Archive for février, 2017

Finisterre

vendredi, février 24th, 2017

Comme Ushuaya, Kagoshima, l’île du Prince Edward, et d’autres lieux emblématiques, le cap Comorin est un « Finisterre », un endroit que l’on ne quitte qu’en reculant.

C’est au carrefour des « trois océans », mer d’Arabie ou Golfe Persique, golfe du Bengale et Océan Indien que les cendres de Ghandi ont été dispersées, c’est ici qu’on a élevé une statue de 133 pieds de haut à Tiruvalluvar, un poète philosophe tamoul du premier siècle avant J-C, c’est ici que Vivekananda, le philosophe penseur du 19ieme siècle, qui a influencé la pensée de Gandhi, a médité trois jours durant avant de participer à la première conférence mondiale sue les religions, c’est ici que depuis de très nombreux siècles, les dévots viennent se baigner dans un rite de purification qui rappelle par son symbole, les eaux du Gange, sans imiter les excès de Bénarès, et sans les vaches de Rameshwara.

Kanyakumari est une petite bourgade toute simple, calme, malgré les nombreux pèlerins qui défilent. Il n’y a pas de port au Cap Comorin, pas de baie abritée comme à Kagoshima, seulement la mer de tous côtés. Quelques hôtels vieillots et remplis de boys pour le service, l’un ou l’autre établissement plus luxueux en bord de mer pour les plus riches, et dans le quartier de pêcheurs, des maisons colorées comme nous en avons vu à Buenos Aires.

Une gare de trains, terminus sud de toutes les lignes de l’Inde, des « lodges » pour les gens moins aisés, des marchands de bondieuseries et de toutes sortes de choses dont on ne peut pas avoir besoin, qu’on achète juste pour se souvenir que cette visite est un loisir autant qu’une œuvre pie. Le soir venu, chacun se hâte vers la gare, pour repartir parle train qui remonte vers le Nord, vers Madras, Bombay et même New Dehli.

Il y a un temple, un mémorial à Vivekananda, un monument à Gandhi. C’est sans doute pour cela que les chrétiens y ont édifié plus de sanctuaires que les indous eux-mêmes, basilique sainte Marie rédemptrice, église saint Joseph, Sacré Coeur, chapelles multiples. Les statues des saints ont les mêmes couleurs que les dieux indous, reçoivent les mêmes colliers de fleurs et les mêmes lampes à huile, les sanctuaires ont les mêmes énormes boites métalliques destinées à recevoir les offrandes (« donations »)

Les guides nous avaient promis des plages de sable fin, elles existent peut-être, mais sont inaccessibles, puisque sans guest house à distance raisonnable Et donc, après avoir fait le tour de cette curiosité, manqué les spectacles du lever comme du coucher du soleil pour cause de brume persistante, nous nous décidons à aller voir ailleurs.

Dans l’après-midi, nous arrivons à Kovalam où nous avons séjourné l’an dernier. L’hôtel Peacock nous attend, agréablement situé en retrait du bord de mer, dans les cocotiers. Quelques jours de farniente nous feront le plus grand bien, le long d’une mer déjà rencontrée à Ceylan, le golfe persique. Sans avoir tout vu, cette mer me semble plus accueillante et plus reposante que le golfe du Bengale qui borde la côte de l’Inde à Mamalapuram et à Pondichery.

Kawayatakelle

dimanche, février 19th, 2017

Kawayatakelle est le nom officiel actuel du parc Gordon (du nom du gouverneur britannique qui l’a créé en 1826). C’est une forêt de quelques hectares située tout près du temple de la Dent et du Trinity college, sorte de poumon vert dont la ville a bien besoin.

Comme c’est jour de relâche pour nous ce samedi, nous allons y faire un tour. Pas vraiment dans l’espoir de voir les animaux et oiseaux qu’il abrite, puisque nous allons seulement en fin de matinée, et qu’à ces heures, les animaux sont logiquement au repos. Mais pour contempler la végétation luxuriante et voir des arbres et des lianes.

