer ce matin, nous allons à la gare des bus. Un bus pour Kotayam est parti devant nous ce qui nous donne le temps de nous renseigner sur la manière exacte de nous rendre à la plantation de thé Connemara pour y visiter l’usine de préparation du produit local.
Bien que l’anglais soit la deuxième langue officielle au Kerala, tout le monde ne le parle pas, mais on s’arrange avec le peu de mots nécessaires pour apprendre que oui, nos guides touristiques ont raison, à une quinzaine de kms de Kumili, le bus passe devant la plantation et s’arrête. Nous nous installons juste avant le départ, le conducteur nous a bien compris, il s’arrêtera pour nous.
La route est en sens inverse celle qui nous a amené la semaine dernière. Et 34 roupies plus loin, nous descendons à l’entrée de la plantation. Une visite vient de partir, la suivante est dans 3/4 d’heure. Le temps de prendre un café à la boutique du bord de la route, et de faire la connaissance du couple de français qui participera avec nous au tour.
Nous admirons les rangées de tables de thé – les buissons tenus à hauteurs ad hoc pour que les femmes puissent passer tous les 5 jours récolter les nouvelles tiges à 5 feuilles d’un vert tendre dont elles chargeront en 7heures de temps, entre 15 et 50 kg dans leur hotte sur leur dos.
Les greviléas – on nous a donne aussi le nom de silver oak, chêne argenté – protègent les plans des trop forts rayons du soleil – pour la qualité du thé – et servent de support à des plans de poivre dont la récolte va bientôt commencer (février mars).
Nous arrivons à l’usine, que nous parcourrons dans le bruit incessant des machines qui doivent bien dater de l’installation de l’usine, en 1941. On suit la fabrication : premier séchage partiel, puis passage dans des rouleaux pour déchiqueter les feuilles et les rouler, produit des « grains » de tailles diverses, les plus fins, « poudre », donnant le thé le plus corsé. Suit la fermentation, deux heures passées dans un cylindre ventilé d’air chaud, pour développer les aromes et les polyphénols, caractéristiques de la variété de la saison, de la préparation, qui marqueront la qualité du produit fini. Un dernier séchage au four donne le ton noir, alors que jusqu’à présent les grains étaient juste bruns. Puis on emballe dans de grands sacs de jute dont certains passeront au conditionnement.
Nous terminons par la dégustation. Intéressant, mais finalement ce thé est assez ordinaire. Il faut dire que déguster régulièrement des thés verts japonais m’a sans doute habitué à des gouts plus sophistiqués.
Le thé produit ici se commercialise à 100 roupies le kg. Nous en prenons un paquet, sans trop savoir comment il supportera le voyage.
Enfin, je n’ai pas saisi comment le nom de Connemara se retrouve ici à l’extrême sud de l’Inde, si ce n’est que la plantation datant de la période anglaise, il se pourrait bien qu’un irlandais présidant à sa destiné ait choisi de la nommer d’un terme lui rappelant son pays !
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le jardin des épices

dimanche, février 7th, 2016

Nous avions programmé avec notre « guide » une sortie recommandée pour les touristes : visite dans un jardin de culture de légumes ayurvédiques, suivi d’une ferme d’épices, en terminer pas la visite d’une plantation de thé et de l’usine de traitement.
Mais nous sommes dimanche, et Zakkeer l’avait oublié. Donc l’usine à thé est fermée, il ne nous reste que les deux autres visites, nous irons demain pour le thé, et aujourd’hui, un tuktuk nous amène à la sortie de la ville visiter une ferme où on cultive des épices et des légumes bio.
Le conducteur reçoit les consignes, il ne parle pas l’anglais, mais il sait où il doit aller. Nous sommes accueillis à l’entrée par un guide qui nous fera faire le tour, moyennant un droit d’entrée – tiens, Zakkeer nous avait dit que tout était compris dans le prix annoncé ? –
Nous exécutons de bonne grâce, et cela en valait la peine, la visite est passionnante, le guide parle couramment l’anglais – des indes, mais ça vaut largement le mien – et il connait sa matière. Nous visitons vanille, poivre, cardamone, muscade, girofle, cannelle, piment-oiseau, basilic arbustif, j’en passe, en prenant son temps, en goutant à l’occasion.
La ferme élève quelques animaux : vaches, chèvres, poules, lapins, canards, dont le fumier est collecté pour produire du méthane (biogaz) dont l’utilisation évite le recours au charbon ou à l’électricité. Et le résidu fertilise les jardin de légismes : choux, choux fleur, aubergine, haricots, ocras, et même une rizière qui donne trois récoltes par an.
Retour à l’hotel, nous discutons avec Zakkeer, qui nous a un peu menés en bateau, la prestation, pour valable qu’elle soit, étant loin de la ballade promise. Demain on se débrouillera seuls pour visiter la plantation de thé.

