Polonaruwa

février 16th, 2017

Anadurapuram ou Polonaruwa ? deux anciennes capitales du Sri Lanka du temps où c’était un royaume bouddhiste, riche et organisé. Pas de temps pour visiter les deux sites, nous avons longtemps hésité lequel choisir, comment y aller comment en partir. Hier soir nous étions à deux doigts de renoncer aux deux, mais ce matin au lever du soleil, la solution s’est offerte à nous, sous l’aspect de notre hôte qui nous a proposé de nous amener en tuktuk à Polonaruwa et de nous conduire à travers les (nombreux) sites à visiter, dans un dédale de reconstitutions archéologiques, de temples, palais et monastères.

Un moment d’hésitation, 70 km en « threewiller », ça nous semblait un peu raide. Mais il a su nous convaincre, il prendrait soin de nous de ne pas nous fatiguer, de s’arrêter quand nous le demanderions…. Et nous voilà parti à 8 heures et demie ce matin. Finalement, ce n’est pas si mal pour voyager, le tuktuk. Je dois bien sur baisser un peu la tête parfois pour mieux voir, mais si on prend soin de se couvrir dans le vent du matin, 30 km/h sur les routes de la région, c’est même agréable, ça donne le temps de voir les paysages, les animations des villages, les boutiques des bords de route.

La visite commence réellement quand nous arrivons au musée du site. Bien fait, clair, sans surcharge, il expose des « trésors » retrouvés lors des fouilles : objets usuels, outils agricoles, équipements militaires, objets religieux, mais surtout une maquette élégante expose la reconstitution de l’ensemble des bâtiments dont nous allons voir les ruines. Le site est tombé en désintérêt lors du transfert de la capitale à Kandy, mais n’a pas été saccagé. Les monuments sont donc en partie préservés, après 800 ans d’oubli.

Impossible de décrire chaque lieu, il y en a tant, et sur une étendue considérable. Pour ceux qui le souhaitent, le Routard qui nous a servi de guide le fera mieux que nous. Les principaux occupent 35 ha, mais l’ensemble se déroule sur plus de 10 km. Temples, bien sûr, Bouddhiques, mais aussi hindous, palais, Mandapa (grande salle à colonnes) comme nous avons vu à Madurai, un monastère pour 4000 moines.  Et des bouddhas debout, assis, couchés, entiers (certains, mais peu nombreux) ou cassés, mais toujours Bouddhas, et donc les temples, sites archéologiques, sont toujours des lieux consacrés : pas de chaussures, pas de chapeau, et les jambes et les épaules couvertes.


La visite dans son ensemble n’est pas une épreuve, mais tout de même une performance, que nous avons accomplie dans le temps prévu : arrivés vers 11h, nous quittons le dernier bouddha vers 15h. il est temps d’aller prendre un lunch. Ce sera dans un restau typique pour touristes, bon mais cher. Une fois n’est pas coutume, laissons-nous traiter en touristes !

Sur la route du retour, c’est notre jour de chance : une troupe d’éléphants pâture non loin de la route, ils se laissent approcher (à distance respectueuse, nous ne sommes pas téméraires). Nous rentrons à la nuit, juste le temps de prendre une douche et de penser à nos sacs, nous repartons demain pour Kandy.

Sigiriya

février 15th, 2017

Il a plu hier, et encore cette nuit. Nous attendons de voir la couleur du ciel avant de nous engager pour la journée.

Dans la matinée, nous prenons le bus pour Sigiriya. L’ascension du rocher nous a été assez fortement déconseillée. En dehors de la prouesse physique qu’elle demande – et je ne me sens pas au meilleur de ma forme avec la chaleur, la latitude et l’altitude – il semble que la plupart du temps, on peut difficilement tenir son rythme : le chemin est étroit et si les cadences des uns et des autres ne s’accordent pas, la prouesse devient un exploit. De plus, avec la pluie, les rochers deviennent glissants, et comme certains passages sont un peu délicats, il ne faudrait pas que l’exploit devienne un record unique !

