un marchand de tapis

Je ne sais pas si notre méthode de marchandage est très orthodoxe, mais elle porte ses fruits.

Avant-hier, nous nous sommes faits racoler par un homme en vetement sahraoui, sans doute un vrai si sa famille est bien ce qu’il dit.

Il nous a conduits à sa boutique, une vraie caverne d’ali baba.

Une dizaine de pièces les unes à coté ou derrière les autres de 4 m ou plus sous plafond, carrelées de blanc une banquette de maçonnerie tout autour, les murs tendus de tapis de toutes sortes (du moins, ceux qu’on voit ici).

Discussion sur la qualité des différents tissages, et historique des « kilims » berbères, de leur vrai nom hamdira. Visite de sa collection, qui semble réellement une accumulation de recherches dans les tribus nomades aux confins de l’anti Atlas et du grand désert.

Aucun engagement, mais évidemment un coup de cœur pour ces merveilles de travail attentif des jeunes filles avant le mariage ou des grand mères à charges de leurs enfants.

Les prix annoncés dépassent de toute façon nos envies.

Mais ils sont si beaux, ces hamdiras que nos pas nous portent vers ce musée dès le lendemain,. Un long marchandage s’en suit, discussion sur la qualité, les dimensions, les couleurs, avec le thé à la menthe mais nous ne fléchissons pas, nous ne sommes pas prêts à vider nos poches (ni notre carte visa !) sans en avoir discuté entre nous

La discussion nous annonce que les prix sont déraisonnables pour l’usage que ce tapis pourra faire dans notre maison. Malgré l’intervention du grand frère qui aurait bien voulu passer notre carte visa dans sa machine, notre marchand étant à bout de souffle, nous partons sans aucun engagement. Juste la certitude que ce tapis a conquis nos coeurs, mais dépasse toute sagesse !

Nous nous promettons quand même de retourner demander à prendre quelques photos, en échange d’un petit cadeau pour ses petites filles. Nous voulons le remercier de la discussion, qui nous a beaucoup appris, parce que si ce  soir nous n’avons pas conclu, nous nous sommes quand même fait un ami. Il est si gai, et pourtant si transparent, notre marchand de tapis.

Surprise, nous le rencontrons au camping avant de partir pour la ville, il voulait être sur de nous revoir. Sans doute au fond du cœur l’impression de ne pas avoir tout fait ce qu’il pouvait de son coté.

Et surprise, lors de notre arrivé au magasin touareg, le prix recoupe nos possibilités. Conjonction entre « basse saison » et besoin de liquidités de notre hôte, notre dernière proposition passe cette fois-ci. Bien sur, « expédit » compris, il n’est pas question de ramener six kilos en plus de nos bagages par le vol jet air !

Nous payons et nous recevrons le tapis à Cerfontaine. Acte de foi, me direz-vous ?  sans doute mais les affaires n’interdisent pas la confiance, au contraire.

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