désert ?

Nous sommes donc à Tantan plage, et nous avons déserté les Sables d’or pour le camping Atlantique qui nous offre plus de place un meilleur confort, même s’il nous manque la TV en français. La concurrence est « féroce » entre les professionnels du secteurs de l’hôtellerie, tant les voyageurs sont rares cette année. Il semble que l’alerte mise par la France sur la situation au Maroc ait fait de gros dégâts dans les réservations et les voyages. On ne trouve réellement que les habitués, des anciens qui viennent ici depuis 10 ans et que rien n’effraie. Même s’ils n’ont pas compris ni accepté ce peuple et ce pays, ils s’y retrouvent avec plaisir. « il fait froid ou chaud ce soir ? » « on ne sait pas, tantôt trop chaud tantôt trop de vent, c’est le Maroc ! »
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Il nous reste à passer au marché faire nos courses. Nous y croisons ce jeune couple qui voyage léger : une mobylette pour deux, deux minuscules sac à dos, et surement la plus petite tente qui puisse exister, sauf s’ils font du couch surfing, ce qui leur ressemblerait beaucoup. Mais il y a très peu de ce genre de touristes. La majeure partie sont des camping caristes saisonniers, d’âge plus que respectable, même par rapport au mien. Le weekend, une Mercedes haut de gamme vient de Rabat pour faire faire à ses occupants un plongeon dans leurs origines.
Nous allons faire un tour le long de la mer. Le sable est par endroit blanc pur (la plage blanche n’usurpe pas son nom). Au milieu des galets ou des affleurements de tables calcaireqs qui signalent la plongée de l’anti Atlas sous les eaux de l’Atlantique, là où l’oued Draa rejoint la mer , il y a aujourd’hui quantité de fleurs extraordinaires, qui n’y apparaissent pas d’habitude. Il a plu cette année, trois jours au moins depuis décembre. On voit bien les traces des mares qui se sont formées sur le sable, là où maintenant la verdure de plantes halophiles s’épanouit en grandes taches claires.
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Désert, ce pays ?
On sent bien le désert qui ressemble à celui des oasis de la haute vallée du Draa que nous avons vue l’an dernier quand on voit les gens, les maisons, et même ces équipements publics insensés : d’immenses portions de routes goudronnées, larges comme des boulevards, bordées de trottoirs comme quasi aucune ville n’en possède, et qui ne semblent mener nulle part, sinon a de gigantesques rond points sans aucune indication de direction. Il n’y a plus comme dans les environs d’Agadir et la vallée des arganiers, des troupeaux de chèvres gardés par une silhouette brune qu’ on pourrait prendre pour un rocher s’il ne s’avançait à la suite de son troupeau. On ne voit plus de petits champs clôturés par des rangées de cailloux entassés pour protéger de maigres cultures dans une terre labourée à l’araire tirée par un petit bourricot. On ne voit même plus de champs de cactus raquettes, que les gens plantent maintenant un peu partout pour extraire cette fameuse huile de cactus qui va détrôner l’huile d’argan cosmétique pour ses vertus curatives. Non, en dehors du ports sardiner d’El Ouatia et des quelques rues de l’agglomération il n’y a rien dans un paysage désertique, brun et ocre, écrasé sous le soleil et balayé par le vent du nord venu de l’océan.

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Demain nous irons jusqu’à l’oued Chbika pour voir les dunes de sable qui rappellent, nus assure-t-on, celles de l’erg Cheby à Merzouga.

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