Auroville

Jour de relâche dans tout le pays aujourd’hui : c’est la grève, « legal ban ».
Impossible de nous faire expliquer pourquoi, mais toutes les boutiques sont fermées, les bus à l’arrêt, les écoles sans élèves. Seuls quelques rickshaws circulent, difficiles à attraper. Heureusement, si celui que nous avions retenu hier nous fait faux bond, nous en trouvons un qui veut bien nous conduire à Auroville.

Finalement nous comprendrons que les manifestations ont à voir avec l’interdiction de la coutume tamoule du tirikattu, lâcher d’un taureau dans les rue de la ville, le jeu étant pour les jeunes de le dompter, ce qui donne lieu à des excès, bien sur, âprement poursuivis par les défenseurs de la cause animale.

8 km pour aller de Pondy à Auroville, disaient les gens. Mon oeil, c’est beaucoup plus que ça, d’autant que notre Discovery guest house ne se trouve pas là où nous le pensions. Finalement nous arrivons à la chambre qui nous attend, nous pouvons poser nos sacs et songer à préparer un casse-croûte. Ce sera frugal, puisque nous n’avons pas trouvé de marchand sur notre route : une tranche de pain et une cuillère de confiture restant de ce matin. Dès 18h (pardon, 6 p.m. comme on compte ici), la vie va reprendre et nous trouverons ce qu’il nous faut.

A première vue, rien de distingue le village qui nous entoure de la majeure partie des villages que nous avons découverts en Inde : une multitude de rues qui serpentent entre les constructions les plus hétéroclites et les parcelles (« plots ») à l’abandon ou en construction. Des boutiques plus ou moins regroupées, plus ou moins grandes, avec des rideaux de fer (aujourd’hui nous les voyons bien, puisqu’ils sont baissés) fermés par des cadenas, la serrure habituelle ici.

En cherchant à nous rapprocher de la plage, nous tombons sur une boutique ouverte : location de motos. Nous en profitons, puisque nous avons bien vu que les distances à Auroville sont vite importantes.

Samedi, nous nous approchons du centre, pour nous inscrire à l’accueil des visiteurs et obtenir une carte de paiement (ce qui permet aux aurovilliens de vivre sans devoir manipuler de monnaie) et tenter de définir un programme de visite.

L’organisation des relations publiques, malgré le nombre de personnes qui y participent, pêche un peu par manque de clarté. Je suppose que la « faune » exotique des visiteurs passionnés de spiritualité de teinte orientaliste a moins d’importance (en dehors de l’apport financier du tourisme) que les réalisations de la vie quotidienne. et l’initiative personnelle prime en Inde, sur l’intervention publique.

Dans l’ordre de nos recherches, il y a l’agriculture en premier lieu : elle est bio depuis le départ, à une période où le mot n’existait pas, où le concept devait paraître hérétique. Economies d’énergie, recyclage, maîtrise de l’empreinte environnementale, semblent être les maitres mots de l’activité des résidents. Toutes sortes de techniques peuvent être mises en œuvre ici, la rentabilité est la clé du maintien, mais elle n‘en est pas la condition. Le mode de vie ‘simple et frugal’ permis par le climat n’exige pas la production de bénéfices conséquents. et les investissements ont e tout temps, depuis la création, été e’origine extérieure (des « dons »), ou des transferts quand les donnateurs se son

La ville est organisée sous la direction d’un groupe de décision dans lequel l’état indien a son mot à dire, mais plus sous la direction de l’ashram de Sri Aurobindo. La religion (principalement à base de théosophie et des enseignements du guru) tient sans doute une place importante dans la vie des résidents d’origine étrangère mais l’hindouisme a une bonne place aussi. Les aurovilliens sont indiens en grande majorité (plus de la moitié, si j’ai bien compris, la seconde nationalité, les français pouvant représenter 15 % des habitants).

Dès demain nous allons tenter d’en savoir plus en visitant ce qui est accessible, nous commencerons par une ferme, puis nous tenterons de pénétrer dans la boulangerie (ils font un pain excellent !)

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