VILLA DE LEYVA

janvier 17th, 2018

Au nord de la capitale, une petite ville typique attire, les fins de semaines, une foule de colombiens aisés qui viennent passer leur détente hebdomadaire dans cette région où certains ont une ‘finca’ – résidence secondaire ou fermette dans ce cas-ci, plutôt que ferme ou exploitation rurale.

La place centrale, toujours appelée plaza mayor et non pas plaza Bolivar comme le veut la tradition dans le pays, a une taille surprenante pour une si modeste cité. Elle est entourée de magnifiques constructions conservées en l‘état depuis la création de la ville.

De plan carré, construite dans le strict respect des impératifs royaux quant à la dimension des bâtiments, la nature des murs, la forme de fenêtres et de la toiture, la ville fut un temps la capitale du Vice-royaume de Nouvelle Grenade, comme l’appelèrent les premiers colonisateurs du XVIième siècle.

Les rues sont encore pavées de grossiers blocs de pierres peu jointifs, et les ralentisseurs ne sont pas nécessaires ! Même à pied on regarde devant soi…

Des carmels occupent les abords de la place, carmel d’hommes, de femmes, chaussés ou déchaussés (déchauds?déchaux), au bon vouloir des congrégations qui sont venues d’installer dans le pays d’El Dorado, attirés par les légendes que répandirent les premiers arrivants. (voyez le post sur Guatavita).

Bien sur la vocation de la ville a changé. Le petit centre administratif rural est devenu un centre touristique, avec ses hôtels, café et restaurants, mais a su conserver son aspect typique.

Sur la route du retour, qui peut demander à certains moments beaucoup de patience pour rejoindre la capitale, nous avons sacrifié à la tradition. Vanessa a choisi l’échoppe où déguster les arepas, galettes de maïs typiques de la région du Boyaca, que les gens de Bogota emportent par sacs entiers pour assurer les petits déjeuner de la semaine. On en trouve au fromage, au beurre, à l’oeuf, à toutes sortes de gout, l’essentiel étant la pâte à base de farine de maïs, ou pour certains de ‘yucca’, le manioc de là-bas. Ces derniers sont plus savoureux à mon goût, la fécule légère leur donne un petit goût sucré de friandise.

Il était vendredi soir, une bonne heure a suffi pour nous ramener en ville, le temps de faire laver l’auto (le lavage à la main est disponible toute la nuit) et nous étions déposés à la Candeleria pour un repos bien nécessaire.

P.S. Je supplie les puristes d’excuser l’orthographe des mots espagnols, et surtout le manque d’accents, que mon clavier belge ignore superbement. J’ai remarqué que beaucoup de toponymes dérogent à la règle de l’accent tonique sur la pénultième, et accentuent a voyelle finale, sans doute pour respecter la prononciation issue des langues Muisca et Wayuu.

CATEDRAL DE SAL

janvier 15th, 2018

Notre parcours de retour vers la capitale nous fait passer par la ville de Zipaquira, qui accueille une merveille du pays. Une mine de sel, du moins la partie ancienne de la mine, a été transformée en église – musée.
Phénomène curieux, quelle idée de construire sous le sol, dans les espaces magnifiquement dégagés par les tonnes de sel extraites en blocs, un temple dédié avant tout a la souffrance du chemin de croix ?
Si l’exploitation continue, avec les méthodes actuelles, plus personne ne descend au fond dans les vapeurs de chlorure de sodium. L’eau chaude se charge de ramener en surface le trésor enterré ici par la nature il y a des millions d’années.
Mais aux temps héroïques, quand le sel était extrait sous forme solide, des hommes ont souffert et sont morts dans la saumure. Les mines de sel ont toujours été réputées pour dévorer leurs mineurs, et ceux qui y travaillaient n’avaient bien souvent que la religion pour conserver quelque espoir en ce bas monde. La religion dans tout ce qu’elle a de proche de la douleur. L’église est consacrée aux chutes du christ sur le chemin de la mort. La souffrance et l’idée de la mort devaient bien convenir à la pensée de ces pauvres gens.

Jusqu’à 180 m sous le sol, d’immenses salles tout en hauteur, au plafond, murs et au sol plats, reliées par des passages taillés entre les colonnes, ont permis d’établir des chapelles, des autels toujours utilisés pour des offices dominicaux.

