SALENTO

Comme prévu, nous sommes à l’arrêt du bus à 8h, juste quad il en arrive un.
je demande Salento ?
le chauffeur répond Salento
et nous voilà partis.

Le bus fait escale a Circasia en quittant l’autoroute, puis la petite route de montagne – montées, descentes – nous amène dans le village. Sur la place les jeeps attendent pour partir vers la vallée de la Cocora. Donc on ira d’abord là, en prenant place sur les banquettes en travers, 8 personnes, plus une qui se tiendra derrière sur le marchepied en s’accrochant aux arceaux. C’est impressionnant pour nous, finalement plus facile pour elle, elle voit bien le paysage, et on ne roule pas trop vite. La place a l’air d’être appréciée, nous croiserons une autre jeep ou seuls 5 personnes sont assises à l’intérieur et 3 se partagent le marchepied, debout à l’arrière.

Les promenades dans le parc classé ont généré une activité touristique intense. En plus des transports par jeep, il y a les guides, les loueurs de chevaux, les marchands de casse-croute, et même une madame pipi extrêmement vigilante sur l’accès aux baños.

Impressionnants, ces arbres qui s’élèvent tout droit vers le ciel à plusieurs dizaines de mètres, portant une grappe de fruit. De leur tronc on tire une cire utilisée anciennement pour le calfatage des barques. Ces arbres sont uniques au monde, il n’y a rien de comparable en dehors de cette région des Andes.

Comme nous n’allons pas à cheval et que nous ne partons pas pour faire 10 km, nous rentrons à Salento pour midi. Nous nous attablons à une terrasse, pas par choix, mais par hasard, tant il y a de restaus autour de la place, et là, divine surprise, nous pouvons déguster le premier repas acceptable pour nos palais européens. Une truite grillée servie sur un patacon (crêpe de banane plantain) dont la légèreté m’enchante.

Il nous reste 4 km à faire jusqu’à la finca de don Elias. Nous allons visiter une ferme de production de café, établie de longue date, fonctionnant en bio, sans engrais, ni pesticides, ayant développé ses méthodes de lutte contre les parasites : mélange de cultures, les fruits sucrés attirant pl.us les mouches que ne le font les grains de café. Les stipes de bananiers servent de couvre sol et d’apport d’humus, les troncs constituent une réserve d’eau en saison sèche.

Chemin faisant, une jeep s’arrête à notre hauteur. Le conducteur nous explique qu’il cherche des gens qui voudraient se joindre à une personne pour aller visiter un site dans la montagne le volcan Machin – sic, ça ne s’invente pas, prononcer matchine – : excellente pub nous sommes presque conquis, et finalement une heure plus tard nous confirmons notre participation pour demain.

À notre arrivée à la Finca, nous accrochons un tour qui démarre en anglais, mené par Juan, qui nous explique avec verve et patience les caractéristiques de ce café et de cette culture. Nous prenons quelques photos, je retrouve les caféiers que j’ai connu au Rwanda, à la différence qu’ici, les plants sont cultivés sur les pentes sans lutte antiérosive.

Nous avons droit à une démonstration de récolte, de traitement du café depuis la cerise jusqu’à la tasse que nous dégustons avec plaisir.

Nous n’achèterons pas de café en grains ici, il nous reste un mois de voyage, impossible de se charger de tout ce qui vaut la peine sur notre route.

Nous rentrons finalement en jeep, par une route parallèle, assez pittoresque, mais éprouvante pour la mécanique, et sans doute aussi pour les nerfs du chauffeur qui semblait tendu. Mais grâce à Dieu, à la madone et à tous les saints du paradis, la mécanique a tenu bon en frannchissant la crête !

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