La forêt possède un exceptionnel massif d’arbres de fer, ironwood, un anacardiacée proche du manguier, dont le bois extrêmement résistant est depuis longtemps utilisé pour les constructions en bois dans le pays. Je suppose que le mandapa (salle de réunion) du dernier roi cinghalais, que nous avons visité la semaine dernière, doit être construit avec ce bois.

On trouve aussi quelques lianes géantes, mais on est frappé par la puissance de la végétation. Ici le philodendrons « monstera » prospèrent sur des mètres en hauteur, de bas en haut, de haut en bas, à rendre fou un floriculteur de nos régions !

Les jaquiers – à moins qu’il ne s’agisse d’arbres à pain, je ne connais pas vraiment la différence – exposent de lourdes besaces le long de leurs troncs. Comme partout sous l’équateurs, des arbres perdent leurs feuilles tandis que d’autres de la même espèce en font de nouvelles, et parfois sur le même arbre, on peut vois les fruits et les fleurs ensembles !

Petite promenade de seulement 4 km à pas de sénateur, il nous faut à peine plus d’une heure pour faire le tour. Le « lac » près de l’entrée du parc devrait nous permettre de vois des « king fisher », des martins pêcheurs, mais je doute, vu la couleur de l’eau, que ces oiseaux délicats réussissent à se nourrir ici. On voit plutôt des cormorans, qui sont eux, beaucoup moins difficiles.

En quittant le parc, nous saluons au passage l’immense Bouddha blanc – on dirait qu’il est en sucre! – offert pas le Japon.

Nous sommes arrivés à pied depuis le guest house, en suivant la pente qui nous a ramenés au centre-ville, mais pour rentrer, nous prenons un three willer, autrement dit un tuktuk, motorisé, qui nous soulagera des dizaines de mètres de montée entre la tour de l’horloge et la colline où nous logeons.

Polonaruwa

jeudi, février 16th, 2017

Anadurapuram ou Polonaruwa ? deux anciennes capitales du Sri Lanka du temps où c’était un royaume bouddhiste, riche et organisé. Pas de temps pour visiter les deux sites, nous avons longtemps hésité lequel choisir, comment y aller comment en partir. Hier soir nous étions à deux doigts de renoncer aux deux, mais ce matin au lever du soleil, la solution s’est offerte à nous, sous l’aspect de notre hôte qui nous a proposé de nous amener en tuktuk à Polonaruwa et de nous conduire à travers les (nombreux) sites à visiter, dans un dédale de reconstitutions archéologiques, de temples, palais et monastères.

Un moment d’hésitation, 70 km en « threewiller », ça nous semblait un peu raide. Mais il a su nous convaincre, il prendrait soin de nous de ne pas nous fatiguer, de s’arrêter quand nous le demanderions…. Et nous voilà parti à 8 heures et demie ce matin. Finalement, ce n’est pas si mal pour voyager, le tuktuk. Je dois bien sur baisser un peu la tête parfois pour mieux voir, mais si on prend soin de se couvrir dans le vent du matin, 30 km/h sur les routes de la région, c’est même agréable, ça donne le temps de voir les paysages, les animations des villages, les boutiques des bords de route.

La visite commence réellement quand nous arrivons au musée du site. Bien fait, clair, sans surcharge, il expose des « trésors » retrouvés lors des fouilles : objets usuels, outils agricoles, équipements militaires, objets religieux, mais surtout une maquette élégante expose la reconstitution de l’ensemble des bâtiments dont nous allons voir les ruines. Le site est tombé en désintérêt lors du transfert de la capitale à Kandy, mais n’a pas été saccagé. Les monuments sont donc en partie préservés, après 800 ans d’oubli.

Impossible de décrire chaque lieu, il y en a tant, et sur une étendue considérable. Pour ceux qui le souhaitent, le Routard qui nous a servi de guide le fera mieux que nous. Les principaux occupent 35 ha, mais l’ensemble se déroule sur plus de 10 km. Temples, bien sûr, Bouddhiques, mais aussi hindous, palais, Mandapa (grande salle à colonnes) comme nous avons vu à Madurai, un monastère pour 4000 moines.  Et des bouddhas debout, assis, couchés, entiers (certains, mais peu nombreux) ou cassés, mais toujours Bouddhas, et donc les temples, sites archéologiques, sont toujours des lieux consacrés : pas de chaussures, pas de chapeau, et les jambes et les épaules couvertes.


