un pèlerinage

un pèlerinage
Aujourd’hui départ pour Taza sous une pluie battante. Les mois un et deux, même trois, dans le nord du Maroc, et surtout à l’intérieur du pays, c’est l’hiver. Route sans histoire, puisqu’il y a assez peu de circulation, et ce malgré les menaces d’aquaplanage assez redoutables. Nous arrivons sans encombre au centre d’une « petite » ville de 120.000 habitants, assez moderne et passe partout.
L’hôtel Dauphine (ou Dauphiné, selon son fondateur, un français du nom de Blache ?) porte la marque de son ancienne grandeur. Avec le défunt clocher de l’ancienne église, c’est l’un des derniers signes de la présence française ici.
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Nous rencontrons -si c’est un hasard, il est bien venu – un Monsieur Paul qui vient recenser, au nom de l’amicale des tazis, les tombes de l’ancien cimetière français dont la mairie tente de faire l’acquisition, car il se trouve maintenant en plein centre ville. Né ici en 1937, ce monsieur y est resté jusqu’à la fin du protectorat, ce qu’il appelle les événements. Ceci explique qu’il s’exprime aussi facilement en arabe qu’en français. Son père était militaire au 4ème RTM, qui semble le régiment mythique de la région. Je suis bien incapable de dire à quel régiment pouvait bien appartenir mon grand-père, qui était reparti avant la construction de l’église et probablement de l’hôtel Dauphiné. Le seul témoin des années révolues est la CTM qui, fondée en 1919, a pu servir à l’occasion à Gimaman si l’armée n’a pas assuré tous les transferts.
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Aucune trace des casernements de l’armée française, ni bien sur d’un quelconque hôpital datant de ces jours antiques autant que glorieux. Ma recherche me conduit à demander, et obtenir avec une immense gentillesse de la part des habitants, la localisation du dernier témoignage des européens chrétiens dans la ville : une petite maison – maison de la paix – abrite deux religieuses espagnoles et deux congolaises. Nous sommes accueillis par une joviale petite vieille dame qui nous conte l’histoire toute récente de la ville. Mais de témoins de la période « coloniale », aucune trace.
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Je repartirai donc demain en ayant honoré la mémoire de ce paradis perdu – qui n’était finalement qu’une prison dorée pour ma mère et ma tante – et en rêvant à ces européens qui se sont crus chez eux et dont il ne reste que de rares pierres tombales à l’abandon depuis soixante ans.

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