Le sel est blanc, mais comme il contient beaucoup d’impuretés (charbon, métaux, cuivre et or, des émeraudes parfois) l’ensemble des salles est noir et génère un climat contraignant, alors que l’espace n’est pas compté, les plafonds pouvant s’élever à plus de 20 au-dessus du « sol ».
Véritable foire, les marchands du temple s’y sont installés, et des jeux de lumière permettent de retenir les jeunes touristes séduits par l’étrangeté du « bâtiment ». Ce qui fait de la ville et du lieu un des endroits les plus fréquentés en période ‘estivale’.

J’ajouterai qu’avant de commencer la visite, nous sommes passés à Zipaquira pour prendre un repas spécialités de la région dans un restau dont le serveur nous a accueillis en Français (il a passé 30 ans à Clichy !)
Le mur de la salle est décoré d’une comptine locale dont je donne le texte pour les amateurs:

Erase una viejecita
sin nadita de comer
sino carnes, frutas, dulces,
tortas, huevos, pan y pez.
Bebia caldo chocolate,
leche, vino, té i cafe,
y la pobra no encontraba
que comer ni que beber !

traduction liibre pour les non hispanisants:
il était une petite vieille qui n’avait rien à manger si ce n’est viande, fruits bonbons, tartes, oeufs, pain et poisson, elle buvait du chocolat chaud, du lait, du vin, du thé et du café et la pavre ne trouvait ni  à boire ni à manger!

 

 

GUATAVITA

janvier 15th, 2018

C’est un avantage de connaitre quelqu’un dans le pays que l’on vient visiter. Surtout que Grégoire est dynamique et ne sait pas vous faire voir tout ce qu’il aime, tant il y en a !

Modérons nos envies, le sommet à 3500m, c’est peut-être un peu optimiste, parce que nos deux heures de rando hebdomadaires ne nous ont pas armés pour une ascension de 4 heures et 500 m de dénivelé.

On va se contenter du lac de Guatavita, 2 heures de grimpette pour admirer du dessus la fameuse lagune comme un œil ouvert vers le ciel. C’est ici dedans, au cours de la cérémonie d’intronisation, que le nouveau cacique des Muiscas, enduit de poudre d’or, était lavé dans l’eau qui bien sur renfermait les dons déversés tous les 20 ans. Mais ce n’a jamais été un site aurifère, contrairement à ce que les conquistadors se sont mis dans la tête. D’autres commentaires sur ce sujet dans le post d’hier sur le museo del oro.

La visite guidée nous permet de découvrir dans le même temps la flore altoandine, le paramo, composée de ces plantes tropicales d’altitude si particulières, dans des ceintures d’altitude bien définies autour des sommets entre la zone des forêts et celle des neiges éternelles.

Là comme ailleurs les ravages de la présence de l’homme ont été destructeurs. La « colline » qui entoure le lac de montagne de couleur émeraude (due au ciel, aux pierres qui y étaient jetées autrefois), est transformée en parc naturel protégé (enfin !). Ce qui n’empêche pas les incendies, hélas, mais permet de concourir à la reconstitution de cette biodiversité andine qui rend jaloux toutes les firmes pharmaceutiques.

De la lagune, le soir approchant, nous nous dirigeons vers le logement réservé, dans un hostal particulièrement accueillant et typique, el Monte Verde : dans le plus grand respect de la nature, une jolie maison tenue par deux hôtesses qui animent un cercle de femmes pour le jardinage (bio bien sûr)

Le lendemain nous nous baladons un peu dans la campagne- montagne environnante, jusqu’à une cascade intrigante. Je ne connais pas la raison qui a inséré dans le mur une fenêtre éclairée.

La montagne a toutes les allures de chez nous, l’air y est vif, le soleil chaud – même brulant si j’en crois la couleur de mon crâne après une demi-heure de promenade….

ATTERRISSAGE

janvier 15th, 2018

Debout à l’heure du déjeuner, nous commençons notre journée par un tour du quartier.

La Candeleria est l’ancien centre de la ville, construit à la façon des premiers colons. Petites maisons basses, avec des patios, une population dédiée au tourisme, finalement assez calme par rapport au reste de la ville.