La visite dans son ensemble n’est pas une épreuve, mais tout de même une performance, que nous avons accomplie dans le temps prévu : arrivés vers 11h, nous quittons le dernier bouddha vers 15h. il est temps d’aller prendre un lunch. Ce sera dans un restau typique pour touristes, bon mais cher. Une fois n’est pas coutume, laissons-nous traiter en touristes !

Sur la route du retour, c’est notre jour de chance : une troupe d’éléphants pâture non loin de la route, ils se laissent approcher (à distance respectueuse, nous ne sommes pas téméraires). Nous rentrons à la nuit, juste le temps de prendre une douche et de penser à nos sacs, nous repartons demain pour Kandy.

Sigiriya

mercredi, février 15th, 2017

Il a plu hier, et encore cette nuit. Nous attendons de voir la couleur du ciel avant de nous engager pour la journée.

Dans la matinée, nous prenons le bus pour Sigiriya. L’ascension du rocher nous a été assez fortement déconseillée. En dehors de la prouesse physique qu’elle demande – et je ne me sens pas au meilleur de ma forme avec la chaleur, la latitude et l’altitude – il semble que la plupart du temps, on peut difficilement tenir son rythme : le chemin est étroit et si les cadences des uns et des autres ne s’accordent pas, la prouesse devient un exploit. De plus, avec la pluie, les rochers deviennent glissants, et comme certains passages sont un peu délicats, il ne faudrait pas que l’exploit devienne un record unique !

La raison veut qu’à nos âges, on s’efforce à la prudence ! Et d’autre part, de l’avis général, le tarif d’entrée sur le site, le triple de ceux pratiqués pour la plupart des temples du pays, commence à devenir disproportionné par rapport à l’intérêt touristique. C’est donc bien la performance qui caractérise l’intérêt du lieu.

Arrivés sur le site, nous sommes submergés par les démarcheurs de tours en tuktuk, pour nous conduire là où nous ne savons pas quoi pour des prix dépassant la commune mesure. Difficile de prendre de la distance. Quand un premier est découragé, un autre se met à nous harceler. Finalement nous entreprenons de rallier à pied le point de départ de l’ascension pour tenter de savoir de quoi il retourne. Nous sommes déjà épuisés et désorientés, et nous nous rendons compte qu’il n’y a ici rien d’autre à faire que la grimpette.

Finalement nous arrêtons un tuktuk pour tenter de nous sortir de là. Nous discutons ferme sur le programme à faire : il est natif de Sigiriya et il sait bien qu’en dehors du rocher et de la banale route qui y conduit, il n’y a rien à faire sur le site. Le village ne présente que très peu d’intérêt, le « musée », aucun. Il nous propose de nous reconduire à Dambulla en prenant notre temps, en nous indiquant les deux ou trois endroits qu’il connait et qui vont nous plaire. Chanson connue, c’est bien sûr un rabatteur, mais nous ne sommes pas dupes : il a vingt ans, il doit louer un tuktuk pour pouvoir faire des affaires, et si on doit donner à quelqu’un, pourquoi pas à lui ?

Effectivement, le restau pour notre lunch est hors de prix, même si la cuisine est excellente, et le « jardin d’épices » n’est que la vitrine d’une boutique de produits dits « ayurvédiques ». Nous ressortons avec un sachet de thé aux épices. Mais nous marquons l’arrêt devant un zébu à l’attache dans un pré, entouré de ses garde-bœufs, et des oiseaux (spatule, aigrettes) qui cherchent dans une rizière leur pitance du jour.