La raison veut qu’à nos âges, on s’efforce à la prudence ! Et d’autre part, de l’avis général, le tarif d’entrée sur le site, le triple de ceux pratiqués pour la plupart des temples du pays, commence à devenir disproportionné par rapport à l’intérêt touristique. C’est donc bien la performance qui caractérise l’intérêt du lieu.

Arrivés sur le site, nous sommes submergés par les démarcheurs de tours en tuktuk, pour nous conduire là où nous ne savons pas quoi pour des prix dépassant la commune mesure. Difficile de prendre de la distance. Quand un premier est découragé, un autre se met à nous harceler. Finalement nous entreprenons de rallier à pied le point de départ de l’ascension pour tenter de savoir de quoi il retourne. Nous sommes déjà épuisés et désorientés, et nous nous rendons compte qu’il n’y a ici rien d’autre à faire que la grimpette.

Finalement nous arrêtons un tuktuk pour tenter de nous sortir de là. Nous discutons ferme sur le programme à faire : il est natif de Sigiriya et il sait bien qu’en dehors du rocher et de la banale route qui y conduit, il n’y a rien à faire sur le site. Le village ne présente que très peu d’intérêt, le « musée », aucun. Il nous propose de nous reconduire à Dambulla en prenant notre temps, en nous indiquant les deux ou trois endroits qu’il connait et qui vont nous plaire. Chanson connue, c’est bien sûr un rabatteur, mais nous ne sommes pas dupes : il a vingt ans, il doit louer un tuktuk pour pouvoir faire des affaires, et si on doit donner à quelqu’un, pourquoi pas à lui ?

Effectivement, le restau pour notre lunch est hors de prix, même si la cuisine est excellente, et le « jardin d’épices » n’est que la vitrine d’une boutique de produits dits « ayurvédiques ». Nous ressortons avec un sachet de thé aux épices. Mais nous marquons l’arrêt devant un zébu à l’attache dans un pré, entouré de ses garde-bœufs, et des oiseaux (spatule, aigrettes) qui cherchent dans une rizière leur pitance du jour.

Plus loin, nous pouvons admirer une pépinière, les sachets contenant les jeunes plans d’arbres sagement alignés à l’ombre, une magnifique décoration en patates douces (hypomée en termes de jardinerie), et la partie production de semences : mais, haricots, choux, tomates aubergines, etc, en planches régulières soigneusement espacées pour favoriser la montée à graine. Un grand salut des personnes occupées à désherber, et nous arrivons bien vite à notre gîte avant que la pluie ne menace de nouveau.

Golden Temple

février 14th, 2017

Dambulla se félicite d’héberger (enfin, héberger, il est dehors, vu sa taille) le plus grand bouddha du monde : 100 pieds de hauteur, et encore, il est assis en lotus !  Il s’agit d’un cadeau fait au Sri Lanka par trois pays bouddhistes, Japon, Corée et Thaïlande. Doré, comme le stûpa qui précède le temple qu’il recouvre, il a été ajouté à un site autrement ancien, puisque le « Temple Cave » a été construit depuis le 1er siècle avant l’ère chrétienne.

Ce temple est constitué de 5 grottes naturelles dans chacune des quelles un bouddha couché est vénéré. C’est un lieu de culte très actif et connu de loin : des nones bouddhistes de je ne sais quel pays y viennent en pèlerinage, avec des centaines d’autres dévots de cette non-religion.

Notre hôte nous conduit avec son tuktuk jusqu’à l’entrée, ou du moins l’endroit où l’on doit -en tant qu’étranger- acheter un billet d’entrée. Bien nous en a pris de lui faire confiance : à plus de 500 mètres de l’entrée du temple, dans un jardin, après un dédale d’escaliers, nous découvrons le fameux ticket counter qui nous permettra d’acquérir le sésame donnant le droit, après être allés jusqu’en haut de la colline, à entrer dans le temple pour y faire -si nous le souhaitons- nos dévotions. Ce jeu de piste est en principe connu de tous ceux qui ont lu leur guide avant d’arriver, mais certains touristes -nous croisons de chinois qui sont dans ce cas- sont allés directement à l’entrée du temple et se font refouler parce que sans sésame ! il leur suffit de redescendre jusqu’au guichet et de remonter jusqu’ici. Ça agrémente la promenade !

