mon jardin

août 29th, 2016

Le printemps a été plutôt saumâtre cette année
Les limaces ont dévoré les salades, les semis de haricots ont fondu, la vigne a pris plus d’un mois de retard,les fraisiers ont attrapé l’oidium et les pommes de terre, mises en place avec six semaines de retard, ont été détruites par le mildiou avant d’avoir fait un seul tubercule…
Du coup, je me suis remis en selle avec la fin juillet et le début des beaux jours
et j’ai commencé à me renseigner sur les techniques alternatives qui me permettraient de recevoir quelque chose pour mes efforts assidus.
J’ai la chance de trouver facilement au marché de Chimay, des plants de toutes sortes de choses.
J’ai renoncé aux salades, inutile de nourrir les limaces, et aux radis, les semis, c’est trop délicat pour moi.
Pour l’automne, j’ai trouvé des plans de bettes à carde (les rouges sont à l’honneur en ce moment)
des poireaux (un cent, c’est assez), des choux et des navets,
Les haricots ont fini par démarrer au deuxième semis, et ils produisent en ce moment plus qu’on ne saurait en consommer!
heureusement qu’il y a le congélateur
Pour occuper le terrain, j’ai remis trois rangs de fraises, on verra bien.
Quant à la vigne, elle a accusé un gros retard, mais elle est couverte de grappes. Je me demande si quelque chose aura le temps de mûrir avant l’automne
la vigne

le raisin

A la demande générale, quelques explication graduées sur les différentes prises de vue:
Ensemble de la partie haute du jardin (les haricots et les bettes, avec en arrière plan les topinambours dont j’attends la floraison pour le mois d’octobrele jardin

ici, pour le plaisir, un carré de roquette à droite , et une patate douce à gauche (mais oui, elle pousse)le plaisirroquette et patate douce

tout le monde aura reconnu des artichauts plantés en juinles artichauts

ici les betteraves rouges. On ne voit pas encore grand chose comme ça, mais je les ai achetés en pots, divisées, repiquées, et elles poussentles betteraves rouges

oui, il y a un petit mélange dans les prises de vue: ici nous retournons dans le haut du jardin pour nous rendre compte de l’avancée des bettes (sans rave)les bettes(rouges)

une rangée de choux de Bruxelles, encore assez petits, ils ne doivent quand meme venir que pour le nouvel anles choux

les haricots, donc, après le deuxième semis. les haricots

une rangée de navetsles navets (deja ronds)

mon cent de poireaux, avant que passe la moucheles poireaux

la seule manière de cultiver des salades: dans un compartiment étanche aux limaces. Il faudra attendre quelques semaines, qu’elle grossissent encore.les salades

Il n’y a pas encore assez de « mauvaises herbes » pour recouvrir la terre nue, ce qui me contraint à arroser par ces fortes chaleurs.

