Archive for novembre, 2011

Ruta 40

mercredi, novembre 30th, 2011

La ruta cuarenta, c’est le chemin suivi en son temps par Ernesto Guevara sur sa moto.
Bien sur, depuis cette époque, de nombreux tronçons ont été asphaltés, mais il reste encore plus de 500 km de piedras, des pistes en sol naturel, et on a encore de la chance que le sol naturel ici, c’est du caillou, du galet et du sable, quasiment pas de terre ni d’argile, ni de boue. Seulement de la poussière.
Nous avons fait la ruta cuarenta, du moins jusqu’à el chalten, la ville née en ’88 qui a servi à marquer la propriété de l’Argentine sur le Fitz Roy.
Le paysage, si l’on peut parler ainsi, est toujours le même et toujours différent. A perte de vue des étendues de végétation rare, parfois quelques arbustes rabougris, la fameuse herbe de la pampa, qui doit nourrir les moutons, les chevaux, les guanacos, et même quelques vaches, de temps à autres un vrai bouquets d’arbres, signe qu’il y a quelque part une source d’eau et un établissement humain, une estancia, de la plus pauvre à la plus prospère.
Et des qu’on s’arrête, le vent. Un vent hurlant, à vous couper le souffle, à vous renverser sur place. Et pourtant, pas si froid ( en cette saison!)
La vitesse sur ce genre de revêtement (:-)) doit avoisiner les 30 à l’heure. Donc cent km = trois heures.
Conclusion, partis à dix heures de Périto Moreno, nous arriverons a 22 h à el chalten! Sur les rotules. Mais les chauffeurs, on se demande comment ça tient le coup sur ce genre d’itinéraire.
Bien sur dans quelques mois, quelques années, avec le plan nacional de recuperacion vial, il n’en restera plus que le souvenir. Immense entreprise que de reconstruire cette ruta cuarenta, mais un jeu d’enfant en quelque sorte: il suffit de déplacer les cailloux, de passer une couche de goudron, et la route se fait.
A el chalten, la surprise, c’est le dynamisme de cette cité nouvelle dédiée au tourisme. Une activité incessante, une multiplication des initiatives, les hôtels, les commerces poussent comme des champignons. Et tout cela dans l’ambiance « Argentine » comme je le nommerai: un sourire, une activité, une amabilité jamais en panne. Tout pour plaire.
Et nous nous plaisons.

En medio de nada

lundi, novembre 28th, 2011

Au milieu de nulle part. L’expression consaçree, 100 fois entendue et répétée pour exprimer l’endroit où nous nous trouvons en ce moment.
Quelque part dans la Pampa. Au milieu ( ? tiens, il y a un milieu à ce nulle part? ) au milieu dis-je, D’une immense étendue de cailloux accumulés par l’érosion des Andes proches sur des périodes de centaines de millions d’années, sur laquelle poussent parcimonieusement quelques rares buissons d’épines, quelques touffes d’herbe sèche, l’herbe de la pampa qui n’a ici ni la taille ni la vigueur de celle qu’on implante à tord et à travers dans nos jardins, où paissent si on ose dire des moutons mal rasés et tout gris, des chevaux en liberté, parfois dans les creux les plus humides, quelques vaches trop maigres, ainsi que des guanacos, des nandous…
Au loin la plaine s’arrête sur les flancs des premiers reliefs montagneux -qui n’atteignent par ici pas beaucoup plus de 2000 mètres- à moins qu’elle ne se transforme en collines pelées.
Les arbres sont inexistants ici, alors que ce matin encore nous traversions les forets d’alcerces – les cousins des séquoias qui luttent difficilement contre l’envahissement des sapins d’Europe trop envahissants – ici on n’en trouve que le long des rivières, arroyos plus ou moins permanents, ou alors autour des bâtiments des estancias chichement clairsemées dans le paysage, à raison d’une tous les dix kilomètres.
Réellement au milieu de nulle part, en medio de nada.
Pourtant on vit ici. Pas nombreux, mais quand même, Habitués aux transits des touristes qui montent ou descendent vers les visites des glaciers. On les trouve au cafe du coin, qui sert d’albergue et de tienda, avec leur bottillons, leur béret basque ou leur grand chapeau, calmes et décontractés.
Oui, il est possible de vivre ici, différemment d’ailleurs sans doute, mais vivre, qui sait si pas mieux qu’ailleurs?

