tourisme

Bernard de Rudder m’a devancé sur ce coup en écrivant
« Voyager, pour moi, c’est sans doute davantage choisir un endroit et m’y installer. Je sais alors que les choses vont venir à moi. Je deviens comme une sorte d’habitué, quelqu’un de reconnu par le mendiant ou la blanchisseuse du coin. Courir à droite et à gauche ne me convient pas ; je n’y verrais que des monuments et ce que tout le monde est en charge de voir, et je n’y vois pas ce qui à mes yeux constitue l’essentiel, la vie des gens, en me permettant de découvrir les lieux avec le plus respect possible. »

Je ne le répèterai donc pas, puisque c’est dit quasi comme j’aurais pu l’écrire, et je commenterai plutôt ma visite à l’Oued Chbika, ce qui me permettra de mettre en valeur un autre aspect de ma propre attitude touristique. Voyager, c’est aussi changer de lieu, et donc de paysages. Ici, c’est le désert. Je pensais l’avoir abordé à Elouatia, je me rends compte qu’il est encore plus ici, à cette embouchure d’un oued encore humide des dernières pluies, et fleuri de tout ce que la terre garde parfois plusieurs années enfoui, pour le faire jaillir au moment propice : les fleurs.
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« Le désert refleurira », c’est bien une parole d’homme du désert, qui sait que le sable garde les trésors auxquels la stérilité des lieux interdit de se montrer. Mais quand c’est le jour – c’est aujourd’hui, et encore pour quelques jours/semaines – alors, c’est une féérie de toutes sortes de vies qui s’épanouissent.
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Il n’y a pas de soleil, et la mer est agitée. Ce sera une marée exceptionnelle aujourd’hui, on n’est pas encore à l’équinoxe, mais le coefficient de marée sera de 118. Je suis ravi de contempler ces lieux qui me ramènent dans le Sahara de l’autre coté au sud de la Tunisie, où, sans la mer, nous avons marché sur le sable des dunes. Le spectacle de cette nature victorieuse est impressionnant.
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Un groupe de camping cars stationne un peu plus loin. Des amateurs de pêche qui viennent ici attirés par les falaises : le plateau domine les flots de 20 ou 30 mètres et c’est leur plaisir de lancer leurs lignes. Ils nous font partager une merveille : au bord de l’oued, une source chaude jaillit relativement abondante.
Nous n’irons pas jusqu’à Laayoune, ces 30 km nous ont déjà montré tant de choses, et le temps n’est pas propice au voyage. Pourtant, le long de cette route désertiques, un homme attend, à ses pieds un sac contenant probablement des marchandises à vendre. D’où vient-il pour se trouver là, à « mille milles de toute région habitée » ? Peut être pas de si loin. Une piste quitte la route pour s’enfoncer entre les cailloux et conduire probablement à son village, sa maison. Même dans ces terres qui semblent si inhospitalières, des hommes ont pu s’établir.

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