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dimanche, février 7th, 2016

DSC_0473C’est bien comme ça qu’on appelle les animaux de compagnie en anglais ?
Ici à Periyar, peu de chien pas de chats. La même chose à Kotayam.
À Varkala quelques chiens en bonne santé. Les chiens quand on en voit sont beaux et le poil luisant, ils ont visiblement un maitre qui les entretient. Ce n’est pas le cas des chats.
Mais il y a d’autres animaux de compagnie en inde : les vaches. Ce ne sont pas les vaches à lait qu’on voit de temps en temps dans les « campagnes ». il s’agit d’une bête beaucoup plus petite, avec de grandes cornes quand elle est adulte, assez efflanquée, qui doit être un peu nourrie mais sans plus, elle n’a qu’à se débrouiller pour trouver de quoi bouffer, et elle se promène librement dans les rues.
C’est aussi original que nos nouveaux animaux de compagnie, rat, boa, crocodile et tout le reste. Et ça a l’avantage de ne pas être dangereux : une de ces vaches doit rarement dépasser les 100 kg à l’age adulte.

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samedi, février 6th, 2016

Ce matin nous nous sommes aventurés dans la « jungle », la foret qui entoure le village.
Au bout de la route bitumée qui dessert les quels parcelles du quartier, un sentier -bien marqué, donc assez fréquenté semble-t-il – s’ouvre entre les arbres et les plantes sauvages, « junglies », aurait dit babu de potencode.
Il est bientôt 9h00 et donc un peu tard pour assister à l’animation de la vie sauvage pour autant qu’il y en ait. Mais nous y croyons, nos voisins Danois, qui semblent assez portés sur la nature et l’observation des animaux, nous ont affirmé avoir vu un jour trois singes, des écureuils et même ce que nous croyons être une mangouste.
Nous nous engageons sous le couvert, aussi silencieusement que possible, mais bernique, pas de grosse ni de petite bête à se mettre sous l’objectif. Au bout d’une demi heure, nous voyons un drôle d’oiseau, une espèce de merle avec une immense queue en balanciers, deux plumes de plus de la longueur du corps de l’oiseau, terminées par un petit houppet. On dirait un oiseau lyre, mais monochrome. Il nous regarde de travers et s’enfuie affolé en criant de tout son saoul. Un bien vilain cri pour une si belle bête !
Nous décidons de refaire le trajet ce soir, à la fraiche, avant la tombée de la nuit.
Nous empruntons le même chemin vers 17h00, et nous rencontrons d’abord du monde : un homme portant une cruche d’eau, des gens assis à leur porte, puis la foret. Calme, mais loin d’être silencieuse. Les oiseaux recommencent à chanter nous en voyons l’un ou l’autre.
Au détour du sentier, Christine aperçoit une biche qui traverse la route. Au loin des bruits de bois cogné attitrent notre attention. Et soudain, dans les arbres dégagés pour laisser passer la ligne électrique, des singes apparaissent, suspendus, puis assis sur les branches maitresses, la queue, immense, pendant au-dessous d’eux. Un gros plutôt noir, avec une couronne de poils dorés autour de la figure, un congénère moins visible, un autre plus clair, s’éloigne rapidement les deux autres s’installent pas gênés par notre présence. Un petit s’élance pour traverser la clairière, puis les deux adultes suivent le mouvement. Nous les perdons de vue.