Feria Artesanal

lundi, novembre 28th, 2011

El Bolson remonte dans mon estime quant à sa réputation peace and love.
Ce matin nous avons été reconnaitre la cabeza del indio, un rocher situé sur la pointe qui sépare le village et son arroyo quemquemtreu du Rio Azul.
Quatre heures de chemin empierré et retour par le petit pont à voie unique qui sépare le centre des barrios les plus mal famés, et pourtant pas les plus agités ni les plus vilains, au contraire!
Repas dans une parrilla qui nous semblait agréable, mais dont la patronne l’était moins. A La Marca, on essaie de nous prendre pour des pigeons, en promettant 10%, et en tentant de nous les faire payer en plus. La viande était bonne – trop grasse quand même – mais trop cuite même si nous l’avions demandée rosada, et le vin aussi – estancia Mendosa – un Malbec très convenable, boisé et chaleureux.
Après midi, direction la feria. Il était temps, contrairement à notre attente, les étals se ferment des 16h pour les plus pressés, peut être ceux qui habitent le plus loin.
Parce quece sont les authentique descendant des fondateurs de la tradition, hippies dans la culture jusqu’au bout des ongles, autosuffisance, non violence, nature et plaisir de vivre, art et artisanat mêlés. Des gens heureux de vivre, fiers de leur travail, partageant leur enthousiasme et tentant de nous faire plaisir quand le français ne leur est pas trop étranger.
J’ai enfin trouve ici quelqu’un pour m’initier à la cérémonie du mate – qui n’est certes pas aussi ritualisée que la cérémonie du thé – et me permettre enfin de me lancer dans la consommation de cette boisson qui me plait et semble avoir tous les avantages que le café n’a pas, en plus d’être un antioxydant.
Je me suis fait offrir une tasse que nous partageons, Christine et moi, Thermos en main, pour compléter la tasse de ce que nous venons de prélever à la paille. la tasse se trouve être une écorce de calebasse dont le bord supérieur est renforcé d’une collerette métallique.
Muni de cet instrument indispensable, je tente de m’initier aux différents gouts: dans les boutiques de par ici, le rayon des mate en présente une trentaine de variété différentes, tous par sacs de 500 gr ou un kg. A l’orange, a la menthe, etc, ou tout simplement naturel, de différents producteurs…
Le mate serait-il une science tout aussi complexe que celle du café?

Café!

samedi, novembre 26th, 2011

Cafe!
Nous sortons ce matin de l’AJ un peu en manque: panne d’électricité dans la nuit, pas de café à huit heures, il faudra en dénicher un dans la rue, puisque même la tisane chauffée au thermoplongeur nous a manqué au réveil.
Quelques quadras d’avance, tourner la esquina et voila le cafe: un homme promène dans la rue sa poussette équipée de multiples Thermos, d’un grand bac pour les medialunas, d’une provision de gobelets jetables. Le tout pour un prix démocratique. C’est une véritable attraction, probablement une célébrité locale, à voir le monde qui afflue autour de sa boutique!
Nous trouvons ce qu’il nous faut, nous nous installons devant une vitrine au soleil pour savourer notre desayuno, et nous observons le manège des clients habitués: une véritable ronde de messieurs en voiture, d’ouvriers en route, etc…
Peut être pas un grand métier, mais il doit quand même gagner se vie a ce petit jeu, en complétant en fin de journée par une autre occupation accasionnelle. 
L’essentiel, dans l’adversité, ne pas perdre courage, repartir du bon pied, ça roule!

El Bolson

samedi, novembre 26th, 2011

Le refuge des hippies des années soixante est devenu une vraie ville américaine: Des avenues coupées au cordeau, des maisons plus ou moins alignées dans un beau désordre, des édifices publics, bien sur. A commencer par la police et les écoles, les officines touristiques, etc…
Ambiance sud: on a du temps, on se hèle de loin, on s’assied au soleil, on s’active pourtant sans relâche: aqui tambien la nacion crece.
Activités principales: les cultures bio, quelques échoppes de tendances plutôt hindoue qu’indienne, la feria qui va avoir lieu demain sur la place -plutôt foire que fête – la saison des festivals va commencer avec la fin de l’année.
Par contre, je me sens un peu en reste avec le coté écologique. Même dans les quartiers un peu plus cossus, du moins en apparence, il traine encore beaucoup de saletés, des déchets de plastique, le vent les apporte et on n’y peut pas grand chose, mais aussi des objets au rebut, les plus durables sont ceux qui ne rouillent pas.
Ce qui ne rouille pas non plus, ou du moins pas assez pour
terminer leur carrière, ce sont les vielles voitures. Des 2cv, des R12, des camions Ford des années ’60, difficile d’imaginer ce qu’on peut en öre faire rouler aux cotes des nouvelles Renault sandero, des Peugeot 308 et des 4×4 de toutes origines.
A El Bolson, il faut gouter la bière, la bière artisanale faite avec le houblon qui doit pousser ici quelque part, mais je n’ai pas vu les champs.
Verdict: peu passer, mais pour un belge, ça n’offre pas autant de motifs d’étonnement.
Pas plus que le chocolat de Bariloche, les bières artisanales de El Bolson ne méritent de s’extasier: bon produit, gout agréable, mais rien à voir avec nos trappistes.
Ceci était mon accès de chauvinisme partial et inégalable…