le jour le plus long

mars 3rd, 2016

Le voyage de retour commence en taxi le mercredi 2/03 à 13 :30 heure de Cochin et s’achève ce jeudi à Jette vers 10 heures, GMT + 1. Soit 25 heures de porte à porte, avec une escale de 6 heures entre 20 heures et 2 heures du matin dans l’extraordinaire aéroport d’Abou Dhabi.
C’est aussi l’occasion du plus long coucher de soleil entre 6 h à cochin et 7 h du soir sur la péninsule arabique, avec 1h30 de décalage, soit deux heures trente passées à courir après le ciel rougeoyant jusqu’à ce que finalement il nous sème. Et de la même façon, la plus longue aurore entre la Turquie et l’Allemagne, deux heures et demie à poursuivre la limité entre la nuit et la journée dans la blanche lumière de l’aube. Spectacles magiques que cette poursuite de la lumière, dans laquelle l’avion à 850 km/h est finalement battu par le soleil (ou en réalité, la terre qui fait en 24 heures 40.000 km à l’équateur, un peu moins sous nos latitudes).
Différences de temps, mais aussi de températures, puisque nous démarrons à 32 ° à l’ombre à l’aéroport d’Ernaculam, pour arriver à Bruxelles avec un royal 2 ° annoncé par le pilote. Mais dans les deux cas, un soleil éclatant, qui malgré tout ne compense pas la chute de température. Nous avons enfin ressorti nos pulls, pantalons, manteaux, bonnets, enfin tout ce qui ne vous a pas quitté pendant ces 50 jours, mais que nous avions nettement perdus de vue jusqu’à ce matin.
L’escale à Abou Dhabi est un peu éprouvante, au milieu de la nuit, mais elle nous a permis d’admirer la technologie déployée, avec autant de gout que de luxe, dans cette immense temple de la consommation de voyage dont le but est manifestement de rassembler sur cette plaque tournante tous les passagers qui se dispersent en étoiles autour de leur rentre, après y avoir été conduits venant de toutes parts, du nord au sud, de l’est à l’ouest.
Aéroport silencieux : pas d’annonces par haut parleurs, juste des écrans répartis à tous les coins de couloirs pour répéter les vols en partances et les portes qui mes desservent. Seule la voix humaine effectue éventuellement les derniers rappels de passagers retardataires, et les sanctions sont immédiates : après l’heure c’est plus l’heure. L’absence de M. Muhamad M à bord de notre vol nous coute 15 minutes de retard, le temps de rechercher dans la soute la valise qui l‘avait précédé à bord, pour la déposer à terre en attendant un hypothétique transfert. Tant pis pour lui.
J’observe toujours la même différence entre le vieux boeing de Jet Airways, filiale d’Ethiad, qui dessert la ligne Cochin Abou Dhabi, et le gigantesque appareil quasi neuf, tout blanc et hyper connecté, qui nous amène d’Abou Dhabi à Bruxelles. Un autre public, un autre traitement…
L’embarquement à Cochin était assez spécial. L’aéroport était submergé de plusieurs dizaines, ou plutôt centaines de musulman en route pour Jeddah, pour le Hadj, chaque groupe avec ses vetement reconnaissables, hommes en dothi blanc et pagne sur les épaules, femmes en noir de la tete aux pieds, la seule différence pour distinguer les groupes étant un signe distinctif, bande de couleurs ou autre accroché suer les voiles de ces dames. Une cohue indescriptible, et une façon toute indienne de faire la file pour présenter son passeport au contrôle de frontière ! Décidément, là aussi, l’Inde reste un pays à part., et même musulman, un indien reste un indien.

economie

mars 2nd, 2016

Ce ne sont que des impressions, des oui-dire, des estimations, mais je pense me faire une idée de la structure économique en Inde
Les deux tiers des habitants sont pauvres, certains très pauvres. Ici au Kérala, on en rencontre peu, mais il y en a plus dans le nord. Il n’y a pas ici le filet de la sécurité sociale qui chez nous empêche cette situation. Les chiffres sont presque les mêmes. Dans l’autre partie de la population, la majorité s’en sort tout juste, une petite partie assez bien, celle qui constitue la « classe moyenne » , estimée entre 5 et 20 %, selon les limites de revenus qu’on accepte pour effectuer le décompte- il s’agit des gens qui peuvent se payer un frigo, un ventilateur, un telephone, une voiture, ceux sur qui la publicité de marque exerce un effet (vetements, cosmétiques, alimentation…). Ce sont ces gens là qui permettent à la machine de tourner, et aux autres de survivre dans leur misère.
Et puis il y a une infime partie de la population, comme partout ailleurs, mais peut être ici le fossé est-il encore plus important, qui exerce le pouvoir économique. Quelques familles, pas plus. Quelques milliers d’individus sur le milliard et demi que compte l’Inde, dont la fortune dépasse les possibilités de gaspillage.
Ceux qui possèdent vivent dans l’aisance ou le luxe pour les plus riches, quelques milliers dans le grand luxe. La fortune petite ou grande qui leur échoit est leur propriété privée, ils l’utilisent à leur gré. Bien sur une partie est redistribuée sans contrepartie : les aumônes, les temples, les dépenses superflues, et même des fondations qui peuvent marquer la société : écoles, instituts de recherche. Mais la majorité des gains inégaux échappe à l’utilité publique. Les impots ne frappent pas réellement les grandes fortunes, juste la classe moyenne qui participe ainsi à la répartition des biens, à l’utilisation publique des surplus de productivité.
Pas de révolution pour faire cesser cette situation. Ceux qui ont peu craignent de le perdre, ce qui n’ont rien n’ont que l’espoir d’avoir peu et ceux qui auraient le plus besoin de changer les choses n’en ont plus la force. L’état est pauvre, il a trop peu à redistribuer pour que ce saupoudrage soit efficace. La seule force changement, c’est le bizness, l’espoir qui pousse les plus hardis à s’enrichir.
S’enrichir, c’est pour celui qui a un petit capital, acheter un hotel décrépi, le restaurer à moindre frais, y placer un manager et passer chaque semaine récolter tout ce qu’il peut gratter dans la caisse, pour acheter un autre hotel. Le manager, un jeune qui espère se lancer dans la vie, récolte les problèmes et tente de grappiller au passage ce qui tombe de la poche du patron, jusqu’à ce qu’il soit peut être lui-même en état de faire la même chose.