Les maisons sont anciennes, petits bâtiments à un étage couvert de tuiles canal. Les fenêtres sur rue sont rares et grillagées, les portes sur la rue en acier doublées d’une grille. Les façades sont peintes et depuis de nombreuses années, illustrées de dessins particulièrement originaux. Le maire a voulu ordonner de les repeindre de couleur uniforme pour faire plus sage… mais la population s’est bien défendue et nous offre encore un spectacle extraordinaire;

dig

Changer de l’argent, acheter une carte de téléphone, trouver un restau, une laverie, toutes les activités nécessaires pour notre confort. Prendre un peu la mesure du change, et s’habituer à être millionnaire sans pour autant être riche.

Et puis l’occasion se présente, visite du Musée de l’or. Gratuit pour les plus de 65 ans (on a des égards ici pour les personnes âgées). Une extraordinaire collection de toutes les pièces qui ont pu être récupérées dans des fouilles, des recherches ciblées, mais finalement rien qui justifie la fièvre de l’Or qui s’est emparée de l’Espagne il y a 4 siècles.

Le musée nous raconte aussi beaucoup de choses sur la métallurgie des peuples précolombiens. Un art qui ne leur a pas survécu.

De Bogota, nous ne voyons qu’une minuscule partie. Il y a plus de 7 millions d’habitants, et des voitures à proportions, pas de métro, quelques motos, peu de vélos quoique le relief y soit favorable puisque Bogota occupe une plaine anciennement marécageuse prise entre deux chaines de montagnes.

L’aéroport occupe une position centrale dans la capitale alors qu’il avait été implanté au nord de la ville lors de sa création. Il faut dire que la ville s’est étendue depuis en direction du nord, vers la savane de Bogota, une région agricole qui reste le réservoir de nourriture fraiche pour les habitants de la capitale.

La population est très mélangée, avec la forme des yeux et du nez, la couleur de peau varie du blanc diaphane des roux (rares) au teint soutenu des quelques descendants d’esclaves africains, en passant par tous les tons de cuivre, qu’ils soient d’origine hispanique ou amérindienne.

Nous terminons la journée par une visite à la place Bolivar, qui rassemble tous les gens qui ont un peu de temps pour profiter de leur après-midi, mais la pluie nous en chasse. Ici comme ailleurs, le climat semble déréglé. La saison des pluies (l‘hivers ?) n’en finit pas, le soleil capricieux se cache souvent et bien m’a pris de rajouter un pull à mon paquetage tropical. Il ne faut jamais oublier que nous sommes ici à 2500 mètres d’altitude.

PREMIERE ETAPE

janvier 14th, 2018

Le reveil (enfin l’alarme de mon smartphone, soyons actuel) sonne à 4 heures 10. La nuit trop courte se termine avant l’aube. Dernier chek de bagages, un petit café sur le pouce, un coup d’eau fraiche sur le visage et le taxi arrive à notre porte avec un quart d’heure d’avance.
Pas de problème, s’il y a de l’affluence, on sera à temps.

En réalité, la circulation du petit matin est assez peu dense et Zaventem nous accueille dans la nuit. Passage par les premiers filtres, nous repérons le comptoir d’enregistrement pour déposer nos bagages et retirer les cartes d’embarquement sur papier. C’est encore une vieille manie sans doute, puisque la confirmation sur nos smartphones serait suffisante. Nous sommes les premiers sur la file d’un guichet déjà ouvert, nous voilà légers comme l’air, et prêts à partir… dans 90 minutes !

Premieres expériences de fouille. J’ai droit à une détection de stupéfiants. Négative, je rassure tout le monde.

L’attente commence à la porte A45, mais finalement la faune des petits matins – hommes d’affaire en déplacement, et de très rares touristes en correspondance – nous laisse le champ libre.

Entre l’ouverture de la porte et les premiers signes de mouvement de l’avion, il se passe presque ¾ d’heure. Le temps exact que le commandant de bord nous annonce pour le premier saut de puce, Bruxelles Francfort. À peine le temps de recevoir une boisson, nous débarquons et commençons notre jeu de piste, pour nous rendre à la porte C15 , destination Panama City.

Quelques couloirs plus loin, et après etre montés dans le petit train qui relie les deux terminaux, nous recommençons à arpenter des couloirs à la recherche des portes C. au passage nous croisons une équipe police/armée qui assure notre sécurité, ou du moins nous donne ce sentiment.
Nouvel examen de la tete au pieds, mais cette fois-ci ce n’est pas moi qui suis arrêté.