Refugio Frey

jeudi, novembre 24th, 2011

Après le circuito chico qui nous a un peu déçu par le manque de liberté et la difficulté de voir ce qui nous plait le plus, plutôt que ce qu’il « faut » voir, nous avons décidé une autre activité. Le circuit des lacs est impraticable, donc le mieux est encore de partait en trek.
Pour notre première tentative, ne soyons pas trop ambitieux. Un circuit de 5 h, classe moyenne: le refugio Frey, Cierro Catedral.
Nous partons avec le bus à huit heures 1/2, jusqu’au départ du sentier.
En réalité, la montée se fait assez facilement, ce n’est jamais de l’escalade, juste l’un ou l’autre passage plus difficile. Il faut parfois faire une halte pour reprendre son souffle, mais rien d’insurmontable. Il n’est pas deux heures quand nous arrivons au bout de la route.
Le spectacle majestueux, l’impression d’être dans ces montagnes, les pics, les roches, la neige, la végétation, les animaux… Un enchantement.
A partir du dernier quart d’heure, on sent l’altitude, et une fois franchi le dérnier gué, le vent se lève avec une violence rare. Il fait assez froid pour que nous n’ayons pas envie de nous balader bien longtemps. Tant pis pour le tour du lac!
Ambiance refuge alpin. Accueil chaleureux, sympa et très organisé, et savoureux, par le couple de jeunes concessionnaires du refuge.
Soirée d’ambiance montagne, surtout avec un groupe de skieurs français un peu déçus du fait qu’il n’y a plus de neige ici, tôt au lit, quand la lumière décline trop pour
pouvoir continuer à lire, une nuit à la dure. Pourtant nous ne démarrerons qu’après neuf heures pour la descente.
De nouveau une voyage agréable, il fait meilleur qu’hier, la route est assez facile. Nous croisons un groupe animé qui fait une pause à l’écart et nous salue d’un joyeux « freedom ». Ce sont les jeunes israéliens que nous avons laisse hier à Bariloche!
Juste une petite erreur de parcours nous fait rater le départ du bus pour rentrer en ville à midi et quart!
On prend son mal en patience, on s’attable devant un sandwich salade! et la dernière bouchée avalée, l’équipe de skieurs qui a passe la nuit avec nous au refuge arrive au parking. Ils nous proposent gentiment de nous ramener en ville, une aubaine dont nous osons profiter, bien que leur quatre quatre chilien soit bourré jusqu’à la gueule!
Arrivés à l’hôtel freedom, accueil immédiat, récupérer nos bagages, nous laver. La détente.
Demain 9:30, redepart vers El Bolson.
Disfrutar, en profiter sans s’inquieter. Je ne sais pas encore ce que nous y ferons, mais nous y allons.
L’essentiel du jour? L’accueil chaleureux et de ontract de tous qu’ils soient de vrais argentins ou seulement de passage, comme si de vivre ici nous rendait tous aussi agréables que les natifs du cru.

Circuito Chico

mercredi, novembre 23rd, 2011

Un jour sur place, on a prévu un « tour » pour occuper une partie de la journée. En vain, puisque finalement nous ne ferons pas le tour des siete lagos demain, la route est en réfection: es fea. La route est sale, à force de voir tomber encore et encore les cendres de ce satané volcan chilien.
Donc on s’est administré un voyage organisé, avec minibus, chauffeur et tout, et on fait le tour de la péninsule llao-llao, le coin chic de la ville de Bariloche.
Un peu décevant, sauf que nous avons droit – moyennant supplément- à une ascension en télésiège. Il n’y a pas de
neige, mais on monte quand même pour voir le paysage comme d’un beffroi.
Résultat garanti, pour moi, la hauteur n’epporte pas de plaisir, au contraire. Ça me déstabilise de me trouver de cette façon entre ciel et terre.
L’essentiel la dedans? S’il le fallait, cette visite me prouve encore une fois que je ne suis pas un homme de la montagne
Mon territoire a moi, c’est la colline