Cherai Beatch

mars 1st, 2016

-Dernier jour au Kerala. Hier, nous avons fait les derniers achats, les dernières visites, les dernières photos. Campo aujourd’hui, c’est une journée à perdre. Le routard nous dit qu’une solution est de terminer la visite à Cochin par un passage à la plage de Chérai, 25 km au nord d’Ernakulam, déjà presque sur la route de l’aéroport.
Nous reviendrons ce soir à notre « Sapphire home » puisque nous devrons y ficeler nos valises, mais la journée à la plage nous tente. Avec raison.
Le bus de la KSRTC démarre de la station Jetty et nous conduit en une heure à Cherai Junction, à trois km de tuktuk de la plage. Nous arrivons vers 11 :00, c’est encore tôt. Peu de touriste à l’eau pas de magasins ouvert, à peine une paillote pour prendre un café. Mais l’eau nous appelle, délicieuse comme partout sur cette cote de Malabars. Les vagues sont douces, mais si on ne se laisse pas porter, on se fait rouler dans le sable. Un sable tirant sur le noir, plutôt gros et pas encore assez roulé pour être doux à la peau. Mais quand même du sable, et l’eau, chaude , par-dessus : un vrai peeling en plus du spa.
La mer est calme, mais habitée : les dauphins, nombreux le long de cette cote, sautent devant nous, survolés par les aigles noirs. Un banc de poissons doit passer et repasser en dessous de la surface de l’eau. Même les corbeilles tentent de s’approcher de l’aubaine. Et les nageurs s’arrêtent de plonger dans les vagues pour tenter surprendre au vol le bond d’un des dauphins.
La chance nous a conduit devant une paillote où nous prenons nos aises sur des chaises longues, jusqu’à ce qu’on nous demande si nous voulons une boisson : eau, jus, café ? – Café comment ? – espresso – ! Un véritable espresso et un capuccino nous arrivent sur la plage ! Un avant gout de l’europe nous rejoint au bord de l’océan indien. Il sera suivi d’une véritable pizza cuite au feu de bois, une salade aux fruits de mer, une crème brulée…. La paillote s’appelle Chilliiout (sans piment), elle est tenue par un franco-portugais qui a exercé ailleurs – sans doute à Paris si j’en crois son long tablier noir – avant d’atterrir ici. La terrasse ne désemplit pas. Il a trouvé la niche, la spécialité qui retient ou qui attire. Un instant, mutatis mutandis, je me croirais au café Pagaille, à Montréal, un autre lieu qui a sélectionné une niche, qui attire et qui retient le Mile End.
De retour en ville avec le bus et les écoliers, nous passons par Broadway, mais à 17h30, les commerces sont encore fermés, rideaux de fer baissés. Seuls les petits vendeurs de rue avec leur déballage sur les trottoirs sont au poste. Il faudra repasser ce soir pour trouver un bracelet de montre.