Parcours total de l’avion à la porte d’embarquement : trois bons quarts d’heure. L’avion est un mode de déplacement rapide, mais pour de courtes distances, c’est encore à voir.

Une borne de recharge me donne l’occasion de tester les Wifi de l’aéroport et de préparer ce premier post.

Pas de commentaires sur le voyage Luftansa -economy class – qui nous a permis de regarder 3 films d’affilée. 10 heures plus tard, Panama nous accueille -très temporairement, nous avons à peine 20 minutes pour trouver la bonne porte pour Bogota, qui n’est pas celle indiquée sur la carte d’embarquement !

Un saut de puce agrémenté d’un repas du soir, nous débarquons vers 20 heures … pour nous trouver à la fin de file des guichets « Mignacion Colombia ». La fin de la file, c’est environ 1000 personnes, deux heures d’attente, station debout, à avancer d’un mètre  par minute. Les heures de vol sont lourdes à ce moment là.

Récupérer les bagages, passer au change  pour les premiers pesos, trouver une taxi (uber…) qui nous conduit à notre hstal. Passé 23 heures locales, nous nous effondrons sur nos lits pour quelques heures…

A suivre

Auroville

avril 27th, 2017

Jour de relâche dans tout le pays aujourd’hui : c’est la grève, « legal ban ».
Impossible de nous faire expliquer pourquoi, mais toutes les boutiques sont fermées, les bus à l’arrêt, les écoles sans élèves. Seuls quelques rickshaws circulent, difficiles à attraper. Heureusement, si celui que nous avions retenu hier nous fait faux bond, nous en trouvons un qui veut bien nous conduire à Auroville.

Finalement nous comprendrons que les manifestations ont à voir avec l’interdiction de la coutume tamoule du tirikattu, lâcher d’un taureau dans les rue de la ville, le jeu étant pour les jeunes de le dompter, ce qui donne lieu à des excès, bien sur, âprement poursuivis par les défenseurs de la cause animale.

8 km pour aller de Pondy à Auroville, disaient les gens. Mon oeil, c’est beaucoup plus que ça, d’autant que notre Discovery guest house ne se trouve pas là où nous le pensions. Finalement nous arrivons à la chambre qui nous attend, nous pouvons poser nos sacs et songer à préparer un casse-croûte. Ce sera frugal, puisque nous n’avons pas trouvé de marchand sur notre route : une tranche de pain et une cuillère de confiture restant de ce matin. Dès 18h (pardon, 6 p.m. comme on compte ici), la vie va reprendre et nous trouverons ce qu’il nous faut.

A première vue, rien de distingue le village qui nous entoure de la majeure partie des villages que nous avons découverts en Inde : une multitude de rues qui serpentent entre les constructions les plus hétéroclites et les parcelles (« plots ») à l’abandon ou en construction. Des boutiques plus ou moins regroupées, plus ou moins grandes, avec des rideaux de fer (aujourd’hui nous les voyons bien, puisqu’ils sont baissés) fermés par des cadenas, la serrure habituelle ici.

En cherchant à nous rapprocher de la plage, nous tombons sur une boutique ouverte : location de motos. Nous en profitons, puisque nous avons bien vu que les distances à Auroville sont vite importantes.

Samedi, nous nous approchons du centre, pour nous inscrire à l’accueil des visiteurs et obtenir une carte de paiement (ce qui permet aux aurovilliens de vivre sans devoir manipuler de monnaie) et tenter de définir un programme de visite.

L’organisation des relations publiques, malgré le nombre de personnes qui y participent, pêche un peu par manque de clarté. Je suppose que la « faune » exotique des visiteurs passionnés de spiritualité de teinte orientaliste a moins d’importance (en dehors de l’apport financier du tourisme) que les réalisations de la vie quotidienne. et l’initiative personnelle prime en Inde, sur l’intervention publique.

