Connemara

Puisque nous avons décidé de nous passer de Zakkeer ce matin, nous allons à la gare des bus. Un bus pour Kotayam est parti devant nous ce qui nous donne le temps de nous renseigner sur la manière exacte de nous rendre à la plantation de thé Connemara pour y visiter l’usine de préparation du produit local.
Bien que l’anglais soit la deuxième langue officielle au Kerala, tout le monde ne le parle pas, mais on s’arrange avec le peu de mots nécessaires pour apprendre que oui, nos guides touristiques ont raison, à une quinzaine de kms de Kumili, le bus passe devant la plantation et s’arrête. Nous nous installons juste avant le départ, le conducteur nous a bien compris, il s’arrêtera pour nous.
La route est en sens inverse celle qui nous a amené la semaine dernière. Et 34 roupies plus loin, nous descendons à l’entrée de la plantation. Une visite vient de partir, la suivante est dans 3/4 d’heure. Le temps de prendre un café à la boutique du bord de la route, et de faire la connaissance du couple de français qui participera avec nous au tour.
Nous admirons les rangées de tables de thé – les buissons tenus à hauteurs ad hoc pour que les femmes puissent passer tous les 5 jours récolter les nouvelles tiges à 5 feuilles d’un vert tendre dont elles chargeront en 7heures de temps, entre 15 et 50 kg dans leur hotte sur leur dos.
Les greviléas – on nous a donne aussi le nom de silver oak, chêne argenté – protègent les plans des trop forts rayons du soleil – pour la qualité du thé – et servent de support à des plans de poivre dont la récolte va bientôt commencer (février mars).
Nous arrivons à l’usine, que nous parcourrons dans le bruit incessant des machines qui doivent bien dater de l’installation de l’usine, en 1941. On suit la fabrication : premier séchage partiel, puis passage dans des rouleaux pour déchiqueter les feuilles et les rouler, produit des « grains » de tailles diverses, les plus fins, « poudre », donnant le thé le plus corsé. Suit la fermentation, deux heures passées dans un cylindre ventilé d’air chaud, pour développer les aromes et les polyphénols, caractéristiques de la variété de la saison, de la préparation, qui marqueront la qualité du produit fini. Un dernier séchage au four donne le ton noir, alors que jusqu’à présent les grains étaient juste bruns. Puis on emballe dans de grands sacs de jute dont certains passeront au conditionnement.
Nous terminons par la dégustation. Intéressant, mais finalement ce thé est assez ordinaire. Il faut dire que déguster régulièrement des thés verts japonais m’a sans doute habitué à des gouts plus sophistiqués.
Le thé produit ici se commercialise à 100 roupies le kg. Nous en prenons un paquet, sans trop savoir comment il supportera le voyage.
Enfin, je n’ai pas saisi comment le nom de Connemara se retrouve ici à l’extrême sud de l’Inde, si ce n’est que la plantation datant de la période anglaise, il se pourrait bien qu’un irlandais présidant à sa destiné ait choisi de la nommer d’un terme lui rappelant son pays !
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