VARKALA(encore)

Nous n’avons pas eu l’occasion de quitter la falaise (cliff) de toute la journée d’hier.
La plage est jolie, mais petite et coupée par des ruisseaux. La mer est belle, douce, mais loin de l’hôtel. Si on veut se baigner il faut hélas prévoir tout un système pour ne pas rester dégoulinant en maillot de bain le reste de la demi journée. Les recommandations de décence prodiguées par les guides touristiques nous font hésiter sur la marge de liberté dont nous disposons. Et puis nous avons bien profité du soleil de la plage à Kovalam, au point de nous en remettre seulement maintenant. Et tout ça pour tomber de charybde en scylla : un coup de froid s’attrape vite à ces températures tropicales. Quelques minutes de trop en pleine chaleur, puis la fraicheur d’un AC (conditionnement d’air) et on a pris un coup de froid !
N’empêche que cette plage a un charme certain. Les restaus, les boutiques, longent le chemin plus ou moins pavé qui suit la falaise. Parfois des barrières, bois, fer, murs, séparent le sentier de l’à pic d’une vingtaine de mètres au dessus de l’eau, parfois rien du tout, parfois une espèce de promontoire permet de se pencher sur les vagues et les cocotiers en contrebas. Plusieurs escaliers (90 à 100 marches) permettent d’arriver au niveau de l’au, ou de se rendre à « Temple junction » d’où part le bus pour le centre de la ville.
Au point le plus haut de la falaise, un héliport (sans hélico) est utilisé par les amateurs de parapente. L’envol est facile, la ballade le long de la falaise, une fois dessus, une fois dessous, dure une petite demi-heure. Les amateurs se succèdent.
Varkala est réputée baba cool. Renommée qui lui a été attribuée en des temps plus fastes pour cette démarche. Il en reste bien quelques uns, de attardés plutôt, un peu plus âgés que ceux qui remontaient jusqu’au Népal il y a 50 ans, les cheveux longs nouée sen chignon sur le sommet de crane, accoutrement de cotonnades de rigueur. Quasi pas d’odeur de bhang (cannabis) sachant que l’inde réprime très durement l’utilisation de drogue, d’autant plus pour les étrangers qui n’nt pas l’excuse de la religion pour justifier leur consommation.
Par contre, Varkala est tout bonnement « cool ». Ambiance plutôt calme (juste un seul rock café, assez peu fréquenté, on entend plutôt des musiques tibétaines ou indiennes (cithare et voix). Les marchands sont moins collants qu’à kovalam où on avait peur de s’arrêter à hauteur d’une boutique. Ici on peut même regarder un étalage et demander un prix sans plus de tracas. Les lus insistants sont les restaurants qui exposent leur table de poisson frais le soir à l’heure du souper. C’est compréhensible ; tout le poisson doit partir aujourd’hui. Avec la chaleur, même la glace ne permettra pas de le représenter demain.
Ici on a droit à une multitude de cuisines différentes : in de du sud, bien sur, Kerala en premier avec son massala (curry local), mais aussi toutes sortes de plats de ruz utilisés dans toute l’inde : byriani, seafood fried rice, etc. des recettes tibétaines, cuisine veg et non veg (poulet, parfois bœuf ou mouton : il ne faut pas oublier que même minoritaires, les musulmans sont présents partout, les appels à la prières dès avant l’aube, comme a midi et tard le soir, sont audibles quasi partout).
Une immense variété de légumes grillés, tandoori, en curry : les aubergines, courges, courgettes, citrouilles, carottes, choux, oignons, tomates) et tout autant de fruits, en jus ou en salade : ananas, papaye, mangue, banane jaune, verte ou rouge, pomme, mandarine, cœur de bœuf, arbre à pain, j’oubliais l’omniprésente noix de coco, sans compter tous ceux que je ne connais pas ou que je n’ai pas encore vus.
Pour le petit déjeuner, tout est possible : à l’indienne (pate de riz avec un chutney à la noix de coco), breakfast anglo-américain, petit déjeuner continental, toutes sortes de thés, cafés, mêmes d’excellents espresso, café latte, grains frais moulu sur le comptoir.
En dehors du talli, tous les plats sont préparés au moment même. Le talli, c’est la cuisine rapide de midi : un bol de riz avec plusieurs sauces, entre quatre et quatorze, pour varier les gouts. De onze heures à trois heures, on le trouve partout, même si on peut avoir aussi toutes sortes d’autres menus.
Menus qu’on accompagne si on le souhaite et malgré une théorique limitation de l’alcool, de toutes sorte de cocktails, de bières ou de vins, tous plus mauvais et insipides les uns que les autres. Alors autant faire en inde comme les indiens : sans alcool, pas de risque de boissons frelatées, pas de « pissat d’ânes » (la bière ici ne mérite pas de meilleur qualificatif) et je n’au pas souhaité tester le vin, il pourrait bien venir de chine !
Bon, à force d’écrire sur la nourriture, l‘eau me vient à la bouche, il est midi ici (7h30 en Europe, le milieu de la nuit au Canada et l’après midi est bien avancée à Tokyo) je vais voir ce que me propose la rue pour ma pause de midi.

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