katakali 2

février 28th, 2016

Bis repetita placent disaient les anciens. Et ils avaient drolement raison, surtout quand la répétition n’est pas strictement identique. Nous avons réservé une soirée à Fort Kochi, pour revoir ce « théatre » qui nous avait bien plu. La scène d’aujourd’hui est différente de celle d’il y a un mois. Cette fois ci, le héros jeune et beau (masque vert) lutte contre celui qu’il prend pour un sauvage, le dieu Shiva déguisé en méchant (masque noir), pendant que la belle (masque jaune) est Parvathi, l’épouse de Shiva, qu’elle calme et ramène à la raison.
Nous assistons à l’heure de maquillage, toujours aussi savant et beau, puis nous avons droit à la démonstration des éléments rituels : mimiques, expressions, gestes, tout ce qui fait la beauté de ce spectacle traditionnel. Comme nous sommes cette fois-ci au premier rang, nous ne manquons rien ni des explication s ni des démonstrations, ni de la musique et des chants accompagnant le tout. Un spectacle d’hommes, à l’usage presqu’exclusif d’une salle remplie de touristes. A croire que les indiens -du moins les indous- préfèrent participer aux vrais festivals dans les temples d’Ernaculum.
Qu’à cela ne tienne, la soirée est magnifique et se termine au restaurant thibétain tout proche, avant le retour par le dernier ferry, juste avant que n’éclate l’orage.

boutiques

février 28th, 2016

Pour quitter Allepey, nous vérifions si nous avons reçu des places depuis notre réservation d’hier en WL (waiting list). Il y a eu des desistements et nous recevons trois places dans ma même voiture, mais pas cote à cote. On verra
Nous connaissons l’emplacement de notre voiture, déjà ça, une annonce en boucle nous le répète toutes des dix minutes. Et nous en profitons deux fois de plus puisque le train annoncé pour 8h10 arrive vers 8 :35. Ponctualité tout indienne. Montés dans la voiture, dans la cohue, nous nous asseyons où nous pouvons, nous laissons ceux qui s’y connaissent nous dire quelles sont nos places quand ils viennent récupérer la leur ( ! ). Cette fois ci nous voyageons en « chair » (places assises). Le confort est-il supérieur à celui des couchettes ? je n’oserai pas m’avancer. Il est certain que nous perdons en liberté de mouvements, on se croirait dans un tout vieux boeing.
Le voyage ne dure qu’une heure, et aussitôt débarqués du train nous entamons une nouvelle file, pour « reserver » un « taxi » : si nous passons par le guichet officiel, nous bénéficions d’un tuktuk dans l’ordre et au prix imposé. Libre à nous de chercher ailleurs dans la rue, mais alors, il faudra discuter le tarif et expliquer que nous voulons seulement aller à notre hotel sans admirer les diverses curiosités de la ville du nord au sud…
Coup de chance, il est seulement 10:00 du matin et l’hotel nous accueille dans nos chambres réservées. Une douche s’impose. Et elle est la bienvenue, il fait déjà assez chaud pour que ma chemise soit à tordre !
Nous passons à Kochi par le ferry, et nous commençons la chasse aux achats. Mais pas moyen de dénicher un tailleur, il faut se contenter de prêt à porter. Le marchandage n’est pas mon fort, mais comme ce n’est pas moi qui achète, ce n’est pas moi qui négocie. Je me contente de jouer banquier. Et nous ne ferons pas sauter la banque aujourd’hui.

