les marocains sont-ils pauvres ?

Si on les regarde du point de vue de nos exigences de niveau de vie à l’européenne, les marocains sont misérables : leurs voitures sont rares et vieilles, leurs routes moins roulantes que les notres, leurs environnement « sale » par la poussière qui vole au vent et les déchets insuffisamment traités.
Ils ont des télés, qu’ils regardent assez peu, des gsm dans toutes les poches (et beaucoup s’en servent pour écouter de la musique) Rien ne se perd ici, tout ce qui peut servir se récupère, les objets ont plusieurs vies.
Il y a des pauvres au Maroc, 10 % de la population, mais quasi pas d’aide sociale. En Belgique, il y a presque 10 % de pauvres, malgré une aide sociale démesurée qui maintient au-dessus du seuil de pauvreté près de 30 % de la population.
Si on considère le nombre de petites boutiques, les tôliers, menuisiers, mécaniciens, garagistes, commerçants, qui remplissent les villes de leurs activités, les gens se donnent les moyens de vivre. Il faut voir le soin apporté à l’entretien des voitures qui ont depuis longtemps disparu de nos routes : des renault 4, des mercédes, des peugeot 504 qui accusent de nombreux tours de cadran, continuent inlassablement à rendre les services qu’on en attend.
Interroger un artisan sur son métier est un plaisir. La majeure partie manifeste de la fierté de son travail, et une certaines satisfaction de l’état qui est le sien. Peu de récrimination, de plainte ou de découragement, même si la vie est plus difficile avec la crise, Inch’allah, demain sera meilleur
Les gens au Maroc ne sont pas tristes, leur bonne humeur s’exprime facilement, sans exagération : pas de smile permanent en forme de publicité pour dentifrice, plutôt des relations amicales qui s’expriment avec gaité.
Les gens sont en général assez religieux, mais l’islam n’exige pas le fanatisme : qui le peut ira à la mosquée pour la prière, mais peu y sont réellement tenus. le ramadan est plus un mode de vie collectif qu’une performance religieuse.
La religion structure la société, facilite les rapports en créant une communauté de pensée, un mode de vie ouvert et soucieux du prochain.
Là où la pression sociale fait mal, c’est quant au statut de la femme. La coutume bien plus que la religion en fait une sous espèce d’etres humains, astreintes à se voiler plutôt plus que moins, et à ne sortir parcimonieusement que pour répondre à des devoirs exigeants.
Même les plus courageuses, les plus acharnées à faire changer les choses sont elles aussi tenues à se dissimuler, à disparaitre dans la foule anonyme. Seuls les hommes peuplent les rues.

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