Les 5 temples sont abrités dans des abris sous roche, dont la paroi a été construite en façade pour constituer des salles hypogées où sont logés les bouddhas. Le plus ancien a donc 2100 ans et des poussières, le plus « jeune » date du XIVème siècle. L’hôte le plus récent de ces grottes est le dernier roi de Ceylan qui a abdiqué en 1815 au profit de la couronne d’Angleterre lors de la création de l’Empire des Indes.

Les statues allongées dont certaines sont dorées à l’or fin, sont assez impressionnantes. Les siècles de dévotion y ont ajouté de multiples statues connexes et de peintures sur les plafonds, en plus ou moins bon état de conservation. Trois fois par jour, les moines du temple nourrissent le bouddhas, cérémonie à huis clos qui durent quelques dizaines de minutes.

Une foule de singes peuplent le parc et mettent à profit la présentation des offrandes qui leur reviennent finalement. Une nuée de puces les accompagnent, et même si les dents que nous montrent les singes ne nous en tenaient pas à une distance respectueuse, les parasites nous feraient fuir !

Il a plu cette nuit, et quand nous sortons du temple, une nouvelle averse nous pousse à nous réfugier dans un café dont l’expresso bien venu a un bon goût de chez nous.

Kandy – Damballa

février 13th, 2017

La visite du Temple de la Dent nous a pris une bonne heure. Un peu déçu par le mystérieux « Octagon » qui nous était présenté comme une merveilleuse bibliothèque présentant de rarissimes volumes anciens, écrits – en cinghalais sans aucune doute – sur des feuilles d’un extraordinaire papier tirs d’un arbre de la région, à ce que j’avais cru comprendre. Hélas, les magnifiques volumes, nous n’avons vu que la couverture, et encore, le dos bien ficelé. Aucun n’était ouvert pour nous montrer cet extraordinaire papier de feuilles d’arbre et la mystérieuse écriture qui les remplit…

Retour à la gare pour reprendre nos bagages à la consigne, puis nous abordons un tuktuk pour nous conduire à notre hôtel. Discuter le prix avant le départ, c’est indispensable. Nous annonçons la couleur : c’est 4 km, donc 300 roupies. Mais les prix varient selon le sens de la course, c’est imparable : ça monte, ça sera 400 roupies. Il n’a pas tort, demain, la descente à la gare nous coutera bien 300 roupies !

Nous sommes accueillis « par hasard »- Booking .com nous avait réservé un autre gîte, puis nous a redirigés ici, à Eagle rest, dont l’hôtesse nous ouvre la porte avec beaucoup de chaleur. Un vrai nid d’aigle, cette maison de 4 niveaux accrochés à la pente, dans cette région montagneuse. Une surprise architecturale. Tout en béton les espaces de vie sont en béton ciré, un effet similaire au tadelakt. Le centre est occupé par un escalier sans rampe, mais à plusieurs volées, côtoyé par un puits de lumière, ou plutôt d’eau : la pluie descend du toit en suivant des chaines qui la conduisent jusqu’aux plantes qui occupent le centre du rez-de-chaussée. Les chambres claires et spacieuses, sont décorées comme les espaces communs avec des objets hétéroclites, mais choisi, patinés, reconstruits au besoin. En bas un berceau en bois, au salon des objets familiers avec une cuisine américaine ouverte sur un balcon rempli de plantes, notre chambre abrite une peinture sur bois, œuvre moderne, mais touchante qui doit avoir une histoire, au niveau de la terrasse, une meuble vitrine contenant une collection de caméras et d’appareils photos japonais, un fusil un peu rouillé, des immenses peluches, une cage à perroquets, un instrument de musique, des mobiles accrochés stratégiquement… la maison a dix ans, mais la collection doit avoir débuté bien avant cela !

L’aigle – car il y a réellement un aigle au repos de l’aigle – habite au niveau zéro, juste au-dessus de la rue. Recueilli il y a quelques années parce qu’il avait une aile cassée, qui ne s’est jamais réparée suffisamment pour lui permettre de voler, il a trouvé un asile, il est nourri (deux fois par jour un morceau de poulet) et logé, et répond au joli nom de Sophie. Ce qui, reconnaissons-le, est un nom original, pas du tout à consonance cinghalaise !