tout le monde peut se tromper

février 26th, 2016

En allant à la gare des trains ce matin pour reperer notre trajet de demain vers Ernaculam, nous nous sommes rendu compte que la plage ici est beaucoup plus agréable qu’un peu plus au nord où elle nous avait refroidis (au sens figuré !) l’avant-veille. Toujours un peu sale, ârce que âs réellement nettoyée, mais plus avenante, avec de l’ombre.
Nous décidons donc de la remonter vers le nord. Il faut passer le point crucial où elle est vraiment moche pour se retrouver à un ou deux kilomètres plus loin sur un rivage nettement plus accueillant, bordé de maisonnettes, des pecheurs, des home stay, des restaus, mais surtout une mer abordable, ici aussi chaude comme un bain japonais (ofuro) quand le thermostat appelle en disant « votre bain bout ». la mer arrive au rivage par une pente rapide devant un plateau plus sage. En se tenant à 10 mètres du bord, on a de l’eau dont la hauteur varie selon les vagues entre les genoux et les épaules. Inutile de dire que nous n’attendons pas longtemps pour nous y plonger et barboter comme des gosses.
Facile de trouver une paillote de plage où nous nous faisons servir un excellent « fried rice », sans piment, savoureux et varié. L’hotesse est aimable, le vent de la mer est frais, nous prenons un bon moment de détente avant d’affronter de nouveau les vagues.
Retour à l’hotel en tuktuk pour faire les valises : demain, direction Cochi pour les derniers jours en Inde.

alopy

février 25th, 2016

Ou alapuzza, ou alleppey, ou tout autre graphie qu’il vous plaira d’adopter : il y a en Inde une quinzaine d’alphabets différents, certains issus du sanscrit, d’autre d’origine indo-dravidienne, pas forcément compatibles, tous extrêmement illisibles les uns autant que les autres. Alors pour la prononciation….
C’est une ville sans intérêt. Chaud et sans air, infestée de bestioles, une plage désertique, sale et sans intérêt, on ne peut même pas s’y baigner, des canaux remplis d’un liquide opaque agités par les hélices des bateaux de « croisière » et des ferries, des rues animées, comme partout sans trottoirs, des boutiques qui n’attirent même pas le touriste. Impossible de louer un vélo, les tuktuk sont deux fois plus chers qu’ailleurs, les bus tout aussi imprévisibles.
La meilleure chose à faire ici, c’est de repartir.
Alors, pourquoi y être venus ? ce devrait être un centre touristique, avec des atouts majeurs : les back waters, la mer, l’accessibilité. Un must. « vous étiez en Inde ? vous avez fait les back waters ? » Dommage que la réputation ne soit pas au même niveau que la réalité. Ce n’est pas vraiment la baie d’Along.
Nous avons quitté Munar avant l’aube. Les renseignements pris à la station centrale des bus nous donnaient une heure de départ entre 6h00 et 6h40 du matin, soit à la gare principale, soit au bazar. Nous nous sommes donc précipitamment arrachés de l’hotel à 6h00, pour arriver devant une gare encore endormie : les conducteurs préparaient leur journée, deux bus commençaient à bouger, on a vu passer des bus locaux, mais pas de café encore.
Le temps de faire le plein, notre bus se présente au quai vers 6h30. La demi heure académique, c’est prévu pour que les voyageurs soient à l’heure…. Parce que les formalités d’embarquement ici, sont nettement simplifiées par rapport à nos habitudes. On devine quel bus ressemble à celui qu’on doit prendre, on se renseigne avec le conducteur, ou les passagers en espérant que les renseignements obtenus seront exacts, on monte et on cherche une place. Au début de la ligne, ca ne pose pas trop de problèmes.
Le bus démarre. Nous sommes presque à 2000 mètres d’altitude, il fait noir, il fait froid et humide, j’ai allégé mon sac au maximum, donc je n’ai pas pris de vêtement long, et je sens bien que j’ai eu tord. Enfin, juste une heure, parce que dès que le soleil sera là, oublié le froid de la nuit, à 11h00, mon teeshirt est de nouveau à tordre. Première étape, le bazar, 6h40, nous démarrons en direction d’Alepey. Cinq minutes après, nous passons à la station centrale. Mais le bus ne s’arrête pas. Ce qui justifie que nous ayons du le prendre à 6h30 !
Les quarante premiers kilomètres sont agités, nous redescendons des sommets jusqu’à la plaine par une route en lacets visiblement trop étroite pour le bus. Mais le conducteur est un virtuose comme tous et il a l’habitude du trajet.
Aux abords des villes les arrets se font plus fréquents, les places assises plus rares. Mais l’avantage est que le bus s’arrête à deux reprises pour dix minutes de pause, de quoi attraper enfin un café ! A midi nous avons parcouru les deux cents kilomètres prévus, contre la modique somme de 133 INR (la roupie vaut 0.014 €cents).
He bien puisqu’Alopy ne vaut pas le coup, nous allons aujourd’hui à Murari, la plage chic d’ici. Deux trajets de bus desservent la station : l’u passe par la cote, l’autre par l’intérieur des terres. Le manager de la station de bus ne veut pas nous faire attendre, il nous met dans celjui qui passe par l’intérieur. Arrivés à Muirari, nous devons encore faire 4 à 5 km pour atteindre a plage. Un tout terrain nous dépasse, vide. Il nous propose un bout de chemin. Et nous voilà sur le sable fin. Moins sale qu’en ville, il y a beaucoup moins de touristes.
La mer est étrangement chaude. Une vrai thalasso ! le soleil généreux nous bronze vite, une baraque de plage (en réalité un pêcheur reconverti) nous sert à boire et a manger. Une journée sea and sun comme on en a pas fait beaucoup, même à Varkala. Une bonne adresse cette plage, mais pour la journée. Les home stay sont rares, et donc chers, le double de la ville pour un confort rudimentaire. Mais la vagues sont à nos pieds.