Dans l’ordre de nos recherches, il y a l’agriculture en premier lieu : elle est bio depuis le départ, à une période où le mot n’existait pas, où le concept devait paraître hérétique. Economies d’énergie, recyclage, maîtrise de l’empreinte environnementale, semblent être les maitres mots de l’activité des résidents. Toutes sortes de techniques peuvent être mises en œuvre ici, la rentabilité est la clé du maintien, mais elle n‘en est pas la condition. Le mode de vie ‘simple et frugal’ permis par le climat n’exige pas la production de bénéfices conséquents. et les investissements ont e tout temps, depuis la création, été e’origine extérieure (des « dons »), ou des transferts quand les donnateurs se son

La ville est organisée sous la direction d’un groupe de décision dans lequel l’état indien a son mot à dire, mais plus sous la direction de l’ashram de Sri Aurobindo. La religion (principalement à base de théosophie et des enseignements du guru) tient sans doute une place importante dans la vie des résidents d’origine étrangère mais l’hindouisme a une bonne place aussi. Les aurovilliens sont indiens en grande majorité (plus de la moitié, si j’ai bien compris, la seconde nationalité, les français pouvant représenter 15 % des habitants).

Dès demain nous allons tenter d’en savoir plus en visitant ce qui est accessible, nous commencerons par une ferme, puis nous tenterons de pénétrer dans la boulangerie (ils font un pain excellent !)

Colombo

avril 27th, 2017

Débarqués de Madurai en fin d’après-midi, nous avons skipé la capitale (heu non, la capitale c’est  Sri Jayawardenapura (Kotte), située à 15 km au sud-est de Colombo).

Donc en arrivant directement à notre Guest house, nous avons évité la grande ville. Visite obligatoire donc ce vendredi, parce que le lendemain 4 février, c’est férié pour cause de « National day », fête nationale de l’indépendance. Donc nous prenons le train à 9h24 à la gare de Negombo (enfin, départ vers 9h40 ? ) et 1h45 plus tard nous débarquons 40 km plus loin.

Charmante gare typique des régions chaudes, vestige probable d’une autre administration, mais entretenue avec soin, est tout à fait adaptée à un trafic assez intense.

En quittant les bâtiments nous nous trouvons dans une circulation à l’arrêt, un embouteillage impressionnant causé par un feu rouge qui ne fait que son travail et qui reçoit le respect qu’il mérite. Nous ne sommes pas en Inde, ici. On roule à gauche, he bien on reste sur la bande de gauche, je crois que les policiers qui règlementent la circulation ne comprendraient pas une autre attitude.

Le quartier du Fort abrite d’anciens édifices des styles successifs : l’hôpital hollandais, les immeubles des grandes sociétés (Lloyd, Imperial Bank Of Ceylan devenue State Bank of Sri Lanka, Life Insurance Co), le World Trade Center (deux immeubles de 30 ou 40 étages, bardés de métal et d’acier comme à Hong Kong). C’est « Lunch Time », les employés sortent prendre leur pause, très smart, pantalon noir chemise blanche, chaussures italiennes, vêtements de marque, les femmes en tenues modernes, certaines (sans doute employées à la réception), en sari.

 

Le retour à Négombo se fait de la même façon. Nous nous retrouvons dans un paysage qui nous déstabilise. Même en tenant compte du fait que nous sommes dans une zone « touristique », l’aspect des rues, des véhicules, des maisons est soigné, propre, pimpant, moderne. Par certains côtés on se croirait au Japon dans un quartier calme.

Différence fondamentale avec le pays du Soleil Levant (qui a un pied dans la place : voitures Toyota, Datsun, Honda, Suzuki…) les innombrables chapelles (je rappelle que nous sommes dans un quartier catholique !) : statues habillées de manteau rutilants, lumières colorées clignotant dès la tombée du jour (ou même avant), cérémonies et psalmodies ininterrompues à l’église saint Sébastien toute proche.

La santé au Sri Lanka

mars 20th, 2017

Quand on voyage à l’étranger, avec l’envie de connaitre le pays et les gens, de partager leur manière de vivre et de nouer des relations, il y a des domaines qu’on a peu l’occasion d’expérimenter.

De ceux là fait partie la santé, et l’environnement médical. Avoir besoin de soins à l’étranger, surtout dans un pays dont on ne pratique pas la langue, et dont les standards de vie sont parfois très différents de ce à quoi on est habitué, pourrait se révéler une épreuve.