Dès le matin le lendemain, nous quittons notre hôtesse pour prendre le bus pour Damballa, en regrettant d’apprendre trop tard que nous aurions eu des tas de choses à échanger : elle est psychologue, elle a travaillé en institution d’accueil, spécialisée dans l’accompagnement d’enfants abusés.

Deux bonnes heures de route en bus A/C, bagages dans la soute. En cours de voyage, rencontre d’un jeune couple de français, bretons de Nantes, qui nous parle de son voyage l’an dernier au Rwanda.

Takeshi Inn, malgré son nom, n’a aucun lien avec le japon, c’est juste une consonance qui a plu au responsable du gite. Le Japon se retrouve ailleurs au Sri Lanka, dans le voitures, les ciments, les appareils photo, les machines, le matériel spécialisé, médical, photographique, informatique. Les smartphones, eux, sont coréens ! La route de Sigiriya qui passe à côté est malheureusement un peu bruyante, mais l’exposition est bonne, la température agréable, un petit vent frais rend le terrasse agréable.

Ce matin au lever du jour, ce n’est pas le soleil qui attire notre attention, le ciel est voilé, mais bien deux montgolfières qui passent majestueusement au-dessus de nous, apparemment en bout de course et cherchant un terrain d’atterrissage !

 

Colombo – Kandy

février 11th, 2017

PS  :  Il y a des photo, mais il faut les décharger!

Finies les vacances farniente sur la plage de Polhena. Nous reprenons nos sacs à dos ce matin, direction Colombo, une étape d’une nuit avant de nous lancer dans le triangle « culturel » de la civilisation cinghalaise.

Tout va pour le mieux pour nous au départ de Matara. Le train est à quai, nous choisissons nos places, mais bien vite nous nous rendons compte que le train sera plein. De gare en gare, les voyageurs montent plus ou moins chargés, beaucoup avec sacs ou valises pour rejoindre l’aéroport. Les Sri Lankais sont aussi en nombre. Ce vendredi est un jour de fête (Poya, pleine lune) , les musulmans ont en principe congé le vendredi, jour de la grande prière, demain samedi, c’est le week-end, donc plus de monde voyage.

Les voyageurs s’entassent, les kilomètres défilent, la voiture se remplit de gens debout. La plus part sont jeunes et en bonne santé, avec une semaine de surf dans les bras, je ne me préoccupe pas trop de céder ma place assise !

Départ 9h40, arrivée 13h10, tout se passe bien. La tenue des gares est toujours égale à elle-même, les paysages nous enchantent. Seule ombre au tableau, à l’approche de Colombo, nous découvrons quelques bidonvilles le long de la voie ferrée. Si c’est le signe d’une société développée, il est là. On dirait que l’écart entre classe moyenne et bas de l’échelle sociale démontre l’avancement de la civilisation.

Nous prenons nos quartiers à l’auberge de l’YMCA. Accueil de fonctionnaire, bâtiment délabré, pour le même coût que notre hôtel sur la plage à Matara. Mais nous sommes à Colombo Fort, entre les ministères, les grandes banques, le port, les centre commerciaux…. À deux pas de la gare et du quartier de Putha, là où tous les commerces et les trafics se nouent et s’animent. Nous y jetons un œil, mais ici aussi la conjonction du vendredi, du week-end et de la fête de Poya change la donne : les boutiques habituelles sont fermées, devant leurs rideaux de fer se sont installés les petits marchands ambulants de tout et de rien. Même trouver un restau adapté devient difficile.

La nuit se passe mieux que nous le craignions, grâce au « fan » ventilateur à faible vitesse, et dès le lever du jour nous sommes de nouveau sur pied : nous partons pour Kandy.

Nous avons retenu une place dans la voiture « salon » du train de 9h00. Vue panoramique sur un parcours exclusif. Effectivement, les premiers kilomètres ressemblent à tout ce que nous avons déjà vu, mais plus on avance vers la montagne plus les vues sont splendides. La voie ferrée – voie unique – s’accroche aux parois, traverse des pans de rocher et si besoin creuse des tunnels (9) pour amener le train dans la vallée d’altitude où se trouve la ville de Kandy.