munnar

février 22nd, 2016

Les jours passent et ne se ressemblent pas. Arrivés vendredi soir à Cochin, nous prenons samedi matin le bus pour l’aéroport où nous attend Dominique. Revenant aussi par le même bus (AC comme on dit ici, c-à-d climatisé) nous nous laissons conduire directement à Fort Cochin, de l’autre coté de la presqu’ile, et nous en profitons pour flâner autour des chineese fishing nets, les filets de pêche à balanciers installés le long de la baie.. Puis en passant par les églises Sint Francis et Cathedral Basilica, nous aboutissons à la rue des juifs, l’artère du commerce traditionnel de Matanchery. Dans des bâtiments qui datent pour certains si pas du temps des portugais, au moins de celui des hollandais, se poursuit le commerce de gros du riz et des épices, arrivés par la rue et repartant par l’arrière des entrepôts où se trouvent les bateaux.
Nous regagnons l’hôtel pour la nuit en traversant la baie sur le ferry, ce qui nous coute royalement 4 roupies par personne soit l’équivalent d’une pièce rouge de 5 cents.
Dès le matin, nous nous précipitons à la station centrale des bus pour attraper celui qui nous conduira à Munnar. 5 heures en bus climatisé, et nous descendons dans la chaleur du début d’après midi sur un parking perdu en pleine campagne. Il n’y a ici, en dehors de quelques hôtels de classe et de plusieurs « cottages », rien d’une ville. Juste une montagne couverte de théiers – camelia sinensis ou indica, à votre bon cœur – et quelques « jardins d’épices », les endroits où on cultive la coriandre, le poivre, la vanille, et toutes ces plantes un peu mystérieuses qui entrent dans la composition des remèdes ayurvédiques.
Nous visitons une culture d’épice, assez désappointés de nous rendre compte que notre guide est plus pressé de finir son tour que de nous expliquer dans un anglais exécrable ce que nous voyons en courant derrière lui. Autant dire que le passage dans la boutique ne lui rapporte pas un kopeck.
La nuit s’annonce courte, puisque nous nous sommes engagé à un trek d’une demi journée dans les champs de thé dès 6h30 demain matin. Et à 6h25, nous recevons une tasse de thé fumant avant de partir en hike à une douzaine, majorité de français, mais aussi deux coréens travaillant à Bangalore, qui prennent trois jours de vacances et un couple de jeunes suisses de Berne – ha, les accents inimitables cette langue unique, le zwicher deutch !
Pas d’éléphants cette fois-ci, pas de serpents ni de sangsues, juste du thé, et une petite excursion sur un mini sommet (2000 m quand même). Nos deux guides sont très attentifs, surtout à nous qui sommes les plus agés, et leurs commentaires humoristiques parfois, mais aussi pleins de bon sens et de certitudes, parce qu’ils sont fiers de leur région, du travail de leur ancetres et de celui de leurs contemporains.
L’après midi nous permet de découvrir un coté de Munnar qui nous avait échappé : le Bazar. Entre le temple, la mosquée et le couvent des carmélites, deux rues et trois galeries couvertes rassemblent une multitude de boutiques qui vendent de tout, bien sur, mais qui se spécialisent aussi dans le commerces des épices, gros, demi-gros, détail. Des parfums entêtants, à réveiller tous les asthmes et allergies que la terre ait portés, des commerçants de tous genres, des malins, des roublards, des honnêtes, des sévères, des avenants, des anglophones, des tamil-phones… une heure de shopping nous détend et nous prépare à prendre une courte soirée relax
Nous nous coucherons tôt. Une bonne nuit de repos nous sera bien nécessaire, puisque demain au l’aube, nous serons en route pour Alapuza – Allepey et les back waters.