Plus loin, nous pouvons admirer une pépinière, les sachets contenant les jeunes plans d’arbres sagement alignés à l’ombre, une magnifique décoration en patates douces (hypomée en termes de jardinerie), et la partie production de semences : mais, haricots, choux, tomates aubergines, etc, en planches régulières soigneusement espacées pour favoriser la montée à graine. Un grand salut des personnes occupées à désherber, et nous arrivons bien vite à notre gîte avant que la pluie ne menace de nouveau.

Golden Temple

mardi, février 14th, 2017

Dambulla se félicite d’héberger (enfin, héberger, il est dehors, vu sa taille) le plus grand bouddha du monde : 100 pieds de hauteur, et encore, il est assis en lotus !  Il s’agit d’un cadeau fait au Sri Lanka par trois pays bouddhistes, Japon, Corée et Thaïlande. Doré, comme le stûpa qui précède le temple qu’il recouvre, il a été ajouté à un site autrement ancien, puisque le « Temple Cave » a été construit depuis le 1er siècle avant l’ère chrétienne.

Ce temple est constitué de 5 grottes naturelles dans chacune des quelles un bouddha couché est vénéré. C’est un lieu de culte très actif et connu de loin : des nones bouddhistes de je ne sais quel pays y viennent en pèlerinage, avec des centaines d’autres dévots de cette non-religion.

Notre hôte nous conduit avec son tuktuk jusqu’à l’entrée, ou du moins l’endroit où l’on doit -en tant qu’étranger- acheter un billet d’entrée. Bien nous en a pris de lui faire confiance : à plus de 500 mètres de l’entrée du temple, dans un jardin, après un dédale d’escaliers, nous découvrons le fameux ticket counter qui nous permettra d’acquérir le sésame donnant le droit, après être allés jusqu’en haut de la colline, à entrer dans le temple pour y faire -si nous le souhaitons- nos dévotions. Ce jeu de piste est en principe connu de tous ceux qui ont lu leur guide avant d’arriver, mais certains touristes -nous croisons de chinois qui sont dans ce cas- sont allés directement à l’entrée du temple et se font refouler parce que sans sésame ! il leur suffit de redescendre jusqu’au guichet et de remonter jusqu’ici. Ça agrémente la promenade !

Les 5 temples sont abrités dans des abris sous roche, dont la paroi a été construite en façade pour constituer des salles hypogées où sont logés les bouddhas. Le plus ancien a donc 2100 ans et des poussières, le plus « jeune » date du XIVème siècle. L’hôte le plus récent de ces grottes est le dernier roi de Ceylan qui a abdiqué en 1815 au profit de la couronne d’Angleterre lors de la création de l’Empire des Indes.

Les statues allongées dont certaines sont dorées à l’or fin, sont assez impressionnantes. Les siècles de dévotion y ont ajouté de multiples statues connexes et de peintures sur les plafonds, en plus ou moins bon état de conservation. Trois fois par jour, les moines du temple nourrissent le bouddhas, cérémonie à huis clos qui durent quelques dizaines de minutes.

Une foule de singes peuplent le parc et mettent à profit la présentation des offrandes qui leur reviennent finalement. Une nuée de puces les accompagnent, et même si les dents que nous montrent les singes ne nous en tenaient pas à une distance respectueuse, les parasites nous feraient fuir !

Il a plu cette nuit, et quand nous sortons du temple, une nouvelle averse nous pousse à nous réfugier dans un café dont l’expresso bien venu a un bon goût de chez nous.

Kandy – Damballa

lundi, février 13th, 2017

La visite du Temple de la Dent nous a pris une bonne heure. Un peu déçu par le mystérieux « Octagon » qui nous était présenté comme une merveilleuse bibliothèque présentant de rarissimes volumes anciens, écrits – en cinghalais sans aucune doute – sur des feuilles d’un extraordinaire papier tirs d’un arbre de la région, à ce que j’avais cru comprendre. Hélas, les magnifiques volumes, nous n’avons vu que la couverture, et encore, le dos bien ficelé. Aucun n’était ouvert pour nous montrer cet extraordinaire papier de feuilles d’arbre et la mystérieuse écriture qui les remplit…

Retour à la gare pour reprendre nos bagages à la consigne, puis nous abordons un tuktuk pour nous conduire à notre hôtel. Discuter le prix avant le départ, c’est indispensable. Nous annonçons la couleur : c’est 4 km, donc 300 roupies. Mais les prix varient selon le sens de la course, c’est imparable : ça monte, ça sera 400 roupies. Il n’a pas tort, demain, la descente à la gare nous coutera bien 300 roupies !