Non, ce n’est pas le pays de Candy, c’est juste  une grosse bourgade comme toutes les autres ici, circulation abondante et polluante, bruit et poussière…

A peine arrivés nous allons visiter l’attraction unique et immanquable : le temple de la Dent.

Il s’agit d’une véritable dent de Bouddha sauvée de la crémation et ramenée ici il y a 22 ou 23 siècles et vénérée depuis avec des hauts et des bas, ces derniers temps beaucoup de hauts, justifiant un temple grandiose et une foule de pèlerins apportant des offrandes. Si les hindous offrent à leurs dieux des victuailles, banane, noix de coco, les bouddhistes offrent des fleurs de lotus, nénuphars de chez nous dont le parfum entêtant remplit le temple.

De la dent, nous ne verrons rien, elle est enfermée dans un reliquaire contenu dans un tabernacle caché au creux d’un sanctuaire enveloppé d’une chapelle… Nous croiserons seulement de nombreux bouddhas, assis en lotus ou couchés, auxquels il est interdit de tourner le dos.

Les constructions de ce temple méritent le détour : sculptures,certaines de plus de 1000 ans, peintures, les plus belles ont 400 ans, XVIIIème siècle, or et argent, tout est admirable.

    

Tsunami

février 11th, 2017

Le 26 décembre 2004, Emmanuel Carrère se culpabilisait de n’avoir pas eu le ressort de se loger dans un Guest House paillote au bord de l’Océan, et d’avoir préféré le confort d’un hôtel en ville ( à Tangale, quelques dizaines de km à l’est de Matara). Le lendemain, il ne s’en plaignait plus, puisque cela lui a sauvé la vie. La vague géante qui a rasé les plages de Thaïlande, Banda Ache, les îles Andaman et la guérilla Tamoule dans le nord de l’île, n’a pas épargné la côte sud de Ceylan.

Les traces du Tsunami sont visibles encore aujourd’hui, de Tangale à Galle, et bien sûr ailleurs aussi. La région s’est retrouvée sous eau pendant plusieurs jours (semaines ?), les hébergements qui bordent la mer et jusqu’à plusieurs dizaines de mètres de la coté portent encore les marques de cette période. Les maisons qui n’ont pas été reconstruites ou du moins sérieusement remises à neuf, sont aujourd’hui des ruines inhabitables.

Peut-être est-ce une chance pour le Pays ? La côte sud se pare aujourd’hui de constructions rénovées, modernes, toujours adaptées au climat équatorial, mais remises en valeur et la capacité d’accueil a augmenté considérablement. A moins que ce ne soit finalement une mauvaise chose que trop de lieux de séjour attendent les vacanciers qui ne sont ? somme toute, pas si nombreux, et dont le nombre fluctue avec la saison.

Mais les portes sont ouvertes, les meilleurs – les plus habiles ou les plus chanceux – donneront à la province du sud un nouvel élan touristique et une nouvelle prospérité.

Galle

février 8th, 2017

Excursion du jour : la forteresse tricentenaire établie vers 1750 par les Hollandais à la pointe Sud de l’Île, conquise un siècle plus tard par l’empire britannique et inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco pour sa valeur mémorielle.

Nous prenons le train à 9h40 am à la gare de Matara, le train se remplit à chaque arrêt de nouveaux touristes sur le chemin de Colombo pour rentrer chez eux. Il est déjà plein quand nous arrivons à Galle, et il y a encore des plages à desservir pendant les deux heures de trajet jusqu’à la capitale.

