Archive for mars, 2016

le jour le plus long

jeudi, mars 3rd, 2016

Le voyage de retour commence en taxi le mercredi 2/03 à 13 :30 heure de Cochin et s’achève ce jeudi à Jette vers 10 heures, GMT + 1. Soit 25 heures de porte à porte, avec une escale de 6 heures entre 20 heures et 2 heures du matin dans l’extraordinaire aéroport d’Abou Dhabi.
C’est aussi l’occasion du plus long coucher de soleil entre 6 h à cochin et 7 h du soir sur la péninsule arabique, avec 1h30 de décalage, soit deux heures trente passées à courir après le ciel rougeoyant jusqu’à ce que finalement il nous sème. Et de la même façon, la plus longue aurore entre la Turquie et l’Allemagne, deux heures et demie à poursuivre la limité entre la nuit et la journée dans la blanche lumière de l’aube. Spectacles magiques que cette poursuite de la lumière, dans laquelle l’avion à 850 km/h est finalement battu par le soleil (ou en réalité, la terre qui fait en 24 heures 40.000 km à l’équateur, un peu moins sous nos latitudes).
Différences de temps, mais aussi de températures, puisque nous démarrons à 32 ° à l’ombre à l’aéroport d’Ernaculam, pour arriver à Bruxelles avec un royal 2 ° annoncé par le pilote. Mais dans les deux cas, un soleil éclatant, qui malgré tout ne compense pas la chute de température. Nous avons enfin ressorti nos pulls, pantalons, manteaux, bonnets, enfin tout ce qui ne vous a pas quitté pendant ces 50 jours, mais que nous avions nettement perdus de vue jusqu’à ce matin.
L’escale à Abou Dhabi est un peu éprouvante, au milieu de la nuit, mais elle nous a permis d’admirer la technologie déployée, avec autant de gout que de luxe, dans cette immense temple de la consommation de voyage dont le but est manifestement de rassembler sur cette plaque tournante tous les passagers qui se dispersent en étoiles autour de leur rentre, après y avoir été conduits venant de toutes parts, du nord au sud, de l’est à l’ouest.
Aéroport silencieux : pas d’annonces par haut parleurs, juste des écrans répartis à tous les coins de couloirs pour répéter les vols en partances et les portes qui mes desservent. Seule la voix humaine effectue éventuellement les derniers rappels de passagers retardataires, et les sanctions sont immédiates : après l’heure c’est plus l’heure. L’absence de M. Muhamad M à bord de notre vol nous coute 15 minutes de retard, le temps de rechercher dans la soute la valise qui l‘avait précédé à bord, pour la déposer à terre en attendant un hypothétique transfert. Tant pis pour lui.
J’observe toujours la même différence entre le vieux boeing de Jet Airways, filiale d’Ethiad, qui dessert la ligne Cochin Abou Dhabi, et le gigantesque appareil quasi neuf, tout blanc et hyper connecté, qui nous amène d’Abou Dhabi à Bruxelles. Un autre public, un autre traitement…
L’embarquement à Cochin était assez spécial. L’aéroport était submergé de plusieurs dizaines, ou plutôt centaines de musulman en route pour Jeddah, pour le Hadj, chaque groupe avec ses vetement reconnaissables, hommes en dothi blanc et pagne sur les épaules, femmes en noir de la tete aux pieds, la seule différence pour distinguer les groupes étant un signe distinctif, bande de couleurs ou autre accroché suer les voiles de ces dames. Une cohue indescriptible, et une façon toute indienne de faire la file pour présenter son passeport au contrôle de frontière ! Décidément, là aussi, l’Inde reste un pays à part., et même musulman, un indien reste un indien.