Nous sommes accueillis « par hasard »- Booking .com nous avait réservé un autre gîte, puis nous a redirigés ici, à Eagle rest, dont l’hôtesse nous ouvre la porte avec beaucoup de chaleur. Un vrai nid d’aigle, cette maison de 4 niveaux accrochés à la pente, dans cette région montagneuse. Une surprise architecturale. Tout en béton les espaces de vie sont en béton ciré, un effet similaire au tadelakt. Le centre est occupé par un escalier sans rampe, mais à plusieurs volées, côtoyé par un puits de lumière, ou plutôt d’eau : la pluie descend du toit en suivant des chaines qui la conduisent jusqu’aux plantes qui occupent le centre du rez-de-chaussée. Les chambres claires et spacieuses, sont décorées comme les espaces communs avec des objets hétéroclites, mais choisi, patinés, reconstruits au besoin. En bas un berceau en bois, au salon des objets familiers avec une cuisine américaine ouverte sur un balcon rempli de plantes, notre chambre abrite une peinture sur bois, œuvre moderne, mais touchante qui doit avoir une histoire, au niveau de la terrasse, une meuble vitrine contenant une collection de caméras et d’appareils photos japonais, un fusil un peu rouillé, des immenses peluches, une cage à perroquets, un instrument de musique, des mobiles accrochés stratégiquement… la maison a dix ans, mais la collection doit avoir débuté bien avant cela !

L’aigle – car il y a réellement un aigle au repos de l’aigle – habite au niveau zéro, juste au-dessus de la rue. Recueilli il y a quelques années parce qu’il avait une aile cassée, qui ne s’est jamais réparée suffisamment pour lui permettre de voler, il a trouvé un asile, il est nourri (deux fois par jour un morceau de poulet) et logé, et répond au joli nom de Sophie. Ce qui, reconnaissons-le, est un nom original, pas du tout à consonance cinghalaise !

Dès le matin le lendemain, nous quittons notre hôtesse pour prendre le bus pour Damballa, en regrettant d’apprendre trop tard que nous aurions eu des tas de choses à échanger : elle est psychologue, elle a travaillé en institution d’accueil, spécialisée dans l’accompagnement d’enfants abusés.

Deux bonnes heures de route en bus A/C, bagages dans la soute. En cours de voyage, rencontre d’un jeune couple de français, bretons de Nantes, qui nous parle de son voyage l’an dernier au Rwanda.

Takeshi Inn, malgré son nom, n’a aucun lien avec le japon, c’est juste une consonance qui a plu au responsable du gite. Le Japon se retrouve ailleurs au Sri Lanka, dans le voitures, les ciments, les appareils photo, les machines, le matériel spécialisé, médical, photographique, informatique. Les smartphones, eux, sont coréens ! La route de Sigiriya qui passe à côté est malheureusement un peu bruyante, mais l’exposition est bonne, la température agréable, un petit vent frais rend le terrasse agréable.

Ce matin au lever du jour, ce n’est pas le soleil qui attire notre attention, le ciel est voilé, mais bien deux montgolfières qui passent majestueusement au-dessus de nous, apparemment en bout de course et cherchant un terrain d’atterrissage !

 

Colombo – Kandy

samedi, février 11th, 2017

PS  :  Il y a des photo, mais il faut les décharger!

Finies les vacances farniente sur la plage de Polhena. Nous reprenons nos sacs à dos ce matin, direction Colombo, une étape d’une nuit avant de nous lancer dans le triangle « culturel » de la civilisation cinghalaise.