He bien, j’ai fait le test ! Rien de vraiment grave, juste un petit rappel de mes ennuis cardiaques de l’an dernier. J’ai reçu à mon dernier anniversaire une « montre » qui mesure aussi, entre autre chose, mon rythme cardiaque. Sage précaution ! Je me suis rendu compte après quelques jours au Sri Lanka, que mon cœur avait tendance à se mettre en surchauffe sans que je lui demande d’effort… J’avais reçu alors  pour ces circonstances, un médicament, « pill in the pocket », à prendre en cas de besoin. Mais voilà, comme je n’ai jamais eu l’occasion de l’utiliser, il est resté sur mon bureau à la maison….

Conclusion, je me suis mis en quête d’un médecin qui puisse d’abord vérifier le problème, et aussi y apporter le remède ad hoc. Et j’ai pu ainsi me rendre compte que le Sri Lanka est merveilleusement équipé dans ce domaine, un peu selon la norme de médecine publique qui était celle de l’Angleterre avant les années Tacher.

D’abord à Matara, puis quelques jours plus tard à Dambulla, j’ai rendu visite aux hopitaux « gouvernementaux » de ces petites villes.

Première remarque ; ces hôpitaux existent, ils sont fréquentés et fréquentables. Si les équipements sont parfois rudimentaires, le personnel médical est abondant et (selon mon appréciation) compétent.

A Matara, j’ai été reçu par une doctoresse d’un certain âge, qui a retraduit en équivalent local les prescriptions de mon médecin traitant et m’a muni d’un viatique sous forme d’un médicament plus ou moins substituable à ce que j’aurais du avoir. Il faut dire que la spécialité idéale, bien que connue des compendium locaux, est très peu utilisée, et que pour en disposer, j’aurais dû la commander à Singapour, et l’attendre deux semaines ! Un autre générique m’a été fourni par la pharmacie de l’hopital pour un prix à peine moins élevé que celui qui se pratique chez nous. J’ai reçu dans un petit sachet le nombre exact de comprimés tirés d’un grand conditionnement, la posologie est mentionnée à la main sur l’enveloppe.

À Dambulla deux jours plus tard, comme j’étais encore alerté, j’ai été conduit par notre logeur  à l’hôpital public local, seul à posséder un service de cardiologie. Ma « bonne mine » – et sans doute la couleur de ma peau – me permettent de couper à la file assez longue de patients qui attendent leur tour. J’ai été reçu par deux médecins, un plutôt jeune (sans doute un « interne ») et un autre plus âgé semblant assumer les responsabilités. Ils m’examinent et me demandent de rester quelques heures sous monitoring . Je suis reparti avec deux électrocardiogrammes sur papier qui ne révélaient rien de vraiment inquiétant. J’ai donc passé une journée dans la salle de soins, département cardiologie. Comnme dans tous les pays tropicaux, un hangar ouvert sous le toit tient lieu de salle commune. Pas de chambre stérile ici, malgré une asepsie surveillée et rassurante. Les lits, une cinquantaine, sont alignés le long des deux murs. Le matériel d’ECG de fabrication japonaise, NIHON KOHDEN  et relativement ancien, mais fonctionnel, est amené à mon lit, et fonctionne comme chez nous.

L’intimité des patients, quand elle est nécessaire, est assurée par des paravents. Les infirmiers et infirmières sont en nombre, mais les parents sont aussi présents pour accompagner les malades. Pas d’« hotellerie » , il faut avoir quelqu’un pour s’occuper des repas, la salle est envahie de visiteurs à la mi-journée. Quasi tous les lits sont occupés, mais ils se libèrent et sont réattribués  à tour de rôle.

Vers 17h nous quittons l’hôpital. Nous avons été admis sans formalités, nous sortons sans autre paiement qu’un merci : la santé publique au Sri Lanka est gratuite, seuls les médicaments se paient. Ce qui , admettons le quand même, est un frein efficace à la surconsommation, puisque les prix ressemblent au nôtres…

Jallikattu

mars 20th, 2017

Jallikattu est un rituel sportif tamoul consistant à maîtriser un taureau à mains nues pour montrer son courage (et accessoirement décrocher la récompense !). Interdit depuis quelques années, il a été de nouveau légalisé cette année à la suite de nombreuses protestations populaires, dont la journée de grève générale contre le « legal ban » que j’ai vécu lors de mon passage à Pondichéry.

Il faut reconnaitre que ce « jeu » ne doit pas être agréable pour le taureau, mais franchement, pour un taureau brutalisé une fois par an, combien y a-t-il de vaches qui vivent toute leur vie avec une corde passée au travers de leurs naseaux et rattachée à leurs cornes. C’est un moyen efficace de les rendre dociles et obéissantes : tirez donc sur ma corde, vous verrez si elle ne suit pas !

