La santé au Sri Lanka

Quand on voyage à l’étranger, avec l’envie de connaitre le pays et les gens, de partager leur manière de vivre et de nouer des relations, il y a des domaines qu’on a peu l’occasion d’expérimenter.

De ceux là fait partie la santé, et l’environnement médical. Avoir besoin de soins à l’étranger, surtout dans un pays dont on ne pratique pas la langue, et dont les standards de vie sont parfois très différents de ce à quoi on est habitué, pourrait se révéler une épreuve.

He bien, j’ai fait le test ! Rien de vraiment grave, juste un petit rappel de mes ennuis cardiaques de l’an dernier. J’ai reçu à mon dernier anniversaire une « montre » qui mesure aussi, entre autre chose, mon rythme cardiaque. Sage précaution ! Je me suis rendu compte après quelques jours au Sri Lanka, que mon cœur avait tendance à se mettre en surchauffe sans que je lui demande d’effort… J’avais reçu alors  pour ces circonstances, un médicament, « pill in the pocket », à prendre en cas de besoin. Mais voilà, comme je n’ai jamais eu l’occasion de l’utiliser, il est resté sur mon bureau à la maison….

Conclusion, je me suis mis en quête d’un médecin qui puisse d’abord vérifier le problème, et aussi y apporter le remède ad hoc. Et j’ai pu ainsi me rendre compte que le Sri Lanka est merveilleusement équipé dans ce domaine, un peu selon la norme de médecine publique qui était celle de l’Angleterre avant les années Tacher.

D’abord à Matara, puis quelques jours plus tard à Dambulla, j’ai rendu visite aux hopitaux « gouvernementaux » de ces petites villes.

Première remarque ; ces hôpitaux existent, ils sont fréquentés et fréquentables. Si les équipements sont parfois rudimentaires, le personnel médical est abondant et (selon mon appréciation) compétent.

A Matara, j’ai été reçu par une doctoresse d’un certain âge, qui a retraduit en équivalent local les prescriptions de mon médecin traitant et m’a muni d’un viatique sous forme d’un médicament plus ou moins substituable à ce que j’aurais du avoir. Il faut dire que la spécialité idéale, bien que connue des compendium locaux, est très peu utilisée, et que pour en disposer, j’aurais dû la commander à Singapour, et l’attendre deux semaines ! Un autre générique m’a été fourni par la pharmacie de l’hopital pour un prix à peine moins élevé que celui qui se pratique chez nous. J’ai reçu dans un petit sachet le nombre exact de comprimés tirés d’un grand conditionnement, la posologie est mentionnée à la main sur l’enveloppe.

À Dambulla deux jours plus tard, comme j’étais encore alerté, j’ai été conduit par notre logeur  à l’hôpital public local, seul à posséder un service de cardiologie. Ma « bonne mine » – et sans doute la couleur de ma peau – me permettent de couper à la file assez longue de patients qui attendent leur tour. J’ai été reçu par deux médecins, un plutôt jeune (sans doute un « interne ») et un autre plus âgé semblant assumer les responsabilités. Ils m’examinent et me demandent de rester quelques heures sous monitoring . Je suis reparti avec deux électrocardiogrammes sur papier qui ne révélaient rien de vraiment inquiétant. J’ai donc passé une journée dans la salle de soins, département cardiologie. Comnme dans tous les pays tropicaux, un hangar ouvert sous le toit tient lieu de salle commune. Pas de chambre stérile ici, malgré une asepsie surveillée et rassurante. Les lits, une cinquantaine, sont alignés le long des deux murs. Le matériel d’ECG de fabrication japonaise, NIHON KOHDEN  et relativement ancien, mais fonctionnel, est amené à mon lit, et fonctionne comme chez nous.

L’intimité des patients, quand elle est nécessaire, est assurée par des paravents. Les infirmiers et infirmières sont en nombre, mais les parents sont aussi présents pour accompagner les malades. Pas d’« hotellerie » , il faut avoir quelqu’un pour s’occuper des repas, la salle est envahie de visiteurs à la mi-journée. Quasi tous les lits sont occupés, mais ils se libèrent et sont réattribués  à tour de rôle.

Vers 17h nous quittons l’hôpital. Nous avons été admis sans formalités, nous sortons sans autre paiement qu’un merci : la santé publique au Sri Lanka est gratuite, seuls les médicaments se paient. Ce qui , admettons le quand même, est un frein efficace à la surconsommation, puisque les prix ressemblent au nôtres…

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