Tout va pour le mieux pour nous au départ de Matara. Le train est à quai, nous choisissons nos places, mais bien vite nous nous rendons compte que le train sera plein. De gare en gare, les voyageurs montent plus ou moins chargés, beaucoup avec sacs ou valises pour rejoindre l’aéroport. Les Sri Lankais sont aussi en nombre. Ce vendredi est un jour de fête (Poya, pleine lune) , les musulmans ont en principe congé le vendredi, jour de la grande prière, demain samedi, c’est le week-end, donc plus de monde voyage.

Les voyageurs s’entassent, les kilomètres défilent, la voiture se remplit de gens debout. La plus part sont jeunes et en bonne santé, avec une semaine de surf dans les bras, je ne me préoccupe pas trop de céder ma place assise !

Départ 9h40, arrivée 13h10, tout se passe bien. La tenue des gares est toujours égale à elle-même, les paysages nous enchantent. Seule ombre au tableau, à l’approche de Colombo, nous découvrons quelques bidonvilles le long de la voie ferrée. Si c’est le signe d’une société développée, il est là. On dirait que l’écart entre classe moyenne et bas de l’échelle sociale démontre l’avancement de la civilisation.

Nous prenons nos quartiers à l’auberge de l’YMCA. Accueil de fonctionnaire, bâtiment délabré, pour le même coût que notre hôtel sur la plage à Matara. Mais nous sommes à Colombo Fort, entre les ministères, les grandes banques, le port, les centre commerciaux…. À deux pas de la gare et du quartier de Putha, là où tous les commerces et les trafics se nouent et s’animent. Nous y jetons un œil, mais ici aussi la conjonction du vendredi, du week-end et de la fête de Poya change la donne : les boutiques habituelles sont fermées, devant leurs rideaux de fer se sont installés les petits marchands ambulants de tout et de rien. Même trouver un restau adapté devient difficile.

La nuit se passe mieux que nous le craignions, grâce au « fan » ventilateur à faible vitesse, et dès le lever du jour nous sommes de nouveau sur pied : nous partons pour Kandy.

Nous avons retenu une place dans la voiture « salon » du train de 9h00. Vue panoramique sur un parcours exclusif. Effectivement, les premiers kilomètres ressemblent à tout ce que nous avons déjà vu, mais plus on avance vers la montagne plus les vues sont splendides. La voie ferrée – voie unique – s’accroche aux parois, traverse des pans de rocher et si besoin creuse des tunnels (9) pour amener le train dans la vallée d’altitude où se trouve la ville de Kandy.

Non, ce n’est pas le pays de Candy, c’est juste  une grosse bourgade comme toutes les autres ici, circulation abondante et polluante, bruit et poussière…

A peine arrivés nous allons visiter l’attraction unique et immanquable : le temple de la Dent.

Il s’agit d’une véritable dent de Bouddha sauvée de la crémation et ramenée ici il y a 22 ou 23 siècles et vénérée depuis avec des hauts et des bas, ces derniers temps beaucoup de hauts, justifiant un temple grandiose et une foule de pèlerins apportant des offrandes. Si les hindous offrent à leurs dieux des victuailles, banane, noix de coco, les bouddhistes offrent des fleurs de lotus, nénuphars de chez nous dont le parfum entêtant remplit le temple.

De la dent, nous ne verrons rien, elle est enfermée dans un reliquaire contenu dans un tabernacle caché au creux d’un sanctuaire enveloppé d’une chapelle… Nous croiserons seulement de nombreux bouddhas, assis en lotus ou couchés, auxquels il est interdit de tourner le dos.

Les constructions de ce temple méritent le détour : sculptures,certaines de plus de 1000 ans, peintures, les plus belles ont 400 ans, XVIIIème siècle, or et argent, tout est admirable.

    

Tsunami

samedi, février 11th, 2017

Le 26 décembre 2004, Emmanuel Carrère se culpabilisait de n’avoir pas eu le ressort de se loger dans un Guest House paillote au bord de l’Océan, et d’avoir préféré le confort d’un hôtel en ville ( à Tangale, quelques dizaines de km à l’est de Matara). Le lendemain, il ne s’en plaignait plus, puisque cela lui a sauvé la vie. La vague géante qui a rasé les plages de Thaïlande, Banda Ache, les îles Andaman et la guérilla Tamoule dans le nord de l’île, n’a pas épargné la côte sud de Ceylan.