maruti

samedi, février 6th, 2016

Une petite remarque en passant
Maruti-Suzuki, Popular-Honda, Ashok-Leyland, il y en a probablement d’autres pour succeder à L’Ambassador Austin.
La construction automobile en Inde, en dehors des Tata (bus, camions, berlines puis « auto » (c à d tuktuk) ) semble basée sur des joint venture.
Finalement une assez bonne solution pour un pays où la main d’œuvre est abondante, la production industrielle un peu en panne, et le marché intérieur à construire de toutes pièces, car ce ne sont pas les rares millions d’Indiens constituant les classes moyennes et aisées qui pourront porter une croissance nécessaire.
Du travail pour tous, et ceux qui n’en ont pas s’en créent. Mais peut être quelques coups de pouce peuvent ils se révéler nécessaires pour soutenir les investissements.

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samedi, février 6th, 2016

Avec escale à kotayam
Nous avons quitte l’ashram santigiri à sept heures le jeudi matin, sous la conduite de Babu notre hote du guest house, soucieux de nous mettre dans le bon bus pour kotayam.
Il faut dire que l’arrêta est bien déterminé, mais il faut faire signe au conducteur et donc identifier le bon bus ! ce n’est pas l’heure exacte qui nous aidera pour çà, la densité du trafic fait dire à notre hote qu’il passe entre 7h00 et 7h45!
Par chance, nous voilà en route , et trois bonnes heures plus tard – en fait près de 4 heures – nous arrivons à la gare de bus de kotayam, un peu sonnées, levé tot ventre vide et secoués comme une salade verte chez nous, nous n’attendons qu’une chose : trouver une chambre et nous doucher.
Il faut dire que nous avions la chance de prendre place dans le bus au début du trajet, et donc de trouver place assise et espace pour nos sacs. Par contre les autres voyageurs qui n’avaient pas cette chance nombreux ont du voyager debout, au oins une partie de leur trajet ( qui n’était pas aussi long que le notre, le bus dessert tous les arrêts intermédiaires). Ce qui m’amène à penser que l’indien est une matière compressible. Quand on en décharge un, il en monte quatre, et à l’arret suivant c’est la même chose. Au bout d’une dizaine d’arrets, il est temps d’arriver dans une ville où la majorité des voyageurs descend !
Nous devons loger à l’auberge de jeunesse YMCA, wayemciê en bon indoanglais, et pour cela nous passons un examen éliminatoire devant le directeur de l’association pour finalement être admis dans une chambre petite, mais au confort suffisant, si ce n’est l’eau chaude, absente ici comme ailleurs.
Malheureusement notre chambre n’est disponible pour nous que pour une nuit, nous devrons repartir dès demain matin, sans avoir de temps pour visiter la ville. Mais ceci se révélera notre chance, quand nous aurons pris contact avec la réalité de la vie en Inde !
Sortir enfin pour tenter de trouver à manger, nous sommes sur le trottoir du centre d’une ville moyenne de l’Inde. La chaussée est occupée ici comme ailleurs, les trottoirs (le concept que vous pouvez avoir de ce mot ne corresponde surement pas à l’expérience que nous en faisons) sont occupés autant par les étals des vendeurs sans magasins que par la multitude des gens qui se déplacent avec assurance et rapidité. Difficile de trouver son chemin quand on est novice dans ce genre de navigation.
Les bonnes indications des guides sont inutiles, impossible de trouver son chemin dans cette cohue, et de parvenir à une adresses prévue. Même pour YMCA nous avons dû naviguer à l’aveuglette, une fois déposés par notre tuktuk à 20 mètres de l’entrée du batiment !
Nous avisons un hotel grand genre, résidu du style anglais, avec restaurant. Le risque est minime, nous nous y introduisons sans devoir justifier quoique ce soit, notre teint (white people) nous sert de passeport. Salle climatisée, calme, mi-ombre, serveurs en uniforme, chef de salle à galons, mobilier en bois verni style victorien, et la même cuisine que partout, pour le même prix. Nous recevons des couverts à l’occidentale sans devoir les demander, même si nos voisins de tables s’en passent très bien.
Le lendemain matin, nous nous faisons conduire à la station de bus, gare routière de la KSRTC, pour chercher un bus é-« TT » à destination de Kumili. Par chance nous sommes aidés dans notre recherche par une famille de français résidents en Martinique, en voyage au long cours dans le sous continent, avec 3 enfants de 7 à 12 ans ! Monsieur n’en est pas à sa première expérience de l’Inde, il trouve le bon véhicule et en quelques dizaines de minutes, nous voila en route.
Peu d’arrets, donc moins de voyageurs locaux, nous avons de la place. Pas réellement moins secoués que dans d’autres bus – le style de conduite en Inde ne change pas, qu’il s’agisse d’un tuktuk ou d’un bus de ligne – mais la magnifique région traversée absorbe suffisamment notre attention pour nous faire oublier que la route longe la montagne et monte à 1200 m d’altitude, être un précipice et une paroi à pic.
Midi, nous sommes déjà arrivés, nous nous confions à un rabatteur – guide touristique de son état – qui nous amène à un hotel moyen ressemblant à une patisserie à la crème. Ouf, enfin arrivés.