Très curieusement, le premier groupe de touristes que nous identifions, en dehors de chinois omni présents, mais en individuel, est composé de quelques Bataves, peut être en pèlerinage sur les traces de leurs ancêtres, fondateurs de la Nederlanse Hervormde Kerk dont le sol est pavé des tombes des premiers colons du lieu. On distingue bien, sous l’aspect fruste et improvisé de la constructions (les marins de l’époque n’étaient pas des maçons), les caractéristiques de ce culte encore vivant aux Pays Bas. Aucune statue – si ce n’est deux ex-voto introduits plus tard quand les anglais méthodistes ont tenté de convertir leurs prédécesseurs – une chaire immense, un autel de bois réduit à sa plus simple expression, pas de table de communion, le chœur réduit à un espace vide destiné à recevoir l’exemplaire de la Bible imprime en Hollandais, des vitraux assez simples, juste quelques morceaux de verre colorés qui n’assombrissent pas le lieu, et bien l’orgue! Un saut de trois cents ans en arrière.

Les épitaphes indiquent les difficultés de la vie des marins conquérants de l’époque, qui allait rarement au-delà des 40 ans, ainsi que des rares femmes admises à accompagner leur maris haut gradé – Gouverneur van de land Galle en Mature, Hoperkoopmanen, secunde van de Gallse Commadeur, schipper en meester – sans compter les enfants nés sur place et morts en bas âge.

Le reste de la vieille ville, entourée d’énormes remparts avec fortifications imprenables, est constitué de maisons basses de teinte claire, à toits de tuiles rouges. On y trouve une bibliothèque, des écoles – dont une école Montesori – des auberges, des bâtiments administratifs, et bien sur des quantités de boutiques à touristes. Mais comment croire que dans un pays dont le bouddhisme est la religion majoritaire, il y ait tant de chapelles : Nederlandse Hervoormde kerk déjà nommée, églises méthodiste, anglicane, baptiste, et même un Carmel saint Joseph !

Cela a un certain charme, mais la vraie ville est ailleurs que dans ce fortin.

Une gare ferroviaire, une gare routière, un hôpital, des écoles dont les élèves sont tous habillés de blanc, des étudiants dont nous apprendrons qu’ils apprennent le coréen dans l’espoir d’aller travailler chez Huawei.

Je reste impressionné par l’aspect propre et soigné de ce pays. Même si on constate le faible niveau de vie, le Sri Lanka est un pays ordonné. Pas de motocycliste sans casque ici ( je suppose que l’amende doit être dissuasive) Peu de papier ou de plastique dans les rues ou dans les champs, et pourtant les gens ne sont pas plus disciplinés qu’ailleurs avec leurs déchets, ça fait du boulot pour les balayeurs.

:Matara

février 7th, 2017

Les iles des mers du sud commencent avec la côte sud de Ceylan. La végétation est uniformément celle qu’on voit sur les cartes postales. Cocotiers jusque sur le sable des plages, avec des Yuccas de plusieurs mètres de haut, bananiers, manguiers, papayes.

Les étals de fruits des marchés ajoutent les citrons, mandarines, les ananas, les mangoustans, pastèques, etc. Le dimanche, on mange du poulet, mais dans la semaine, on se contente de poisson.

De 13 à 15 heure, il faut chaud, l’activité ralentit, les boutiques ferment, ou du moins ne sont plus que sous la garde d’un assistant dont le rôle est de prévenir le patron quand un chalant s’arrête et fait mine de rentrer. Il faut dire qu’elle a commencé avant le lever du jour, avant 6h et ne se terminera que dans la nuit, une fois la chaleur retombée.

A la plage, le sable est un peu grossier, les rochers pas toujours sympas, mais la mer est verte, émeraude, transparente sur plusieurs mètres de profondeur. Les pêcheurs reviennent avec leurs prises : quelques poissons communs, mais plus souvent ces poissons exotiques que nous enfermons dans nos aquariums, colorés, aux formes classiques ou bizarres, des crabes, des étoiles de mer…

pas de photo aujourd’hui pour cause de bas debit et pourtant j’en ai deux amusantes

Quelle que soit l’heure, les tuktuks maraudent le long desplages, mais on n’en a pas besoin : la beach road est une succession interrompue de guest house, hôtels, restaus, boutiques de location pour le surf, le snorkeling, la plongée….

On passe son temps au bord de l’eau, dans l’eau, sous l’eau… la brise de mer casse ce que la chaleur a d’étouffant. Au loin un cargo passe, ramenant du sud-est asiatique les produits qui envahiront nos marchés occid=entaux.