Les traces du Tsunami sont visibles encore aujourd’hui, de Tangale à Galle, et bien sûr ailleurs aussi. La région s’est retrouvée sous eau pendant plusieurs jours (semaines ?), les hébergements qui bordent la mer et jusqu’à plusieurs dizaines de mètres de la coté portent encore les marques de cette période. Les maisons qui n’ont pas été reconstruites ou du moins sérieusement remises à neuf, sont aujourd’hui des ruines inhabitables.

Peut-être est-ce une chance pour le Pays ? La côte sud se pare aujourd’hui de constructions rénovées, modernes, toujours adaptées au climat équatorial, mais remises en valeur et la capacité d’accueil a augmenté considérablement. A moins que ce ne soit finalement une mauvaise chose que trop de lieux de séjour attendent les vacanciers qui ne sont ? somme toute, pas si nombreux, et dont le nombre fluctue avec la saison.

Mais les portes sont ouvertes, les meilleurs – les plus habiles ou les plus chanceux – donneront à la province du sud un nouvel élan touristique et une nouvelle prospérité.

Galle

mercredi, février 8th, 2017

Excursion du jour : la forteresse tricentenaire établie vers 1750 par les Hollandais à la pointe Sud de l’Île, conquise un siècle plus tard par l’empire britannique et inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco pour sa valeur mémorielle.

Nous prenons le train à 9h40 am à la gare de Matara, le train se remplit à chaque arrêt de nouveaux touristes sur le chemin de Colombo pour rentrer chez eux. Il est déjà plein quand nous arrivons à Galle, et il y a encore des plages à desservir pendant les deux heures de trajet jusqu’à la capitale.

Très curieusement, le premier groupe de touristes que nous identifions, en dehors de chinois omni présents, mais en individuel, est composé de quelques Bataves, peut être en pèlerinage sur les traces de leurs ancêtres, fondateurs de la Nederlanse Hervormde Kerk dont le sol est pavé des tombes des premiers colons du lieu. On distingue bien, sous l’aspect fruste et improvisé de la constructions (les marins de l’époque n’étaient pas des maçons), les caractéristiques de ce culte encore vivant aux Pays Bas. Aucune statue – si ce n’est deux ex-voto introduits plus tard quand les anglais méthodistes ont tenté de convertir leurs prédécesseurs – une chaire immense, un autel de bois réduit à sa plus simple expression, pas de table de communion, le chœur réduit à un espace vide destiné à recevoir l’exemplaire de la Bible imprime en Hollandais, des vitraux assez simples, juste quelques morceaux de verre colorés qui n’assombrissent pas le lieu, et bien l’orgue! Un saut de trois cents ans en arrière.

Les épitaphes indiquent les difficultés de la vie des marins conquérants de l’époque, qui allait rarement au-delà des 40 ans, ainsi que des rares femmes admises à accompagner leur maris haut gradé – Gouverneur van de land Galle en Mature, Hoperkoopmanen, secunde van de Gallse Commadeur, schipper en meester – sans compter les enfants nés sur place et morts en bas âge.

Le reste de la vieille ville, entourée d’énormes remparts avec fortifications imprenables, est constitué de maisons basses de teinte claire, à toits de tuiles rouges. On y trouve une bibliothèque, des écoles – dont une école Montesori – des auberges, des bâtiments administratifs, et bien sur des quantités de boutiques à touristes. Mais comment croire que dans un pays dont le bouddhisme est la religion majoritaire, il y ait tant de chapelles : Nederlandse Hervoormde kerk déjà nommée, églises méthodiste, anglicane, baptiste, et même un Carmel saint Joseph !

Cela a un certain charme, mais la vraie ville est ailleurs que dans ce fortin.

