la vallée du miel

Après 24 h d’absence pour cause de perte de connexion (mon modem n’a pas apprécié la lessive), nous voilà de retour d’un périple surprenant. Nous avons parcouru la vêlée du miel ou du paradis, et admiré au passage les cascades d’Imouzer (des aid outanane)
160 km de route, mais six heures avec de rares pauses. La route (heureusement rétablie sur toute la longueur) passe du niveau de la mer à 600, 900, 1200 m d’altitude puis retourne au niveau de la mers. Elle est taillée à flanc de montagne avec des pentes signalées, mais sans pourcentage.
Nous naviguons entre ciel et terre avec le spectacle de plus en plus présent avec l’altitude des amandiers en fleur, par versants entiers de montagne passant du blanc de la craie à l’ocre de l’argile. Les arganiers sont partout, et les oliviers font leur place avec des palmiers comme dans les oasis du sud. Dans les altitudes les plus grandes, des résineux remplacent les autres formes de végétation. OLYMPUS DIGITAL CAMERA

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Les guides (routard et lonnely planet) nous ont prévenus : cascade alimentée quand il a plu assez pendant l’hiver. Les gens du cru confirment : quand il a bien plu, il n’y a plus de routes pour que les touristes viennent, quand les routes n’ont pas été endommagées par la pluie, il n’y a plus de cascade pour attirer les touristes.
Nous profitons d’une situation intermédiaire : il y a un peu d’eau sur la chute principale, mais le voile de la mariée est à sec, comme depuis plusieurs années. Et les routes sont praticables, mais parfois reconstituées après les pluies à l’état de cailloux tassés à la va vite pour rompre l’isolement des villages de montagne.
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Nous goutons le miel et avons enfin une explication plus claire de l’exploitation des ruches en rond que nous avons vues dans le désert. Effectivement, les gens récoltent les premiers rayons dans la ruche placée à l’horizontale, sur environ la moitié de la longueur du tube, mais après avoir enfumé l’essaim qui va se coller au fond du tube. Les abeilles restent prisonnières de leur ruche pendant l’extraction des rayons les plus externes. Ceux-ci sont ramassés dans les récipients puis laissés à égoutter pour retirer le miel. Le reste de ces rayons, pressé à la main, donne un miel plus chargé de cire, qui est peu commercialisé.
Ce miel est remarquable tant par sa couleur – très sombre, presque noir – que par son goût : extrêmement sucré, saveur un peu rêche, on sent la figue de barbarie et le thym plus que la fleur d’amandier. Il faut noter que la récolte se fait une fois en juillet, et que les abeilles mélangent donc toutes les fleurs qu’elle trouvent tout au long de la période.
Notons que ce miel est un produit de luxe : il se négocie entre 40 et 300 DMA le kilo, mais certainement pas moins de 150 pour le miel de thym ou de cactus. Les marocains qui en achètent par petites quantités le traitent comme un médicament – qu’il est d’ailleurs, il est souverain contre les maux de gorge.
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