Vacances, repos, détente. Tout ici nous appelle à prendre le temps de gouter la douceur de vivre. On se dit un moment qu’on aimerait ce temps-là toute l’année. Puis finalement, si la répétition est apaisante pour un temps, il nous manque vite la variété des saisons. Juste que j’aime bien me donner dans l’année deux étés et pas d’hiver.

Aujourd’hui je programme une journée d’activité. Louer un vélo pour aller jusqu’à la ville à 4 km. Visite prévue : le fort des hollandais (1760) qui renferme parait-il un musée quelconque. Hélas, il est fermé aujourd’hui, c’est le jour du nettoyage !

 

Mais malgré la vaine recherche du musée de sculpture sur bois, la visite de Matara se révèle passionnante : voir vivre une ville cingalaise (ici on ne trouve pas 10 % d’anglophones) On fait une différence avec les populations Tamoules de Négombo ou d’Inde. Même si la gentillesse et l’ouverture sont toujours les mêmes. Les gens se coupent en 4 pour rendre service. Nous avons toujours l’avantage d’être européens. C’est parfois avec une pointe de condescendance pour ces blancs qui ne connaissent rien à la vie, mais nous sommes quasi pris en charge dès que nous formulons un désir. Bien sûr il faut se défaire des démarcheurs, on connait ça, mais comme on n’a pas besoin ni de taxi, ni d’avion, ni de guide, ni de souvenir, ni de vêtement, ils nous laissent bientôt tranquilles sur ce plan, juste quelques mots d’intérêt et de bienvenue.

Vraiment parfait pour les vacances, le Sri Lanka.

Colombo

février 5th, 2017

Débarqués de Madurai en fin d’après-midi, nous avons skipé la capitale (heu non, la capitale c’est  Sri Jayawardenapura (Kotte), située à 15 km au sud-est de Colombo).

Donc en arrivant directement à notre Guest house, nous avons évité la grande ville. Visite obligatoire en revanche ce vendredi, parce que le lendemain 4 février, c’est férié pour cause de « National day », fête nationale de l’indépendance. Donc nous prenons le train à 9h24 à la gare de Negombo (enfin, départ vers 9h40 😉 ) et 1h35 plus tard nous débarquons 40 km plus loin.

Charmante gare typique des régions chaudes, vestige probable d’une autre administration, mais entretenue avec soin, elle est tout à fait adaptée à un trafic assez intense.

En quittant les bâtiments nous nous trouvons dans une circulation à l’arrêt, un embouteillage impressionnant causé par un feu rouge qui ne fait que son travail et qui reçoit le respect qu’il mérite. Nous ne sommes pas en Inde, ici. On roule à gauche, he bien on reste sur la bande de gauche, je crois que les policiers qui règlementent la circulation ne comprendraient pas une autre attitude. L’utilisation du Klaxon est nettement plus mesurée et réservée aux situations d’urgence. Les automobilistes s’arrêtent pour laisser les piétons traverser aux passages zébrés !

Le quartier du Fort abrite d’anciens édifices des styles successifs : l’hôpital hollandais, les immeubles des grandes sociétés (Lloyd, Imperial Bank Of Ceylan devenue State Bank of Sri Lanka, Life Insurance Co), héritage de la colonisation anglaise, et plus récent, le World Trade Center (deux immeubles de 30 ou 40 étages, bardés de métal et d’acier comme à Hong Kong). C’est « Lunch Time », les employés sortent prendre leur pause, très smart, pantalon noir chemise blanche, chaussures italiennes, vêtements de marque, les femmes en tenues modernes, certaines (sans doute employées à la réception), en sari.