ernaculam

février 21st, 2016

Et non Herculanum ! mais ainsi c’est plus facile à retenir.
mais pas de wifi à Erculanum. Donc je poste aujourd’hui dimanche 21 depuis Munnar sous la pluie au milieu des champs de thé.
Nous quittons Coral Cove a 8h ce matin, pour le train 12482 Kanyakumari-Mumbai qui est annoncé par la time table à 9h35. On peut se douter que même en début de ligne il pourrait avoir un légéer retard : il est annoncé par le station manager pour 9h40, et il arrivera finalement à 9h55 ce sui après trois heures de trajet, nous conduit à Ernaculum Town vers 15h00 (3 :00 PM). Ha l’arithmétique indienne !
Il fait chaud. On se croirait chez nous aux rares jours de plus forte canicule. Mais ici, c’est tous les jours comme ça. Je fini par comprendre comment tant d’Anglais ont pu tomber amoureux de la plus belle colonie de la couronne, l’empire des Indes ! Nulle part mieux qu’ici on ne eut comprendre ce que signifie la chaleur du jour sur les collines de Seeonee, dans l’état de Mysore, où R Kipling situe l’histoire de Mowgli.
La ville est une ville d’Inde, pas une ville de touristes. Avec les bons et les mauvais cotés que cela implique. La ville est peuplée, c’est là qu’on rencontre le plus de gens, les vrai indiens de l’Inde, dans la vie de tous les jours. Les voyageurs ici, en dehors des palaces, sont des gens de classe moyenne, qui bossent pour finir leur mois et même se payer un petit plus, exactement comme chez nous. Une activité fourmillante, et même si certaines manières de faire nous déconcertent, ils viventchez eux comme nous chez nous.
Par manque de moyens publics, sans doute, les équipements collectifs sont symboliques. La circulation, difficile. S’il y avait un peu plus de véhicules et de conducteurs, ce serait impossible de se déplacer ici. Les embouteillages de Bruxelles seraient de la petite bière, si on dénombrait ici la même proportion de voitures que là-bas.
La même anarchie préside à la construction des maisons, à la distribution des parcelles. Il y a des endroits où il faut passer dans les jardins des voisins pour se rendre d’un endroit à l’autre. Les rues principales sont en principe goudronnées et même pourvues de casse-vitesse redoutables, mais les accotements – je ne dirai pas les trottoirs – sont en réalité des plaques de béton recouvrant à grand peine ce qui sert d’égout. L’odeur qui s’en dégage démontre bien que nous sommes en saison sèche. La mousson devrait alleger la pollution, mais le problème des ordures n’est que très peu géré collectivement. Pour un camion de ramassage, combien de dépôts d’ordures fumants au coin des rues, dans des endroits abandonnés. Il y a bien une collecte selective pour le remploi : cartons, bouteilles d’eau, mais tant de déhets échappent au recyclage.
Dans ces conditions, comment faire du shopping dans Brodway Road ? même s’il s’agit d’une artère commençante, étroite et encombrée de véhicules en stationnement à la va comme je te pousse, théoriquement à sens unique, on risque sa vie tous les 20 mètres si on oublie de surveilleer les véhicules en circulation.
Je pense que visiter une grande agglomération, que ce soit Bombay, ou Calcutta, n’est pas à ma portée. Je n’irai pas plus loin que le Kérala.