le bus

C’est vrai qu’avec le bus on va partout en Inde. Bien sur, il faut parfois du temps, même en « super fast », ces bus qui s’arrêtent moins que les autres.
Nous avons le choix pour aller de Kumili à Varkala, entre un bus vers Kotayam où nous prendrions le train, et une liaison bus directe de l’un à l’autre
Optant pour le bus par crainte des horaires des trains avec une correspondance douteuse, nous apprenons au moment de partir que le bus s’arrête non pas à Varkala, mais à 10 km de là. Qu’à cela ne tienne, nous aurons une correspondance, mais rien de grave, les bus locaux passent avec une régularité de métronome. Nous embarquons au début de la ligne, c’est-à-dire que nous avons le choix des places. En fonction de nos bagages (deux gros sacs à dos) nous préférons l’arrière du bus, pour caser nos bagages dans l’emplacement habituellement utilisé pour ça. On est plus secoués à l’arrière. Nous avons voyagé à l’aller au milieu de bus, c’est un peu plus calme, mais parfois pas assez aéré. Juste derrière le conducteur, on a le bruit du moteur. Il faut dire que mis à part les bus des voyagistes, qui sont pourvus d’air conditionné, les véhicules ont un aspect caractéristique. Pas de vitre, juste des barreaux de métal, et un rideau qu’on peut monter ou baisser. Monté, on a de l’air (et de la poussière), baissé ont est à l’abri de la pluie (à la mousson) et du soleil, mais une peu enfermé. Finalement, la banquette arrière a un autre avantage : on ne voit pas le gymkhana perpétuel auquel se livre le conducteur. Ca évite (un peu) les émotions.
Bon, pour le prix, on ne va pas trop réclamer. Nous parcourrons 180 km en 6 heures pour la somme de 364 roupies (soit royalement 3 euros 50 par personne !)
Là où ça se complique, c’est qu’à la correspondance, on se rend compte qu’il faudra changer encore une fois : on fait 10 km dans un premier bus, puis 15 dans un autre pour arriver à 2 km de notre destination. Google nous donne bien le trajet par la route, mais il ne connait pas les itinéraires de la KSRTC. Finalement, nous ferons le reste du parcours en tuk-tuk, pour demander à l’hôtel où nous avons déjà logé s’ils auraient de la place. Je le disais : il faut une chambre au premier étage (au second l’eau n’arrive pas toujours) et du coté du jardin, au nord, pour éviter le soleil dans la journée.
Le garçon qui nous reconnait espère qu’il reste une chambre (effectivement, au nombre de chaussures devant la porte, il doit y avoir du monde) et il finit pas nous conduire au niveau 2, donc premier étage, chambre 3, coté jardin !
Ils ont l’air contents de nous voir revenir. A croire que ça leur fait une bonne pub, les gens qui aiment. Et nous, ça fait notre affaire, puisqu’on a exactement ce qu’on attendait.
Je devrais ajouter un peu sur les bus : les superfast doivent aller très vite pour tenir la moyenne de 30 à l’heure. Je ne suis pas sur que les voitures puissantes fassent mieux, sans pour autant devoir marquer les arrets obligatoires aux stations centrales de correspondance. Alors, le conducteur dépasse tout ce qui se trouve devant lui, et quand il rencontre un panneau typique du code de la route ici, triangle bordé de rouge avec le pictogramme d’une tête de mort et la mention GO SLOW, il accélère !
Il faut dire que le code de la route lui est favorable. Le code dit en Inde, on roule à gauche. Il n’ a pas d’autre règle…. En réalité, il y a bine d’autres règles : selon le principe de la file à l’indienne, qui n’est pas la file indienne comme je vous l’ai déjà dit, le premier qui passe est celui qui a trouvé un trou devant lui, le second, celui qui réussit à s’accrocher dans la foulée avant que les autres aient eu le temps de réagir et de fermer le passage !
Et puis il y a une priorité à la masse. Le bus est gros, personne n’a envie de se frotter à lui. Et il doit exister une prime au klaxon : le plus actif passe d’abord. C’est d’ailleurs inscrit sur quasi tous les véhicules à l’arrière, les tuk-tuk, les camions, certains bus (pas les bus officiels) et même des voitures particulières : Sound Horn. On klaxonne pour dire qu’on arrive, pour expliquer qu’on va passer le premier, pour demander à un autre conducteur de laisser la place…. Il y a mille occasion d’actionner ce fameux klaxon, toujours à propos, avec virtuosité. De petits coups brefs répétés, un bon grand coup bien sonore ou une vraie purge de l’appareil. Pourtant j’ai l’impression que le bruit est un cran plus bas que ce que j’ai entendu au Vietnam : ici, il y a des moments où le fameux klaxon ne fonctionne pas, et jamais en continu. Ça diminuerai son efficacité. Le plus impressionnant c’est la moto qui vous dépasse avec un klaxon que chez nous on ne monte que sur les camions de 50 tonnes !
Je pourrais encore en ajouter sur les bus, mais là, ça va, je vais prendre un bain à la mer.

Leave a Reply