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vendredi, février 5th, 2016

À Varkala nous nous sommes fait des connaissances.
Dans cet hôtel remplis de russes, nous avons rencontré une brave dame dans nos âges (un peu moins quand même) qui a tout de suite sympathisé malgré la barrière de la langue. Elle apprend l’anglais sous la direction de sa fille qui est ici pour quelques mois en formation (bourse du gouvernent indien) pour apprendre les dans traditionnelles de l’inde.
Cette dame est belarus (nous dirions bielorusse en français, mais ça se discute) et elle passe son temps a faire le tour de ses trois enfants ; en plus de Tatiana la danseuse, elle a une fille en Arabie saoudite et un fils aux études en Angleterre.
Elle nous invite à venir voir le spectacle de Tatania qui va danser le soir dans un restaurant.
Nous nous rendons à l’invitation : nous sommes attendus, installés au premier rang pour profiter au maximum de la représentation.
La danse traditionnelle de l’inde est une mise en scène des histoires de la bagavad gita. Le danseur ou la danseuse, certaines partitions sont écrites pour être dansées par des femmes et pas par des hommes déguisés comme pour le katakali. Les postures sont extrêmement codifiées. Tourner la tète ou froncer les sourcils a une signification, comme taper du pied ou positionner les doigts de différentes manières. La danse est accompagnée de chant et de musique (cithare et tambour).
L’ensemble est étonnamment harmonieux et gracieux. Notre interprète est vêtue d’un sari blanc bordé d’or, boucles d’oreilles et coiffure assortie. Elle est grande et mince, son corps semble fait pour ce qu’elle interprète. Dès que la liaison wifi le permettra, je rajouterai une photo.
Le spectacle de toute beauté dure plus d’une heure. Le beau sari blanc est trempé de sueur, notre danseuse est pourtant loin d’être épuisée, elle prend visiblement grand plaisir à cet exercice.
Nous la félicitons chaleureusement, le spectacle était réellement à la hauteur.