Une gare ferroviaire, une gare routière, un hôpital, des écoles dont les élèves sont tous habillés de blanc, des étudiants dont nous apprendrons qu’ils apprennent le coréen dans l’espoir d’aller travailler chez Huawei.

Je reste impressionné par l’aspect propre et soigné de ce pays. Même si on constate le faible niveau de vie, le Sri Lanka est un pays ordonné. Pas de motocycliste sans casque ici ( je suppose que l’amende doit être dissuasive) Peu de papier ou de plastique dans les rues ou dans les champs, et pourtant les gens ne sont pas plus disciplinés qu’ailleurs avec leurs déchets, ça fait du boulot pour les balayeurs.

:Matara

mardi, février 7th, 2017

Les iles des mers du sud commencent avec la côte sud de Ceylan. La végétation est uniformément celle qu’on voit sur les cartes postales. Cocotiers jusque sur le sable des plages, avec des Yuccas de plusieurs mètres de haut, bananiers, manguiers, papayes.

Les étals de fruits des marchés ajoutent les citrons, mandarines, les ananas, les mangoustans, pastèques, etc. Le dimanche, on mange du poulet, mais dans la semaine, on se contente de poisson.

De 13 à 15 heure, il faut chaud, l’activité ralentit, les boutiques ferment, ou du moins ne sont plus que sous la garde d’un assistant dont le rôle est de prévenir le patron quand un chalant s’arrête et fait mine de rentrer. Il faut dire qu’elle a commencé avant le lever du jour, avant 6h et ne se terminera que dans la nuit, une fois la chaleur retombée.

A la plage, le sable est un peu grossier, les rochers pas toujours sympas, mais la mer est verte, émeraude, transparente sur plusieurs mètres de profondeur. Les pêcheurs reviennent avec leurs prises : quelques poissons communs, mais plus souvent ces poissons exotiques que nous enfermons dans nos aquariums, colorés, aux formes classiques ou bizarres, des crabes, des étoiles de mer…

pas de photo aujourd’hui pour cause de bas debit et pourtant j’en ai deux amusantes

Quelle que soit l’heure, les tuktuks maraudent le long desplages, mais on n’en a pas besoin : la beach road est une succession interrompue de guest house, hôtels, restaus, boutiques de location pour le surf, le snorkeling, la plongée….

On passe son temps au bord de l’eau, dans l’eau, sous l’eau… la brise de mer casse ce que la chaleur a d’étouffant. Au loin un cargo passe, ramenant du sud-est asiatique les produits qui envahiront nos marchés occid=entaux.

Vacances, repos, détente. Tout ici nous appelle à prendre le temps de gouter la douceur de vivre. On se dit un moment qu’on aimerait ce temps-là toute l’année. Puis finalement, si la répétition est apaisante pour un temps, il nous manque vite la variété des saisons. Juste que j’aime bien me donner dans l’année deux étés et pas d’hiver.

Aujourd’hui je programme une journée d’activité. Louer un vélo pour aller jusqu’à la ville à 4 km. Visite prévue : le fort des hollandais (1760) qui renferme parait-il un musée quelconque. Hélas, il est fermé aujourd’hui, c’est le jour du nettoyage !

 

Mais malgré la vaine recherche du musée de sculpture sur bois, la visite de Matara se révèle passionnante : voir vivre une ville cingalaise (ici on ne trouve pas 10 % d’anglophones) On fait une différence avec les populations Tamoules de Négombo ou d’Inde. Même si la gentillesse et l’ouverture sont toujours les mêmes. Les gens se coupent en 4 pour rendre service. Nous avons toujours l’avantage d’être européens. C’est parfois avec une pointe de condescendance pour ces blancs qui ne connaissent rien à la vie, mais nous sommes quasi pris en charge dès que nous formulons un désir. Bien sûr il faut se défaire des démarcheurs, on connait ça, mais comme on n’a pas besoin ni de taxi, ni d’avion, ni de guide, ni de souvenir, ni de vêtement, ils nous laissent bientôt tranquilles sur ce plan, juste quelques mots d’intérêt et de bienvenue.

Vraiment parfait pour les vacances, le Sri Lanka.