economie

mercredi, mars 2nd, 2016

Ce ne sont que des impressions, des oui-dire, des estimations, mais je pense me faire une idée de la structure économique en Inde
Les deux tiers des habitants sont pauvres, certains très pauvres. Ici au Kérala, on en rencontre peu, mais il y en a plus dans le nord. Il n’y a pas ici le filet de la sécurité sociale qui chez nous empêche cette situation. Les chiffres sont presque les mêmes. Dans l’autre partie de la population, la majorité s’en sort tout juste, une petite partie assez bien, celle qui constitue la « classe moyenne » , estimée entre 5 et 20 %, selon les limites de revenus qu’on accepte pour effectuer le décompte- il s’agit des gens qui peuvent se payer un frigo, un ventilateur, un telephone, une voiture, ceux sur qui la publicité de marque exerce un effet (vetements, cosmétiques, alimentation…). Ce sont ces gens là qui permettent à la machine de tourner, et aux autres de survivre dans leur misère.
Et puis il y a une infime partie de la population, comme partout ailleurs, mais peut être ici le fossé est-il encore plus important, qui exerce le pouvoir économique. Quelques familles, pas plus. Quelques milliers d’individus sur le milliard et demi que compte l’Inde, dont la fortune dépasse les possibilités de gaspillage.
Ceux qui possèdent vivent dans l’aisance ou le luxe pour les plus riches, quelques milliers dans le grand luxe. La fortune petite ou grande qui leur échoit est leur propriété privée, ils l’utilisent à leur gré. Bien sur une partie est redistribuée sans contrepartie : les aumônes, les temples, les dépenses superflues, et même des fondations qui peuvent marquer la société : écoles, instituts de recherche. Mais la majorité des gains inégaux échappe à l’utilité publique. Les impots ne frappent pas réellement les grandes fortunes, juste la classe moyenne qui participe ainsi à la répartition des biens, à l’utilisation publique des surplus de productivité.
Pas de révolution pour faire cesser cette situation. Ceux qui ont peu craignent de le perdre, ce qui n’ont rien n’ont que l’espoir d’avoir peu et ceux qui auraient le plus besoin de changer les choses n’en ont plus la force. L’état est pauvre, il a trop peu à redistribuer pour que ce saupoudrage soit efficace. La seule force changement, c’est le bizness, l’espoir qui pousse les plus hardis à s’enrichir.
S’enrichir, c’est pour celui qui a un petit capital, acheter un hotel décrépi, le restaurer à moindre frais, y placer un manager et passer chaque semaine récolter tout ce qu’il peut gratter dans la caisse, pour acheter un autre hotel. Le manager, un jeune qui espère se lancer dans la vie, récolte les problèmes et tente de grappiller au passage ce qui tombe de la poche du patron, jusqu’à ce qu’il soit peut être lui-même en état de faire la même chose.

Cherai Beatch

mardi, mars 1st, 2016

-Dernier jour au Kerala. Hier, nous avons fait les derniers achats, les dernières visites, les dernières photos. Campo aujourd’hui, c’est une journée à perdre. Le routard nous dit qu’une solution est de terminer la visite à Cochin par un passage à la plage de Chérai, 25 km au nord d’Ernakulam, déjà presque sur la route de l’aéroport.
Nous reviendrons ce soir à notre « Sapphire home » puisque nous devrons y ficeler nos valises, mais la journée à la plage nous tente. Avec raison.
Le bus de la KSRTC démarre de la station Jetty et nous conduit en une heure à Cherai Junction, à trois km de tuktuk de la plage. Nous arrivons vers 11 :00, c’est encore tôt. Peu de touriste à l’eau pas de magasins ouvert, à peine une paillote pour prendre un café. Mais l’eau nous appelle, délicieuse comme partout sur cette cote de Malabars. Les vagues sont douces, mais si on ne se laisse pas porter, on se fait rouler dans le sable. Un sable tirant sur le noir, plutôt gros et pas encore assez roulé pour être doux à la peau. Mais quand même du sable, et l’eau, chaude , par-dessus : un vrai peeling en plus du spa.
La mer est calme, mais habitée : les dauphins, nombreux le long de cette cote, sautent devant nous, survolés par les aigles noirs. Un banc de poissons doit passer et repasser en dessous de la surface de l’eau. Même les corbeilles tentent de s’approcher de l’aubaine. Et les nageurs s’arrêtent de plonger dans les vagues pour tenter surprendre au vol le bond d’un des dauphins.
La chance nous a conduit devant une paillote où nous prenons nos aises sur des chaises longues, jusqu’à ce qu’on nous demande si nous voulons une boisson : eau, jus, café ? – Café comment ? – espresso – ! Un véritable espresso et un capuccino nous arrivent sur la plage ! Un avant gout de l’europe nous rejoint au bord de l’océan indien. Il sera suivi d’une véritable pizza cuite au feu de bois, une salade aux fruits de mer, une crème brulée…. La paillote s’appelle Chilliiout (sans piment), elle est tenue par un franco-portugais qui a exercé ailleurs – sans doute à Paris si j’en crois son long tablier noir – avant d’atterrir ici. La terrasse ne désemplit pas. Il a trouvé la niche, la spécialité qui retient ou qui attire. Un instant, mutatis mutandis, je me croirais au café Pagaille, à Montréal, un autre lieu qui a sélectionné une niche, qui attire et qui retient le Mile End.
De retour en ville avec le bus et les écoliers, nous passons par Broadway, mais à 17h30, les commerces sont encore fermés, rideaux de fer baissés. Seuls les petits vendeurs de rue avec leur déballage sur les trottoirs sont au poste. Il faudra repasser ce soir pour trouver un bracelet de montre.