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vendredi, février 5th, 2016

Nous quittons Varkala pour Potencode où nous sommes attendus par le swami vêtu de jaune qui nous accompagnés lors de la visite du parc de Neyyar Dam, et nous a invités à lui rendre visite.
Départ pour la gare vers onze, le temps de déjeuner dans le quartier avant de prendre le train annoncé dans les horaires à 13 :37.
Première déconvenue : dans le quartier de la gare, il n’y a pas de restau. Heureusement qu’un passant compatissant nous indique le snack à l’intérieur de la gare, où nous pouvons avoir un tally.
Après la pause, nous achetons notre ticket (tiens, cette fois-ci, c’est 240 roupies, alors que la semaine dernière c’était 60 plus 75 pour le trajet en sens inverse, et 135 pour le premier trajet depuis Kochi)
Nous allons nous installer sur le quai d’où doit partir notre train, le kerala express numéro 12626 qui vient de Delhi d’où il est parti hier soir. L’heure passe, un autre train démarre dans l’autre sens et toujours aucune annonce pour le notre. Vérification faire, un tableau devant le bureau du chef de gare (station manager) nous apprend qu’il est annoncé pour 15h !
He bien on attendra. Juste l’occasion d’obtenir un café après une assez longue attente. Le temps ne coute rien ici, autant en profiter. Sue le quai, spectacle inattendu d’une garderie de gosses, les maman assises à même le sol, d’autres lavant leur linge : la gare est pourvue de robinets d’eau courante, et en étalant les vêtements « propres » sur les dalles du quai, le séchage est ultra rapide.
Le train passe avec un bon quart d’heure de retard. Trouver une place n’est pas un problème. Nous sommes comme l’autre fois, l’objet d’attentions d’un jeune homme cultivé qui démontre sa maitrise de l’anglais – qu’il parle certainement mieux que moi !
Arrivés à Trivandrum (Thirivananthipuram), nous cherchons un riksha pour nous transférer rapidement de la gare des trains à la gare des bus. Nous déclinons un taxi, mais nous nous laissons attendrir par un conducteur de tuktuk qui nous promet de nous mener directement à l’Ashram, il connait bien la route, il y va souvent. Sans doute plus onéreux que le bus (9 euros au lieu de 6) ce moyen de transport a le mérite de nous éviter de devoir chercher le bon bus à la bonne place et de devoir nous faire transférer encore une fois de la gare d’arrivée à l’Ashram qui se trouve hors de la ville.
Notre conducteur marque une étape : il doit faire le plein. Comme de juste, il demande une avance, puisque faire le plein (ou du mois emplir le réservoir) est une opération des plus couteuses. Avance accordée, déductible sur le total à l’arrivée, bien sur. Et nous vola reparti. Une vingtaine de km, à l’allure mobylette, avec les encombrements, ça prend du temps. Pourtant nous arrivons à la porte du temple, et au moment de régler les comptes, une petite rallonge serait la bienvenue, semble-t-il. He bien non, je ne suis pas d’accord, un prix est un prix ! je me suis déjà fait prendre par un restau qui « n’avait pas de monnaie », on ne me la refera plus
Après le voyage, la découverte. Le monastère – pardon l’ashram, mais la confusion est tellement facile – c’est une petite ville, avec le temple au milieu bien sur, mais aussi des magasins, des collèges, des réserves, des unités de production, des logements pour les jeunes célibataires en staff, une cantine, des baraquements en construction, un jardin de plantes médicinales. Nous découvrirons aussi le potager, les pépinières, la centrale électrique. Une entité de 3500 personnes employées à plein temps, qui dans la production qui dans le nettoyage, qui dans l’accueil des visiteurs, qui dans les commerces qui dans les unités de recherche. Et il y a bien sur un guru et un peloton de swamis qui l’entourent et probablement le conseillent puisque cette production centralisée finit par représenter de petites fortunes judicieusement employées pour le développement de la société.
Celui qui est chargé de notre accueil, mr Rajeev se coupe en quatre pour répondre à toutes les questions qui ont une réponse, et passe facilement à un autre sujet si besoin est. Il a en réserve une théologie complexe à nous enseigner, l’histoire de l’ashram est celle de premier guru qui a développé un enseignement a base de préceptes de bon ton sur la paix, l’humanité et la fraternité mondiale. Depuis sa disparition et son remplacement par l’actuelle détentrice du titre, Santigiri s’est développé dans beaucoup de directions, le président de l’inde est passé ici pour l’inauguration du troisième temple, ainsi que la première ministre Sonia Gandhi.