Et combien de bœufs blancs à bosse passent leur journées à tirer de lourdes charrettes de bois, par le seul moyen d’une poutre posée sur leur cou ? Ici, pas de joug, pas de collier, juste une énorme pièce de bois très pesante qui les oblige à relever la tête sans améliorer leur puissance de traction. Alors, pour eux, le jallikattu, c’est de la petite bière !

Les dernières roupies

mars 20th, 2017

J’aurais bien quelques images, mais je ne les retrouve pas!
je les publierai plus tard…

Je voulais donc vous raconter que
Notre voyage se termine. Une dernière fois refaire le sacs en laissant derrière nous le superflu, pour caser les derniers achats. Une dernière fois repeser en espérant que ce sera la meme chose à l’aéroport, 12 + 18, ça fait 30, bien en dessous de notre droit en bagages accompagnés, mais plus qu’assez pour nos épaules, sans compter les bagages à main. L’itinéraire du back packer est fait aussi de ces considérations terre à terre.

Nous avons réglé nos comptes hier soir, reste seulement à nous procurer un pique nique pour midi : la Auroville Bakery est toute désignée, et me donne l’occasion de saluer une dernière fois les gens que j’ai vu au travail le mois dernier – ils ne m’ont pas oublié – et Elumalai qui ce matin tient la caisse.

Le taxi est commandé pour 9h20, il est là à 9h20. Embarquement et c’est parti pour trois heures de route. Les quelques portions de route à chaussées séparées permettent d’améliorer la moyenne, mais les encombrements, les travaux, le type même de circulation de l’Inde font que les trois heures sont dépassées pour faire 140 km.

Mais nous avons tout notre temps. A Chennai, pas de files au counter, il faut seulement trouver quelle compagnie nous enregistrera. Notre vol est organisé par Ethiad, qui n’a pas de guichet à Chennai. Et passer les contrôles : un contrôle à l’entrée, un contrôle au guichet, un contrôle à l’embarquement….

Nous sommes enfin en terrain neutre, à Mumbai, une fois payé un casse croute à l’indienne,  le dernier, composé d’une dosa et d’une bouteille d’eau, comme en Inde, les dernières roupies sont échangées contre quelques paquets de thé.

Au passage, le plus amusant de ces contrôles est que chacun est différent, une fois il faut enlever ma ceinture mais je peux garder mes chaussures, la fois suivante ce sera l’inverse. Parfois je dois sortir de mon sac tous les appareils électroniques, parfois pas, parfois seulement le gsm… Et bien sûr, une fois ou l’autre, j’oublie de sortir mon portefeuille de ma poche (la monnaie fait sonner les détecteurs) et la fois suivante, je dépose mon passeport dans le panier qui passe dans le scanner au lieu de le présenter au contrôleur ! Mais dans l’ensemble, ça passe facilement, je n’ai été arrêté nulle part. Il faut dire quand même que je n’ai pas tenté d’entrer aux Etats Unis, ça serait une autre histoire, je pense. Les douaniers ici font juste leur boulot, souvent avec le sourire, et ne cherchent ni à se convaincre de leur supériorité, ni à nous accuser de délit de faciès.

D’un aéroport à l’autre, d’un équipage à l’autre, les langues changent. A Chennai, le tamoul a priorité, et l’anglais a une teinte d’indglish assez marquée. A Mumbai, c’est l’hindi, bien sur, et l’anglais est plus commun. Les équipages d’éthiad sont arabes, et dans l’avion, seuls les ordinateurs parlent anglais. À Abou Dhabi, l’arabe est prioritaire en principe, mais encore, pas toujours, pour les vols vers l’europe, c’est uniquement dans un anglais que je juge parfait.

Après quelques heures d’attente le vol vers Bruxelles est annoncé. Demain nous foulerons le sol belge et tenterons de trouver un train pour rentrer chez nous… et là on parlera flamand d’abord, puis anglais et français, jusqu’à ce que dans le train la hiérarchie des langues change entre Bruxelles et Charleroi, pour passer au registre unilingue francophone dans le train de Philippeville (on n’a pas encore d’annonces en Wallon, juste l’accent !).