Le retour à Négombo se fait de la même façon. Nous nous retrouvons dans un paysage qui nous déstabilise. Même en tenant compte du fait que nous sommes dans une zone « touristique », l’aspect des rues, des véhicules, des maisons, est soigné, propre, pimpant, moderne. Par certains côtés on se croirait au Japon dans un quartier calme. Même les fils électriques aériens nous le rappellent. Le Japon a d’ailleurs un pied dans la place : voitures Toyota, Datsun, Honda (Hybrid), Suzuki…)

Différence fondamentale avec le pays du Soleil Levant, les innombrables chapelles (je rappelle que nous sommes dans un quartier catholique ! mais nous verrons que dans les quartiers bouddhistes, c’est du pareil au même) : statues habillées de manteaux rutilants, lumières colorées clignotant dès la tombée du jour (ou même avant), cérémonies et psalmodies ininterrompues à l’église saint Sébastien toute proche. Et pas de vaches dans les rues. A peine quelques chiens  qui se la coulent douce et semblent bien nourris.

Pèlerinage

février 4th, 2017

Avant de quitter Madurai, il nous restait une journée que nous avons consacrée à un « tour ». on démarre tôt le matin, on vas en bus jusqu’à un endroit remarquable, on fait un sight seeing tour, puis on revient au point de départ. Sous la houlette du gouvernement indien, dans le cadre du tourisme et de la promotion des sites remarquables, nous sommes donc allés à Rameshwara.

C’est une ville (un village) sur la côte est du Tamul Nadu, à l’endroit où l’ile de Ceylan – le Sri Lanka – est reliée au continent par l’isthme d’Aman. N’imaginez quand même pas qu’on passe à pied d’un pays à l’autre. D’abord parce que depuis plusieurs dizaines d’années, la mer a emporté les iles qui traçaient la route, puis ensuite parce que le territoire cingalais correspondant est sous embargo, la province de Jafna, nord de l’ile de Ceylan, a été il y a quelques années seulement le siège d’une guerre civile, le terrain n’est pas encore déminé.

Du côté indien, il s’agit d’un sanctuaire hindou réputé, un petit Bénarès, où les croyants viennent prier un bouddha auquel nous n’aurons pas accès, et se plonger dans la mer qui est ici douce et agréable, même si elle peut être un peu plus agitée que ce que nous avions à Mamalapuram.

La participation est modique : bus, guide, lunch, le tout pour 450 roupies par personne. Nous sommes donc les seuls white people dans un bus de 30 personnes.
Le trajet est ce qu’il est : départ promis à 7 heures du matin. Nous sommes là à temps, nous embarquons, mais de retard en retard, il est bien 8h passées quand nous prenons la route. Qu’à cela ne tienne, nous arriverons à temps au temple, il ferme pour le lunch time, de 12 à 14 heures, et à 14 h nous serons de nouveau sur la route. Le chauffeur a un bon Klaxon et une précision désarçonnante. Contrairement à un chameau, Il passerait par un trou d’aiguille.

La fin du voyage se termine par le passage d’un pont qui relie l’ile du temple à la terre ferme côté indien, pont remarquable parce qu’il est doublé d’une voie ferrée presque au niveau de l’eau, avec un pont-levis qui permet par moment le passage des bateaux d’un coté à l’autre de l’isthme.

Le guide n’a sans doute pas cru que ses commentaires pourraient nous intéresser, peut être parce que nous ne sommes pas des dévots de Rama. Il ne nous adresse pas la parole et ne s’exprime qu’en Hindi. Heureusement le chauffeur nous prend sous son aile protectrice et nous explique comme il le peut ce qu’il faut savoir.

Le temple nous est interdit pour cause d’appareil photo que nous ne pouvions pas avoir sur nous, mais la station balnéaire (pardon le bout de plage sacrée) nous est accessible. Les gens avancent de quelques mètres dans l’eau, tout habillés, et partagent la plage avec beaucoup de vaches – elles sont sans doute toujours aussi sacrées qu’elles ont pu l’être de tous temps, et profitent allègrement des reste de pique-nique que les gens abandonnent sur la plage après leur passage.

Ce qui nous est accessible aussi, c’est les magasins dans lesquels le guide entraine les touristes d’un jour, pour ramener de leur escapade un souvenir pour la famille et les amis.

L’ambiance est bon enfant, les gens nous ont à la bonne, cherchent à nous faire plaisir. Nous ne coupons pas à la séance de selfies avec un groupe de jeunes gens qui croise notre route à un arrêt. Retour à 20 h un peu fatigués, mais ravis d’avoir participé à ce pèlerinage.