Nous sommes logé dans un petit bâtiment à l’écart de l’enceinte sacrée dans laquelle on ne pénètre que pieds nus (ouille quand le soleil tape et que les dalles sont brulantes !), une grande chambre a air conditionné mais sans wifi, ce qui explique le retard de ce post.
La journée se termine dans le calme après un dernier regard jeté au temple en forme de lotus, illuminé de couleurs laser, magnifique sculpture de béton qui célèbre la dignité du lieu choisi comme ermitage par le fondateur.
Ce mercredi matin, le thé est servi à 6h30 (ou plutôt 7h00, l’heure en inde est une donnée périssable qui a surtout une valeur indicative). Après la visite du jardin des plantes médicinales, une petite heure de marche dans la montagne, dans la poussière et la chaleur de la saison sèche, au cours de laquelle nous avons finalement peu découvert car les récoltes sont terminées, nous prenons notre petit déjeuner (café et biscuit , le riz aux épices le matin a un peu dur à passer).
Dans la matinée nous sommes conviés a assister à un mariage qui sera célébré au temple en fin de matinée. Nous nous melons à la foule et nous assistons à la cérémonie chacun de notre coté, moi à gauche Christine à droite. Sermon, chants et musique de tambour et flutes, échange de consentement, prosternations, échange de colliers de fleurs. Les mariés sont magnifiques dans leurs habits léger et dorés. La foule qui se masse tout autour est nombreuse : le marié fait partie de l’ashram et nous sommes invités au repas qui sera donné dans l’immense « salle a manger » de l’ashram, mis peut être que sa fonction habituelles est plutôt d’être un entrepôt. Des tables alignées, au moins 500 personnes reçoivent un talli sur feuille de banane que nous mangeons comme tout le monde, avec nos doigts, et de la main droite s’il vous plait !
La fête publique est finie, mais celle des mariés ne commencera que dans quelques jours, ils ne sont pas encore admis à cohabiter, ils devront être présentés à la guru.
C’est l’occasion qui nous est donnée de rendre visite à cette personne, avec toutes les marques e respect qui lui sont dues. Nous sommes donc costumés de blanc, on me passe un dothi au dessus de mon pantalon, Christine doit elle aussi porte en dothi blanc pour cacher sa jupe rouge, mais notre accompagnateur est coincé : il peut bien m’habiller moi, mais il ne touchera pas ma femme. Heureusement couple attend aussi à être reçu, la femme s’occupe du vêtement de Christine et nous courrons à la résidence.
Nous sommes priés de faire les frais d’un présent pour être admis : un gros paquet de bonbons fera l’affaire, posé sur un plateau et parsemé de fleurs. Nous arrivons juste à temps , au moment où le jeune couple sort de son entrevue avec une bénédiction particulière. Nous présentons notre offrande, nous nous prosternons comme de juste, nous avons une question à soumettre à sa sagesse, « we are retired, our children are grown, what can we do for the peace ? ». Il botte en touche et la réponse tombe comme une évidence : si vous voulez connaitre votre destin, choisissez vous un guru, et tout sera clair.
Il est temps de prendre une sieste dans la chaleur du jour. Vers 17h00, nous avons droit à une dernière visite : le secteur agricole de l’ashram. Des dizaines, sinon des centaines d’hectares de relief tourmenté, planté de toutes sortes de cultures : bananiers dès qu’il y a un espace suffisant, manioc le long des chemins, et colocase avec ses grandes feuilles, hévéas en production, cocotiers pour faire de l’huile. Et même une roche couverte de bouse séchée qui alimente les foyers destinés à cuire les plantes médicinales. Engrais organique garanti : les restes de cuisine, les déchets ménagers sont collectés, entassés fermentés à l’air libre, sans que cela sente. Mais quand on recoupe les tas pour tamiser le terreau ainsi constitué, il reste toutes sortes d’autre déchets, particulièrement du plastique. Le moyen le plus efficace pour s’en débarrasser comme partout ailleurs en inde, c’est de les bruler dans un four élevé à proximité du hangar de traitement. Il est bio, mon engrais organique ? Bon, passons. Le four traite les déchets de façon ayurvedique.