Cenizas

mardi, novembre 22nd, 2011

L’éruption du volcan chilien qui a recouvert toute la région andine de l’Argentine ne date que de quelques mois, à l’automne dernier, un jour vers 16h, quand les ouvriers rentraient de leur journée, tout d’un coup il a fait noir comme la nuit, pas seulement comme quand il y a une tempête sur BA, plus noir encore. Puis un quart d’heure plus tard, on voyait l’air blanc comme s’il s’était mis à neiger.
Résultat: encore aujourd’hui, certains jours l’air est irrespirable, mais il y a des jours où ça va.
En attendant, on vit avec.
Il faudra surement plusieurs années pour que tout ça disparaisse. Dans les rues, on trouve des tas de cendres accumulées, par le vent ou bien dans des sacs par les gens qui les ont ramassées pour les faire évacuer!
Dur dur, dans un pays qui vit surtout du tourisme.
Mais que faire? C’est la faute à personne, et on ne peut rien contre la nature.
Et malgré tout, un peu comme au Japon, l’esprit des gens
est: on passera au travers, on reconstruira, l’avenir est devant nous.
L’essentiel c’est de le vouloir.

Les andes

lundi, novembre 21st, 2011

Je me faisais la réflexion en quittant puerto Madryn que cette terre a du être très inhospitalière aux premiers colons. A preuve que les Galois débarqués par le mimosa il y a un peu plus d’un siècle n’ont survécu que Grace a la compassion des tehuelche qui les ont nourris pendant l’hivers.
Il faut dire que 200 mm d’eau par an, ça nous change des vertes prairies du pays de Galles.
Hé bien jusqu’au de la de Neuquen, ça reste vrai: la pampa Argentine est une steppe quasi désertique, et si la théorie des changements climatiques est vraie – les climats humides le deviennent plus, les climats secs s’assèchent encore plus- ça ne va pas s’améliorer.
Mais des que nous nous rapprochons des montagnes, dans la région d’el Bolson, changement de decor: les genets qui n’ont pas fleuri chez nous en mai dernier sont totalement épanouis, taches d’or sur le bor des routes et sur les talus caillouteux, entremêlés avec des taches diversement colorées de bleu, blanc, rose ou mauve, les lupins sont en fête. Plus encore qu’au Canada, dans l’ile du prince Édouard, il y en a ici des quantités phénoménales!
On voit des pairies avec des vaches blanches et noires, un cheval, etc… Un petit paradis.
Malgré tout les terres restent assez hostiles: beaucoup de cailloux, et dès qu’on a un peu creusé, les cailloux ne se laissent pas facilement coloniser.
En approchant de Bariloche, première vue sur le lac Nahuel Huapi. Fantastique, renversant heureusement que nous sommes assis au fond de nos sièges camas. Une couleur, des reflets, une étendue… Oui, c’est sans doute ici l’opposé du Quebec.
Mêmes neiges en hivers, même exubérance en été, mais a six mois d intervalle.
Je me réjouis déjà de faire la route des 7 lacs, si tous sont aussi beaux que le premier.

Dans le soleil et dans le vent…

dimanche, novembre 20th, 2011

Nous en étions restés au camping aca de PM. Nous avons encore passé une bonne nuit à l’hostal Anclas del Sur, au calme, avant de faire un jour de « plage » tout ce qu’il y a de plus touristique, parce que le tour à vélo à punta lobos, faut oublier. Une route empierrée parcourue par des dizaines de véhicules n’est pas très accueillante pour les cyclistes!
Donc nous avons visité la base navale -du moins l’entrée- et nous avons terminé notre tour en douceur, juste le temps de récupérer notre equipaje et d’aller attendre notre don otto a la gare en compagnie des supporters de l’équipe de foot
voisine.
Trajet sans histoire, 12 heures quand même et le vent et la poussière nous attendent à Bariloche. Heureusement que nous dénichons un hébergement sympa à l’hostal freedom, et que nous sommes patients, parce que c’est dimanche ici.
Pour établir notre futur itinéraire, il faudra attendre lundi 10h. Donc nous nous aérons: il faut dire qu’avec le vent incessant -et FROID-qui vient des Andes par le lac, les
rues sont balayées. Insuffisamment sans doute: une fine poussière grise continue à s’infiltrer partout. Pas une seule terrasse de bistrot et dans le bus de ville, les sièges disparaissent dans la poussière. L’éruption du volcan laisse des traces.
Un plat du jour et une salade à « las brasas », tout est bien.
L’essentiel aujourd’hui c’est de profiter des recoins abrités.